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01. The Jolly Jumper - Samuel Lückoff & Nathalie Schwemke

// Nathalie Schwemke, Lucian Haas · 2018-12-01 · 00:59:06 · original episode

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[show notes]
Quel paraglidiste n'a pas déjà rêvé : simplement lâcher son job, avoir beaucoup de temps et un camper à disposition et ensuite partir : à travers l'Europe, d'une zone de vol à la suivante. Nathalie Schwemke et Samuel Lückoff de Cologne ont osé exactement cela. Dans une discussion avec Lucian Haas, ils racontent comme dans Podz-Glidz, le Lu-Glidz Podcast, leurs expériences. Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas un récit de voyage style diaporama – juste sans les images. Il s'agit notamment de la manière dont le projet a überhaupt été réalisé ; le défi de tout laisser derrière soi ; les sommets et les bas humains pendant un tel voyage et quelles leçons on devrait ramener dans le quotidien. Plus d'infos sur le voyage : http://thejollyjumper.de Musique de Jukedeck - créez la vôtre sur http://jukedeck.com

[transcript]

0:20Nathalie Schwemke

Podz-Glidz, le podcast Lu-Glidz,

0:23Lucian Haas

Des histoires du cosmos du parapente,

0:25Nathalie Schwemke

aujourd'hui avec Nathalie

0:28Lucian Haas

Schwemmke et

0:29Nathalie Schwemke

Samuel Lukow, Lucian Haas au micro.

0:35Nathalie Schwemke

Quel parapentiste n'a pas déjà rêvé de lâcher son boulot, d'avoir beaucoup de temps et un van à disposition pour traverser l'Europe, d'une zone de vol à l'autre ? Nathalie Schwemke et Samuel Lukow, originaires de Cologne, se sont lancés dans cette aventure. Dans la prochaine heure, ils nous racontent leurs expériences dans Podz-Glidz, le podcast Lu-Glidz. Mais ne vous inquiétez pas, ce ne sera pas un récit de voyage façon conférence DIA, juste sans les images. On y parlera notamment de la manière dont le projet a vu le jour, du défi de tout laisser derrière soi, des hauts et des bas humains durant un tel voyage et des leçons que l'on peut en tirer pour le quotidien.

1:18Nathalie Schwemke

Samuel, si tu devais résumer ça en une phrase, ou si tu pouvais le faire. Quel était ton grand rêve ? Oui, passer plus de temps avec mon hobby, le parapente. Eh bien, c'était un rêve. Depuis combien de temps le rêvais-tu ? Enfin, combien de temps cela a-t-il fallu, de la première idée, je voudrais faire quelque chose comme ça, jusqu'au moment où vous êtes vraiment partis ? Eh bien, ça s'est développé petit à petit. Ça n'est pas arrivé du jour au lendemain. Ça a aussi un peu à voir avec le fait d'avoir beaucoup travaillé, d'avoir eu peu de temps pour le parapente. Et à cause de cela, on s'est de plus en plus, je dirais, un peu isolé des amis et on allait peut-être voler quand c'était possible.

2:07Nathalie Schwemke

Mais sinon, on était au boulot et on se disait, bon, on ne peut pas tout avoir dans la vie. Et c'est comme ça que l'idée est née petit à petit, et le projet a grandi. Je crois qu'on en a parlé un an avant. Et au début, c'était encore très étranger pour toi, non ? Et oui, plus on en a parlé, plus ça est devenu envisageable pour toi.

2:40Nathalie Schwemke

Et puis, on a fini par se décider et on a commencé à planifier le voyage. Alors Salli, qu'est-ce que l'inconnu représentait pour toi au début ? De quoi avais-tu peur ? Et qu'est-ce qui t'a finalement convaincue de te dire : non, je le fais quand même ?

2:54Lucian Haas

En général, j'ai toujours peur des inconnus et des nouvelles choses. Ou qu'est-ce que ça veut dire, avoir peur ? Peur n'est peut-être pas le bon mot, mais j'évite ça volontiers. Et quand je pense maintenant que je dois laisser tout ce que j'ai ici derrière moi et que je vais être en voyage pendant un demi-an, un an entier, tout le temps dans de nouveaux endroits... ça a d'abord représenté un peu de stress pour moi. Surtout quand on a concrétisé ça l'année dernière.

3:26Lucian Haas

Oui, alors j'ai longtemps lutté intérieurement. Est-ce que je le fais ou pas ? Et au final, je me suis dit que si je ne le faisais pas maintenant, s'il me prenait par la main, ce n'était pas vraiment un problème. Sinon, je ne le ferais jamais.

3:40Nathalie Schwemke

Abandonner un quotidien comme celui-ci, c'est aussi renoncer à une certaine sécurité. On a un métier, un revenu, et on a généralement une routine bien établie. Tout ce qu'on doit faire est dicté de l'extérieur. On n'a pas besoin de trop se prendre la tête. Maintenant, vous avez un grand projet en vue, au point d'envisager de quitter votre emploi pour ça. Est-ce que ça a été difficile pour toi ?

4:00Lucian Haas

C'était très difficile pour moi. Enfin, ça fait maintenant presque exactement un an, on a d'abord résilié le bail de l'appartement pour pouvoir économiser un peu d'argent sur le loyer. Et quand le propriétaire a appelé pour savoir quand il pourrait faire une visite, je crois que j'ai pleuré amèrement pendant une heure.

4:22Nathalie Schwemke

Mais il faut dire que c'était aussi dû au fait que ça s'est passé très, très vite. Je crois qu'on a appelé le propriétaire un vendredi ou quelque chose comme ça, et on l'a prévenu dans les délais pour qu'il ait une chance de trouver un remplaçant. Et le dimanche, il a mis l'annonce en ligne pendant seulement quelques minutes. On habitait à Cologne avant et il a rassemblé ses 20 candidats, en a choisi dix, puis il nous a rappelés pour dire : « Bon, on fait les visites mercredi. » Et là, c'était déjà désagréable. Mais ça s'est fait très vite.

4:55Lucian Haas

Et pour moi personnellement, c'est allé trop vite. Et oui, j'ai pleuré pendant une heure et après, ça allait. Mais il y avait un hic derrière.

5:04Nathalie Schwemke

Samuel, est-ce que c'était difficile pour toi de quitter ton job ?

5:08Nathalie Schwemke

Oui, si, c'était déjà difficile pour moi aussi.

5:13Nathalie Schwemke

J'ai adoré mon boulot. J'étais très investie, disons, et j'ai toujours pris du plaisir dans mon job dans l'informatique. Finalement, c'est devenu assez prenant pour moi. Du coup, sur le moment, ce n'était pas si difficile, avec le recul. Mais bon, on sentait quand même qu'il manquait quelque chose au travail. Maintenant, vous avez cette idée, et on en parle bien sûr avec les parents, les amis, et ainsi de suite. Quelles ont été les réactions ? Est-ce qu'ils vous disent que vous êtes folles ou quoi ? Avec les amis, ce n'était jamais une grande barrière de le dire. Mais plutôt ? Mais plutôt, je me disais : oh, pour les parents, comment vont-ils le prendre ?

5:59Nathalie Schwemke

Et puis, on a fini par fixer un rendez-vous, enfin, on était venus les voir ici. Et il fallait bien leur avouer, parce que notre idée était de poser toutes nos affaires ici. Et aussi d'habiter ici, au moins temporairement. Et bah, je me l'imaginais en fait pire. Pour la réaction, je me suis...

6:20Lucian Haas

Tu avais peur ? Oui,

6:22Nathalie Schwemke

J'avais peur que nous soyons mal compris. Parce que, pourquoi abandonner son job stable pour aller voyager un peu ? Mais bon, ça n'a pas été un problème. Mes parents ont pris ça plutôt bien et ont dit : « Bien sûr, pas de souci. Vous pouvez habiter ici et entreposer vos affaires aussi longtemps que vous voulez. » Et oui, c'était déjà... À ce moment-là, je me suis dit que tout était réglé. Maintenant, vous vous êtes acheté et aménagé un Citroën Jumper. Est-ce que l'aménagement s'est fait en plus du boulot, genre « le soir, je continue encore un peu dessus » ? Ou est-ce que tu t'es déjà libéré du temps en te disant : « là, je m'y consacre à fond » ?

7:10Nathalie Schwemke

Alors, l'aménagement en soi... ça a pris beaucoup de temps, bien plus que ce que j'avais prévu au départ. Parce que dans un véhicule comme ça, rien n'est droit, tout est tordu, il n'y a pas d'angles droits et tout ça. Du coup, tout ce qu'on veut construire à l'intérieur demande énormément de travail. Il faut tout ajuster avec précision.

7:34Nathalie Schwemke

Je l'ai fait pendant un certain temps, avant même qu'on démissionne, en plus de mon boulot. Et là, il y a eu le truc en plus : on habitait à Cologne. À Cologne, on a un appartement en location et je n'ai pas la possibilité d'y installer un atelier. Ça veut dire qu'en fait, on a toujours construit ici le week-end, presque tous les week-ends, ou tant que les week-ends le permettaient. Et maintenant, avec le recul, concernant le temps de préparation, quelle a été la plus grande difficulté pour vous deux ? Une grande difficulté pour moi, c'était vraiment l'estimation du temps, comme je l'ai déjà évoqué, pour l'aménagement. Est-ce qu'on allait finir par terminer. Et on n'a pas non plus fini l'aménagement aussi vite que j'aurais aimé.

8:22Nathalie Schwemke

Mais à un moment donné, il y a eu ce déclic : oui, ça ne sert à rien, on ne peut pas continuer à construire ici éternellement, il faut aussi qu'on finisse par prendre la route. Oui, c'était en fait le plus gros obstacle. Et pour toi, Nathalie ?

8:35Lucian Haas

Mon plus gros obstacle, c'était de me détacher intérieurement d'ici. Toute la paperasse, pour moi, c'était même pire. Tout ce qui entoure ça, l'assurance maladie et le changement d'adresse.

8:48Nathalie Schwemke

Alors, vous avez commencé en avril, si j'ai bien suivi. Oui. Est-ce qu'il y avait dès le début une sorte de plan directeur pour l'itinéraire ? Genre, on veut aller là, puis là ? Ou comment avez-vous fait ? J'ai pris des notes régulièrement. Déjà des années auparavant, quand on voyait un joli coin quelque part. Que ce soit sur des photos sur Facebook ou ailleurs, je me notais : "Ah, où est-ce que c'est ? Est-ce que ça vaut le coup d'y aller ? Est-ce qu'on pourrait même, enfin, bien sûr, paysagèrement c'est beau comme n'importe quel autre pays, mais est-ce qu'on pourrait peut-être même y voler, etc. ?" Et j'ai fini par accumuler une liste assez longue, mais pas seulement via Facebook, aussi grâce à des amis qui me disaient : "Regarde aussi ici, c'est là que j'ai grandi, tu dois absolument y aller. Quand tu y es, passe le bonjour à Untel et Untel, et ainsi de suite."

9:36Nathalie Schwemke

Bien sûr, ça changeait toujours par rapport à ce qui était prévu au départ. Mais c'était aussi voulu. Ça veut dire que je ne voulais pas fixer des dates précises, genre on sera là à tel moment, puis là, mais plutôt dire : « Oh oui, c'est sympa ici, on reste une semaine de plus » ou « Bon, on continue, ça ne me plaît pas trop ici ». C'était l'idée : ne pas se fixer d'itinéraire trop rigide. Maintenant, pour résumer rapidement en arrière-plan, quels pays avez-vous visités durant ces six mois de voyage ? On va les énumérer. La Suisse, l'Autriche. L'Italie. L'Italie. On était en France. On est passés par la Belgique parce que les conditions de vol n'étaient pas bonnes là-bas.

10:22Nathalie Schwemke

On a juste traversé le Luxembourg aussi. Ensuite, on a pris la Slovénie, la Croatie, le Monténégro. Un petit passage par la Bosnie. La Bosnie et l'Albanie. L'Albanie, exactement. La Grèce. Puis on est repartis vers l'Italie. Oui,

10:39Lucian Haas

puis toute la botte. De nouveau en Autriche, donc je crois qu'on était le plus longtemps en Autriche et en Suisse. En

10:46Nathalie Schwemke

le plus souvent, oui. Exactement. Maintenant, concernant les destinations que vous avez visées dans ces pays, est-ce que tout était finalement principalement orienté vers le parapente ? Non. Pas exclusivement vers le parapente. Je dirais plutôt l'inverse, au moins pour la route des Balkans, qu'on l'a simplement faite et qu'on avait de très bonnes sources sur les endroits où on pouvait voler, où ça passait peut-être avec quelles conditions et où il fallait plutôt faire attention. Et oui.

11:20Nathalie Schwemke

Grâce à l'itinéraire, on nous a expliqué où c'était possible. Ça veut dire que vous regardiez à gauche et à droite, où on pouvait voler ici et vous preniez ça avec vous, mais ce n'était pas toujours une approche ciblée du genre : "prochain objectif à 200 kilomètres, il y a le super décollage, on doit y aller". Non. Bien sûr, on a pris un détour ou l'autre parfois, on a fait un détour parce qu'on savait qu'il y avait une zone de vol, mais on n'a pas tout planifié explicitement. "On doit aller là-bas, on doit y aller parce qu'on peut y voler". Mais il y avait quand même beaucoup de parapente. Qu'est-ce que le vol signifie pour vous, au juste ? Je vais peut-être vous raconter comment on a commencé le vol, non ?

12:00Nathalie Schwemke

Alors, la pratique du parapente a commencé par le fait que je lui ai offert un vol en tandem. Je n'avais encore aucun lien avec le parapente et je ne la laisserais pas descendre seule, alors il y avait deux pilotes de tandem qui nous ont emmenés en bas. C'était au lac d'Achensee. Et oui, on a fait un beau vol en tandem. J'avais réservé la variante action.

12:27Lucian Haas

Tu t'es amusé, moi j'avais la nausée.

12:28Nathalie Schwemke

Ils ont ensuite fait quelques manœuvres avec nous, le Wingover et la spirale. Oui, et je me suis amusée et j'avais un sourire aux lèvres à l'atterrissage, et ça a été pour moi l'étincelle initiale, la façon dont j'ai commencé le parapente. Nathalie, que signifie le parapente pour toi ? Est-ce que vous êtes très similaires ou est-ce que, en tant que femme, tu es un peu différente, est-ce que tu l'abordes différemment ?

12:55Lucian Haas

Je n'ai pas commencé la pratique du parapente directement. J'étais toujours avec eux, plus ou moins comme un taxi pour monter à la montagne et les récupérer quelque part. J'étais toujours là. C'était toujours sympa aussi, parce que c'est avant tout une belle communauté. On a rencontré des gens formidables, même quand je ne volais pas encore. Et à un moment donné, il y a eu ce déclic. Oui. J'ai pensé que tu pourrais aussi essayer. Mais j'ai aussi eu ce côté, c'est quelque chose de nouveau pour moi et ça pourrait être dangereux, et ainsi de suite. Et j'ai longtemps hésité avec moi-même, jusqu'à ce que je dise un jour : viens, je le fais. Et puis on a essayé un peu ici sur la prairie et j'ai tout de suite volé assez haut et assez loin avec son parapente.

13:44Lucian Haas

Eh bien, comme ça

13:45Nathalie Schwemke

quelques mètres.

13:46Lucian Haas

Pour moi, ça m'a semblé haut et loin. Et après, j'ai encore réfléchi et réfléchi, et je me suis dit "je devrais" et "je ne devrais pas". Et ça coûte aussi beaucoup d'argent. Donc pour moi, pour moi, c'est beaucoup d'argent. Et au final, je m'énerve de ne pas avoir commencé bien plus tôt. Et c'était, oui, c'est déjà beau. Enfin, on a aussi beaucoup marché en montagne avec les parapentes. On s'est mérité le vol, on a beaucoup profité de la nature. Et le vol en descente est tout simplement, tout simplement beau. Comment

14:20Nathalie Schwemke

Depuis combien de temps tu voles, Nathalie ?

14:21Lucian Haas

Oui, un an et demi maintenant.

14:24Nathalie Schwemke

Pas encore beaucoup de bagage, pas encore beaucoup d'expérience. Non, exactement. Comment est-ce que c'est de partir pour un voyage comme celui-là, qui est aussi assez aventureux ? Certains points de départ, je peux imaginer en Croatie ou ailleurs, où on se retrouve sur un truc rocheux là-haut. Pour quelqu'un qui débute encore relativement récemment, c'est probablement parfois assez intense.

14:44Lucian Haas

Je m'appuie souvent, ou peut-être trop, sur le voyage. Sur mon partenaire qui me dit que je peux le faire ou que je ne devrais pas le faire.

14:56Lucian Haas

Il y a eu des moments qui n'étaient pas géniaux. Pas des départs très réussis. Je ne me suis jamais blessé, mais par exemple, en Slovénie, je viens de me faire emporter par une rafale, j'ai fait un twist et puis, oui, j'ai fini par être éjecté. Ça avait l'air plutôt cool vu d'en bas. Moi, je ne trouvais pas ça cool. Oui. Oui, des turbulences dans les airs.

15:20Nathalie Schwemke

Ça avait l'air super cool, tu as géré la situation avec beaucoup de classe pour ceux qui étaient encore au décollage. Tu as saisi le twist en haut, tu as pivoté et tu es ressortie. Tout était parfait. Ils se sont dit : « Hmm, c'était stylé. »

15:33Lucian Haas

Ouais, ou alors des zones d'atterrissage en Italie, là où on était. Tout était de travers, parfois en sous le vent. Et là, Sami a décollé, il m'a fait signe et m'a dit : « Tu ne sors pas. » Et j'ai aussi pensé : « Nan, je ne le fais pas non plus. » S'il dit de ne pas le faire, c'est que je pense qu'il sait très bien me cerner.

15:53Nathalie Schwemke

Oui, ce n'était pas seulement pour toi. Rien que moi, j'avais déjà du mal à me forcer à atterrir sur cet atterrissage. Ce n'était pas un bel atterrissage, dans des conditions pas top. Et c'est pour ça que je t'ai dit que je ne te conseillerais pas de voler maintenant.

16:06Lucian Haas

Tu avais raison là-dessus. Et après, je suis redescendu. C'est

16:10Nathalie Schwemke

c'était aussi correct pour moi. Quel équipement aviez-vous avec vous ? Tu viens de dire que vous avez fait beaucoup de Hike and Fly. Vous êtes toujours montés à pied jusqu'aux sites de décollage. Est-ce que vous vous êtes dit qu'il me fallait une aile de montagne ultra légère pour ça ?

16:21Lucian Haas

Alors, ce que j'ai, c'est un sellette de décollage. Il tient plutôt bien au dos. Là, j'ai testé un truc d'une amie. Et avec ça dans un sac à dos, ça ballottait trop sur mon dos. C'était un sac de transport normal. Et je suis très satisfait de mon sellette de décollage. Ce n'est pas non plus un sellette léger. C'est un sellette tout à fait normal. J'ai un Alpha 5, qui a son poids. Et au total, je fais sûrement 13, 14 kilos. Avec la veste, avec l'eau, avec la radio, avec la nourriture. Peut-être même plus, je ne sais pas. Une grosse veste. C'était bien. Mes mollets ont fini par réagir. Mais on s'est habitués à un moment donné. Et pour moi, c'était en fait une belle façon de monter à la montagne.

17:08Lucian Haas

Et le poids finit toujours par paraître plus léger avec le temps. Donc, ça n'a jamais été le problème.

17:13Nathalie Schwemke

Eh bien, on n'avait pas... du tout d'équipement ultraléger spécifiquement conçu pour le Hike and Fly. Ce n'était pas si pertinent. On n'était pas dans les Alpes de Chamonix, où il aurait fallu accomplir quelque chose dans un temps imparti ou autre. Et oui, j'avais aussi un équipement tout à fait normal. Une sellette aussi, parce qu'elle est bien ajustée au dos et qu'elle est agréable à porter. Mais une aile tout à fait normale, un poids tout à fait normal. J'avais une vieille Tequila 3 qui pèse 6 kilos. Et sinon... Enfin bon, mon parachute est maintenant, puisqu'il est neuf, le SQR n'est pas si lourd et la sellette est aussi acceptable. Oui, mais l'aile était tout à fait normale. Et l'équipement, je dirais qu'il convient aussi à ce genre de voyage.

17:59Nathalie Schwemke

Ou est-ce que vous feriez quelque chose de différent maintenant avec le recul ? Ça dépend aussi un peu du portefeuille. Également. Si j'avais trop d'argent maintenant, bien sûr, je m'achèterais une aile plus légère. Mais on voulait aussi utiliser l'argent pour voyager. On n'a pas de parachute de secours. On n'avait pas de source de revenus en chemin, on avait épargné avant. Et oui, à cause de ça, on a volé avec notre vieux matos. Si on regarde bien, sur un semestre, on a probablement accumulé énormément de vols. Je me l'imagine au moins de façon très romantique. Non. Ça dépend aussi de beaucoup de choses. D'accord, la météo n'a peut-être pas toujours été géniale et tout ça. Mais parmi tous ces vols, même si c'est difficile de les comparer entre eux. Mais quels ont été vos plus beaux moments de vol ? Pour toi par exemple, Nathalie. Alors

18:41Lucian Haas

J'ai commencé comme débutant avec seulement des planeurs. Et la thermique ne me rassurait pas. Et maintenant, enfin, un vol magnifique où j'avais encore peur, c'était à Grindelwald, depuis le glacier supérieur, en sortant de la Glecksteinhütte. Un cadre magnifique. J'ai eu une peur bleue parce qu'il pouvait y avoir des dégueulantes ou quelque chose du genre. Mais c'était magnifique. C'était totalement calme. Donc c'était vraiment un super vol. En Croatie, sur le Trebalje, j'ai volé avec des vautours. J'ai aussi été impressionné. Ça

19:22Nathalie Schwemke

c'était ton premier long vol. Tu es restée plus de deux heures en l'air. Pour moi, c'était

19:27Lucian Haas

quelque chose de nouveau.

19:30Lucian Haas

S'envoler vers la mer en Grèce, c'était aussi une super expérience.

19:38Lucian Haas

Castelluccio en Italie, aussi un vol de distance assez long. Un cadre magnifique. Là, je me suis déjà plus exigé. Avant, j'étais content de simplement me retrouver au sol après un vol de cinq minutes. Maintenant, je voulais plus. Ça

19:57Nathalie Schwemke

c'était très intéressant. On était à Castelluccio et il y avait de l'ascendance dynamique de pente, rien de thermique. Il y avait aussi pas mal de vent. Ça veut dire qu'on devait vraiment faire attention à ne pas monter trop haut. Parce qu'en haut, c'était encore un peu plus fort. Mais après, tu es partie et tu as pu prendre de la hauteur. Et ensuite, tu voulais tester si tu pouvais aussi redescendre en sortant et si tout ça fonctionnait. Oui, et puis tu as atterri en bas. Et j'étais au sol. Parce que tu étais au sol et trop loin à l'extérieur. Bon, pas de problème, on remonte. Et puis, lors du deuxième vol, elle voulait rester en haut, mais ça n'a pas marché. Et elle a carrément fait un peu de piqué. Et pour dire les choses clairement, elle était dégoûtée de ne pas avoir pu rester en haut.

20:43Nathalie Schwemke

Et j'ai heureusement oublié, attends une seconde, tu ne peux pas t'attendre à faire des vols de monstre ici dès maintenant. Et tu te demandes combien de vols il m'a fallu avant que ça marche et qu'on puisse rester en haut ? Et pourquoi tous les autres restent en haut et pas soi ? Ouais, et puis après le troisième vol, je t'ai un peu coachée et on est parties ensemble. C'était super cool.

21:08Lucian Haas

Ensuite, je veux dire, on a d'abord fait de la longue distance.

21:10Nathalie Schwemke

Vous parliez de vents plus forts, disons, qui étaient probablement aussi plus fréquents. Je crois que cet été a été très orageux, du moins du côté des Alpes du Sud, et partout où il faut surveiller la météo et tout ça. Quelle a été la situation la plus périlleuse que vous avez vécue ? Pour moi, en Grèce, à Lefkada. C'est la première fois que j'ai fait une spirale parce que j'en avais marre, parce que... Lefkada est en fait sur la côte, on était au décollage du bas, juste à Katisma, c'est le nom du décollage ou de la plage là-dessous, et juste au-dessus, à 100 mètres de plus, il y a un décollage où le vent vient de l'ouest de la côte, tout le temps ou très souvent.

21:56Nathalie Schwemke

Mais au niveau régional, on avait de l'Est. Enfin, je le savais, et bon, mais en bas au décollage, ça soufflait de l'Ouest. Je me suis dit : un petit saut peut-être, juste un peu devant la crête, et puis atterrissage en bas sur la plage. Ouais, pas de problème. Bon, je me suis lancée et je me suis dit : bon, il n'y a pas grand-chose à tirer de là. Et puis je suis partie et j'ai trouvé des thermiques. Et oui, ça va, on peut tourner assez agréablement ici. Merveilleux. Et puis je suis montée à genre 700, 800 mètres et là, le vent d'Est s'est fait sentir. Ça m'a complètement défoncée la voile là-haut, avec même des enchevrements et je ne sais pas quoi. Et puis direct encore une fois. C'était des conditions, oh là là, pas du tout drôle.

22:43Nathalie Schwemke

Ça s'est aussi déjà fait pousser vers la mer ? Je veux dire, le vent d'est, ça veut probablement dire exactement le contraire. Et puis ça pousse... Oui,

22:50Lucian Haas

exactement, non, genre

22:50Nathalie Schwemke

pas encore rapidement. J'ai probablement été coincée dans une sorte de cisaille où mon aile s'est décomposée plusieurs fois. Je ne suis pas encore allée loin en mer, là où j'aurais eu peur de ne pas pouvoir revenir.

23:02Nathalie Schwemke

En fait, je vais plutôt vers la mer, volontairement un petit bout au moins. Pour pouvoir ensuite faire des spirales. Parce que là, j'avais des conditions calmes, je pensais. Même la spirale était tout autre que, disons, dans un exercice à sec au-dessus d'un lac ou quoi que ce soit. Ouais, et puis on spirale en bas sur la plage, aile posée dans un coin. Bon, aujourd'hui, on ne fait que se baigner. Restons sur la météo. Surtout quand on voyage et qu'on a d'autres sites de décollage, il faut bien sûr toujours regarder si ça colle par rapport au vent ? Et on n'a pas l'expérience du terrain. Pourtant, on essaie bien sûr d'obtenir autant d'infos que possible. Sur quoi avez-vous regardé ? Enfin, qu'avez-vous utilisé, par exemple, pour vous informer sur la météo ? Surtout en déplacement, quand on ne peut regarder que sur le téléphone ?

23:49Nathalie Schwemke

Oui, un outil important était Windy. Windy était important parce qu'il n'est pas seulement local, il est disponible, je crois, même dans le monde entier. Ou en tout cas en Europe. Avec les différents modèles, on peut monter super haut et voir ce qui se passe en altitude. Comme tu l'écris souvent, le vent en altitude est aussi souvent pertinent. C'est le plus important. C'est le plus important, oui. Surtout pour voler. Oui, et en fait, il est devenu plus rare que je regarde de grosses prévisions de thermique, mais plutôt ça va

24:24Lucian Haas

pour voler. On peut

24:24Nathalie Schwemke

peut-on du tout voler ? Exactement. Est-ce que c'est sûr, est-ce que ce n'est pas sûr ? C'est ça qui décide le plus pour un voyage comme celui-là. Oui. La météo est une chose, mais l'autre, quand on voyage dans des pays comme le Monténégro,

24:35Nathalie Schwemke

L'Albanie, donc là on se dit, je veux peut-être aussi aller faire du parapente. Vous regardez où ? Enfin, d'où avez-vous eu des infos sur les sites de décollage ? Parce que probablement, si on demande aux locaux, c'est parfois même pas facile de communiquer avec eux du tout. Et peut-être qu'ils ne savent rien du parapente parce qu'ils n'en ont jamais vu un. Oui, c'était en fait une combinaison de beaucoup de choses. D'une part, il faudrait peut-être revenir à la planification d'itinéraire. La planification d'itinéraire nous a été faite après pour l'itinéraire des Balkans, oui, elle nous a été planifiée, si on veut. Non, ce n'était pas si extrême que ça. Mais c'était déjà très sympa. On était encore à l'école de vol et alors l'un des membres de l'école...

25:23Nathalie Schwemke

école de vol Blue Sky. Ce n'est pas pour faire de la pub, mais pour que vous puissiez situer. À Siljan. À Siljan, à l'école de vol Blue Sky, nous étions là, et j'y ai d'ailleurs fait ma formation en tandem assez au début du voyage, et là, Ralf Schlöffel a montré des images de la Grèce et il y a eu ce moment : « Oh, cool, ça a l'air vraiment sympa avec les couleurs, avec les nuances d'eau et tout ça. » Ça

25:48Lucian Haas

c'est maintenant

25:48Nathalie Schwemke

Levkada comme une super zone de vol côtier et tout ça. Exactement, c'est ça. Et c'est comme ça qu'on a attiré notre attention sur Levkada, puis lors d'une bière le soir, la bière d'atterrissage à l'école de vol, ça s'est fait comme ça, genre Stefan à gauche, Ralf à droite, moi devant l'ordi, et là ils ont dit sur la route : « ouvrez la carte », et puis, « ah, on peut voler là, si vous y êtes, contactez-le, vous pourrez lui demander quelles sont les conditions, puis il ira prendre sa bière d'atterrissage au kiosque après, saluez-le de ma part » et ainsi de suite. Et ça a continué sur toute la route vers le bas, parce qu'ils sont avec l'école de vol, comme ils proposent beaucoup de voyages, ils connaissent beaucoup de zones et ils ont pu nous pré-planifier toute la route jusqu'à Levkada avec les zones. Bien sûr, j'avais toujours mon petit carnet, enfin mon carnet de notes numérique, et je notais systématiquement ce qu'ils venaient de dire, quel décollage, où on devait aller ?

26:39Nathalie Schwemke

Et c'était un facteur que je sortais régulièrement : ils avaient dit quoi encore, où on peut voler ici ? L'autre chose, c'était Parklining Maps, j'ai souvent utilisé l'appli et plus tard en Grèce, j'ai lu que dans Parklining Spot, je crois, ou Spots,

27:02Nathalie Schwemke

on peut y télécharger un fichier KML pour Google Earth et que pour la Grèce au moins, il a été confirmé qu'il y a plus de zones de vol que dans Parklining Maps. Alors, j'ai ajouté ça. C'étaient les moyens pour se renseigner sur les zones de vol, et certains hotspots, on les connaissait bien sûr par d'autres personnes. On avait déjà souvent entendu parler de Castelluccio. Oui. Je n'ai pas vraiment regardé avant de décider d'y aller, on savait juste que c'était une destination du voyage. Vous avez toujours trouvé les décollages et les atterrissages avec ça, ou vous vous êtes aussi déjà retrouvés en pleine campagne en vous disant : « Hé, le GPS indique une position ici, mais soit il y avait un décollage ici il y a 10 ans, mais maintenant il n'y en a plus aucun. »

27:50Nathalie Schwemke

Tu te souviens d'un moment en Italie où on n'a rien trouvé ?

27:54Lucian Haas

Oui, là en Italie du Nord,

27:59Lucian Haas

où on s'est retrouvés coincés.

28:02Nathalie Schwemke

Ah, d'accord, c'était... Tu as encore un

28:04Lucian Haas

petit fanion de vent installé, parce que c'était soi-disant l'atterrissage. Oui

28:09Nathalie Schwemke

exactement, avec l'atterrissage qui se trouvait d'une manière ou d'une autre dans le

28:11Lucian Haas

Lee était là.

28:12Nathalie Schwemke

Ça a déjà été mentionné qu'il y a eu une situation où j'ai dit : « Mieux vaut ne pas atterrir ici. » J'avais déjà dit avant : « Vous êtes sûrs qu'on doit atterrir ici ? » Enfin, c'était si la direction du vent était comme ça au départ là-haut.

28:29Nathalie Schwemke

et sur une zone plus large, le vent est exactement celui pour le décollage, alors ici, l'atterrissage est absolument dans le lee. Je ne peux pas imaginer que ce soit l'atterrissage. Mais c'est en fait comme ça, je l'ai entendu après, c'est normal pour les Italiens, ils atterrissent là-bas nickel ou quelque chose comme ça pour éviter ça. Exactement, on a vu après qu'ils atterrissent aussi ailleurs. Un ou deux y ont atterri, mais c'était en fait la zone d'atterrissage officielle, dont je n'étais pas tout à fait sûre. Mais sinon, on a toujours tout très bien trouvé. Je veux dire, j'ai aussi en raison de mes

29:06Nathalie Schwemke

mon affinité avec l'informatique, disons, un peu d'expérience sur la façon de gérer le GPS et le téléphone, etc. Du coup, ça n'a pas été un problème. Et pour le réseau à l'étranger ? Surtout quand on regarde Google Earth, il faut une bonne connexion. Parfois, ça consomme pas mal de données.

29:26Nathalie Schwemke

La couverture réseau à l'étranger n'est pas aussi mauvaise qu'on pourrait le penser, comme si au Monténégro on n'avait aucun réseau nulle part. Le Monténégro était super. Mais le Monténégro était aussi génial pour une autre raison, parce qu'on avait, j'ai un petit routeur dans ma voiture avec une carte SIM et un forfait de données supplémentaire, on avait 5 Go par mois avec ce forfait. Et là, il fallait quand même un peu faire attention pour s'en sortir. 5 Go pour toute l'Europe en gros, un tel forfait. Oui, le roaming UE est supprimé. Du coup, ce n'est plus un problème avec les forfaits classiques. On peut maintenant aussi l'utiliser gratuitement dans les pays de l'UE, important, les pays de l'UE.

30:10Lucian Haas

Où la Suisse n'est pas incluse.

30:12Nathalie Schwemke

Oui, ou aussi le Monténégro. Exactement, mais pourquoi le Monténégro, c'était super cool, j'ai vu une affiche publicitaire juste à la frontière, 200 Go pour 10 euros. Et je me suis dit : vous êtes sérieux ? Vous voulez dire 200 Mo ou 200 Go ? Oui, et peu après, on a effectivement décidé de le faire, parce qu'au Monténégro, avec nos téléphones habituels et avec le forfait supplémentaire, on n'avait pas d'internet. Et c'est déjà, je trouve, un outil important pour pouvoir aussi vérifier les conditions. Est-ce que ça marche ou ça ne marche pas ?

30:53Nathalie Schwemke

les infos météo, etc. Ouais, et c'est pour ça qu'on a fait ça et en fait, on pouvait avoir genre pour dix balles

31:01Nathalie Schwemke

hormis les 200 Go, les services spéciaux, Facebook et compagnie, il n'y avait que 10 Go, mais oh mon Dieu, 10 Go. Oui, et ensuite, on a commencé à écouter et streamer sur Spotify et tout ça. YouTube

31:14Lucian Haas

- des vidéos, on regardait la télé sur l'ordinateur portable.

31:18Nathalie Schwemke

Mais pour ça, le Monténégro en valait au moins la peine. Et la couverture réseau, surtout au Monténégro, je dirais même qu'elle était meilleure que chez vous. Oui,

31:26Lucian Haas

sauf au fond dans le parc national, là on n'avait parfois plus de réseau. Oui,

31:30Nathalie Schwemke

C'était quand même, je veux dire, en plein milieu de nulle part. Un peu pour la sécurité, surtout dans un pays comme le Monténégro, où on se dit : "Hm, si je m'allonge ici, personne ne viendra ou ils vont me porter dans une sorte de civière en tissu quelque part ou un truc du genre." Si tu as de la chance, une charrette à ânes passera peut-être. Un truc comme ça aussi. Est-ce que vous avez pris des précautions particulières ou vous vous êtes dit : "Là, je préfère renoncer à prendre l'avion juste pour ça" ou quelque chose comme ça ? Non, on n'en a pas eu, je ne sais pas, tu veux parler de trucs comme Spot ou un truc du genre, on n'avait pas de Spot avec nous pour pouvoir appeler les secours d'une autre manière. Par contre, c'était important, là où on volait, il y avait du réseau, ce n'était pas le problème. Parce qu'on n'a pas fait de très longues distances ou quoi.

32:18Nathalie Schwemke

Mais ce qu'on s'est demandé, c'est...

32:20Lucian Haas

...est-ce que c'est le numéro d'urgence ? Quel numéro je compose pour les urgences ?

32:24Nathalie Schwemke

Est-ce que vous avez peut-être activé, par exemple, un suivi en direct pour vous mutuellement, pour dire, même si je m'éloigne, Nathalie sait toujours où je suis. Si je me pose quelque part à l'extérieur, elle peut regarder sur une appli où je me trouve exactement. Je pense que tu pourrais raconter une histoire assez sympa à ce sujet, ou comment dire, sympa ?

32:40Lucian Haas

C'était en Suisse, à Grindelwald encore une fois, et là, bon, je reste toujours près de l'atterrissage et Sammy est déjà parti sur la piste jusqu'à Kandersteg et retour, et j'ai attendu à l'atterrissage et tous les autres pilotes sont revenus à un moment donné et ont atterri, et je ne pouvais pas le joindre par radio ni par téléphone et alors, oui, ils ont tous fini par quitter l'atterrissage et je suis resté seul et oui, je suis devenu un peu nerveux et j'ai fini par décider de me diriger vers la gare.

33:20Lucian Haas

Et j'ai attendu là-bas, j'ai encore essayé la radio, j'ai essayé le portable, aucun signe de vie, et là, je suis devenu de plus en plus nerveux et

33:31Lucian Haas

Et à un moment donné, la radio a répondu et il a dit : « Je suis dans le train, je vais arriver à la gare de Grindelwald ». Là, j'ai eu quelques larmes aux yeux parce que j'étais soulagé qu'il ne lui soit rien arrivé. Je ne savais pas où il était, s'il s'était passé quelque chose ou s'il était juste en train de boire un coup, et puis non. Et puis il est en route vers moi et on a la règle : je n'ai le droit de m'inquiéter qu'une demi-heure après le coucher du soleil, peut-être même d'informer la police, sinon, oui, il y a déjà une certaine confiance.

34:05Nathalie Schwemke

Oui, il faut aussi préciser que j'utilise toujours mon smartphone en combinaison avec un XC Tracer comme variomètre ou comme écran, disons, pour l'altitude, les espaces aériens, etc. Et j'avais en fait une batterie externe avec moi, mais je ne sais pas pourquoi, elle était vide et je n'avais plus de batterie, alors ils ne pouvaient plus me joindre, je ne pouvais plus les appeler et, bon, la radio était là, parce que j'étais parfois plus loin, du moins par moments, et puis à un moment donné, j'ai pu répondre à nouveau par radio. Oui, c'était la raison. Et à partir de ce moment-là, j'ai aussi fait de plus en plus attention à avoir assez d'énergie. Il y a aussi eu des vols où j'ai fini par éteindre un téléphone parce que

34:51Nathalie Schwemke

pour que je puisse, au cas où — et ce n'est pas seulement important pour elle si quelque chose m'arrive — que je puisse donner des nouvelles, que je puisse encore activer mon smartphone. Lors d'un tel voyage, on est encore plus dépendant l'un de l'autre qu'au quotidien, on dépend l'un de l'autre, et en même temps, on se réfère probablement aussi un peu plus l'un à l'autre. Cependant, vous êtes assis dans une petite caravane ensemble pendant des mois.

35:17Nathalie Schwemke

Comment ça se passe ? Est-ce que ça vous a fait progresser en tant que couple, ou pour dire autrement ? Quelles qualités as-tu découvertes chez lui et appris à apprécier, peut-être même ? Enfin,

35:29Lucian Haas

On apprend à se connaître, on découvre son partenaire sous un nouveau jour et on se redécouvre soi-même. Avant, dans les situations de conflit, c'était du genre : tu es idiot, et là je partais, et puis je ne sais pas, je revenais deux heures plus tard, j'avais calmé mon coup et ça allait. Oui, mais dans un espace aussi restreint, ça ne marche pas, et il faut alors veiller à résoudre le conflit directement. C'est aussi quelque chose que j'apprécie chez lui : il ne garde pas de rancune, contrairement à moi pendant un certain temps. J'ai essayé de laisser ça derrière moi, et ça a fonctionné.

36:09Lucian Haas

Oui, on en a parlé, parler ça aide toujours et c'est en fait le plus important. Et Sammy est un mec plutôt calme, là où moi je peux déjà péter les plombs, il me dit : « Reste zen, ne t'énerve pas, ça va aller » et en général, il a raison.

36:27Nathalie Schwemke

Exactement, pour moi, ce n'était pas vraiment un problème de ne pas pouvoir s'éviter, je trouvais que ça passait quand même. Alors oui, il fallait bien sûr avoir un peu de chance avec la météo pour pouvoir s'échapper, mais bon, quand on se disputait, je pouvais aller à la plage pendant deux heures, faire mon truc là-bas ou je ne sais quoi, et ça fonctionnait jusqu'à un certain point. Oui, mais on ne se connaît pas non plus depuis hier, donc...

36:58Nathalie Schwemke

Oui, je pense que si on est avec un partenaire depuis seulement quelques mois, ça pourrait mal tourner, mais on se connaît depuis quelques années, donc au final, ça n'a pas été un gros problème, non ? Maintenant, tu dis que vous vous connaissez depuis quelques années, mais en même temps, un voyage, c'est quelque chose où on rencontre constamment de nouvelles personnes et on dépend aussi beaucoup des autres autour de soi, pour demander son chemin ou n'importe quel autre service dont on a besoin, et tout ça. Comment avez-vous vécu ça ? Quels ont été les moments particuliers ? Quelles personnes spéciales avez-vous rencontrées ? Quels ont été les points forts ?

37:33Lucian Haas

Oui, on a passé une semaine sur une ferme de fromage, on a un peu observé le fonctionnement de la ferme, on a trait les vaches et j'ai un peu aidé en cuisine. Et il s'est avéré que ceux qui, comment dire, ont pris le marché de la cuisine sont partis, et Elisabeth s'est retrouvée seule là-bas. Elle fait le fromage, elle gère le restaurant et oui, tout ça en même temps, elle n'y arrive tout simplement pas, donc elle a besoin d'aide. Et on s'est tous les deux proposés, plus ou moins, d'aider, oui, et c'est la première fois de ma vie que je trais des vaches, j'ai dressé les assiettes, j'ai servi et j'ai été très sympa avec les clients, donc

38:20Lucian Haas

aux clients suisses, même si je ne les ai pas toujours compris,

38:24Lucian Haas

on s'est bien entendu, et on a eu une soirée, juste avant notre départ en fait, où Elisabeth a dit : on ne sait pas grand-chose sur vous, on connaît vos noms, on sait que vous venez des environs de Cologne et que vous êtes actuellement en voyage en Europe, mais on ne sait rien d'autre. Par contre, ce qu'on sait, c'est que vous êtes deux personnes formidables et qu'on est contents que vous soyez ici.

38:50Nathalie Schwemke

Et ça a aussi été ressenti différemment pour elles, je crois, enfin elle l'a dit, pour nous, comme si on se connaissait déjà depuis bien, bien plus longtemps. Mais on...

39:00Lucian Haas

on ne sait rien l'un de l'autre, mais là, je me présente avec ma personnalité et ça fait simplement du bien de le savoir, je l'ai aussi écrit dans le blog, une semaine pour l'âme, tout simplement, je suis une personne précieuse et je peux apporter quelque chose. Et ça a été pour moi une très belle expérience, ou une expérience très consciente. Professionnellement, je ressens ça aussi régulièrement, mais ça n'atteint pas le même niveau. Et c'est là que j'en ai pris conscience pour la première fois, que je ne peux pas être aussi horrible, que je suis peut-être même quelqu'un de très sympa.

39:36Nathalie Schwemke

Je m'entends vraiment bien avec toi en ce moment.

39:40Nathalie Schwemke

Ça veut dire que ce genre d'histoires et ces rencontres avec des gens, ce sont probablement aussi les moments forts qui nous font vraiment...

39:48Lucian Haas

On a entendu des histoires à chair de poule en chemin.

39:52Nathalie Schwemke

Je peux bien imaginer, on était en voyage avec un van et ça permet déjà d'être un peu pour soi. Je pense qu'on vit encore plus d'expériences avec les gens du pays quand on fait par exemple du trekking à pied avec juste un sac à dos, et tout ça. Là, il faut... Ou alors on voyage avec les gens. Là, on les vit certainement de manière encore plus intense. Pour nous, ce n'était pas vraiment envisageable, parce qu'on a besoin d'un petit espace à nous, en quelque sorte. On a quand même rencontré beaucoup de voyageurs nous-mêmes, ce qui était déjà super intéressant. Je pense que c'est presque encore plus passionnant quand on apprend à mieux connaître les gens de son propre pays. Mais c'était rarement le cas. On a eu une rencontre au Monténégro.

40:37Nathalie Schwemke

Tu peux peut-être encore raconter quelque chose là-dessus.

40:39Lucian Haas

On voulait aller vers la gorge de Tarasch quand une vieille femme s'est jetée devant la voiture. On a fait un freinage d'urgence et on lui a demandé en anglais ce qu'elle voulait. Elle n'arrêtait pas de secouer la tête et nous racontait quelque chose. On ne la comprenait pas et elle ne nous comprenait pas. Au final, j'avais l'impression qu'elle voulait monter avec nous. Samy, lui, ne se sentait pas du tout à l'aise parce qu'il pensait qu'on allait sortir de là, que des gens allaient arriver et nous attaquer. Ce qui n'est pas du tout arrivé. Cette femme, on avait trois places devant, elle est montée avec nous. Elle m'a tenu la main tout le temps pour ne pas m'embrasser.

41:20Lucian Haas

Oui, ça aurait pu aussi arriver. Elle était en tout cas super contente qu'on l'ait prise avec nous. Elle nous a raconté des trucs qu'on n'a évidemment pas compris. Mais un sourire, ça suffit déjà. Et oui, à un moment donné, elle a crié "stop", elle est descendue, nous a fait quelques bisous sur les mains et nous a fait signe de la main. Et on s'est dit : "Mais c'était quoi ça ? Comme c'était cool !"

41:45Nathalie Schwemke

Ça a l'air d'être beaucoup de rencontres positives, ce qu'on a souvent lors de ce genre de voyages. Est-ce que vous avez aussi eu une expérience, un truc qui a vraiment mal tourné, qui vous a mis une sacrée claque ?

41:58Lucian Haas

Oui, il y a eu une expérience, enfin, l'expérience en elle-même est bête, mais ce qui s'est passé après a été bien, bien pire pour moi. On voulait aller à la Dune de Pilar, on est partis d'ici parce qu'on devait encore passer par le TÜV avant, on est partis de chez nous, on a fait bien, je ne sais pas, 1300 kilomètres à travers la France jusqu'à Bordeaux pour la dune, on a passé un super moment là-bas, enfin, cinq jours super. Jusqu'au sixième jour...

42:29Nathalie Schwemke

Pas vraiment, mais... Pas vraiment

42:30Lucian Haas

Alors, parce que le vent n'a malheureusement jamais vraiment soufflé, ça m'a vraiment fait de la peine. Plutôt pour toi, je me suis allongé sur la plage. Mais on a garé la voiture tous les jours dans la rue, là où des centaines d'autres voitures étaient garées, et on est allés à la plage avec nos affaires, on a passé un bon moment sur la plage et à un moment donné on revient et je vois que la porte arrière de la voiture est juste entrouverte et je me dis, merde, il y a eu quelqu'un dedans. Et j'ouvre la porte arrière et je vois l'ordinateur portable posé sur le lit, là je me dis, ah non, il n'y a eu personne. Et puis je vois que le lit est tout sale et oui, j'entre et je cherche mon sac à main, que je n'ai évidemment pas emporté à la plage, mon sac à main avait disparu,

43:19Lucian Haas

Le portefeuille de Samy avait disparu, et pour moi, c'était déjà assez de stress, et d'un coup il me dit : « Hé, où sont passées nos boîtes de nourriture ? » On avait deux grandes boîtes en plastique d'Ikea, pleines de nourriture qu'on avait achetée ici une semaine avant, avec du café, de la saucisse, avec tout ce qui se garde. C'était parti, notre boîte de bonbons avait disparu, mes médicaments aussi, nos couvertures de lit aussi, et genre, je ne sais pas, un bikini, un pantalon et des petites choses comme ça. Ce n'était déjà pas génial. Ensuite, on a essayé de bloquer nos cartes de débit et de crédit, ce qui n'a pas vraiment fonctionné avec tout ce stress, parce que je ne connaissais plus mon numéro de compte et je ne pouvais pas vérifier, parce que c'était le portefeuille.

44:06Lucian Haas

Oui, on a réussi, on a essayé, on ne parle pas vraiment français tous les deux, alors on a essayé d'informer la police d'une manière ou d'une autre, et d'abord le 110, ça ne marche qu'en Allemagne, en France c'est le 17, je crois.

44:22Nathalie Schwemke

Oui, on a demandé le numéro à des passants parce que, d'accord, pour les urgences, le 112 aurait fonctionné, mais on se pose des questions avant : à qui je dois appeler dans ce cas-là ? Mais bon, là je n'ai pas besoin d'une ambulance ou des pompiers, je veux la police pour qu'elle enregistre cet incident ici, et on a eu un numéro. Mais quand j'ai appelé, normalement en France, quand on est en contact avec eux, on dit un ou deux mots en français et on essaie de commencer comme ça, et puis quand ça ne suffit plus, on passe à l'anglais à un moment donné. Dans cette situation, je m'en foutais complètement, j'ai commencé à parler directement en anglais, et oui, il m'a bien répondu parce que j'ai demandé s'il parlait anglais, il a dit non, il ne parlait pas, il m'a répondu en anglais qu'il ne parlait pas, et j'ai alors demandé si un de ses collègues parlait peut-être anglais, que je...

45:13Nathalie Schwemke

...pour qu'on puisse enregistrer l'affaire ici, et là, il me dit très clairement au téléphone : « Mon petit, tu es en France, je suis un flic français et ici, on parle français. » Et là, j'ai d'abord pensé, euh, alors on passe au plus haut niveau d'anglais. Et là, tu te dis vraiment, « Oh là là, là, dans cette situation, on était déjà au plus bas ». C'était encore au début de votre voyage de six mois, si j'ai bien lu, il y avait déjà des réflexions du genre : « Oh là là, là, tout est parti, ça n'a aucun intérêt, j'abandonne, c'est fini ? »

45:51Lucian Haas

Oui, le plus gros problème, c'était en fait les documents qui avaient disparu. On a ensuite demandé au commissariat...

45:59Lucian Haas

une heure et demie

46:01Nathalie Schwemke

siècle, bien qu'il faille dire que, dans cette situation, c'est le plus les réserves de nourriture qui t'ont le plus énervée ou étonnée ou quoi que ce soit. J'étais

46:07Lucian Haas

énervé, ils m'ont volé ma couverture et ma nourriture.

46:10Nathalie Schwemke

Ce que j'ai trouvé assez intéressant, je me suis dit : « Oh mince, maintenant on doit trouver un moyen de rentrer » ou, du moins, d'aller à l'ambassade pour obtenir des documents pour pouvoir continuer notre voyage, parce que si on veut traverser des frontières, il faut peut-être être en mesure de se présenter, ou du moins c'est sûr.

46:27Lucian Haas

L'ambassade était en vacances ?

46:29Nathalie Schwemke

Exactement, à partir de... enfin, c'était le dimanche, à partir du lundi, c'était fermé pendant deux semaines à Bordeaux. Et là, ça ne marchait plus. Oui, c'était la raison pour laquelle on est revenus. Mais c'était clair, vous vouliez continuer, vous allez juste obtenir de nouveaux documents et après, ça doit absolument continuer. Pas à ce moment-là. À ce moment-là, on n'avait pas encore réfléchi aussi loin, non ? À ce moment-là, on a d'abord pensé à l'étape suivante : on rentre d'abord, on se rassemble et on regarde comment ça se passe avec les documents. On ne sait même pas où on doit aller maintenant, qu'est-ce qu'on doit faire ? Et seulement après, le plan suivant est né. Maintenant qu'on a cette expérience avec la France, est-ce que vous avez encore des préjugés et vous vous dites : non, la France, je n'y retournerais pas, j'ai eu une mauvaise expérience ?

47:14Nathalie Schwemke

Ben, ils disent : « Non, on ne retourne jamais en France. » Mais on va laisser passer un peu de temps. Il faut au moins qu'on y passe une fois pour refaire notre plan initial. Je voulais en fait encore aller à

47:27Nathalie Schwemke

Les Pyrénées, le Picos de Europa, le nord de l'Espagne, c'est une région montagneuse qui avait l'air très belle, qui était sur ma liste et dont je viens de vous parler. Et puis bien sûr le Portugal,

47:42Nathalie Schwemke

L'Algarve, la côte sud, on voulait aller là juste après. Tu dis que c'est encore sur ta liste. Si j'ai bien vu, vous êtes partis en avril et revenus début novembre. Est-ce que c'était une date fixe, ou auriez-vous pu dire : non, on bifurque maintenant ? Parce que je veux dire, on peut encore très bien voler dans le sud du Portugal en novembre. Donc, il n'y a jamais eu de date fixe. Ce n'était jamais fixé à 100 %. C'était aussi la raison de la résiliation. Sinon, on aurait pu peut-être négocier quelque chose, genre un congé sabbatique ou quoi que ce soit. Mais je voulais, ou on voulait, être libres de décider : enfin, là c'est cool, maintenant on veut continuer encore 2 ou 3 mois, et maintenant on devrait normalement rentrer. Ou l'inverse.

48:27Nathalie Schwemke

Bon, ça commence à me taper sur les nerfs, ce serait plutôt bien qu'on reparte maintenant. La vie en camping-car, ce n'est pas vraiment pour moi. Enfin, ce n'était pas le cas, mais en novembre, il finit par faire froid. Les heures d'ensoleillement diminuent nettement, ce qui est lié à notre consommation d'énergie et aux revenus de l'électricité. On a des panneaux solaires sur le toit et on a fait beaucoup de choses avec le solaire. Oui, en fait presque tout, exactement. Le frigo en 230 volts classique via l'onduleur, qui était le plus gros consommateur d'électricité. Et sinon, les smartphones etc., ce n'est pas vraiment un problème. Mais avec le frigo, oui, on a même fini par devoir l'éteindre.

49:13Nathalie Schwemke

Mais il faisait déjà assez froid, exactement. Donc, ça n'était pas un problème. Oui, ça...

49:16Lucian Haas

Le problème, c'est qu'on a fini par emmener ce Genuativ en Italie, malheureusement. Et tout était mouillé, tout était humide. La nuit, je n'ai dormi qu'avec des chaussettes de ski, une polaire et un bonnet, parce qu'il faisait juste incroyablement froid, avec plusieurs couvertures. J'ai même dû me faire une bouillotte une nuit. Il faisait juste incroyablement froid parce qu'on n'a pas de chauffage. La question est de savoir si on va en installer un un jour.

49:48Lucian Haas

Mais en principe, c'était aussi correct qu'on soit simplement rentrés à la maison.

49:53Nathalie Schwemke

Ça veut dire que c'est devenu assez inconfortable à cause des conditions extérieures, et on se dit, en plus, qu'on arrive bientôt à Noël et que c'est sympa d'avoir cette ambiance chaleureuse en famille et tout ça. Et vous êtes de retour chez vous depuis environ trois semaines maintenant ? Vous avez envie de repartir ? Est-ce que c'était le genre de truc où on se dit, d'accord, on s'est fait ce plaisir une fois dans la vie ? Genre, on ne pourra pas repartir seuls dans un semestre parce qu'on n'a pas gagné au loto et qu'on a économisé pour ce voyage, et ça demande quand même un peu d'argent, même si ce n'est pas énorme ce qu'on dépense en chemin si on se serre un peu la ceinture et qu'on ne va pas au resto tous les jours mais qu'on vit un peu plus sobrement. Est-ce que vous aviez un genre de budget quotidien, où vous vous disiez, on ne veut pas dépasser une limite moyenne de 50 euros ou quoi que ce soit ?

50:44Nathalie Schwemke

Oui, on a toujours regardé ce qu'on dépensait. Plutôt l'inverse, exactement.

50:48Lucian Haas

On n'a pas eu un

50:48Nathalie Schwemke

pas de budget quotidien, mais on a essayé de vivre raisonnablement, de ne pas trop se faire plaisir, et j'ai une appli, un gestionnaire de dépenses, où on documente ce qu'on a dépensé et où. Là, le côté informatique revient. Oui, exactement.

51:06Nathalie Schwemke

Grâce à ça, on pouvait voir après, oh, on a déjà dépensé pour ce mois-ci...

51:10Lucian Haas

beaucoup d'argent est parti.

51:11Nathalie Schwemke

Exactement, on a un peu catégorisé ça, on avait une catégorie genre « fais-toi plaisir », avec de l'alcool ou quoi que ce soit, et après il fallait voir si on devait peut-être un peu freiner ou si, eh bien, tout était dans les clous, pour ainsi dire. Et oui, c'était ça la planification financière. Pas de manière stricte, genre on a 50 euros par jour, mais un peu plus flexible. Vous aviez tous les deux démissionné, maintenant vous êtes de retour. Comment vous gérez ça ? Vous avez dit tout de suite que vous deviez vous y remettre immédiatement ou comment ça se passe ?

51:44Lucian Haas

Oui, pour moi, c'était assez drôle. On n'était pas encore, enfin, on était en route pour la maison, en route pour le pays, et sur le chemin, j'ai appris qu'il y avait des problèmes dans mon ancien cabinet.

51:58Nathalie Schwemke

Le terme "Praxis" signifie que tu es kinésithérapeute.

52:00Lucian Haas

Physiothérapeute et je suis toujours en contact avec mes anciens collègues jusqu'à présent, et là, sur le groupe WhatsApp, il y avait des trucs genre « bon rétablissement » et « je suis désolé », et là je me suis dit : « qu'est-ce qui se passe ? » et je me suis juste fait bref pour demander : « qu'est-ce qui se passe avec vous ? » Et puis, j'ai été assez vite contacté par mon ancien patron qui m'a dit qu'il s'était cassé le bras, ce qui est en fait une catastrophe moyenne dans notre secteur.

52:30Nathalie Schwemke

au travail.

52:30Lucian Haas

Je n'étais pas au poste et oui, alors au lieu de rentrer directement chez moi, on a fait un petit détour au cabinet et oui, juste après, donc on est revenus mercredi et j'ai déjà eu mon premier jour de travail lundi. C'était seulement à temps partiel,

52:48Lucian Haas

une semaine pour six heures, sept heures, selon les jours, mais tous mes collègues, enfin collègues à nouveau, sont contents, les patrons s'inquiètent moins, les patients sont pris en charge, ils sont aussi contents que je sois de retour et c'est aussi une belle expérience pour moi, de voir qu'on a peut-être besoin de moi et qu'on m'a un peu regretté.

53:11Nathalie Schwemke

Eh bien, la physiothérapie, c'est aussi beaucoup : à 11h, un patient arrive, à 11h20 j'ai déjà le suivant ou autre chose... Est-ce que ça te paraît fluide, ou est-ce que ça a été difficile pour toi au début de retrouver un emploi du temps aussi bien rythmé ? Oui.

53:24Lucian Haas

Je viens d'une semaine de 40 heures bien rythmée, je peux voir trois mois à l'avance quand je dois travailler, et je suis passé à un rythme zéro, où il suffisait de se lever, de survivre à la journée et de retourner au lit, et j'ai déjà bien apprécié ce facteur temps en chemin.

53:47Nathalie Schwemke

Et tu collectes des infos ? Dis, tu as déjà des perspectives d'emploi ou tu te dis aussi : « Je vais rester au chômage pour toujours » ? Après le boulot, je peux me reposer. La physiothérapie finance aussi un plein temps ? Non, je travaille dans l'informatique et on a toutes les deux la chance que le marché du travail ne soit pas si mauvais chez nous. Oui, je suis en train de, disons, parcourir des offres d'emploi et de postuler sérieusement, enfin, sérieusement, enfin...

54:18Nathalie Schwemke

C'est juste que l'offre est grande, donc je peux regarder partout et je regarde précisément où je veux me réinsérer, ce qui me plaît peut-être et où j'ai encore envie de m'investir, oui. Est-ce qu'il y a des expériences que vous ramenez de votre voyage et pour lesquelles vous vous dites : je veux ramener ça d'une manière ou d'une autre dans le quotidien ? Cette expérience que j'ai eue là, je veux absolument l'avoir avec moi dans la vie de tous les jours. Ils se regardent tous les deux de façon très mignonne en ce moment.

54:45Nathalie Schwemke

Alors, dans la vie professionnelle, peut-être pas spécifiquement, je ne vois rien tout de suite que je pourrais adapter exactement comme ça. Mais dans la vie privée ? En général, pour les relations avec les gens, oui, je me suis souvent dit, à cause du voyage, qu'on peut peut-être être un peu plus ouvert, parce qu'il y a tellement de gens adorables là-dehors, et, oui.

55:11Lucian Haas

Exactement, parler plus, aller plus vers les autres, parler plus.

55:18Nathalie Schwemke

En ce qui concerne le voyage, y a-t-il quelque chose parmi vos expériences que vous recommanderiez vivement d'imiter ? Que ce soit un lieu ou simplement une expérience, que ce soit sur le plan technique, humain ou autre, où vous diriez : si vous prévoyez un voyage comme celui-ci, il y a ce point auquel on ne pense pas forcément tout de suite, mais qu'il faut absolument prendre en compte. Je suis convaincue que ce qui était bien, c'était de ne pas trop fixer d'itinéraire ou de planning, de ne pas décider exactement comment les choses allaient se passer. Car sur le voyage, tout finit toujours par être différent de ce qu'on avait prévu, quand on a un peu planifié des choses, ça finit généralement par être différent. C'est pour éviter d'être déçu et pour avoir la liberté de se dire, d'accord, je reste encore une semaine ici ou pas, comme je l'ai dit au début, ne pas trop...

56:09Nathalie Schwemke

ne pas trop planifier à l'avance. Une dernière chose peut-être, concernant l'aménagement et, euh, si ça ne vous procure aucun plaisir, alors achetez un truc déjà fini et ne le construisez pas vous-mêmes, parce que c'est vraiment, c'est vraiment beaucoup de temps que ça prend et ce serait du temps perdu si ça ne vous fait pas plaisir, en quelque sorte, oui. Pour les histoires d'aménagement, vous avez aussi écrit un blog qui s'appelle thejollyjumper.de, si je me souviens bien. Exactement. Il y a aussi ce genre de choses décrites, tu as aussi dit à quoi tu as fait attention ou comment vous l'avez aménagé, tu as aussi écrit un peu sur l'électricité, et ce genre de choses. J'en ai lu pas mal, donc ceux qui s'y intéressent encore peuvent en lire beaucoup sur toute cette histoire de voyage.

56:55Nathalie Schwemke

Je me l'ai fait imprimer, aussi pour préparer cette discussion, c'étaient 36 pages, juste de texte, sans les images.

57:02Nathalie Schwemke

Ouh là. C'est déjà beaucoup d'informations sur ce qui a été accompli et beaucoup de choses personnelles aussi, mais aussi des choses intéressantes à voyager, donc ça vaut le coup d'y jeter un œil et de relire un peu. thejollyjumper.de sinon Samuel et Nathalie, merci beaucoup pour cette super discussion.

57:20Lucian Haas

Avec grand plaisir.

57:21Nathalie Schwemke

Et oui, on se reverra peut-être bientôt quelque part au décollage. En fait, j'ai rencontré les deux sur une pente d'entraînement ici dans le coin, ils passaient par là sur le chemin du retour, j'ai un peu discuté avec eux et on a commencé à parler, on a juste discuté un peu de d'où ils venaient et de tout ça, et c'est comme ça que l'idée de faire ce podcast est née. Merci beaucoup d'avoir été avec nous et, oui, bonne route pour la prochaine fois avec le Jollyjumper. Merci. Cool.

58:00Nathalie Schwemke

Nathalie Schwemke et Samuel Lukow en conversation avec Lucian Haas. C'était le premier épisode de Podz-Glidz, le podcast Lu-Glidz. C'est essentiellement un test. Si le podcast vous a plu, n'hésitez pas à me faire un retour par commentaire sur le blog Lu-Glidz ou par e-mail à lugleitzkontakt at gmail dot com. Si ce format rencontre un écho, je prévois d'étendre Lu-Glidz à une offre audio régulière à l'avenir. Bien sûr, un tel projet demande aussi un certain investissement. Lu-Glidz est totalement indépendant et donc sans publicité. En contrepartie, je me réjouis de chaque lecteur et, dans ce cas, d'auditeur, qui soutient mon travail avec une contribution. Cela peut se faire par PayPal ou par virement bancaire. Les liens et coordonnées correspondants se trouvent sur le site web de Lu-Glidz.

58:45Nathalie Schwemke

À la prochaine.

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