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07. Der Kameramann - Yves Jonczyk

// Yves Jonczyk, Lucian Haas · 2019-03-15 · 00:53:39 · original episode

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[show notes]
Podz-Glidz Folge #07 : Yves Jonczyk, caméraman de l'équipe nationale allemande de parapente, en conversation avec Lucian Haas. Yves Jonczyk avait douze ans quand son père lui a remis pour la première fois une caméra vidéo, à l'époque encore au format VHS. C'est ainsi qu'il a tourné des films en stop-motion amusants, et l'amour du cinéma a été éveillé. Yves a aujourd'hui 40 ans et filme toujours avec enthousiasme. Et comme il pratique aussi le parapente, il n'est pas difficile de deviner ce qui est au centre de ses films. Yves est devenu connu dans le milieu principalement en tant que caméraman, accompagnant régulièrement l'équipe nationale allemande de parapente à de grandes compétitions comme les championnats du monde et d'Europe. Ses rapports quotidiens cinématographiques réalisés de manière professionnelle ornent désormais non seulement le site web du DHV. Les images sont également de plus en plus reprises par la télévision, et ce, même à l'échelle mondiale. Ainsi, il est devenu un ambassadeur important du sport de la parapente. Dans ce septième épisode de Podz-Glidz, Yves raconte notamment comment se déroule le tournage de compétitions de parapente. Pourquoi 43 secondes dans les informations du ZDF-Heute lui signifient tant. Il donne des conseils sur ce qu'il faut surveiller pour une bonne vidéo de parapente et révèle comment l'un de ses projets de film a abouti à une alerte UFO. Les films d'Yves Jonczyk sont disponibles sur sa chaîne Youtube : www.youtube.com/user/flymovies. Plus d'infos aussi sur Facebook : www.facebook.com/flymovies Si vous souhaitez promouvoir le Podz-Glidz et le blog Lu-Glidz, vous trouverez toutes les informations correspondantes sous : lu-glidz.blogspot.com/p/fordern.html La musique dans cet épisode de Podz-Glidz provient de www.jukedeck.com

[transcript]

0:25Yves Jonczyk

Podz-Glidz, le podcast Lu-Glidz. Des histoires venues du cosmos du parapente. Aujourd'hui avec Yves Jontschek et Lucian Haas au micro. Yves Jontschek avait 12 ans quand son père lui a remis pour la première fois une caméra vidéo, à l'époque encore en format VHS. Il a alors tourné des films en stop-motion amusants et l'amour du cinéma a été éveillé. Yves a aujourd'hui 40 ans et filme toujours avec enthousiasme. Et comme il fait aussi du parapente, il n'est pas difficile de deviner ce qui est au centre de ses films. La scène a connu Yves principalement comme caméraman, qui accompagne régulièrement l'équipe nationale allemande de parapente lors de grandes compétitions comme les championnats du monde et d'Europe. Ses rapports cinématographiques professionnels ne décorent plus seulement le site web du DHV.

1:13Yves Jonczyk

Les images sont de plus en plus reprises par la télévision, et même à l'échelle mondiale. Il est ainsi devenu un ambassadeur important du sport du parapente. Dans ce septième épisode de Podz-Glidz, Yves raconte notamment comment se déroule le tournage de compétitions de parapente. Pourquoi 43 secondes dans le journal télévisé du ZDF comptent tant pour lui, quels sont les points à surveiller pour une bonne vidéo de parapente, et il révèle comment l'un de ses projets cinématographiques a donné lieu à une alerte UFO.

1:44Yves Jonczyk

Yves, est-ce que tu crois aux OVNI ?

1:46Lucian Haas

Je ne crois pas vraiment aux OVNI. Mais je pense que c'est une idée géniale. Il y a beaucoup de gens qui y croient et qui pensent parfois voir de tels objets dans le ciel.

1:56Yves Jonczyk

Oui, tu as déjà déclenché une sorte d'alerte aux OVNI au-dessus de Munich avec un projet. Comment ça s'est passé ? Oui,

2:03Lucian Haas

C'est exact. C'était un projet qui est né d'une sorte d'histoire amusante. Il y a eu deux pilotes de cerfs-volants qui sont partis de l'extérieur de Munich avec TARC pour voler vers le centre-ville ou en périphérie, et ils ont atterri dans l'Englischer Garten. Et par coïncidence, j'avais fait la connaissance du pilote autrichien Wolfgang Sears. Et il a un cerf-volant lumineux. Il faut imaginer ça : il a bricolé sur ce truc pendant tellement longtemps qu'il finit par voler partout comme un cerf-volant lumineux vert. Il a installé des tubes néon ou quoi ? Enfin, je crois qu'il a mis des bandes LED ou quelque chose du genre. Quelque chose de léger aussi, avec des LED. Et puis, il a pris des batteries LiPo de modélisme et il a fait voler ça partout.

2:54Lucian Haas

Exactement. Et c'est là qu'on en est venus l'un vers l'autre et il m'a dit : « Hé Yves, j'ai trouvé ce vol vers Munich super cool. Ça te dirait de faire un truc pareil ? » Et j'ai répondu : « Écoute, en principe oui. J'ai pas mal de matériel de tournage et j'ai toujours envie de tester ça. » Et cette situation de "Twilight". Enfin, quand on passe doucement du jour au crépuscule, parce qu'on n'a le droit de voler que jusqu'au crépuscule civil. On s'y est d'ailleurs strictement tenu.

3:27Lucian Haas

C'est le genre de truc où tu pousses ton matériel dans ses derniers retranchements. Parce que dans les situations plus sombres, beaucoup de caméras sont vite dépassées. J'étais content que ce ne soit pas le cas dans ce cas précis. Donc le test en valait la peine, et pour Wolfgang, ça en valait évidemment la peine aussi, parce qu'il a simplement

3:44Yves Jonczyk

a fait un vol de dingue pour y aller. Il a fait le test avec. Et

3:46Lucian Haas

puis il est

3:46Yves Jonczyk

...le drapeau vers Munich jusqu'au jardin anglais et le drapeau brillait dans le ciel. C'est ça, exactement.

3:53Lucian Haas

Et il a été traîné à l'extérieur de Munich, puis il a plané à une certaine altitude en direction de

4:00Yves Jonczyk

...volé au-dessus de Munich. Je me doute que ce n'est pas si simple, peut-être même au niveau des autorisations légales pour voler dans l'Englischer Garten. Vous l'avez fait en cachette ou était-ce vraiment autorisé, jusqu'aux prises de vue aériennes que tu as aussi faites ?

4:15Lucian Haas

Mhm. Pour les prises de vue aériennes, c'est moins problématique parce que j'ai l'autorisation de survol correspondante pour le Land de Bavière. Tant que je respecte les dispositions légales, je peux le faire, bien sûr je n'ai pas le droit de voler après la tombée de la nuit. Je ne peux aussi voler qu'à une certaine altitude à l'intérieur de la ville. Pas au-dessus des foules, pas au-dessus des rues, etc. Tant que tu respectes ça, c'est sans problème. Et ce que Wolfgang a fait, c'était en fait un usage. Donc le vol en thermique prévu, il lui manque juste la thermique en bordure de Munich et il a dû atterrir dans l'Englischer Garten. Tu dis, je

4:52Yves Jonczyk

j'ai aussi volé. Avec quoi est-ce que tu voles ? J'ai aussi volé. Oui, tu as dit que j'avais l'autorisation de survoler Munich. Ah, donc ça,

5:00Lucian Haas

c'était exactement ça, c'est le sujet des drones. Alors, j'ai fait voler le drone, ou plutôt dans ce cas, je l'ai confié à une connaissance que je connais très, très bien, qui a aussi la possibilité de faire voler des drones. Enfin, le brevet de pilote de drone, l'assurance et tout ce qu'il faut aujourd'hui. Parce que j'étais sur la tour de l'Olympiastadion pour capturer avec un objectif zoom de 800 millimètres comment Wolfgang est descendu et a décollé devant le Hela. Et c'est aussi une scène dans le film.

5:38Yves Jonczyk

En même temps, ce projet a carrément provoqué une alerte aux OVNI, pour ainsi dire. Comment faut-il se représenter ça ? Oui,

5:44Lucian Haas

le lendemain. Oui,

5:46Yves Jonczyk

le lendemain. Là, on a

5:46Lucian Haas

on a téléphoné et on a encore un peu parlé du projet. Et là, Wolfgang a dit qu'il l'avait déjà vu, que des gens avaient écrit quelque chose sur le forum UFO et que l'un d'eux avait même téléchargé une photo prise avec un portable. C'était vraiment comme ça, genre en plein milieu d'une rue, une de ces rues que tu connais en centre-ville, avec un réverbère qui enjambe la route. Il était déjà allumé et juste derrière, on pouvait voir cette forme triangulaire verte, toute floue, dans le ciel. Et pour être honnête, on sait tous les deux ce qu'est un dragon. On peut peut-être s'imaginer à la télé que ça puisse aller dans ce sens. Mais si tu ne connais pas, tu te demandes forcément ce que fait ce corps volant bizarrement formé à cette heure-ci dans ce ciel vert. Et c'est apparemment comme ça que c'était.

6:32Lucian Haas

Alors, quelques personnes l'ont remarqué et l'ont tout de suite posté dans leur communauté UFO en demandant : « Hé, vous avez vu ça aussi ? Est-ce que c'était peut-être quelque chose qu'on ne connaît pas ? »

6:41Yves Jonczyk

Le film s'appelle Nightrider et a fait pas mal de vues sur Internet, sur YouTube et tout le reste. Et il a même fini dans la sélection de courts-métrages du Coup IK. Aujourd'hui, tu es connu dans le milieu comme celui qui accompagne toujours l'équipe nationale allemande aux championnats d'Europe et aux championnats du monde. Et tu fournis systématiquement des vidéos quotidiennes pour chaque manche, où tu fais un compte rendu en temps réel : qu'est-ce qui s'est passé ? Comment ça s'est fait, au juste ? Comment ce contact avec l'équipe nationale a-t-il été établi ? Tout ça a commencé...

7:14Lucian Haas

en 2018. En 2009, lors des championnats du monde au Mexique, à Valle de Bravo, où j'étais là par hasard et où j'ai un peu filmé Corinna Schwiegershausen, qui était là à l'époque. Elle avait bien sûr des contacts avec l'équipe nationale de parapente. Évidemment, la scène du deltaplane et celle du parapente au DHV se connaissent aussi. Et ensuite, on a interviewé un ou deux pilotes, Olli Rössel, Thorsten Siegel. Enfin, il faut vraiment que tu ailles voir ça. Je me le regarde de temps en temps. Juste pour le plaisir. Enfin, pour voir à quel point la qualité vidéo était pourrie à l'époque et à quel point ils étaient tous encore jeunes. Ça fait dix ans

7:56Yves Jonczyk

elle. Ça

7:57Lucian Haas

ça remonte à dix ans, oui, oui. Et aussi pour l'équipement qu'ils utilisaient à l'époque. Thorsten volait encore pour Swing. Eva Wischniewska volait encore à ce moment-là. Et aujourd'hui, tu as des ailes, probablement de classe D et au-dessus, des Triple C. Où tu te dis : "Eh bien, avec des ailes B modernes, tu as cette performance." C'est aussi incroyable, ça permet de voir simplement ce qui a changé chez nous dans la scène du parapente.

8:22Yves Jonczyk

...simplement fait. Comment je dois me l'imaginer ? Est-ce que le DHV est venu vers toi après pour dire : « Écoute, la prochaine fois pour les EM, on sera là et là. Tu viens avec nous, c'est sûr ? » Ou comment je dois me l'imaginer ? Oui, enfin, je pense que les...

8:34Lucian Haas

Pour le parapente, c'était un peu libre à l'époque. Charlie Joest fait d'excellentes contributions dans le domaine des deltas et s'est spécialisé là-dedans. Il le fait toujours aujourd'hui. Mais le parapente était un peu un domaine où ils n'avaient personne.

8:51Lucian Haas

Et ça a duré jusqu'en 2012, avant qu'on ne se rende enfin pour notre première mission commune à St. André. Mais oui, bien sûr, ils ont reconnu le potentiel. Et on s'est mis d'accord d'une manière très raisonnable pour les deux parties. Genre, "Ok, tu n'es plus un stagiaire. Tes frais de déplacement sont pris en charge ou quelque chose dans le genre. Mais fais ça. Et si ça marche et que ça peut devenir un format récurrent, alors on pourra certainement le refaire". Ça a fallu quelques années de rodage avant que ça passe vraiment dans ce format.

9:33Yves Jonczyk

c'est là où on en est aujourd'hui. Et tu y vas et au final, tu es payé par le DHV ? Ils te disent que tu reçois un forfait journalier X pour ta participation ici. Ou comment ça se passe ? Dans le...

9:44Lucian Haas

En principe, ça se passe comme une commande, comme dans le milieu du cinéma. Il y a une description de ce qui doit être fait. Et maintenant, je pense que les contacts que j'ai pu établir au fil du temps avec la télévision aident beaucoup. Parce qu'au final, c'est aussi ma responsabilité de gérer le fait que le matériel produit arrive bien à la télé, qu'il soit préparé de manière adaptée à la diffusion. Ils ont une certaine façon dont ils aiment recevoir le contenu. Et je garde aussi le contact avec la rédaction. Parfois, ça se fait des mois à l'avance. Tu te mets déjà en relation avec les rédacteurs qui pourraient être de service à ce moment-là et tu leur dis : « Écoutez, on a encore notre grand événement sportif. »

10:37Lucian Haas

Là, ça passe généralement par la BR, je ne sais pas, cinq pilotes bavarois. Ils sont toujours un peu plus pointus là-dessus. On a qui avec nous, ça donne quoi, est-ce qu'on peut encore faire quelque chose ensemble ? Et ça s'est rodé avec le temps. La rédaction en ligne de la BR est maintenant aussi très intéressée. On peut probablement les convaincre pour le prochain Mondial en Macédoine du Nord. Et ça s'est approfondi au fil des années. Mais quand j'y pense, c'était la première fois en 2012, et maintenant on est en 2019. Il faut donc quelques cycles de compétition pour que ça fonctionne vraiment bien, oui.

11:14Yves Jonczyk

Et c'est d'ailleurs pensé de manière très professionnelle par la DRV de dire que, dans ce cas précis, nous produisons réellement du contenu vidéo professionnel que nous pouvons ensuite proposer aux médias. Est-ce que d'autres équipes nationales ou d'autres pays font la même chose ?

11:28Lucian Haas

Non, je pense qu'il y a une grande jalousie médiatique.

11:32Lucian Haas

Alors, ça varie. Parfois, on m'aborde par nos pilotes de parapente d'Europe de l'Est. Genre, d'abord, c'est injuste que les Allemands aient des films et pas nous. Et on te paie en bière. Tu ne préférerais pas le faire avec nous ? Jusqu'à présent, j'ai toujours refusé.

11:51Yves Jonczyk

Alors, il faudrait probablement aussi que tu boives beaucoup de bière, si tu devais le faire. En conséquence, tu pourrais aussi en toucher un peu. Ça a

11:56Lucian Haas

il s'est avéré lors de la dernière Euro que la FAI en a pris connaissance. Et entre-temps, nous approvisionnons aussi la FAI. Et ainsi, nous obtenons parfois un retour, pour que ce ne soit plus tout à fait aussi coûteux pour le DRV seul. Mais cela signifie bien plus de travail, évidemment, mais c'est un très beau format partagé. Et ainsi, nous avons aussi la possibilité que certains de nos contenus soient diffusés davantage dans l'espace médiatique européen, voire mondial probablement. À ce sujet, la FAI a une agence de médias en Europe. Ils ont servi Munich et travaillent avec eux, et ils ont un distributeur média vraiment exorbitant de qualité.

12:44Lucian Haas

Et ils diffusent ça via leur réseau. Ce n'est donc pas seulement qu'ils prennent le matériel sans passion avec un code temporel pour le transmettre ensuite. Il y a aussi un rédacteur chez cette agence qui prépare les morceaux de texte pour qu'ils soient digestes, digestes pour les médias. Avec un court briefing et tout ça. De quoi s'agit-il ? Voici le format de 3 minutes, voici celui de 5 minutes, voici celui de 11 minutes et tout ce dont on a besoin. C'est donc organisé de manière très, très professionnelle par la FAI. Et nous pouvons désormais leur envoyer du matériel pour Ballen, et la FAI compense ensuite cela à nouveau auprès du DRV.

13:24Yves Jonczyk

Est-ce qu'il y a quelque chose comme une participation aux bénéfices ou un truc du genre ? Si tu te dis « wow, j'ai été diffusé sur cinq ou dix chaînes de télé », est-ce que tu reçois une sorte de retour supplémentaire ? Non, pas du tout.

13:38Lucian Haas

Il y a aussi toujours cet idéalisme de base de la première fois où je l'ai fait. Ce n'était jamais l'intention de gagner de l'argent avec ça. Et je pense que malheureusement, ce n'est pas encore le cas aujourd'hui. Si je fais le calcul de ce que j'ai investi seul en caméras et en drones, je pense que je suis bon pour les cinq à dix prochaines années. Et là, je n'ai même pas encore compté le temps de travail, et je n'ai toujours rien gagné. Donc, c'est plus par amour pour le sport. Et simplement par la possibilité de pouvoir continuer à le diffuser. Je trouve ça phénoménalement bien, oui.

14:10Yves Jonczyk

Ça veut dire que, si on veut bien comprendre, tu as un tout autre boulot avec lequel tu gagnes réellement de l'argent. Le cinéma, c'est ton hobby. Et quand tu pars pour une Coupe du monde ou une Coupe d'Europe, ça te prend tes vacances. Oui,

14:25Lucian Haas

Heureusement, j'ai pu trouver un accord avec mon employeur principal qui autorise ça. Donc, en Allemagne, tu dois probablement aussi te faire autoriser ça partout ailleurs. Le fait de pouvoir exercer une deuxième activité rémunérée à côté de ton emploi principal. Et c'est drôle ce que tu viens de dire. Parce que si tu parles aujourd'hui avec des gens dans le milieu du cinéma et que tu abordes précisément ce sujet, ils te diront : « Enfin quelqu'un qui a compris ». Et tu es dans une bonne position, parce que tu as aussi un vrai métier. Le défi dans le secteur des médias est très clair. Je pense que beaucoup le comprennent aussi. Les prix sont très tirés vers le bas. Le matériel. Le niveau auquel nous évoluons. Parce que sinon, tu ne pourrais pas fournir de matériel à la télévision et à la FAI. C'est juste avant le cinéma.

15:10Lucian Haas

Et l'équipement avec lequel je filme est définitivement du matériel de cinéma — ce que tu utiliserais pour n'importe quelle production cinématographique. Mais au niveau du prix, c'est tellement énorme que si je calculais ça pour la fédération ou la FAI en me basant sur le matériel et le temps de travail, ils ne l'accepteraient certainement pas. Parce qu'on arrive à un tel prix que presque personne ne pourrait se le permettre. Ou alors, il faudrait le faire beaucoup, beaucoup plus souvent que comme activité principale. Mais je ne pense pas que ça fonctionnerait vraiment bien. Je pense que le modèle actuel est certainement le meilleur.

15:42Yves Jonczyk

Et des grandes compétitions comme les championnats du monde et d'Europe, ce n'est pas juste un week-end rapide, tu es vraiment en déplacement pendant deux semaines, je crois. Et tu y investis tes deux semaines de vacances. Maintenant, raconte-moi un peu sur place, quand tu y es. Comment se déroule une journée typique quand tu dis, d'accord, la compétition a commencé. On est maintenant au deuxième jour de compétition. Raconte, qu'est-ce que tu dois faire ? Tu te lèves à sept heures du matin ou déjà à cinq parce que tu dois encore monter la dernière séquence de la veille ? Ou comment ça se passe ? Le deuxième jour, c'est

16:15Lucian Haas

D'abord, il y a un peu de nervosité dans l'air, parce que pour certains, c'est peut-être une nouvelle zone de vol. En tout cas, ils sont très, très occupés par eux-mêmes au début. Récupérer les trackers en direct et vérifier que tout le monde a son panier déjeuner. Et il y a tout ce qu'il y a à faire ! Et il s'agit bien sûr du fait que le premier jour, ou la première course de compétition, compte tout autant que n'importe quelle autre. Tu es déjà à fond dedans. Tu dois être totalement présent et marquer des points pour toi et pour l'équipe. Et pour moi, ça signifie que je dois être sensible. Je pense qu'une partie de la raison pour laquelle ça fonctionne est que je suis moi-même pilote et que je connais un peu les procédures. À quel moment est-ce que je veux être sollicité pendant la phase de préparation ?

17:00Lucian Haas

Et quand est-ce que c'est plutôt difficile pour moi ? Et au fil des années, il faut aussi mieux connaître les pilotes. Parce que tout le monde ne part pas immédiatement dès qu'on dit que la fenêtre est ouverte, ne se jette pas dans le cylindre de départ et ne reste pas une heure à regarder autour de lui. Il y a aussi des pilotes très tranquilles qui attendent encore plus de trente minutes et disent, enfin, tu sais, vu la qualité de la journée aujourd'hui, ce sont les pilotes expérimentés, genre un Pepo ou un Ulli ou un Thorsten. Ils disent alors : « Hé, pourquoi je ferais un quart de temps ? Je devrais passer un quart d'heure de plus en l'air. Enfin, j'ai probablement déjà assez volé dans ma vie. Ici, ce qui m'intéresse, c'est la compétition. » Ceux-là, tu peux très bien les interviewer. Nos jeunes ou ceux qui sont peut-être nouveaux, ils veulent absolument, je ne sais pas, peut-être tout faire parfaitement ou simplement prendre le pouls de la journée.

17:48Lucian Haas

Ou bien, c'est bien sûr le fait que quand ça commence, tu veux être parmi les premiers dans le cylindre de départ. C'est évidemment un avantage. Et ils partent plus vite. Du coup, je dois les rattraper si je veux encore faire une interview avec eux. Si je veux obtenir une interview. Mais on peut très bien échanger ça sur la durée. Tu peux commencer avec les gars expérimentés et faire les interviews au fil de la compétition. Oui, et là ils sont tous partis. Idéalement, j'ai une ou deux caméras montées sur un ou deux pilotes et ils ont accepté de voler avec la caméra. Le premier jour ou lors du premier run, c'est toujours un peu la même chose. Pour la manche d'entraînement et pour la phase d'approche, ils aiment bien prendre une caméra. En compétition, il faut alors voir. Qui est assez cool pour prendre une caméra, d'abord. Et qui est assez cool pour prendre une caméra et peut-être même commenter un peu aussi.

18:36Lucian Haas

Parce que, par malheur, la télévision est très présente, ce que je peux comprendre. Mais je trouve aussi que c'est une performance exceptionnelle pour un pilote de voler en compétition. Et d'avoir ensuite la capacité de commenter une course pendant la compétition.

18:52Yves Jonczyk

Je trouve ça génial. Ça veut dire que toi, en tant que personne qui pense en termes d'images, tu te dis : « OK, là je prends Ferdinand Vogel en tant que pilote ou quelque chose comme ça. Il peut sûrement le faire. Je lui explique ici : je te monte la caméra là et là. Voilà comment on l'allume. Je te branche aussi pour mettre un micro ou un truc du genre. Et ensuite, raconte un truc pendant le vol. » Ou alors, tu lui donnes un script pour qu'il raconte un peu quelque chose. Ou comment ça se passe, ce genre de truc ?

19:17Lucian Haas

Alors d'abord, je suis très reconnaissant envers GoPro d'avoir enfin inventé des caméras où il suffit d'appuyer une seule fois. Et ça fait plusieurs choses : ça allume la caméra, ça lance l'enregistrement et quand il a fini, il n'a plus qu'à appuyer une fois sur le même bouton. Ça arrête l'enregistrement et éteint la caméra. Ça m'aide aussi beaucoup à économiser la batterie. Et là, tu as sorti Ferdi. Ferdi est un type super sympathique. Je trouve que c'est un atout énorme pour l'équipe nationale. Avec lui, on a un pilote sympathique qui aime aussi commenter pendant le vol. Et c'est exactement comme ça que ça se passe. On réfléchit avant : c'est quoi le temps de tournage aujourd'hui ? La direction du tournage. La caméra est positionnée en conséquence. Parce que c'est nul si tu as la caméra à gauche, par exemple, et qu'on tourne vers la droite.

20:04Lucian Haas

Alors, tu ne peux pas filmer aussi bien le peloton. Donc, on y réfléchit bien avant. Et ensuite, il décolle. Il ne reçoit pas de script. Non, il reçoit juste de ma part une petite consigne. Salut Ferdi, aujourd'hui c'est le premier jour. S'il te plaît, n'oublie pas que c'est la première course. Commente un peu dans ce sens-là, s'il te plaît.

20:23Lucian Haas

Et puis, selon qui est le client, si c'est plus orienté FAI ou plus orienté BR, tu te demandes peut-être s'il va dire "salutations des pilotes bavarois" ou "salutations de l'équipe nationale". Et là, il commente un peu. Et il gère plutôt bien le fait de commenter pendant le vol. Ça fait...

20:46Yves Jonczyk

il est très serein. Maintenant, dans une journée comme celle-ci, tu dis : d'accord, ce sont les préparatifs du départ. Avant ça, tu fais peut-être encore des interviews. Ensuite, tu donnes une caméra à quelqu'un. Il part maintenant voler avec. Qu'est-ce que tu fais encore au sol ? Sur quoi fais-tu attention ? Quel genre d'images cherches-tu encore ?

21:00Lucian Haas

Alors pour moi, le décollage est évidemment l'un des moments les plus mouvementés. Parce que j'aimerais bien manipuler trois ou quatre caméras en même temps. Mais ça ne marche pas. Le maximum que tu peux faire, c'est d'installer une caméra quelque part et peut-être faire un timelapse du décollage. Ça rend toujours très bien. Avant le décollage, on aime bien faire des interviews. Pour faire le bilan de la course de la veille, par exemple. Quelles sont les prévisions météo. Quelle mission leur a été confiée. Comment ils évaluent la mission. Quelles sont peut-être les bonnes lignes qu'ils ont imaginées. Peut-être aussi un ou deux commentaires sur la qualité de la journée. Et puis, ils sont partis. Alors mes caméras volent. Le maximum que tu pourrais encore faire, ce serait de voler en tandem. Et là, il faut déjà prendre l'une des premières décisions : est-ce que je veux piloter moi-même et les filmer en l'air ?

21:46Lucian Haas

Ensuite, tu atterris généralement après une demi-heure ou trois quarts d'heure. Tu as rendez-vous quelque part avec Harry Bunz, qui suit le champ, et bien sûr, tu observes où ils se trouvent. Si je veux des prises de vue en mouvement, je dois trouver un moyen de filmer un peu au poste de départ quand j'ai fini de voler, puis atterrir et les suivre. Et pour moi, c'était déjà une super journée. Parce que j'ai pu prendre l'air et filmer. Tu peux essayer de les suivre avec un tandem, bien sûr. Mais ça ne marche généralement pas très bien. Parce que, soyons honnêtes, les gars sont rapides. Ils sont putain de rapides. Tu n'arrives pas à les suivre avec un tandem.

22:25Lucian Haas

La troisième possibilité, c'est le décollage, pour autant que ce soit convenu avec la direction de la compétition. Et tant que les règlements régionaux le permettent, que tu filmes ça avec le drone. Ce qui donne généralement de très belles prises de vue. Et entre-temps, j'ai un drone avec un objectif de 105 mm. Ça veut dire que parfois, je dois déjà m'éloigner d'eux pour qu'ils soient à nouveau dans le champ. Et ça passe toujours très bien. Parce qu'on a autant de distance que possible et peu de stress avec les collisions. Ou qu'il y ait quelqu'un sur la trajectoire. Et là, ça aide aussi, le fait d'être soi-même pilote. Parce que je place généralement le drone à l'abri du vent, là où personne ne veut aller. Et alors c'est

23:08Yves Jonczyk

c'est totalement sans stress. Maintenant, tu dis : d'accord, une caméra pour le pilote qui va peut-être aller voler. Tu voles, tu as une caméra au sol avec laquelle tu filmes quelque chose. Ou peut-être deux différentes. Tu laisses l'une tourner en timelapse, et l'autre faire autre chose. Et là, tu as ton drone avec toi. Qu'est-ce que tu transportes au juste ? Tu as alors tout ton équipement avec toi. Ça pèse combien au total ? C'est un sac entier ?

23:28Lucian Haas

Je ne veux pas

23:29Yves Jonczyk

savoir ce que ça

23:29Lucian Haas

pèse. Je ne vais pas faire de commentaires là-dessus. Il y a peut-être un ou deux gars ici qui travaillent pour une compagnie aérienne et qui ne voient même pas ça. Non, enfin, c'est définitivement une sacrée quantité. Je pars du principe qu'il y a au moins six, sept ou huit caméras. Plus les objectifs. Et puis dans différentes versions. Ensuite, tu as aussi le matériel audio, parce que tu dois enregistrer les voix off. Parce que tu vas peut-être fixer un micro sur les pilotes quand ils volent pour avoir un meilleur son. Et puis tu as tout le bazar pour les drones. Donc oui, c'est définitivement beaucoup de trucs. Et parfois, c'est vraiment lourd. Malheureusement, oui. Je dirais qu'on arrive très vite à un sac à dos de 15 kilos ou quelque chose comme ça.

24:15Yves Jonczyk

Eh bien, ça représente probablement une sacrée somme d'argent. Tu as dit que le DRV ne pourrait peut-être même pas s'offrir tout ce matériel lui-même, vu les honoraires qu'il peut te verser. Maintenant, tu vas dans des pays comme le Mexique, la Macédoine, la Colombie ou le Brésil, où ça se passe. C'est le genre d'endroit où tu te dis : "Hm, il y a aussi des gens qui aimeraient bien mettre la main dessus". Est-ce qu'on t'a déjà déjà volé quelque chose ou est-ce que tu as eu des expériences bizarres ?

24:39Lucian Haas

Oui, carrément. Alors, le jour de l'ouverture en Colombie, on m'a volé mon boîtier principal. Heureusement, j'avais une assurance voyage, donc je me suis fait rembourser par la suite. Mais c'était une situation vraiment nulle. Et quand je regarde en arrière, je suis moi-même étonné de voir à quel point la suite s'est déroulée de manière professionnelle. Parce qu'à ce moment-là, il ne me restait plus qu'un hybride avec une entrée micro. Et du coup, on te prend énormément de choses. Tu ne peux plus zoomer. La qualité n'était pas non plus aussi top que celle du boîtier principal. Mais j'ai eu la chance qu'un autre cadre suisse, qui était aux États-Unis, vienne aussi en Colombie.

25:27Lucian Haas

Et je leur ai dit d'acheter une petite caméra pas chère, genre 230 euros ou quelque chose comme ça, chez B&H Photo, avec un zoom, et de me l'apporter. J'étais trop content de pouvoir enfin à nouveau zoomer après 4 ou 5 jours. Mais bien sûr, ça arrive et on se pose énormément de questions là-dessus. Est-ce que j'assure mon matériel ? Si tu l'assures, ça coûte une fortune, alors il faut rajouter ça au montant de la commande, parce que quelqu'un doit bien payer. Ou alors tu ne l'assures pas ? Et quelles caméras emmènes-tu dans quels pays ? Je fais déjà une grande différence sur le fait d'emporter mon matériel principal. À cause du poids, parce que malheureusement, les meilleures caméras sont aussi les plus lourdes.

26:11Lucian Haas

Et B, bien sûr, aussi sous l'aspect de savoir si quelque chose est volé ou non. En fait, tout est calculé si juste que rien ne doit disparaître. Si quelque chose disparaît, là, tu as un vrai problème. Mais je pense que c'est le cas pour tout le monde. Si on te vole un appareil photo, alors

26:25Yves Jonczyk

tu n'es pas content non plus. Eh bien, techniquement, c'est un effort immense que tu fournis là. Est-ce que ça en vaut vraiment la peine ? Enfin, ces vidéos manche jour après jour, est-ce qu'elles sont vraiment beaucoup regardées ?

26:38Lucian Haas

Je pense qu'on a une diffusion de genre 1 500, 2 000 clics. Et c'est accessible à tout le monde. C'est un service pour les membres. Maintenant, on a au DHV, je crois, 40 000 ou 35 000. Alors bien sûr, si je mets 35 000 face à 2 000, on peut être ambitieux et se dire, "Hé, ce serait quand même cool s'il y avait plus de vues". D'un autre côté, on diffuse ça sur d'autres canaux où l'accès se fait aussi très, très largement. Je viens d'ailleurs d'être à Valle de Bravo. Et je trouvais que c'était un énorme succès que le BER en ligne ait fait un reportage sur l'Open de Monaco.

27:23Lucian Haas

C'était aussi une vidéo de 40 ou 50 secondes sur leur page Facebook BR-Sport. Entre-temps, 12 000 personnes y ont accédé. Et ça, ça se voit. Et puis il y a la partie non mesurable, à savoir tous ceux que nous atteignons à la télévision pendant une championnat du monde ou d'Europe. Je ne peux pas l'imaginer. C'est très difficile à mesurer. Mais je pense que nous faisons le bon travail en allant davantage vers cette rédaction BR-Sport sur Facebook. Parce que je pense que ce genre d'histoires en ligne, c'est déjà le futur et le public cible que nous voulons atteindre. Ce ne sont pas les 50 ou 60 ans qui regardent la télé le soir, par exemple. Ils trouvent ça intéressant, je crois, ou se disent : "Oh mon Dieu, la jeunesse."

28:09Lucian Haas

Mais au fond, à travers notre travail de rédaction sportive, on veut passionner un public qui ne sait probablement pas encore que ça existe et qui se dirait : « Ah, c'est un sport cool, j'aimerais bien en faire, ça m'intéresse maintenant. »

28:24Yves Jonczyk

Tu as réussi à le faire passer aux informations du ZDF Heute avec un court clip, en fait plutôt court si je ne m'abuse, genre 43 secondes ou quelque chose comme ça. Est-ce que ça te rend quand même fier, même si c'est juste un petit truc comme ça ?

28:39Lucian Haas

Oui, ça

28:40Yves Jonczyk

c'est, enfin

28:42Lucian Haas

Je trouve que c'est déjà un sommet. Tu fais ça pendant plusieurs années et puis, d'un coup, tu es dans le journal télévisé principal en Allemagne. Ça, je trouve que c'est déjà, je trouve que c'est une réussite, où tu prends un instant pour marquer une pause et que tu dois d'abord le réaliser pour toi-même. Ça...

29:00Yves Jonczyk

ça veut dire que ce serait aussi une opportunité pour le sport de parapente : si on dit qu'il faut juste mettre à disposition du matériel professionnel, ça pourrait vraiment être diffusé plus largement. Donc il faut vraiment prendre les devants, comme tu l'as dit tout à l'heure. Mais alors, on pourrait vraiment mettre plus de parapentes à la télévision.

29:19Lucian Haas

J'aimerais que ce soit prévisible, mais malheureusement ce n'est pas le cas. Déjà l'année précédente, il y avait l'envie de faire venir la Monarca sous l'angle de la préparation des pilotes allemands pour les grandes compétition, le Wintercamp. Et ça n'a pas marché non plus. Parfois, c'est comme ça et cette année, on est passés sur la version en ligne. Mais on n'est pas passés à la télé. C'était l'idée au départ. Mais d'abord, il y a eu le skieur de fond qui a eu son moment de gloire avec ses histoires de dopage. C'était jeudi. C'était en fait notre premier créneau. Et on l'a perdu parce que cette histoire de dopage, il y avait du vrai dedans, et ils ont dû d'abord en faire un reportage.

30:09Lucian Haas

C'était comme ça, puis tu décolles. Le deuxième créneau de diffusion aurait dû être samedi. Et là, Lindsay Wondern a décidé de mettre fin à sa carrière. C'était malheureusement aussi très important. Et je comprends aussi, parce qu'ils ont des créneaux de diffusion. Ils sont sur place. Ils sont à Garmisch et c'est en Bavière. Et ils sont là, ils doivent en faire le compte rendu. Si un événement comme celui-là arrive entre-temps, tu es sorti. Tu n'as jamais de garantie. C'est un peu comme, oui, je vois un parallèle avec le parapente. Tu vas aussi au décollage le matin et tu ne sais pas, est-ce que ce sera une journée propice au vol ? La plupart du temps, on a une bonne idée. Mais est-ce que ce sera vraiment bien ? Est-ce que je peux vraiment faire de la distance ? Ou est-ce que je me retrouverai au sol après une demi-heure ? Tu ne le sais pas. Mais tu essaies.

30:48Yves Jonczyk

Et c'est comme ça que ça se passe là-bas. Est-ce que tu as quand même ton propre aile avec toi lors de ces voyages, quand tu accompagnes l'équipe nationale ? Ou est-ce que tu te dis : "Laisse tomber, je ne vais de toute façon pas pouvoir voler. Je laisse carrément le sac à dos à la maison. J'ai déjà 15 kilos de matériel à moi. J'en ai assez avec les bagages supplémentaires."

31:06Lucian Haas

Non, enfin, j'essaie de combiner les deux. Justement parce que la technologie caméra est devenue tellement bonne qu'on peut voler au milieu du groupe, à côté du groupe, avec des caméras à 360 degrés. Mais ça entraîne aussi des changements personnels. Quand je repense à Veltre, où on avait une Coupe du monde, j'étais encore avec un Makalu, donc avec une aile de type Mit-B, pour parcourir les environs. Et mon Dieu, parfois j'ai vraiment l'impression qu'ils sont comme des sauterelles. Ils décollent et tu n'arrives pas à les suivre. Et c'était vraiment une situation comme ça. Ils sont arrivés par les airs sur la crête. Et je suis resté là avec mon matos dans le sillage. Et je suis ensuite reparti très discrètement et j'ai dû aller atterrir.

31:51Lucian Haas

Tu ne peux jamais les suivre. Maintenant, je comprends aussi pourquoi tu as besoin du zoom sur la caméra. Oui, oui, exactement. Parce qu'il est plus rapide que mon aile.

32:02Lucian Haas

Maintenant, j'ai au moins un Summit, donc une aile High-B. Et avec ça, ça se passe déjà beaucoup mieux. Et oui, je l'emmène volontiers. Parce que parfois, ça fait juste plaisir quand on a un jour de repos obligatoire. Enfin, un jour où c'est une pause, peu importe. En profiter soi-même et voir si vous ne vous amusez pas aussi dans la zone de vol. Même s'il y a des zones où je dirais que c'est incroyablement difficile quand tu es seul un jour comme celui-là. Comparé au groupe qui vole en pulks dans les environs. Ils ont simplement l'avantage de l'intelligence collective. Et en tant qu'individu, ça peut très vite t'arriver de te retrouver au sol très rapidement. Surtout en Macédoine.

32:47Lucian Haas

Là, tu décolles d'une montagne et ensuite tu passes en plaine. Moi, je vole plus en montagne. La plaine, ça ne m'intéresse pas trop. Et si je n'ai pas quelqu'un qui a des idées géniales pour la plaine ou qui sait où sont les points de sortie et peut les voler, alors je reste assez perplexe au début. Et c'est généralement comme ça que ça se termine.

33:08Yves Jonczyk

En plus de toutes les documentations de ces compétitions pour l'équipe nationale, pour le DHV, tu fais aussi des films de tes propres vols. Par exemple, tu as fait un film où tu as fait un triangle FAI de 100 kilomètres autour du Karwendel. Et tu as dit : je documente ça et je raconte toute cette histoire en dix minutes. Tu l'as fait de manière très spontanée. Une très belle vidéo. Qu'est-ce qui est important pour toi de transmettre avec ce genre de films ? Et qu'est-ce qui fait, pour toi, une bonne vidéo de vol ? Maintenant, mettons de côté la forme classique de l'équipe nationale et de l'information. Qu'est-ce qu'une vidéo de vol classique, normale, faite par toi ? Quel est ton objectif là-dedans ? Enfin, une bonne...

33:50Lucian Haas

Pour moi, ce qui fait une bonne vidéo de vol, c'est d'abord qu'il y ait une certaine structure. Peut-être donner une vue d'ensemble au début. Qu'est-ce que je vais voler ici ? Pour que le spectateur soit aussi intégré. Ah, voilà ce qu'il a prévu. Est-ce qu'il veut juste filer en ligne directe quelque part ? Ou est-ce qu'il veut faire un triangle ? Peut-être aussi décrire un peu la situation ce jour-là. Surtout quand on vole un triangle ou un triangle FAI, on se pose déjà des questions. Quel était le vent ce jour-là ? Quand ai-je ma composante de vent de face ? Pourquoi a-t-il décollé à ce moment-là ? L'autre chose qui joue pour moi, c'est de capturer l'aspect visuel. Je suis quelqu'un de très visuel. Je pense beaucoup et très volontiers en images.

34:35Lucian Haas

Et l'image, pour moi, en dit simplement énormément. Je peux m'en projeter beaucoup plus que si tu me présentais un texte en me disant : « Eve, voilà comment tu peux voler », avec tout ce qui est écrit dedans. Je pense que je n'en retirerais pas autant d'informations que si je le voyais en vidéo. Je pourrais mieux me souvenir de crêtes spécifiques et de choses du genre. Et me dire : « D'accord, c'est bien la station de montagne là-bas, je l'ai déjà vue sur la vidéo ». Donc, pour transmettre ça. Il faut aussi réfléchir à l'avance à la manière dont on veut le diffuser, comment on veut le monter en audio, et à quel moment on veut donner des informations. Je trouve ça beaucoup plus détendu de faire le montage audio une fois rentré à la maison que pendant le vol. Ça ne passe pas toujours. Si tu livres du contenu à la télé, par exemple, ils veulent que ce soit commenté pendant le vol.

35:23Lucian Haas

Parce qu'ils se disent simplement : « là, je suis en immersion totale. » C'est là que je veux avoir le commentaire. Pour un pilote de loisir classique qui fait peut-être juste une vidéo de cross-country pour lui-même ou pour une petite communauté, je pense qu'il est préférable de le faire après coup. De le réfléchir.

35:41Yves Jonczyk

Quand tu dis « mettre en voix off », tu veux dire vraiment avec de la voix en plus de la musique ? Beaucoup de vidéos de parapente ne sont que des images avec une jolie musique en fond. Genre, quelqu'un a allumé une caméra embarquée, a laissé tourner dix minutes, et voilà la vidéo de parapente. Certains s'en régalent parce que ça montre peut-être de beaux paysages, mais l'effet pédagogique n'est pas là. Ça veut dire qu'on aurait besoin de bien plus de vidéos de parapente où les gens racontent en fait ce qu'ils sont en train de faire ?

36:09Lucian Haas

Oui, je pense que c'est dans ce sens-là. Je vois aussi de plus en plus sur le Facebook du DHV où des sujets vraiment importants sont abordés et qui nous sont maintenant très bien visualisés grâce à ces caméras 3D. L'autre jour, j'ai regardé une vidéo là-bas, ça parlait du sujet du décrochage parce que tu rentres trop freiné dans la thermique, par exemple. Ils l'ont super bien fait. Et je pense qu'on en est maintenant arrivé à un niveau et à un point de prix où j'aimerais qu'on en voie beaucoup plus. Mais tu demandais aussi de quoi il s'agit ou sur quoi il faut faire attention ? Côté réalisation, je peux peut-être te donner le conseil : laisse tomber les départs et les arrivées. Ça n'intéresse personne.

36:58Lucian Haas

Concentre-toi sur le vol, peut-être aussi sur le décollage, mais surtout sur le vol. J'ai lu ça quelque part dans un livre intelligent sur le cinéma. Laisse ça de côté.

37:06Yves Jonczyk

Le décollage et l'atterrissage sont encore présents dans énormément de vidéos de parapente. Puisque nous sommes sur les exemples négatifs, quels sont les plus grands péchés des vidéos de parapente classiques qu'on trouve sur les chaînes YouTube ?

37:19Lucian Haas

Alors, je pense qu'on doit commencer par la première grande faute, celle que tu ne vois même pas : celle du caméraman et du pilote lui-même. C'est la question de la sécurité et du risque que je prends réellement quand je filme, ou que je suis prêt à prendre quand je filme. Parce que tout ce qu'on accroche sur l'équipement n'est pas certifié au départ. Ce n'était pas prévu, avec toutes les certifications de aile, les vérifications de matériel et les certifications, etc., que tu voles avec une caméra. Et je connais d'ailleurs quelques exemples de pilotes qui ont eu de la chance, mais il leur est évidemment déjà arrivé qu'un stabilo ou quelque chose se soit coincé dans la caméra lors d'un décollage en arrière, simplement parce que c'était fixé sur le casque.

38:07Lucian Haas

Tu voles-tu

38:08Yves Jonczyk

Pas du tout avec une caméra embarquée ? Je

38:09Lucian Haas

je ne vole pas avec une caméra casque.

38:13Lucian Haas

À un moment donné, il y a eu aussi une demande du DHV de ne pas le faire. C'est très sérieux, parce que des accidents se sont probablement produits. Mais j'avais déjà arrêté de le faire avant ça. Je trouve aussi les autres positions de caméra plus intéressantes. Tu peux voler avec une caméra sur le casque si tu es un poulet. Parce qu'il y a ces belles vidéos qui veulent montrer comment fonctionne un gimbal,

38:42Lucian Haas

qui stabilise particulièrement l'image, même en mouvement. Et un poulet ou même un pigeon, si on y prête attention quand ils marchent, ils doivent bouger la tête de façon bizarre pour que l'image soit stabilisée dans leur cerveau. Un pilote de parapente, lui, n'est pas stabilisé comme ça. Et tu obtiens des vidéos terriblement saccadées, et aucune GoPro avec une stabilisation logicielle ou optique ne peut compenser ça. Donc, pour moi, une caméra sur la tête, c'est n'importe quoi, parce que tu produis du contenu qui n'est tout simplement pas beau. Ça veut dire,

39:14Yves Jonczyk

Où est-ce que tu préfères fixer ta caméra ?

39:17Lucian Haas

Ça varie. Je suis aussi en train de tester différentes positions en ce moment. Une possibilité, je pense, c'est de fixer la caméra vers l'avant sur la jupe, donc sur un sellette fermé, et de la piloter séparément avec une

39:35Lucian Haas

Télécommande WiFi que tu as dans le cockpit pour piloter le tout à distance. Parce qu'autrement, c'est déjà compliqué. J'ai les mains sur les freins et je dois quand même réussir à atteindre le déclencheur de cette caméra. Peut-être que j'ai aussi une sorte de montage où j'ai la télécommande, enfin la télécommande de la GoPro, à la main. Alors je n'ai même plus besoin d'aller du frein jusqu'au cockpit. Une autre option, mais qui est devenue un peu plus difficile à obtenir entre-temps, ce sont les bras externes qui étaient à l'origine prévus comme supports d'instruments. Il en existe aussi chez la marque Varis, c'est une entreprise suisse. Et ce support Varis a l'avantage d'être un peu comme un Gorillapod.

40:20Lucian Haas

Certains d'entre vous connaissent peut-être ça. Ce sont des éléments emboîtés que je peux déplacer flexiblement comme un bras et tourner dans tous les angles. Et à l'intérieur, il y a une sangle qui passe. Ça veut dire que si le truc se casse d'une manière ou d'une autre au décollage ou quelque chose, et que ces éléments se séparent, la caméra ne sera quand même pas perdue. Je trouve ça super cool. Par contre, il faut faire attention au montage, parce que ça se monte sur le mousqueton. Et c'est aussi là que passe l'accélérateur chez nous. Il faut aussi y faire attention, selon le modèle de sellette. Sur ma sellette, ce n'est pas un problème, mais sur les sellettes de compétition, ça peut devenir un sujet. Sur un X-Rated ou quelque chose du genre, curieusement, l'accélérateur passe beaucoup plus parallèlement au mousqueton que sur le mien. Sur le D-Light 2, c'est le cas pour cette sellette.

41:08Lucian Haas

Et là, il faut faire attention, parce qu'il y a un petit écart pour que tes mousquetons ne restent pas coincés dans l'accélérateur au niveau de la fixation de la caméra. Et c'est précisément ça le point. Je trouve toujours qu'il est difficile de concilier le vol et la prise de vue. Je pense que c'est devenu plus simple grâce à cette histoire de caméra 3D de GoPro ou Nikon, il y a différents fournisseurs, c'est devenu plus facile parce que je n'ai plus à me soucier de savoir vers où je filme, je peux le faire après coup et je peux faire plein de trucs géniaux. Ça me libère et j'ai plus de capacité et de concentration au moment du

41:44Yves Jonczyk

... de voler. Est-ce que c'est ça, la voie de la caméra d'action du futur ? Est-ce que tu le recommanderais si quelqu'un te disait : « En tant que pilote, j'aimerais filmer ce que je vis en l'air » ? Est-ce que tu lui dirais : « Peut-être que tu devrais directement acheter une caméra 360 degrés, comme ça tu auras moins de stress et tu pourras choisir après ce que tu veux vraiment avoir » ?

42:05Lucian Haas

Oui, c'est définitivement ce que je recommande.

42:09Lucian Haas

Les caméras 360 degrés sont maintenant tellement abouties, il existe différentes versions, et tu peux vraiment t'amuser avec. Ça commence avec une Insta360 X, je crois que c'est le nom de la nouvelle variante, là tu es sur un prix d'entrée aux alentours de 450 euros, c'est comme ça que c'était pour ce modèle, et ça va jusqu'à la GoPro Fusion qui était lancée à 700 euros, mais elle devrait aussi être en promotion maintenant.

42:35Yves Jonczyk

moins cher. Passons maintenant d'un équipement très simple, ou si on prend une GoPro pour un pilote lambda, à un équipement déjà très avancé que tu possèdes aussi. Tu voles aussi avec des drones. Est-ce que les drones sont une malédiction ou une bénédiction du point de vue du parapente ?

42:53Lucian Haas

Alors, d'un point de vue cinématographique, c'est évidemment une bénédiction. Le fait que je puisse enfin obtenir cette perspective, que je puisse voler devant le décollage et enfin filmer les pilotes de face quand ils décollent. Parce que si tu as une caméra au sol, tu n'as toujours pu avoir que la perspective de leur départ. Je trouvais ça super nul. Et le drone m'a enfin permis de voler un peu autour du décollage quand ils sont encore en train de se mettre en place, ou peut-être avec des objectifs assez longs pour garder un peu de distance, et même voler près d'un groupe. Et là, on voit vraiment comment les ailes se tendent dans la thermique. C'est là que tu comprends vraiment comment fonctionne une thermique, et qu'il y a peut-être un pli dedans ou quelque chose comme ça.

43:38Lucian Haas

On voit ça vraiment bien. Et ce sont des prises de vue qui, par le passé, n'étaient pas

43:42Yves Jonczyk

réussi. Mais il y a aussi des pilotes qui rêvent de pouvoir, hmm, faire voler une sorte de drone devant ou derrière eux avec une fonction Follow-me, qui me filmerait simplement en gardant une certaine distance. Est-ce que c'est techniquement déjà possible ? Et est-ce que tu penses que c'est pertinent ?

43:57Lucian Haas

Techniquement, le "follow-me" est tout à fait possible. Je trouve ça presque fascinant de voir à quel point la technologie a progressé. Je peux tracer un carré autour d'un objet sur mon téléphone, que j'utilise comme moniteur de terrain. Disons qu'on prend un joggeur, une voiture ou quelque chose du genre. Et le drone va le suivre. En gros, il reconnaît cet objet et le poursuit. Pour moi, c'est déjà, je ne sais pas, de la technologie du prochain Terminator ou quelque chose comme ça. Je trouve ça assez dingue. Pour le sport aérien, je ne pense pas que ce soit pertinent. Même si elles sont devenues plus intelligentes. Ils ont donné un exemple où une voiture prend un virage en serpentin. Dans le virage, sur la colline du serpentin, la caméra perd brièvement le contact visuel avec la voiture, mais la retrouve ensuite à la sortie du serpentin et peut poursuivre la poursuite.

44:50Lucian Haas

Pour nous, les pilotes, je pense que c'est un peu plus compliqué, parce qu'on est parfois un contraste difficile pour une image ou pour un processeur d'image. Donc le sellette

45:01Lucian Haas

contre le sol ou si ce sont des sapins ou je ne sais pas. À moins que tu n'aies un genre de Hike and Fly de Gin qui soit orange fluo, alors ça peut facilement fonctionner. Mais j'aurais plutôt des réserves concernant la question de l'évitement de collision. Une telle drone te suit maintenant. Si tu as d'autres pilotes qui volent dans la zone, pour moi, ce serait immédiatement un "no-go". Tout comme je ne le ferais pas dans une station de ski, peu importe le skieur. Tu as des remontées mécaniques, tu as d'autres skieurs. Si le truc tombe de manière incontrôlée, on aura encore des gros titres négatifs et de la publicité sur le sujet des drones, et c'est exactement ce dont on n'a pas besoin en ce moment.

45:43Yves Jonczyk

Tu ne penses pas que, d'un point de vue technique, il y aura peut-être beaucoup plus de drones à l'avenir, pas seulement des drones de tournage pour nous, mais des drones de livraison de colis ou quoi que ce soit, au point que chaque drone et, par extension, chaque parapente devra forcément avoir une sorte de transpondeur ou une solution Farnet ou autre, où tu dis : je transmets toujours ma position, et alors ces drones "follow-me" seraient très faciles à programmer pour que tu puisses dire : tiens, suis ce signal et évite simplement tous les autres signaux. Je suis curieux de voir,

46:14Lucian Haas

comment ça va évoluer. Je peux imaginer que pour nos pilotes de plaine à Leipzig, Altes Lager et tout le reste, c'est certainement un sujet, parce que je peux tout à fait voir dans ces régions que nous verrons à l'avenir de tels drones de livraison de colis ou de nourriture, ou tout ce qui est prévu. Ou aussi ces taxis volants, notre ministre des Transports, Monsieur Scheuer, je crois que c'était hier que le premier taxi volant a été mis en service, au moins en phase de test en Bavière. Et c'est sans doute là que ça va aller. Mais je peux imaginer que dans les régions montagneuses, nous en serons peut-être épargnés pendant un certain temps. Mais ce sera une évolution passionnante. Surtout sur la manière dont nous allons réguler cela au-delà des frontières nationales, parce que ce qui se passe là-bas doit fonctionner de la même manière en Autriche, en Italie, en Suisse.

47:03Lucian Haas

À ce sujet, je ne suis pas encore tout à fait sûr de la direction que cela va prendre et si cela va nous limiter. Je pense que ça a le potentiel de nous restreindre, parce qu'au-delà de l'aviation développée et des modèles économiques qui l'accompagnent, je crois qu'il y a beaucoup plus d'argent en jeu que derrière le sport du parapente. C'est malheureusement quelque chose que nous devons, je pense, prendre en compte.

47:25Yves Jonczyk

Quand on regarde tes tournages, ce que tu as fait pendant toutes ces années, tu as toi-même fait une grande évolution professionnelle, en gardant toujours le parapente en vue, en allant toujours voler avec. As-tu parfois l'impression d'avoir observé quelque chose en faisant tes tournages en vol qui t'a permis de progresser ? Ou est-ce plutôt que le tournage t'a empêché de progresser en parapente ?

47:53Lucian Haas

Alors, pour moi, ça va toujours de pair ou ça s'entremêle. C'est comme si j'utilisais le parapente très, très volontiers pour simplement capturer de nouvelles impressions. Je me rappelle un peu les premières tentatives de vol à Eggishorn. Et quand tu as fait ces 400 mètres de dénivelé, et que le regard se porte sur le glacier et que tu vois l'Arlitsch descendre comme ça. Ce sont simplement des moments où je me dis, waouh, c'est génial d'avoir une caméra avec soi et de pouvoir capturer ça. Mais c'est pareil pour moi qu'avec le pilotage de drone. Pour moi, ce n'était pas forcément toujours le vol qui était au premier plan avec le parapente, mais aussi l'idée de comment je peux, pendant le vol, capturer le tout

48:42Lucian Haas

capturer cinématographiquement. Malheureusement, je ne vole pas assez pour avoir des ambitions de distance. J'ai été moi-même très surpris et ravi de voir que j'ai réussi à me hisser quelque part dans le top 100 de la catégorie standard l'année dernière. Et je pense que ça ne s'améliorera jamais.

49:01Lucian Haas

Parce que je passe beaucoup trop peu de temps en l'air par an. Avec mon boulot principal et le tournage de films, je suis content si j'arrive à faire genre 40 à 60 heures de vol par an. Et c'était déjà beaucoup. Il y a aussi eu des années où je n'ai fait que 20 heures de vol ou quelque chose comme ça. À ce moment-là, la question était plutôt de savoir si j'étais encore capable de maintenir ma technique et mon pilotage, ou si c'était quelque chose qui pourrait être compromis à l'avenir par manque de temps. Et maintenant, heureusement, j'ai trouvé un moyen de lui accorder beaucoup plus de priorité. Et ça me fait aussi beaucoup de plaisir. Mais ce sont deux mouvements différents. Quand tu as atteint un certain niveau en tournage, je pense que ce n'est plus si important, parce que tu sais ce que tu fais ou ce que tu veux faire.

49:48Lucian Haas

Alors, il ne s'agit peut-être plus que d'essayer de nouvelles caméras ou de nouvelles technologies. Et là, tu peux simplement te concentrer davantage sur le pilotage. Et heureusement, depuis l'année dernière, c'est enfin le cas : je me fais moins de souci pendant que je vole sur la façon de rester en l'air, mais j'ai plutôt le problème de luxe de ne pas avoir la moindre idée des zones de vol restreintes et je dois simplement me demander ce que je fais

50:12Yves Jonczyk

... avec la hauteur ? Où est-ce que je veux aller ? Si tu prends tes deux activités — je les appelle encore des loisirs, même si c'est déjà très professionnel, au moins sur le plan cinématographique chez toi — si tu les mettais face à face, est-ce que tu dirais que tu voles pour filmer, ou que tu filmes pour voler ?

50:30Lucian Haas

Ça varie, je pense. Alors, quand ce sont des missions avec l'équipe nationale et que je traîne dans le coin, là, je vole définitivement pour filmer. Dans le domaine privé, c'est plutôt que l'accent est mis sur le vol, oui. Et si un beau film en sort, comme pour le triangle du Karwendel, alors c'est une super chose. Je pourrais imaginer que cette année, on sorte peut-être encore quelque chose de similaire avec le triangle de la vallée de Möll, j'en aurais très envie. J'ai déjà volé, mais je ne l'ai pas encore terminé. Peut-être que ça marchera ce printemps. Et sinon, j'ai aussi effectivement réfléchi à savoir si ce ne serait pas un format et si on ne pourrait pas le faire simplement avec plusieurs pilotes,

51:20Lucian Haas

mieux expliquer le vol de distance. Ça

51:24Yves Jonczyk

ça veut dire qu'on a besoin de plus de vidéos explicatives, en fait.

51:27Lucian Haas

Je trouve ça sympa, mais ça peut être un peu percutant, oui.

51:30Yves Jonczyk

Yves, merci pour tout ce que tu nous as raconté sur le tournage et ce que tu as partagé ici. Tu fais de beaux films. J'ai hâte de voir ce que tu nous réserveras pour le prochain championnat d'Europe et je te souhaite aussi beaucoup de succès avec le triangle de Mölltal ; j'ai aussi hâte de voir le film, on verra bien ce que je pourrai apprendre de toi.

51:49Lucian Haas

Oui, merci infiniment. J'ai pris énormément de plaisir et, oui, on verra bien, peut-être pour la deuxième série sur le Mölltal.

52:09Yves Jonczyk

C'était Yves Jonczyk en conversation avec Lucian Haas. Si vous souhaitez regarder des films comme Knight Rider, la vidéo sur le triangle de Karwendel ou divers rapports de compétition d'Yves, la chaîne YouTube d'Yves s'appelle Flymovies et est accessible à l'adresse youtube.com/user/flymovies. Yves raconte aussi son travail sur la page Facebook facebook.com/flymovies. Vous trouverez d'autres épisodes de Podz-Glidz sur le blog Looglights et sur Soundcloud. Vous pouvez aussi abonner Podz-Glidz via un flux RSS ou via des catalogues de podcasts connus comme iTunes, Spotify, TuneIn ou podcast.de. Podz-Glidz et le blog Looglights sont d'ailleurs totalement sans publicité et donc indépendants. Pour pouvoir poursuivre ces projets, dans lesquels beaucoup de temps et de cœur ont été investis, je compte sur le soutien de mes lecteurs et auditeurs.

53:00Yves Jonczyk

Si mon travail vous plaît, vous pouvez tout simplement faire un don via PayPal ou devenir contributeur de Looglights par virement bancaire. Vous trouverez les liens sur le site looglights.blogspot.com. N'hésitez pas à recommander Podz-Glidz et Looglights. En discutant avec d'autres pilotes ou même en laissant un commentaire, un lien ou un "like" sur les réseaux sociaux. Maintenant, je vais me recommander. Ciao et à bientôt !

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