Podz-Glidz, le podcast Lu-Glidz. Des histoires du cosmos du parapente.
Aujourd'hui avec Stefan Lauth et Lucian Haas au micro.
Quand on pense au vol en tandem, on imagine généralement des vols payants pour des touristes qui se laissent transporter par un pilote professionnel pendant 20 ou 30 minutes dans les airs. Mais il y a aussi une autre facette. Comme avec la aile solo, des vols de distance de plusieurs heures sur de longues distances sont possibles avec le tandem. Cependant, cela demande une approche tout à fait différente du vol en biplace.
L'un de ceux qui ont déjà vécu de nombreuses grandes aventures en distance en tandem est Stefan Lauth.
En 2018, il a remporté le championnat DHV-XC en catégorie tandem. Et il est sur la bonne voie pour recommencer cette année. Début juin 2019, il a effectué avec le tandem un triangle FAI depuis la frontière en altitude en Haute-Adige, sur près de 233 kilomètres. Ce vol, qui a duré près de neuf heures, était même suspect de record du monde.
Dans cet épisode numéro dix de Podz-Glidz, Stefan raconte notamment comment il a planifié son vol record, en quoi le vol de distance en tandem diffère de celui sous aile solo et pourquoi il a développé un sac à jambes spécial pour le biplace.
De plus, il explique quel rôle joue sa femme Ulli en tant que passagère et copilote pour lui, et à quel point il est important d'être une équipe soudée, surtout lors de vols de distance en biplace.
Stefan, le 2 juin, tu as effectué un triangle FAI depuis la frontière du Tyrol du Sud sur près de 233 kilomètres. Est-ce que c'est un record du monde, au fait ?
Alors d'après mes recherches, oui, et c'est aussi enregistré comme record du monde auprès de la FAI. Par contre, le traitement prend un certain temps. Dieter Münchmeier de la DRV a dit que ça peut prendre environ un semestre avant que ça soit validé. Je pense que ça sera annoncé lors de la finale. On verra bien.
Mais le record allemand, c'est ça en tout cas.
Exactement, j'avais établi le record allemand l'année dernière avec 137. Et c'est aussi ce qu'on voulait faire : on voulait l'améliorer. Et oui, du coup, il y a eu un potentiel record du monde qui est sorti. Pour être tout à fait honnête, je ne savais même pas où il se situait avant. On n'a fait les recherches qu'après l'atterrissage. Et oui, c'est bien sûr super et c'était une surprise. C'est une belle chose.
Où se situe le record du monde actuel que tu as recherché ?
222 par un pilote de tandem français. Mais il est en cours de reconnaissance par la FAI depuis un an. Donc il n'est pas encore reconnu. Et ce qu'il y avait avant, je ne sais même pas. Le
Le pilote français s'appelle, je crois, Julien Irelie. Est-ce que c'est ça ?
Oui, exactement, exactement. S'il ne se trompe pas, il a aussi gagné le classement mondial l'année dernière. Le classement XC. Il a fait de superbes vols de longue distance. C'est aussi une région magnifique où ils volent. J'y suis allé l'année dernière. Et c'est, enfin, les Alpes françaises. Ça m'a totalement passionné. C'est vraiment quelque chose de superbe là-bas. Ceux qui n'y sont pas encore allés, il faut absolument que vous y alliez.
Alors, tu as battu ton record en décollant de Grenthe. Est-ce que tu avais vraiment prévu ce vol comme un record, au niveau de la taille ?
Non, pas du tout. L'année dernière, on a toujours décollé du Speikboden. C'est très pratique parce qu'on peut y monter avec le téléphérique. Et c'est aussi un triangle, ce que j'adore et qui est super beau. Quant à l'intention de faire du parapente en tandem, c'était pour ma femme, qui vole elle aussi, pour qu'elle puisse aussi montrer un peu de ce qu'elle n'arrive pas à faire d'habitude. Quand je lui raconte des trucs sur les glaciers et les oiseaux le soir, c'est juste plus sympa quand on peut partager ça. C'était déjà, pour anticiper un peu, l'intention derrière le fait qu'on ait commencé le parapente en tandem.
Et l'année dernière, on s'est dit qu'il fallait vraiment qu'on essaie Grenthe. Parce que Grenthe, ça dure toujours une heure de plus. Et c'est pour ça qu'on s'est fixé comme objectif d'essayer Grenthe trois fois cette année. Et là, on y était pour la première fois sur Grenthe. Et ça a tout de suite été clair. Enfin, personnellement, je n'ai pas cru que la journée tiendrait. On y est bien allés, et il y avait un ami avec nous. On s'est dit qu'on allait monter à pied. Mais je n'ai absolument pas cru que la journée allait tenir. Et au final, c'est aussi parce qu'ils ont fermé les Dolos. Sinon, il y en aurait probablement eu encore plus pour l'un ou pour l'autre.
Alors, tu as dit que ta copine était là. Ta femme voyage avec toi. Est-ce que ça se passe bien de faire du tandem en tant que couple ?
Je ne peux répondre que pour nous. Je ne sais pas comment c'est pour les autres. Mais pour nous, ça se passe bien. On est comme deux vieux briscards, on est totalement rodés. On est ensemble depuis plus de 30 ans et on a déjà fait plein de choses ensemble. On a même vécu dans un espace très restreint. Très intensément. Et oui, pour nous, ça fonctionne. Ça nous a même fait progresser d'un bon coup en tant que couple.
Ta femme fait aussi du parapente elle-même. Comment fais-tu pour la convaincre de faire du vol en tandem avec toi au lieu de décoller seule ?
Eh bien, ça s'est, je dirais, un peu expliqué. Elle a eu un accident il y a cinq ans. Et de mon point de vue, elle a tout fait correctement. Elle a eu un crash total lors d'un atterrissage en zone non préparée. Dix mètres. Et moi, personnellement, j'aurais aussi choisi cette prairie d'atterrissage. Elle a l'air super. Mais elle a eu un dénivelé d'un mètre, voire 1,50 mètre, perpendiculaire à la brise de vallée. Ce qu'on ne voit évidemment pas du dessus. Et bien sûr, il y a eu des turbulences qui, à ce moment-là, n'étaient tout simplement pas maîtrisables. Et depuis, elle est logiquement plus prudente. Elle n'a jamais été très branchée par le vol de cross-country, et depuis, elle est logiquement encore beaucoup plus prudente. Et oui, heureusement, elle a confiance et elle vole avec moi.
Et elle est d'ailleurs toujours très, très détendue. Alors bien sûr, il y a toujours des moments, et c'est aussi ça l'apprentissage. On ne fait du tandem que depuis deux ans. Ce qu'on a eu, cette courbe d'apprentissage, qu'est-ce qu'il faut faire différemment ? Alors la communication est extrêmement importante. Et surtout, éviter la mauvaise communication. Envoyer de mauvais signaux. Si j'envoie des signaux qui la déstabilisent, ça ne va évidemment pas. Et inversement, si elle m'envoie quelque chose et que je perçois qu'elle n'est peut-être pas tout à fait OK avec la situation, alors je ne peux plus du tout me concentrer sur le vol. Je vais donc essayer de sortir de la situation et je m'occupe plus d'elle que du vol lui-même.
À cet égard, on a vraiment dû apprendre beaucoup de choses, ou plutôt on a dû le faire. Et ça nous a vraiment fait du bien. Ça m'a fait progresser d'un bon coup. C'est vraiment une chose magnifique ce qui s'est développé là-dedans.
Alors, tu as dit que tu envoyais des signaux d'une certaine manière. C'étaient quoi ces signaux, ceux qui te dérangent vraiment ? Et qu'est-ce que vous avez convenu, en gros ? Ou quelles règles avez-vous établies pour dire, par exemple, comment nous devons communiquer en l'air pour que ça fonctionne vraiment harmonieusement pendant des heures de vol ?
Alors, par exemple, je jure quand je suis en vol solo. Et maintenant, je ne le fais plus du tout. Je me suis vraiment habitué à ne plus le faire. Mais il y a deux ou trois ans, c'était comme ça : quand j'étais en vol de distance et que quelque chose ne fonctionnait pas, qu'il y avait un chantier, alors je jurais devant moi. J'ai carrément dit des trucs comme « merde », « putain » et tout ça. Et ça la déstabilise évidemment, parce qu'elle ne peut pas évaluer la situation. C'est quoi exactement ? Et c'est tout à fait compréhensible qu'un aspect de la sécurité ne soit plus bon, que les conditions météo ne soient pas bonnes ou quelque chose comme ça.
Et à l'inverse, quand elle m'envoie des signaux qu'elle ne se sent pas bien, qu'elle a peur, qu'elle ne voudrait peut-être plus continuer à voler parce qu'elle évalue la situation différemment pour elle, alors de mon côté, ça me fait logiquement me demander : est-ce que je peux le faire maintenant ? Parce qu'une chose dans le vol en tandem, que je n'avais pas du tout vue avant, c'est ce que ça fait mentalement pour moi. Cette responsabilité que j'ai envers le passager, pour moi, à part deux autres personnes qui ont volé avec moi — une instructrice et une bonne amie — je n'ai jamais eu de responsabilité envers quelqu'un d'autre. C'est toujours ma femme. Mais là, c'est juste une responsabilité, et ça a un impact sur moi.
Et ça, je ne l'aurais absolument pas imaginé. Quand j'ai commencé ma formation en tandem, j'ai complètement sous-estimé cet aspect.
Sous quelle forme est-ce que ça change ta façon de voler ? Tu dis que tu es probablement plus prudent, et ainsi de suite. Et comment est-ce que ça change aussi ta façon de voler par rapport à ton passager, donc dans ce cas ta femme ?
Alors, ça a effectivement changé mon style de pilotage. C'est assez intéressant parce qu'avant, en solo,
Ouais, "radical" ne me semble pas tout à fait juste. Mais on pourrait peut-être dire "plus cohérent" en cours de route. Parce qu'à ce moment-là, je passais simplement à travers les choses et je savais qu'il y avait un rotor et qu'il fallait le gérer. Et je ne veux pas dire "foncer tête baissée dans le mur". C'est vraiment faux. Je ne volais pas comme ça. Mais je n'étais pas particulièrement attentif à ce qui se passerait si je me retrouvais dans de l'air un peu plus turbulent. Je me suis toujours dit que je maîtrisais ça. Et j'ai d'ailleurs pu le prouver. Mais c'est quelque chose que je ne veux évidemment pas vivre avec le tandem.
Et en ce sens, voler en altitude est absolument crucial. Lire les nuages, trouver la bonne ligne, ça s'est nettement amélioré avec le tandem. Et ça se reflète aussi dans mon vol en solo. Tout simplement parce que je ne veux pas descendre trop bas. Je veux éviter les situations où je doislonger de près une paroi rocheuse ou quelque chose comme ça. Avant, sur les triangles de limite, je me souviens avoir volé assez près du relief. Même à une époque où c'était déjà un peu plus actif thermiquement. Et je ne fais pas ça avec le tandem. Ce n'est pas du tout nécessaire. Ça peut se faire autrement. Et c'est un super apprentissage.
Dans quelle mesure est-ce utile, pour un vol de distance comme celui-ci, d'avoir un passager qui est lui-même pilote ?
Alors,
Je pense que c'est assez important. Enfin, quand on veut voler longtemps. J'ai fait une comparaison avec une bonne amie qui est venue voler avec moi récemment. Elle est elle-même pilote. Mais là, j'ai pris conscience à nouveau de la façon dont on fonctionne en équipe, ma femme et moi. Parce qu'elle n'a rien fait de mal. La bonne amie, elle a tout fait correctement. Mais malgré tout, il y a des gestes, surtout dans le transfert de poids, où je remarque que quand ma femme se suspend, ça fonctionne différemment. Et le transfert de poids est l'une des choses cruciales, parce qu'on communique là-dessus sur ce dont on a besoin à l'instant.
Alors, quand on a des barres serrées et rugueuses, il faut que tout le poids soit dessus, et je n'y arrive pas avec un... je vole un Advanced Bipro, il n'a pas de planche de siège, mais j'en avais testé une une fois avec une planche de siège, en tant que pilote, tu n'y arrives tout simplement pas. Tu n'arrives pas à faire le transfert de poids comme ça. Et elle peut bien sûr prendre les barres de tandem avec les deux bras et s'y suspendre complètement. Donc il y a presque 50 kilos dessus quand il y a vraiment des situations critiques. Et c'est important, parce que si ça te rejette sans cesse hors de la trajectoire, c'est évidemment très désagréable, inefficace, et je ne dirais pas dangereux, mais tu dois alors sans cesse corriger l'aile et tout ça disparaît quand il y a un poids correct dessus.
Est-ce que j'ai bien compris ? Le transfert de poids ne signifie pas dans ce cas, en tant que technique, que toi ou ta femme poussez votre fessier d'un côté, mais qu'elle fait vraiment, genre, une traction sur la sellette.
Oui, exactement. Enfin, pas moi, bien sûr. Mais elle, si. Elle saisit les pal楼 avec ses deux mains et, selon ce que je lui demande — je sais bien que ça ne peut pas durer très longtemps parce que c'est comme une traction — elle se donne à fond, exactement. Et ça fait une énorme différence. On n'y croit pas.
Mais pour elle, en tant que passagère et co-pilote dans ce cas, c'est alors vraiment physiquement épuisant.
Oui, ça l'est. Ce n'est pas une promenade de santé.
Et y a aussi d'autres choses, elle est aussi intéressée par la navigation, par la météo. Moi, je suis assez, comment dire, intéressé par les informations que je peux obtenir sur Internet via les stations météo et je veux tout savoir. Je ne veux pas faire de traversée de Stärzchen si je ne sais pas ce que disent les stations météo environnantes. Surtout ce qui se passe là-bas, en bas à Sterzing. C'est juste quelque chose que je veux. Je le voulais déjà il y a cinq ans, mais maintenant c'est bien plus simple en vol en tandem. Et même quand je suis en solo, je le fais, j'ai Internet dans le cockpit et je regarde ça.
Dans ce cas, ta femme est assise devant et elle a pratiquement la tablette sur les genoux, et tu lui dis : « Regarde s'il te plaît ce qu'il se passe à Sterzing ou quelque chose comme ça. » Exactement.
Alors, on a tous les deux un téléphone mobile devant nous, enfin un smartphone, je ne vais pas citer de marques ici.
et elles ont aussi enregistré les deux mêmes applications et sites web, et ainsi de suite. Et puis elles regardent, et je trouve aussi qu'il est important de vérifier régulièrement comment ça évolue. Par exemple, ce que donne le Wilde Feiger quand j'entre dans le Riedenhauen, je veux le savoir. Et je veux le savoir idéalement une heure avant, pour savoir comment ça évolue. Parce que si j'arrive là-bas et que pour le triangle mentionné, c'était comme ça que Ladons, c'est pratiquement le côté nord du Riedenhauental, donc en face du Brenner, là je savais déjà qu'il y avait 10 à 15 km/h de nord.
Alors, en bas à Sterzing, il n'y avait rien. Et c'était déjà clair pour moi : si on approche, il y aura un peu de nord dedans, et c'était effectivement assez limite, on pourrait presque le dire. J'ai vu deux pilotes qui ont fait une spirale de sortie. Je ne sais pas si c'était à cause du nord, mais l'air était calme, il y avait de la montée sur une grande surface et tout ça. Du coup, j'ai décidé que ça n'avait aucun sens d'abandonner ici. Au contraire, atterrir là-dessous est pire que de continuer à voler. Prendre de la hauteur, c'est de la sécurité, et continuer à voler. Et c'était aussi clair, c'est seulement dans cette zone. Les autres stations météo, aussi le Wilde Feiger derrière dans le Riedenhauen,
sans aucun problème.
Et c'est quelque chose que j'apprécie personnellement. Je ne peux que le recommander à tout le monde, parce qu'on peut simplement mieux appréhender la situation dans son ensemble.
Alors là, ta femme devient quasiment la navigatrice, comme dans les gros avions d'autrefois, qui disait : « La météo est comme ça, j'ai tout vérifié ». Et du coup, tu peux vraiment toujours donner des tâches à ta femme et lui dire : « Vérifie là, vérifie là, vérifie là ». Et elle le fait pour toi pendant ce temps-là.
Exactement, elle a aussi un intérêt personnel là-dedans. Ce n'est pas comme si c'était seulement moi qui le voulais. Elle veut aussi savoir où sont les orages, si c'est une masse d'air instable, ou s'il y a déjà de la pluie quelque part. Il y a maintenant aussi des trucs super, comme les alertes d'orage et de pluie. Je peux vraiment le recommander à tout le monde. C'est une excellente chose. Oui, c'est tout simplement bien quand on voyage de manière un peu plus planifiée et contrôlée. Je n'aurais pas voulu le croire si je ne l'avais pas vécu moi-même. On voit une averse qui se trouve à 20 kilomètres derrière la crête principale. Je ne l'ai pas vue. Mais le radar le dit, bien sûr, de manière très claire.
Et ensuite, on peut prendre sa décision sur ce qu'on en pense.
Il est aussi important de voir vers où se déplacent ces averses, en fait. Ça veut dire que tu regardes vraiment régulièrement le radar de pluie pendant les vols, ou comment ça se passe ?
Exactement. Donc, j'ai une alerte orage, c'est-à-dire un éclair et de la pluie, dans le cockpit. Et si l'une d'elles se déclenche, je regarde ce qui se passe. Et il y a aussi les prévisions, par exemple sur WetterOnline, pour voir quelle est la prévision, comment ça se déplace. Mais il faut dire qu'il faut prendre ça avec prudence. Ce ne sont que des prévisions basées sur des extrapolations du passé.
Surtout quand il y a une masse d'air instable et qu'un flux froid est déjà là, alors un orage ou un nuage de pluie se développe dans toutes les directions. Donc, il ne faut pas se fier uniquement à leurs prévisions, parce qu'ils savent juste que le vent souffle de telle ou telle manière. Ils voient que ça s'est déplacé comme ça pendant les 30 dernières minutes et ils extrapolent la prévision. Mais la façon dont ça grossit et si le vent est finalement un peu différent, là, il faut être prudent. On ne peut pas le prendre pour argent comptant. Mais si c'est clairement en train de s'éloigner de nous, alors c'est clair, on peut s'y fier et on vérifie toujours soi-même régulièrement.
Tu as dit que tu voles de manière plus défensive en tandem. Est-ce que c'est aussi dans ce genre de situations de pluie que tu te dis que tu pourrais voler plus près de certains nuages en solo qu'en tandem ?
Fondamentalement, je dirais oui, oui, c'est ça.
En solo, c'est que j'ai un plan B que je mets déjà en place. Celui que j'ai toujours dû utiliser à Fiesch il y a plusieurs années. Où je me dis simplement : d'accord, s'il y a vraiment une sortie d'air froid propre, d'accord, alors j'atterris en haut nickel et c'est fini. Et je me sens beaucoup moins capable de faire ça en tandem qu'en solo. En solo, c'est parfois déjà pas si simple. Mais en tandem, la coordination, c'est de toute façon le plus difficile quand on vole en tandem, je trouve, l'atterrissage.
Il faut que ce soit coordonné. Et c'est d'une certaine manière moins simple que quand on le fait en solo.
C'est peut-être un peu ça le handicap du vol en tandem, le fait qu'on soit parfois plus prudent sur certains trucs ou qu'on se dise qu'on ne peut pas atterrir super facilement ou autre chose. À quel point estimes-tu ce handicap du tandem par rapport à une aile solo, quand on traduit ça en termes de distances possibles que l'on peut parcourir avec ?
C'est difficile à répondre.
Parce qu'en fait, au niveau de la finesse, il n'y a pas vraiment de différence. Le tandem a même un petit avantage grâce au nombre de Reynolds plus élevé. Quand on sait que le tandem que je vole actuellement n'a ni Sharknose, ni Mini-Rips, et qu'il y a pourtant tellement de trucs géniaux qui existent.
Et malgré ça, il tient bien la route. Et à l'époque aussi, avant que je ne commence la formation ou que je ne décide qu'on allait le faire, j'ai pris un Bion de chez NOVA et on est allés à Bassano, je ne devrais normalement même pas le dire, je n'avais pas encore de licence tandem, mais peu importe, on a essayé pour voir comment ça se passait. Je ne voulais pas le faire à l'aveugle. Et là, à un moment donné, je suis passé à côté d'un Ozone Delta, ou quelque chose comme ça, pendant la traversée des Brenner, et je me suis dit : c'est pas possible. Il ne me distance pas du tout, je suis à la même altitude, c'est dingue.
Et la seul truc qui est vraiment un vrai désavantage en tandem, c'est d'accélérer. Ça commence par la manipulation des trimmes et ça s'arrête bien sûr avec la chute de la finesse et avec la vitesse finale nettement plus faible. Là, je le remarque. Mais si j'ai une journée où je,
si les solos n'accéléraient pas, je dirais que je n'ai quasiment aucun inconvénient. S'il n'y a pas de vent, comme je l'ai dit. Et les solos n'accélèrent pas. Mais c'est le seul truc, bien sûr, ce sont les inconvénients. Tu es un peu plus comme un Jumbo et un poil moins rapide en vitesse finale. Et surtout, tu n'oses même pas laisser les trimmers ouverts tout le temps. Je l'ai fait maintenant, parce que le problème, c'est que les trimmers et les suspentes doivent être manipulés ensemble. Je ne laisse pas les suspentes sortir lors d'un tel vol. Je ne le fais pas. Je le fais peut-être sur la traversée au-dessus des analyses.
Mais sinon, si je compte sur une turbulence thermique quelque part, je ne lâche pas la suspente de direction. Je dois donc fermer les trimmers en gardant la suspente de direction en main. Et bien sûr, je ne fais pas ça au dernier moment. On utilise donc beaucoup moins les trimmers que lorsqu'on accélère avec le Solo. Et j'ai fabriqué un truc pour moi pour découpler ça, pour pouvoir tirer les trimmers avec les pieds. J'ai fait une sorte de déviation de suspente et je peux alors fermer les trimmers avec le bout des pieds. Ça ne fonctionne pas sur toute la course du trimmer, mais de 60, 70 % je peux les fermer jusqu'à la position de meilleure performance.
Et c'est déjà suffisant, ça suffit pour simplement voler un peu plus détendu avec les trimmers ouverts. Parce que je peux faire des mouvements de correction avec le frein quand j'en ai besoin et, en même temps, retirer le réglage. Et c'est évidemment un énorme avantage.
Ça veut dire que je dois me le représenter comme ça : si tu fais une traversée de vallée par exemple, tu ouvres les trimmers pour aller plus vite, et quand tu arrives quelque part de l'autre côté, il y a de la thermique, alors tu rentres quasiment en légère accélération ou avec le réglage plus rapide. Mais au moment de rentrer dans la thermique, tu te dis : d'accord, maintenant je veux voler en thermique. Et là, tu pousses avec tes jambes pour refermer les trimmers.
Non, je le fais avant. Dès que je remarque que l'air commence à bouger, je le ferme en fait avec les pieds. Le système est encore configuré pour que je le referme avec les pieds. Ce n'est pas encore vieux. Malheureusement, ça a aussi lâché pendant le vol de crête. J'avais encore une fine corde à l'intérieur et elle s'est coincée dans la poulie de déviation. En ce sens, ça n'a fonctionné qu'une heure. Mais maintenant, il y a une corde plus épaisse et ça fonctionne de manière fiable.
Non, mais surtout quand on vole sur un degré par exemple, je peux mettre, disons, 50 % de trimmers ouverts ou... 30, 40, selon les cas. Et je peux simplement les régler plus finement. Et là, je les ferme déjà un petit peu. Et c'est différent. Quand tu le fais avec les mains, on ne s'en sert pas autant, du moins d'après mon expérience. Et ça a déjà un avantage. Mais entrer dans la thermique avec les trimmers ouverts, oui, on peut certainement le faire. Mais ça, non, je ne le fais pas.
Si on imagine ce handicap, tu es un peu plus lent avec ton tandem et tu as donc des temps moyens un peu plus bas, par exemple. En même temps, tu fais aussi un peu plus attention à la sécurité, aussi à cause de ta femme comme passagère, etc. Qu'est-ce que ça change pour la planification de la route quand tu te prépares pour ce genre de vols ? Sur quoi un pilote de tandem doit-il particulièrement faire attention pour pouvoir quand même parcourir de si longues distances ?
En fait, je ne fais pas grand-chose de différent par rapport au solo. Par exemple, l'année dernière, c'était un objectif qu'on n'a même pas réussi à atteindre. Je lui ai dit : « Écoute, derrière, le Feiger sauvage, le glacier, il faut que je te le montre. » Pareil pour le Großglockner, le glacier, il faut absolument que tu le voies. C'est tellement gigantesque.
Et là, ce n'est pas vraiment... Je fais le triangle maintenant. Surtout l'année dernière, c'était encore assez décontracté, d'une certaine manière. Cette année, on s'est dit qu'on voulait voler depuis la frontière. Mais même là... Enfin, je n'y croyais pas vraiment pour cette journée de toute façon. Et c'était mieux comme ça, parce qu'en montant, on a vu deux pilotes en tandem. Et l'un d'eux, je ne le connaissais pas personnellement, mais je sais qui c'est. Kilian Insam. Et là, je me suis brièvement présenté, j'ai discuté avec lui et tout ça. Et il m'a dit, oui, il a aussi Martin avec lui et il veut absolument battre le record du monde. Et ils veulent juste voir ce qu'ils peuvent faire.
Et oui, on a décollé quasiment en même temps. Enfin, de toute façon, tout le monde décolle direct dès qu'il y a assez de portance.
Et oui, alors j'ai vu Kilian plusieurs fois dans le Defreckental. Parfois c'était lui devant, parfois c'était moi. Ça se passait à peu près en même temps, à côté. Et pour moi, c'était clair : Defreckental, c'est fini, je fais demi-tour. Je ne vais pas jusqu'à Karlsruhe maintenant, je ne suis pas fou. Et puis, ça se passait super bien. On était tellement rapides. Et là, je fais demi-tour avec Kilian pour monter. Il était déjà à la base. Et soudain, l'autre commence à couper vers Karls. Et là je me dis : c'est pas possible. Qu'est-ce qu'ils font ?
Karls est en direction du Großglockner. Juste pour que je puisse me situer dans l'espace.
Exactement, exactement. Et après, je suis parti en avion et j'ai dit à Uli, ma femme : « Écoute, s'ils volent là-bas, on le fera aussi. » Puis je lui ai ajouté : « Bon, là-bas, la pompe, je la connais comme étant assez capricieuse. » Ça m'a carrément envoyé à côté du Kurt Eder avec le solo. J'ai fait trois twists. C'était une situation assez désagréable. Je l'ai tout de suite encouragée.
Tu lui as raconté ça aussi ? Oui,
Exactement. C'est exactement ce que je lui ai dit. Et ensuite, je lui ai expliqué qu'on allait faire ça différemment avec le tandem. Je vais maintenant beaucoup plus attaquer par le sud. Et je vais tourner comme une banane pour pouvoir déjà attraper les thermiques qui sont plus loin. Et je prends aussi ceux qui ne sont pas encore tout à fait forts. Donc si on attrape 2 mètres de pompe, on les prend d'abord pour gagner une bonne altitude, et on peut ensuite se laisser déplacer plus loin vers le relief. Et c'est exactement comme ça qu'on a fait. Et c'était totalement relax. Et quand on a tourné vers Karls, Kilian était déjà à nouveau à la base. Et là, je vois qu'il décolle en direction du Großglockner. Et là, je me suis dit : non, là je descends vraiment. Je ne vais pas le suivre.
Parce que ça ne passe pas. La journée ne tient pas. Et ça ne va pas marcher. Et c'était ma chance. Parce que Kilian et Martin sont arrivés avec une demi-heure, voire 35 minutes de retard. Parce qu'ils ont encore fait le vol là-bas vers Sterzing. Et moi, j'étais déjà revenu. Et j'avais une altitude de base complète. Et le nord et l'énorme zone d'ombre ne m'importaient plus du tout, parce que j'étais sous la nuée. Mais les deux autres se sont écrasés là-bas. Ils ont dû mettre longtemps.
Comme beaucoup d'autres. Ça n'avait rien à voir avec le tandem. C'était juste de la malchance. Arriver avec une demi-heure de retard, c'était tout simplement trop tard.
Pour ce vol record, tu as été en l'air pendant neuf heures. Parce que les longues distances impliquent automatiquement de longues durées de vol. Comment gères-tu tes besoins corporels, au juste ? Est-ce que tu utilises aussi un préservatif urinaire en tandem ? Oui,
Bien sûr. Je ne suis pas un maçon de guerre qui s'entraîne à retenir sa vessie. Évidemment, je dois forcément avoir un préservatif urinaire. Et ça marche super bien. J'en ai pris un l'année dernière chez Volbiflin, celui qu'on peut réutiliser plusieurs fois. Je suis plutôt enthousiaste. Je n'aurais jamais pensé que ça marcherait aussi bien. Du coup, je préfère maintenant en mettre un de trop plutôt qu'un de moins.
Et ta femme, elle fait quoi ?
Elle doit bien sûr faire ce que font les filles. Une couche. Elle a cependant le don de tenir neuf heures. Je ne comprends pas comment c'est possible biologiquement. Mais ça marche.
Quand tu voles en solo, tu utilises probablement aussi un sellette de repos pour les vols de longue distance. Juste pour toi, parce qu'en altitude, il fait nettement plus chaud et tout ça. Qu'est-ce que tu fais ? Comment as-tu résolu ce problème en vol en tandem ?
Oui, ça a été l'une des choses les plus difficiles. Parce qu'on est tous les deux extrêmement frileux. On ne supporte pas du tout le froid. À moins qu'on ne bouge, comme au ski. Mais en vol, je commence très vite à avoir froid. Du coup, on s'est demandé comment on pouvait résoudre ça. Et on a construit un sac à pieds en tandem où on est tous les deux dedans. Donc, il faut se l'imaginer comme ça : le sac à pieds est fixé sur mon sellette de tandem. Et il est aussi monté de façon fixe. On décolle normalement et le sac à pieds est à l'arrière. Et puis, on prend de la hauteur. Et là, j'ai deux boucles pour les pieds où je peux aussi fermer les trimmers via ces petites languettes qui sont dessus, depuis peu.
Et quand on a un peu d'altitude et qu'on se sent à l'aise, je peux passer le sac à jambes vers l'avant. Ou plutôt, la plupart du temps, c'est ma femme qui le sort par derrière. Du coup, quand elle attrape vers l'arrière, elle peut ouvrir les fermetures et le ramener vers l'avant. Il doit ensuite être accroché à son mousqueton. Là, ça devient un sac à jambes tout à fait normal. Il passe devant et on est tous les deux comme dans un cocon. Et c'est douillet et chaud. C'est top.
Ça veut dire que tu le glisses, ou que ta femme le fait passer de l'arrière vers l'avant, pour qu'il passe autour des deux sellettes, en gros. Exactement. C'est ça. Et est-ce que tu as cousu ce sac de jambes entièrement toi-même ? Ou est-ce que tu en as pris un existant et que tu as ajouté quelque chose dessus ? Ou est-ce qu'elle a ajouté un peu de tissu à l'arrière pour qu'il ait une sorte d'extension ? Comment ça s'est passé ?
Non, c'est une conception entièrement personnelle. Et pour ça, oui, je me suis demandé comment ça pourrait marcher. Il y a eu différentes phases, des phases de réflexion.
Je pense que c'était même avant que je ne fasse ma formation de tandem, j'ai déjà réfléchi à la manière dont ça pourrait fonctionner. Et au final, c'est comme ça que ça a été retenu.
Il y avait aussi cette idée que ce soit le passager qui s'en occupe et que je m'y glisserais, en quelque sorte. Mais du concept qu'on a maintenant, je suis vraiment absolument convaincu. Ça marche super bien. Et même quand il faut résoudre ça très vite, à cause d'un atterrissage de secours par exemple, c'est vraiment ultra rapide. On a aussi déjà fait en sorte que sans la sacoche de jambe, donc si elle est déclipsée à l'avant chez le passager, on peut la reclipser proprement sur le sellette du pilote, comment dire, pour que ça ait l'air correct. Ce sont des boucles qu'on ferme. Mais on peut aussi tout laisser balancer au vent et quand même atterrir. Ça marche tout aussi bien. Et au bout du compte, ce sont quatre boucles, une, deux, exact, quatre boucles qui doivent être déclipsées.
Ça se fait en un clin d'œil et on est libre.
Faire du vol en tandem pendant des heures en altitude n'est pas seulement peut-être désagréable à cause du froid — ce que tu as réglé avec la sacoche pour les jambes — mais c'est aussi physiquement épuisant, surtout pour le pilote. Comment tu gères ça ? Est-ce que tu t'entraînes spécifiquement pour tenir neuf heures, pour pouvoir piloter vraiment en continu un tandem avec ses pressions de commande plus élevées et tout ça ?
Non, pas du tout. Enfin, je fais un peu d'entraînement, mais ça n'a rien à voir avec le vol en tandem. Je fais ça depuis longtemps. Et je ne suis pas vraiment musclé ou costaud. Mais je pense que c'est une idée reçue de croire qu'il faut beaucoup s'entraîner pour ça, parce qu'on n'a besoin de force que pour le pilotage en thermique et pour l'atterrissage. Sinon pas du tout, parce que freiner n'est de toute façon pas bon, ça abîme la performance. Donc je n'utilise le frein que si c'est absolument nécessaire. Juste quand je dois, donc pour tourner en thermique, et même là, le moins possible. Mais bien sûr, le frein intérieur, c'est déjà,
ça demande plus de force qu'en solo, c'est clair. Mais ce n'est pas vraiment problématique. On peut tenir facilement neuf heures. Cette année, on a fait du tandem trois jours de suite au Hoch Velln.
Et je ne sais pas, le premier jour c'était cinq ou six heures. Et ensuite, à chaque fois, environ huit à neuf heures. Et ça s'est passé sans aucun problème.
Ça veut dire pas de courbatures du tout et rien d'autre ?
Peut-être un minimum. Enfin, pas au point d'être critique, non.
Est-ce que vous vous alternez parfois en plein vol, genre tu dis à ta femme : « Hé Uli, prends les freins, je veux bien me dégourdir les bras. » Ou « Pilote pendant dix minutes, je vais regarder le paysage. » Ou « Je veux vérifier la météo pour moi tout de suite » ou autre chose ?
Non, jamais. On ne le fait jamais. On a essayé une fois pour des raisons de sécurité, juste pour voir si elle y arrivait, si elle pouvait prendre le relais en cas de besoin. Et oui, ça marche.
Mais sinon, non, je ne lâche pas les freins.
Et Uli n'a jamais eu envie de passer elle-même son brevet de tandem, pour que le rapport soit carrément inversé. Elle est derrière, et toi tu es devant.
Non, elle ne l'a pas. Elle n'a aucune prétention, elle est contente de faire ses vols de 30 minutes, peut-être même une heure parfois.
Et après, elle va boire un cappuccino et elle est super contente. Et moi, je reste cinq ou six heures dans le Barsano parce que j'aime ça. Et c'est tout à fait correct comme ça. Je suis content qu'elle vole en solo, qu'elle n'ait pas complètement arrêté. Mais même si elle veut arrêter complètement un jour, c'est aussi correct. Oui. Chacun doit le savoir pour soi-même. Est-ce que pour moi, ça m'amuse encore ? Est-ce que ça me convient toujours ? Et je pense simplement que quand on a eu un accident une fois, ça change pas mal la perspective.
Alors, tu dis que tu voles principalement avec Uli, ta femme. De temps en temps, tu voles aussi avec d'autres. Est-ce que c'est bizarre quand tu te dis qu'on n'est plus cette équipe rodée et que d'un coup, je dois piloter complètement différemment à l'arrière parce que l'autre ne se penche pas assez dans les virages, et tout ça ?
Oui, comme je l'ai déjà dit, c'est très rarement arrivé jusqu'à présent. C'était seulement avec une amie et la monitrice de vol. Et avec l'amie, c'est arrivé deux fois en deux ans. Donc, en fait, on peut dire que je ne vole qu'avec ma femme.
C'est pour ça que, tu avais demandé au début de la discussion, ou plutôt lors de notre entretien préliminaire, comment motiver un passager à participer pendant huit ou neuf heures ? Je ne sais pas vraiment. Je ne peux répondre que pour ma femme. Et on a fait beaucoup de choses ensemble,
ce qu'on voulait, quand on a dit qu'on était intéressés par ça et qu'on voulait y arriver ensemble. Et le vol en tandem en fait partie. Pas forcément pour battre un record. Bien sûr, c'est beau de gagner le championnat d'Allemagne ou de battre un record, c'est sûr. Mais c'est plus une question d'expérience commune, de ce qu'on peut partager.
Vu ce contexte, est-ce que le fait de partager cette expérience rend le vol en tandem encore plus amusant que le vol en solo pour toi maintenant ?
Faire de la distance, oui.
Alors, faire de la distance en tandem ? C'est plus sympa ?
Alors, c'est difficile à comparer. Ce sont quand même deux mondes, d'une certaine manière. Je suis, ces deux dernières années, enfin, qu'est-ce que ça veut dire, faire de la distance ? Alors bien sûr, je fais aussi de la distance en solo. La question est donc de savoir ce qu'on entend par "faire de la distance". Si on s'en tient au mot pur, alors bien évidemment, je fais de la distance en solo. Le week-end dernier, je suis parti de, on était où ? On était à Kössen et on a dit qu'on voulait aller dans le Pinzgau, alors j'y suis allé et Uli a suivi en camping-car. Et comme ça ne m'avait pas suffi à Hollersbach, là où on voulait aller, j'ai fait encore un petit bout de chemin d'avant en arrière dans le Pinzgau.
Mais par vol de distance, je veux dire plutôt vers le vol en compétition. Je ne sais pas si compétition est le bon mot, mais si souvent qu'on se dit : je veux marquer des points pour le championnat d'Allemagne. Et pour l'instant, je ne fais pas ça en solo. Au tout début de la première saison, je pensais que c'était peut-être possible de combiner les deux. Genre, voir si on pouvait marquer des points pour le championnat d'Allemagne en solo et en tandem. Et ça n'a pas marché.
Et c'était très clair : non, c'est du tandem. C'est tout simplement plus amusant à deux.
Ça veut dire que dès que tu vois, genre, ce week-end ou n'importe quand, qu'il va faire un super temps pour le vol de distance, une alerte journée de dingue ou je ne sais quoi, tu dis direct : « Uli, garde ton samedi libre. On doit retourner voler. » Et elle dit toujours oui tout de suite. Ou quel genre de coordination il y a entre vous ?
Eh bien, comme je l'ai dit, ce sont deux vieux briscards. On passe donc nos week-ends ensemble, systématiquement.
On a les les mêmes loisirs, les mêmes intérêts et on part en parapente tous les week-ends. La seule question, c'est si on y va en solo ou en tandem. Et s'il y a une journée prometteuse, où si un nouveau jour de vent arrive et qu'on a tous les deux le temps et la possibilité, alors c'est clair, on y va et on veut essayer. Parce qu'on s'était dit qu'on voulait décoller trois fois de la Krente cette année. Pour l'instant, on n'a réussi qu'une seule fois. Donc ce serait déjà bien si on arrivait à faire les deux autres maintenant.
Y a-t-il des choses que tu as apprises en vol en tandem qui te sont utiles maintenant pour le vol en solo ?
Oui, donc la ligne, voler sous les nuages, et une part de patience, je dirais.
Je pense que oui. Et puis, je n'ai pas besoin de me débattre sur le terrain. Je n'ai pas besoin de plonger profondément quelque part. En général, ça monte déjà quelque part avant. Donc, c'est un peu une corrélation avec la ligne. Ça a déjà un peu changé.
Est-ce que ça a aussi changé pour Ulli en tant que passagère chez toi, mais quand elle vole en solo, est-ce qu'il y a eu un changement ? Est-ce qu'elle dit qu'elle vole beaucoup mieux maintenant, juste en voyageant avec toi et peut-être grâce aux échanges et au fait d'observer comment tu fais les choses et tout ça ?
Elle a certainement appris des choses et elle réalise ce qu'il est encore possible de faire et ce qu'on peut faire en altitude. Genre, elle se dit : « maintenant, je vais vers la montagne suivante et je l'approche comme ça ». Mais elle n'est pas du genre à se dire que c'est quelque chose sur lequel elle veut travailler intensément pour s'améliorer. Elle est contente de son vol d'une demi-heure ou d'une heure et elle en profite. Et elle est par exemple super contente quand elle a fait un super décollage et un super atterrissage. Elle m'écrit à chaque fois « princesse » pour l'atterrissage et elle est ravie, avec un smiley derrière, quand elle réussit simplement un atterrissage tout élégant sur l'atterrissage.
Mais bien sûr, elle voit maintenant ce qui est possible. Et surtout, que même si elle en a envie, elle n'a pas forcément besoin de s'envoler loin. Mais qu'elle peut simplement rester très calme. Je pense donc que quelque chose s'est amélioré et changé pour elle, simplement grâce à son expérience.
À partir de cette expérience, penses-tu que le vol en tandem devrait peut-être être davantage utilisé, et pourrait-il être utilisé, comme outil de formation et de perfectionnement ? Que ce serait pertinent de proposer plus souvent aux clients : « Vous pouvez voler avec un bon pilote en tandem et vous pouvez vraiment en apprendre beaucoup » ?
J'aurais même envie de le faire, parce que je suis absolument convaincu que ça apporterait beaucoup.
Je ne sais pas si ça fonctionnerait avec notre mentalité de "faut pas dépenser", parce qu'on ne peut pas proposer ça gratuitement. Et les pilotes de tandem professionnels pourraient très probablement générer beaucoup plus de revenus s'ils en font passer plusieurs par jour avec des vols de 15 ou 20 minutes. Mais si je ne me trompe pas, Kriel le propose. J'aimerais bien faire un vol avec lui.
Je pense que tout le monde aimerait bien essayer ça une fois. Selon toi, quel est le conseil le plus important que tu donnerais à un futur pilote de parapente en tandem ? Un conseil que tu aurais aimé recevoir toi-même il y a deux ou deux ans et demi, quand tu as commencé, pour peut-être éviter certaines erreurs ?
Maintenant, je pars du principe que tu fais ça aussi avec une partenaire. Je ne pense pas que tu puisses faire ce genre de trucs. On est peut-être déjà sur le conseil là. Je ne pense pas qu'on puisse faire ça avec un piéton. Il y en a peut-être où ça marche. Mais je pense simplement que c'est mieux avec un pilote. Ou peut-être pour le dire autrement, celui qui vole avec doit être à 100 % derrière. Sinon, ça ne marchera pas. Et je pense que c'est aussi la raison pour laquelle il n'y en a pas énormément. On en connaît maintenant quelques-uns où les couples volent aussi.
Maintenant, je ne connais plus le nom de ceux qui font la marque Lippipipp. Ils volent aussi ensemble en tandem. Des Français plutôt sympas.
On a discuté avec eux aussi au salon de la thermique à Stuttgart. Ils ont raconté des choses assez similaires aux nôtres. D'ailleurs, ils ont aussi fabriqué leur propre sac à jambes. C'est aussi très intéressant.
Je pense qu'il faut beaucoup de coordination entre les deux personnes qui vivent ensemble une expérience aussi intense. Je pense que c'est là que réside probablement le plus grand potentiel de conflit si ça ne fonctionne pas.
Alors, pour finir, imaginons une autre situation. Un collègue pilote vient te voir et te dit : « Écoute, ma femme, elle vole aussi, mais elle aimerait faire du tandem avec moi et elle aimerait aussi faire des vols de distance. Par contre, je ne sais pas du tout si ça m'amuserait. » Qu'est-ce que tu leur dirais pour leur expliquer pourquoi c'est quand même super sympa de faire des vols de distance en tandem ?
Parce que tu partages les expériences directement avec l'autre. Parce que tu partages les expériences directement avec l'autre. Parce que tu partages les expériences directement avec l'autre. Parce que tu as un double plaisir. Ce sont des moments émotionnels, c'est juste génial. L'un des plus beaux vols en tandem était au Liag, l'un des plus beaux vols en tandem était au Liag, pour un anniversaire de mariage, je ne sais plus, on a décollé vers cinq ou six heures. Pour un anniversaire de mariage, je ne sais plus, on a décollé vers cinq ou six heures. Peut-être même vers six heures et demie, je ne sais plus, en plein été.
On se dirige vers le coucher du soleil. Oui, à quel point c'est romantique ? C'est génial. Et ça, tu ne peux pas le faire seul. Tu peux raconter après au bar à quel point c'était super. Et tu en es content toi-même, bien sûr, quand tu es seul, c'est sûr. Mais tu n'as pas cette expérience partagée.
Est-ce qu'il t'arrive parfois, quand tu voles en solo, de te dire : « Oh, en fait, j'aurais bien préféré que Uli soit avec moi » ?
Oui, je ne peux pas me souvenir d'une situation précise comme ça, mais en principe, oui, bien sûr. Surtout l'année dernière, j'ai fait un peu de Volbiv. J'ai eu plein de moments que j'aurais bien aimé partager avec Uli. Et ce serait aussi l'un des objectifs possibles que nous fassions du Volbiv en tandem un jour. Je ne connaissais pas ça moi-même. Je l'ai découvert l'année dernière, c'était la première fois pour moi et j'ai été complètement surpris par l'intensité de l'expérience et par ce que ça me fait.
Et faire ça en tandem, ce serait vraiment génial.
Mais avec le Volbiv, est-ce que le tandem ne devient pas en fait un handicap encore plus grand ?
Oui, c'est sûr. Surtout pour atterrir en haut, il faut s'entraîner pour ça. Je ne pense pas que ce soit si simple d'un coup. Et niveau équipement, il faudrait aussi s'organiser complètement différemment.
C'est sûr que c'est un peu plus exigeant, oui.
Mais ce serait déjà un objectif pour toi, tu pourrais te dire que tu pourrais éventuellement te voir faire ça l'année prochaine et ensuite acquérir l'équipement adéquat pour ça ?
Oui, carrément. Je ne sais pas si ça va se faire comme ça, mais c'est carrément tentant.
Bien, Stefan. Alors je te souhaite que ce sujet Volbiv — ou le rêve de faire peut-être Volbiv en tandem — se réalise enfin, peut-être l'année prochaine. Sinon, je te souhaite aussi que les deux vols de frontière manquants cette année se fassent simplement grâce à la météo, et que vous puissiez peut-être même battre le record une nouvelle fois. Je te remercie en tout cas. Ça
Je ne crois pas. C'était déjà une journée très, très bonne et rapide.
Qui sait, la météo est tellement dingue à plein de endroits en ce moment que peut-être qu'il y aura encore de belles journées de folie... Mais qui sait. En tout cas, peu importe comment ça se passe, je te souhaite de continuer à bien t'amuser pendant tes vols et merci pour les super images sur le vol en tandem. C'est vraiment sympa. Personnellement, j'ai mon brevet de tandem et là, j'ai vraiment envie d'aller faire une sortie avec ma femme.
Il faut absolument que tu essaies. Je ne peux que te le recommander.
C'était Stefan Lauth en conversation avec Lucian Haas. Si vous voulez en savoir plus sur les grandes sorties en tandem de Stefan ou aussi de Julien Iring... vous trouverez les liens correspondants dans les notes de cet épisode de podcast. Ils sont sur le blog Lu-Glidz. Vous y trouverez aussi, comme sur Soundcloud, d'autres épisodes de Podz-Glidz. Si vous ne voulez plus manquer aucune des histoires du cosmos du parapente, alors abonnez-vous simplement à Podz-Glidz. C'est possible via le flux RSS ou via les catalogues de podcast connus comme iTunes, Spotify, TuneIn ou Podcast.de. Si Podz-Glidz et Lu-Glidz vous plaisent et que vous trouvez mon travail digne d'être soutenu, je vous invite à m'envoyer une contribution libre par PayPal ou par virement bancaire. Vous trouverez les liens et les coordonnées sur le site www.Lu-Glidz.blogspot.com.
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