Je voulais juste rouvrir, voir ce qu'il y a d'autre. Je ne voulais pas juste continuer jusqu'à Pâques ou je ne sais quand. Je ne suis pas du genre à aimer la routine quotidienne, ça ne me convient pas vraiment.
Podz-Glidz, le podcast Lu-Glidz.
Des histoires du cosmos du parapente.
Aujourd'hui avec
Dominik Rohner et
Lucian Haas au micro.
Le mont Ürtli, c'est la montagne de prédilection des parapentistes zurichois. C'est une montagne où l'on peut planer bien au-dessus de la ville avec un vent d'est. En tant que point de départ pour des vols de distance, il n'était pas considéré comme tel, ou du moins pas vraiment. Mais cela a changé en mai 2020. Lors d'une situation de Bise exceptionnellement longue, Dominik Rohner a battu à la suite plusieurs records de décollage en moins de 10 jours, totalisant plus de 1300 kilomètres de distance et atteignant une performance maximale de près de 270 kilomètres jusqu'au-delà du lac Léman. Non
Seule la scène suisse du parapente a été stupéfaite par de telles performances. Les félicitations sont également venues d'amis pilotes du monde entier, car bien que Dominik soit un produit de Zurich, c'est aussi un voyageur convaincu. En 2017, le quadragénaire a même vendu ses parts de l'école de vol prospère Paraworld à un associé pour pouvoir voyager et pratiquer le parapente en toute liberté.
Dans cet épisode 34 de Podz-Glidz, Dominik nous raconte certaines de ses expériences. Parmi elles, la météo. Le vol au-dessus de volcans en Tanzanie, le para-backpacking en Colombie, le kitesurf sur la côte brésilienne et aussi comment ces expériences dans d'autres pays l'aident à repousser les limites de vol de l'Oerdliberg local. Si ces discussions de Podz-Glidz vous inspirent pour vos propres aventures en vol, alors aidez-nous à continuer. Car Podz-Glidz est un podcast soutenu par ses auditeurs. Autrement dit, je ne finance pas ce projet, ni d'ailleurs le Gleitschirm-Blog Lu-Glidz, par de la publicité, mais uniquement grâce à des contributions volontaires. Le montant que vous souhaitez donner vous appartient entièrement. Pour ceux qui hésitent, je recommande un euro par épisode de podcast et deux euros par mois de lecture sur Lu-Glidz comme valeur de référence non contraignante.
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Dominik, aide-moi, comment est-ce qu'on dit ça au juste ? Üdliberg ou Uerdliberg ?
On dit Uerdliberg. Uerdliberg. Avec un peu de mélodie, comme on le fait en Suisse, tu sais.
Oui, il y a toujours un petit côté mélodique avec. Et c'est quoi, le Uerdliberg, comme genre de montagne ?
C'est en fait la montagne emblématique de Zurich. Elle n'est pas très haute, elle culmine à 870 mètres. C'est environ 400 mètres au-dessus de Zurich. Le décollage est encore un peu plus bas. Oui, c'est la montagne classique, quoi. On y va pour faire de la randonnée, du vélo, il y a un restaurant, un hôtel en haut en hiver. Enfin, avant, on pouvait aussi y faire de la luge. Il y a un petit train qui monte. C'est en fait la zone de loisirs de proximité de la ville de Zurich, je dirais.
J'ai regardé un site web, c'est celui de l'hôtel-restaurant Uto Kulm. Et il est écrit là-bas qu'on peut aussi faire du parapente. Et il y a le décollage. Le décollage est très petit et entouré d'arbres. Une technique de décollage arrière maîtrisée est recommandée. Et après le décollage, un style de vol actif est requis. Qu'est-ce que ça veut dire ?
Alors, pour le décollage et le fait qu'il soit petit, c'est exactement ça. Avec un haut de gamme, tu as encore environ un mètre entre les arbres à gauche et à droite. Et c'est en fait le résultat d'un glissement de terrain il y a, disons, environ 15 ans. C'est pour ça que c'est plat en haut et assez raide devant. Et oui, une bonne technique de décollage en arrière, ça aide carrément. Une technique de vol active, oui, regarde, je veux dire, ce n'est pas si grave en fait. En hiver par exemple, on peut simplement voler de manière dynamique. C'est plutôt du côté calme. Et maintenant, au printemps, au début de l'été, quand la thermique est bonne, tu as du vent et de la thermique. Mais c'est juste du vent et de la thermique.
Rien de spécial, mais pas non plus. Ce n'est pas du vol purement laminaire, définitivement pas, non.
Ça veut dire souvent que l'Ürtliberg est un sommet typique de type "Biesenberg", c'est bien ça ?
C'est comme ça, oui, carrément, oui.
Mais est-ce que la Biese, en soi, ne demande pas aussi un peu de style de vol actif ?
Oui, c'est possible, tu sais, il y a des situations en hiver où tu voles en fait sous le brouillard haut, alors c'est vraiment pratiquement, je vais dire pour le dire, plus ou moins, plus ou moins uneécoulement laminaire, parce que là où la Biese vient, c'est dans les plaines, l'Ürtliberg est en fait plus ou moins dans les plaines et c'est pour ça que la Biese arrive plus ou moins de manière laminaire. Je dirais que ce qui peut la rendre turbulente, donc comme partout, c'est quand la thermique s'y mélange, alors, oui, bien sûr, ça donne du vent et de la thermique. En conséquence, il peut y avoir un peu de turbulence. Mais comme je l'ai dit, ça ne vient pas d'ailleurs, pas du tout. Mais c'est principalement déjà... Pour les Zurichois, c'est plutôt le Sohringberg.
C'est sûrement pour la plupart des pilotes un vol de fin de journée. C'est un endroit très, très populaire, je dirais, pour un vol après le travail. On a déjà pas mal de pilotes à Zurich, qui est la plus grande ville de Suisse. Et beaucoup y vont, quand la Bise souffle, pour faire un peu de soaring le soir. Et c'est vraiment magnifique quand la thermique se calme et que la ville dégage encore énormément de chaleur le soir par rapport au printemps ou à l'été. Et là, tu peux vraiment rester... jusqu'à la nuit, tu peux faire du soaring au-dessus de la ville. C'est magnifique, oui.
Eh bien, cette année, à partir de la mi-mai, tu as été au Uertliberg pendant neuf jours presque consécutifs, avec parfois de petites pauses entre les sorties. Et tu n'as pas fait que du soaring, tu as accumulé au total plus de 1300 kilomètres de distance parcourue. Ça fait plus de 140 kilomètres par jour en moyenne. Oui. Oui. Si on prend cette moyenne, il y a quelques années, chaque vol aurait été, en tout cas sur le papier, un record de décollage. Et maintenant, avec cinq de ces vols, tu es même pratiquement en haut du classement des meilleurs du Uertliberg. Est-ce que c'est quelque chose de spécial pour toi ?
Oui, enfin, oui. Je dois t'avouer honnêtement que je n'ai pas fait le calcul, et j'ai aussi été au sommet par moments pour ensuite repartir vers l'arrière sur 5 à 10 kilomètres exactement. Les vols en planeur, tu vois, je ne les mets pas sur XContest. Ça peut arriver au Uertliberg. Mais sinon, non, c'est définitivement quelque chose de spécial, parce qu'jusqu'à récemment, le record avait tenu éternellement, celui de Marcel Schmid qui a volé jusqu'à Wöwester avec, je crois, 164 kilomètres ou quelque chose comme ça. Et je ne sais même pas pourquoi cette situation particulière était si spéciale. Je ne me considère pas du tout comme un meilleur pilote que les autres qui volent aussi souvent là-bas.
Je pense simplement que cette situation de Biesen, hé, elle était vraiment spéciale, presque. Pas tous les jours, mais un jour sur deux, c'était vraiment bon thermiquement aussi. Et oui, j'ai du temps en ce moment, tu vois. Je serais normalement en train de voyager en parapente, de faire du décollage et des camps de vol de distance. C'est un peu mis en pause à cause du Corona, comme tu peux l'imaginer. Et je suis aussi, oui, ces derniers temps, surtout beaucoup en vol et en général ces dernières un ou deux années, j'ai eu beaucoup de temps pour voler. Et par conséquent, je suis un peu, comment dire, en forme en ce moment. Et ça s'est simplement bien passé pour moi. En plus, les conditions étaient juste extrêmement bonnes. Oui, tout s'est un peu combiné.
Est-ce que c'est peut-être aussi le cas que, quand une situation comme celle-ci dure plus longtemps et qu'on se dit : « OK, avec ce vol, j'ai déjà réussi quelque chose, on peut peut-être aller plus loin », ou qu'on devient simplement plus audacieux et qu'on essaie encore plus en se disant : « Allez, on va voir » ?
Oui, je peux tout à fait me l'imaginer. Alors d'un point de vue psychologique, c'est certain, quand j'ai fait le premier, le premier triangle, et que ça m'a plu, déjà avec 127, j'ai simplement essayé d'aller un peu plus loin. Et d'une certaine manière, ça marchait toujours, je ne sais pas, ça marchait tout simplement d'une façon ou d'une autre. Mais bien sûr, quand tu as déjà fait un ou deux vols cools, tu ne restes plus sur le frein, non ? Alors il y a juste un peu plus de gaz, on fixe l'objectif un peu plus haut, et le spécial, c'est que les conditions ont permis de pouvoir essayer chaque jour et d'une manière ou d'une autre, ça marchait toujours, et oui, ça tombait bien, oui.
Tu as fait au Oertliberg à la fois un triangle FAI de plus de 158 kilomètres, donc pratiquement le record du triangle, et aussi un vol de distance en aller simple, où tu es allé jusqu'après le lac Léman, même un peu en France, c'était je crois 264 kilomètres ou quelque chose comme ça, sur lequel de ces vols es-tu particulièrement fier ?
Qu'est-ce que je peux bien dire, hein ? Je veux dire, tu sais, voler 267 kilomètres jusqu'en France, c'est déjà super cool, mais en fait, c'est plutôt le genre de vol qu'on fait depuis longtemps à l'Oertliberg, donc les vols aller simple avec plus ou moins un vent arrière vers l'ouest-sud-ouest, c'est juste plus long, mais oui, super cool évidemment, mais je trouve le triangle en fait presque, d'une certaine manière presque encore un peu plus cool, parce que l'Oertliberg n'est définitivement pas conçu ni positionné pour faire des triangles FAI, c'est aussi bas et il faut voler perpendiculairement au vent, il y a encore plein d'espaces aériens qu'il faut d'une manière ou d'une autre contourner,
On ne peut pas monter très haut à cause de l'aéroport de Zurich, on vole beaucoup face à l'aéroport, face au vent, puis on rentre dans les montagnes et il faut ensuite redescendre d'une manière ou d'une autre vers Zurich. Donc, en fait, je trouve le triangle presque encore plus cool, ce qui est aussi plus sympa parce que si je fais le triangle, je me pose à Allmend Zurich et je prends le tram pour rentrer chez moi, c'est aussi très agréable, oui. Ça
ça veut dire que revenir de France sur les 267 kilomètres, c'était déjà un peu plus compliqué ?
Non, ça aurait probablement été compliqué, mais, euh, euh,
un ami pilote de Genève, Reynald Mummentaler, m'a vu sur le live-tracking et m'a écrit pendant que j'étais en l'air : « Oui, continue de voler, continue simplement, je me mets en route et je te ramène en Suisse. » Et c'était vraiment comme ça : j'ai atterri, je me suis garé, j'ai marché depuis la prairie et il est arrivé en voiture, et pff, une heure plus tard, on était à Genève et on buvait de la bière chez lui. S'il ne t'avait pas...
s'il ne t'avait pas récupéré, est-ce que le passage de la frontière aurait été un peu plus compliqué à cause de l'époque du Covid ?
Oh, je ne sais pas, j'aurais dû le découvrir sur place. J'ai entendu dire que c'était un peu compliqué de passer de la Suisse vers la France, enfin, les Français n'aimaient pas trop qu'on aille vers eux, mais pour le retour en Suisse, j'ai entendu que ça n'avait jamais été un problème. Et quand on a passé la frontière, ils ne se sont même pas souciés de nous. Je dis aussi Genève, non ? Ils ont énormément de "frontaliers", ils disent, donc des Français qui travaillent à Genève, et je pense que c'est un peu compliqué, tu ne peux pas toujours tout contrôler parfaitement, n'est-ce pas ? Eh bien, tu y es là.
tu as volé avec un vent fort, tu parles aussi de bise et souvent, quand on va vers Genève, le Plateau devient de plus en plus étroit, le vent a tendance à augmenter encore, et tout ça. Est-ce que c'étaient des conditions où tu dirais que pour un pilote moins expérimenté, ça n'aurait plus été flyable ?
Non, pas du tout. En tout cas, le vol, ce long vol de 267 kilomètres, pas du tout. Non, non, il n'y a jamais eu, à aucun moment, j'ai eu des doutes sur le fait qu'il pourrait y avoir trop de vent. Ce n'était pas une Bise forte en fait. C'est de toute façon généralement plus cool quand on vole avec une Bise pas trop forte. On a beaucoup plus d'options. Mais il peut y avoir des moments, on a eu cette phase au début, on était très nombreux pilotes, précisément ce jour-là où Sebi Benz a battu le record, enfin la première fois qu'il l'a amélioré, oui, c'était un jour où j'étais plus dans le Mittelland. Sebi Benz et Peter Kleimann ont atterri dans la région de Vevey-Montreux et moi, avec mon meilleur ami Rico Chandra, on s'est plus dirigés vers le Mittelland.
C'était un jour où, vers la fin, j'avais déjà de gros doutes sur le vent au sol. Je vérifiais donc constamment la station météo. Et je ne voulais pas, je ne devais vraiment pas m'approcher trop du lac Léman ce jour-là, parce que, oui, la bise souffle fort vers le lac et peut devenir intense. Alors, oui, je suis entre-temps un pilote plutôt, je vais dire, assez prudent. Comme Peter Kleimann et Sebi Benz l'ont dit, eux ont vraiment atterri au bord du lac, pratiquement sur le lac, et j'ai dit : "Ouais, peut-être un peu en arrière jusqu'en bas, genre juste assez pour que ça passe encore, enfin..."
oui, mais il peut y avoir des jours, quand on décolle du Uidliberg, où il vaut mieux ne pas aller jusqu'au lac Léman, parce que ça peut être tout simplement trop fort, oui, définitivement, oui. Quand on va dans cette
En partant du Uidliberg, tu voles toujours d'abord dans le vent. Est-ce que c'est encore un peu intimidant pour toi à chaque fois, ou est-ce que tu te dis : non, maintenant je connais tout ça par cœur ?
Ouais, non, en fait tu ne voles pas dans le lee, tu sais, le Uidliberg n'est pas si haut, il est juste au point le plus haut, il fait genre 870 mètres ou quelque chose comme ça, à certains endroits il ne fait que 700 mètres, le décollage par exemple, je crois qu'il est à environ 700 et on décolle déjà plus haut là-bas, selon la route que tu prends, c'est soit à 1700 mètres ou 1300 quand on monte bien sûr et alors, est-ce que c'est vraiment le lee, est-ce que c'est un problème du tout, non, non, en fait pas vraiment, non.
Tu te souviens encore de ton premier vol depuis le Uidliberg ? Oui, assez bien. C'était quand ?
Oui, c'était vers 1997, ça devait être, environ un mois après avoir commencé le parapente. Oui, j'avais 18 ans et j'étais hyper motivé, j'étais plein d'énergie et je m'étais vraiment bien préparé. Je me suis dit que le vent venait du lac, que le Uidliberg se trouvait sur son chemin et que le vent devait monter quelque part, alors j'ai pensé que j'allais simplement parcourir la crête du Uidliberg à pied et que je finirais par trouver un endroit pour m'élancer. Par "m'élancer", je veux dire, est-ce qu'il y avait déjà un décollage à l'époque ? Non, enfin le décollage qu'on utilise maintenant n'existait pas encore, il est apparu il y a 15 ans à cause d'un glissement de terrain. À l'époque, il y avait un décollage quelque part à Buchenegg, je crois que ça s'appelle comme ça, mais je ne le connaissais pas encore, je n'avais aucune notion de vol.
et il y avait des sortes de sentiers, des sentiers de prairie qui montaient un peu vers la crête, alors j'ai porté mon aile jusqu'en haut et je l'ai déployée et oui, j'en avais une, c'était déjà une vieille aile à l'époque, une Pro Design Corrado de 31 mètres carrés ou quelque chose comme ça, bien trop grande pour moi.
et j'étais évidemment aux anges quand j'ai décollé et que j'ai tout de suite dépassé le Uidliberg. Ça veut dire qu'il y avait probablement un vent plus fort à ce moment-là ? Oui, c'était très fort, parce sinon je ne serais pas monté avec ces ailes à l'époque. Mais la joie n'a duré qu'environ deux minutes, jusqu'à ce que je retombe en arrière dans le lee à Stalikon, c'est le village juste derrière le Uidliberg. Ça veut dire que c'était déjà dans le lee ? C'était définitivement du lee, mais heureusement j'avais une aile qui n'avait pas tant de cellules et en fait, je ne l'ai jamais vue se replier, je crois qu'elle ne pouvait même pas le faire. Oui, c'était un mélange de joie et de bêtise, j'étais très curieux.
Oui, les deux ensemble, non ? Mais c'était d'autres époques, non ? Je veux dire, il n'y avait pas encore Internet, si ? Non, il n'y avait pas encore Internet. Je veux dire, nos prévisions météo étaient beaucoup plus rudimentaires. Ou pour moi à 18 ans, sans rien savoir, la météo, c'était juste regarder dehors, voir d'où venait le vent, aussi bien qu'on pouvait, et s'il y avait encore un nuage, on pouvait estimer un peu mieux. On y allait souvent juste quelque part et on regardait si ça tenait.
Ça veut dire que tu montes une fois au mont Oertli, tu regardes s'il neige et puis ça finit par s'envoler quelque part. Exactement, mais j'ai surévalué le mont Oertli. Et là, on en est fier.
Oui, c'est vrai, oui.
On oublie volontiers le reste du vol, mais on est fier de l'altitude atteinte. C'est super. Oui, oui, exactement. Maintenant, ça fait 23 ans que tu voles sur cette montagne. Est-ce qu'il y a quelque chose de spécial qui te lie à elle ? Est-ce que cette montagne est aussi une patrie pour toi ?
Oui, oui, bien sûr. Je suis Zurichois, je viens de la ville de Zurich et dès l'école maternelle, on y allait pour, comment dire, faire des grillades. On y faisait nos voyages scolaires. On y allait jouer dans la forêt. On y est monté avec son premier amour. Avec des amis pour aller skier en hiver. Oui, bien sûr. Ce n'est pas forcément la montagne actuelle. On y va peut-être quand on va marcher. Je vais très souvent au mont Oertli, même sans aile, en tout cas. Il a
Le mot « Heimat » a une signification pour toi ? Enfin, ce...
Le mot Heimat ? Oui, qu'est-ce que je peux bien dire ? Une signification ? Pas vraiment pour le mot en soi. Non, Zurich est ma patrie. La Suisse est ma patrie. Mais maintenant, oui, beaucoup moins. Non, j'aime beaucoup voyager et être à l'étranger, et je ne suis pas vraiment le patriote ultra-fédéral. Je ne dirais pas ça, non.
Tu as beaucoup voyagé dans le monde entier ces deux dernières années. Qu'est-ce que tu cherchais ?
C'est une bonne question.
Oui, tu sais, j'ai travaillé longtemps dans l'école de pilotage. C'était aussi super cool, sympa et passionnant. Mais j'avais juste envie de retrouver ce sentiment quand j'ai voyagé pour la première fois vers mes 20 ans, quand toutes les portes se rouvraient, quand rien n'est déterminé, quand on part en voyage et que n'importe quoi pourrait arriver et qu'on pourrait s'y laisser porter. Il pourrait se passer quelque chose, ça pourrait nous attirer ou nous emporter quelque part et on pourrait saisir chaque opportunité pour faire quelque chose de totalement nouveau. C'était en fait, je crois, un peu ce sentiment que je cherchais à retrouver. Juste rouvrir tout à nouveau, laisser entrer de nouvelles choses, quelque chose dans le genre.
Et qu'est-ce que tu as trouvé ?
Oui, beaucoup de vol, beaucoup de kite, plein de belles choses, mais je suis de retour en Suisse. C'est déjà super ici aussi. Et je suis toujours, en fait, dans le secteur du parapente professionnellement. Enfin, quand ça repartira bien sûr.
Je t'avais demandé avant cette conversation de me noter quelques mots-clés, quelques points forts de ton parcours de pilote et de voyageuse. Juste pour que je puisse me représenter un peu de choses. Et au final, tu m'as envoyé deux pages A4 entières. Il y a tellement de choses dont on pourrait parler maintenant, des trucs qui donnent vraiment envie d'être jaloux, tous les endroits où tu es déjà allée et tout ce que tu as probablement vécu là-bas. Je pense que ça pourrait durer des heures. Faisons juste un petit jeu. Je vais te donner quelques points de ta liste et tu me diras ce qui te vient à l'esprit en premier et le plus marquent pour chacun d'eux. Je suis curieux de voir ce que ça va donner. Il faut réfléchir vite. C'est
ce n'est pas mon meilleur...
page. De ton temps, tu peux prendre ton temps. Je suis toujours curieux de voir ce qui sort en premier, même chez quelqu'un qui réfléchit lentement. Alors, on commence. Tansania.
Tanzanie
voler au-dessus de cratères volcaniques. Comment en es-tu venu ? À cette idée ou à la Tanzanie ? À la Tanzanie. Hé, je m'en souviens encore assez précisément. J'ai vu des photos. Je crois que l'une des séries de photos était de Michael Gebert et je crois qu'il était avec Foto. Je crois qu'il était avec Foto. Je crois qu'il était avec Foto. Je crois qu'il était peut-être avec Felix Wölk là-bas. Et les autres photos étaient de Horacio Llorens et avec qui était-il probablement ? Probablement avec Tom de Dorlo là-bas. Et ce qui m'a le plus impressionné, c'était d'une part ces volcans et d'autre part ces vastes, vastes plaines de steppe avec énormément de petits cratères éparpillés partout.
et le jeu de lumière. Et je me suis dit que je voulais absolument y aller. Et puis, des années plus tard, je l'ai fait.
Et c'est comment, voler depuis ce volcan ? Il faut monter à pied pour pouvoir décoller d'en haut ? Ou est-ce qu'on peut décoller n'importe où, à tous les coins ? Ou est-ce que tout est tellement boisé qu'il faut d'abord chercher une trouée, comme à l'Oertliberg ?
Non, ce n'est pas boisé du tout. Ni autour, ni sur les montagnes, pratiquement pas. Non, presque pas. En fait, il n'y a pas de forêt, je dirais, pratiquement.
Tu peux atterrir n'importe où de toute façon. Ce sont les grandes steppes Massaï, et c'est aussi magnifique parce qu'il y a vraiment des girafes, des gnous, des... enfin, une énorme diversité d'animaux qui errent là-bas. C'est incroyable, et tu atterris au milieu de tout ça. C'est vraiment dingue. Alors, ce volcan spécifique qui m'a le plus impressionné pour la thermique, c'est l'Oldoinyo Lengai, on peut, on pourrait monter, mais il faut prendre des guides. Tout ce qui touche au tourisme en Tanzanie est extrêmement cher, vraiment extrêmement cher. Et on a alors décidé d'aller dans la, c'est aussi la Rift Valley, tu la connais sûrement, ou au Kenya pour le vol, dans la
En arrière, dans le Kerio Valley. Là, on peut voler 100 kilomètres d'avant en arrière le long de la crête, en faisant du Power Soaring, comme les gens appellent ça.
Exactement, et c'est en fait la suite, juste plus au sud, alors en Tanzanie, ce n'est pas du tout aussi marqué, c'est beaucoup plus profond. Mais on a décollé à chaque fois sur cette crête, ou des failles, on est montés peut-être 150 km, 200, quelque chose comme ça, et on a ensuite volé au-dessus de la plaine vers le volcan, on est montés sur le volcan, on l'a survolé et on a atterri parfaitement sur le volcan. Et c'était, enfin, c'est extrêmement impressionnant parce que le volcan est toujours actif. Et c'est le cône volcanique parfait et c'est fantastiquement beau là-bas, vraiment. C'est quelque chose, je dirais, l'un des plus beaux endroits que j'aie jamais survolés, oui. Mais ce n'est définitivement pas un endroit où, tu sais, comme à l'Uetliberg, où je peux emmener n'importe qui capable de décoller raisonnablement, là, ce n'est pas du tout un problème.
Voler en Tanzanie, je l'ai déjà trouvé assez exigeant, à cause du vent et des thermiques. Et puis, ce n'est quand même pas si facile de réussir à accrocher les thermiques, et je l'ai trouvé encore assez...
exigeant. Et puis tu atterris quelque part dans la steppe, il y a des animaux sauvages, ou alors les gens arrivent à pied, parce qu'en Afrique il y a des gens partout, et il faut toujours faire attention à ce qu'on ne te piétine pas l'aile.
Alors, tu as définitivement des animaux, mais les animaux qui rôdent encore en dehors du parc national, ce ne sont pas vraiment, comment dire, des prédateurs, plus de félins sauvages, parce que c'est un territoire Maasai et le rêve de chaque homme Maasai, et je pense que...
La plus grande fierté de chaque homme Maasai, c'est de tuer un lion. Pour n'importe quelle raison, je ne sais plus laquelle maintenant. Mais en dehors des parcs, autant que je m'en souviens, il n'y a plus vraiment de lions.
Les gens, ils viennent aussi déjà à pied, mais ce n'est pas comme au Kenya quand on y atterrit, c'est beaucoup plus vert, donc là dans la vallée de Kerio, c'est extrêmement peuplé, ils viennent par centaines, un chien est encerclé. Si on atterrit en Tanzanie, ça dure un bon moment, mais ensuite tu regardes le long des plaines, et les Maasais arrivent à pied à travers les plaines, c'est vraiment bizarre, tu les vois déjà une demi-heure avant qu'ils ne soient chez toi, tu les vois à l'horizon marcher vers toi. Ça
je trouve ça
super cool.
Les Massaï sont aussi très grands, non ? Ils sont vraiment grands, oui. Du moins, sur les photos que je connais, ce sont des silhouettes très fines mais qui sont prises en grand angle. Oui, exactement. Avec de longs bâtons, et ils se déplacent probablement là-dedans, oui, c'est une image intéressante.
Oui, exactement. Et on pense que c'est de la folklore, tu sais, le truc du catalogue avec les capes, les lances et les chaînes de griffes, mais en fait, ils sont tous habillés comme ça. On ne voit personne, ou du moins je n'ai pas vu dans cette région, de Maasais en vêtements occidentaux, mais vraiment tout le monde est en tenue traditionnelle. C'est déjà très intéressant,
vraiment. Eh bien, en Tanzanie, c'est probablement différent du Kenya, il y a sans doute très peu de parapentistes qui passent par là. Comment les Massaïs réagissent-ils à ça, ou comment ont-ils réagi avec vous ? Sont-ils très aimables, ou est-ce qu'ils demandent d'où vous venez, ou qu'est-ce que vous faites là, ou quoi ? Écoute, je...
j'ai été un peu surpris, parce que d'habitude, quand on fait partie de ces rares personnes, pour autant que je sache, c'est presque toujours positif. Les Massaï ont été vraiment sympas, et ce n'était pas du tout le sujet, mais la question de l'argent, des cadeaux, et du fait que ça coûte quelque chose parce qu'on atterrit sur leur terre, elle était déjà très présente. Donc oui, j'ai été un peu surpris. D'habitude, d'après ce que je connais des voyages, la joie l'emporte, on est invité et tout ça. Même au Kenya, ce n'était jamais un sujet, c'était de la joie, énormément de gens, des enfants, je ne sais pas, un genre de ghetto géant.
En Tanzanie, il y avait cette idée d'argent, genre, tu es maintenant le Blanc avec de l'argent qui atterrit ici, et tu nous donnes quelque chose. Bien que, je pense qu'ils n'ont pas encore vu beaucoup de pratiquants de parapente. J'ai été un peu surpris, je dois être tout à fait honnête, j'ai été un peu surpris, oui.
Mais ils étaient accueillants en tout cas, oui, non, donc pas du tout un problème. Mais
L'argent était déjà un sujet, oui. Passons maintenant à un tout autre continent. La Colombie. Oui. Là, tu écris "Para-Backpacking en Colombie". C'est quoi, ou comment ça marche ? Ah, je lui dis juste ça.
On fait beaucoup de bivouac en vol, c'est en fait presque la même chose que le vol en bivouac, mais j'ai remarqué, je l'ai fait deux ou trois fois il y a quelques années, et j'ai réalisé que je suis en fait... c'est magnifique là-haut sur la montagne, et je me l'étais toujours imaginé super cool, mais j'ai remarqué que je n'aime pas trop être seul, je n'aime pas trop être seul le soir, j'aime être parmi les gens, même si je ne suis pas avec un collègue, je n'ai pas besoin de parler avec une tonne de gens ou quoi que ce soit, mais j'aime bien être là où il y a des gens. Et pour ça précisément, la Colombie est extrêmement bien adaptée, parce que premièrement, il fait chaud là où tu atterris, il y a de toute façon des gens, donc tu pourras dormir quelque part, et d'une manière ou d'une autre, tu pourras remonter la montagne.
Je n'ai pas forcément besoin de marcher, et dans les tropiques, encore moins, il fait de toute façon trop chaud. Et en Colombie, j'ai commencé, je crois... enfin non, je ne crois pas, à Medellín au décollage de la ville, genre le Bordeaux vers Mütliberg, juste à Medellín, et tout ce que j'avais avec moi, c'était un peu une carte de crédit, je crois que j'avais quatre T-shirts, quatre slips, mes tongs et mon appareil photo, et mon matériel de vol, je n'avais pas beaucoup plus que ça, et je suis parti en vol vers Cali, puis je suis allé un peu plus au sud, puis vers Pereira, ensuite j'ai volé la vallée centrale, la vallée du Magdalena, et chaque soir je cherchais juste un endroit pour dormir, et le lendemain matin je me trouvais un tuk-tuk ou un
un tuk-tuk, ou un... cherché de la thermique à nouveau, quelqu'un m'a emmené quelque part sur une colline, et j'ai fait ça pendant environ trois, trois, trois semaines et demie, j'ai fait le tour de la Colombie, en fait, au lieu de prendre des bus, j'ai simplement refait les trajets en parapente.
Est-ce qu'il y a toujours des montagnes à partir desquelles on peut, enfin, là où tu dis que tu as atterri, en bas, et le lendemain quelqu'un te ramène quelque part en haut, et il y a encore un endroit où on peut décoller, non ? Oui,
Absolument, plus ou moins. Le Colombie est vraiment idéal pour ce genre de vol, parce qu'il y a souvent des montagnes, des montagnes partout. Enfin, à part les zones vers l'Amazonie ou les plaines vers les Caraïbes, oui, tout est vallonné, vraiment partout c'est vallonné. Et puis, tu sais, il y a aussi régulièrement des champs et des espaces libres où tu peux décoller, ça aussi. Et ils vivent aussi, enfin, tu as beaucoup de localités, des villages qui ne sont pas comme chez nous, en bas dans la vallée au bord de la rivière, mais très souvent sur la crête en haut. Et souvent, les routes principales passent aussi sur la crête. C'est pour ça que tu peux décoller n'importe où, c'est fascinant, c'est presque toujours, presque toujours.
c'est donné, oui. Ça veut dire que tu as souvent atterri pile au bon endroit près d'un village, que tu y as passé la nuit, et que tu as décollé à nouveau juste à côté du village.
Oui, malheureusement, je n'ai pas atterri pile au bon endroit si souvent,
non, la plupart du temps, je dois prendre le lendemain un véhicule qui me remonte jusqu'en haut. Mais
c'est une façon de voyager que tu peux tout à fait recommander.
Oui, je trouve ça super, oui, c'est exactement mon style, oui, et je suis presque sûr qu'on peut aussi,
disons, le faire aussi ailleurs. Là où j'aimerais beaucoup essayer,
c'est un peu ça, on connaît ça maintenant aussi avec le vol de combat, à travers les photos, donc ce qui m'a particulièrement impressionné, c'est Pancas, c'est quoi ? Le sud-ouest du Brésil, c'est l'État d'Espirito Santo, Minas Gerais est aussi tout près, genre Vitoria, Governador Valadares n'est pas loin, mais aussi Baixo Guandu, Castelo, là où ils ont toujours les compétitions, donc ces paysages de monolithes, et je suis sûr qu'on pourrait faire ça très, très, très bien dans cette zone, rien que parce que la météo est similaire, il y a des collines, il y a pas mal de sites de décollage, même officiels, je suis très, là, je veux absolument faire ça dans, oui, dans le futur aussi, oui, au moins essayer.
Au Brésil, tu as fait quelque chose de complètement différent, tu as fait du kite de distance sur la côte, comment ça se passe ? Ça
c'est beaucoup, beaucoup plus simple que le kitesurf de distance, enfin au moins sur la côte nord-est du Brésil, là tu as en fait, on peut dire, presque un demi-an de vents alizés qui soufflent simplement de l'est, parfois avec une composante un peu plus au nord, parfois un peu plus au sud, et tu as vraiment du vent tous les jours, donc ce n'est pas la question, on doit en fait constamment se battre pour ne pas couler, avec le kite, il y a, je dirais, très peu de jours sur ce demi-an où tu n'as pas de vent et sinon tu te mets juste sur l'eau et tu kites le long de la côte avec le vent, oui, et là, je crois que j'ai parcouru environ 600 kilomètres sur la côte, c'est très similaire au parapente, tout simplement, le fait qu'on ait besoin de presque moins de choses, j'avais deux pantalons de randonnée, un sec, un que je portais sur l'eau, un T-shirt quelconque,
Oui, carte de crédit, appareil photo, téléphone, plus rien, enfin vraiment pas besoin de plus. Et ensuite, tu as un drypack, donc un sac à dos étanche, et je crois que j'avais trois kilos sur le dos, quelque chose comme ça, trois ou trois kilos et demi, pas plus. Et ensuite tu peux, enfin, il y a des gens qui font 1500 kilomètres en downwind, on appelle ça du downwindkiting.
Mais est-ce que ce n'est pas ennuyeux ? Je veux dire, juste faire du downwind le long de la côte, et en gros, la côte, c'est probablement juste une bande basse ou quelque chose comme ça, il n'y a pas de montagnes juste derrière, je crois. Ce n'est pas forcément le plus intéressant pour les yeux, si ? Ou si ?
Tu as raison, ce n'est pas vraiment la plage tropicale parfaite avec des palmiers qui se penchent sur l'eau bleu azur, ce n'est pas ça, mais en fait, tous les 30 ou 40 kilomètres, tu as toujours des villages où tu peux dormir, il y a toujours d'autres kitesurfeurs, il y a tellement de localités où on fait du kite, tu fais à nouveau des rencontres, entre-temps, je connais déjà toute une section, ce n'était pas la dernière fois que je l'ai fait, j'y suis retourné l'année dernière, tu connais déjà des gens, et puis, je dirais que tu ne te contentes pas juste de descendre avec le vent, le Nord-Est du Brésil, en fait, il y a aussi des vagues, il y a des endroits avec des vagues, mais je trouve que c'est avant tout un paradis pour le kite en eau peu profonde, et pour sauter, pour apprendre des tricks, c'est parfait,
donc la dernière fois, je n'ai pas fait de tronçons aussi longs, juste pour être sûr d'avoir encore de l'énergie pour jouer quand j'arrivais au village suivant. Et non, ce n'est pas ennuyeux du tout, pas du tout. Mais il y a vraiment des tronçons très, très, très beaux, je dois dire. C'est plus sec, c'est plutôt un paysage de dunes, mais tu as toujours des endroits comme des oasis qui sont verts, tu vois, et c'est vraiment très, très beau. Ou alors le delta du Parnaiba, là où le fleuve Parnaiba se jette, ce sont des îles en avant-plan avec des rivières où tu peux aussi naviguer, c'est... oui, c'est magnifique, vraiment super beau, oui. Combien de temps tu as mis pour faire les 600 kilomètres avec le kite ? Ouf, ça n'a pas duré très longtemps, je dirais que je l'ai fait en deux semaines, je crois. Mais tu peux bien sûr le faire beaucoup plus vite, il y a des gens...
ceux-là, ils pourraient peut-être faire 100 kilomètres de kite par jour, ils pourraient le faire, parce que c'est possible, tu vois, mais moi, ce n'était pas du tout ça, c'est pas la même chose, tu sais, enfin pas pour moi, comme pour le vol de distance, je n'y vois pas le frisson de simplement parcourir le plus loin possible par jour, mais je préfère vivre quelque chose en même temps, oui, et j'ai aussi besoin de mon énergie pour jouer et apprendre des tricks et, oui, donc là, je n'ai absolument pas pour objectif de parcourir les 600 kilomètres le plus vite possible, parce que techniquement, ça demande de l'endurance bien sûr, plus tu voyages longtemps, mais techniquement, ce n'est pas vraiment exigeant, juste descendre avec le vent, ce n'est pas du tout ça.
En parapente, tu as fait de vraiment longues distances au Brésil, tu as volé plus de 500 kilomètres, je crois à partir de Kaiko ou quelque chose comme ça. Si tu compares ça maintenant et que tu dis que le kite de distance n'est pas vraiment ce qui t'intéresse, à savoir parcourir la grande distance, alors le vol de distance au Brésil, du moins au-dessus des plaines, ça veut aussi dire, d'accord, se laisser simplement porter par le vent, en gros un vol en aval que tu fais là. Pourquoi est-ce que c'est avec le parapente que c'est intéressant de faire vraiment la grande distance, là où tu dis que tu n'aurais pas vraiment d'intérêt avec le kite ?
Oui, parce que c'est vraiment autre chose. Même dans le nord-est du Brésil, ce n'est pas comme si tu pouvais juste mettre les voiles et te laisser porter par le vent, parce qu'en kite, c'est plus ou moins comme ça : le vent souffle, tu es sur l'eau, tu n'as rien à faire, enfin, avoir de la force, mais rien d'autre. Tu ne vas pas voler 4, 5 ou 100 kilomètres sans rien faire, donc le défi, c'est de décoller très tôt le matin quand la thermique est encore faible et de voler jusqu'à tard dans la nuit, tout en anticipant ces changements de rythme. Le vol en plaine, c'est aussi autre chose, surtout pour les pilotes suisses. Avant, je ne connaissais que le vol en montagne.
Non, non, je trouve les vols au Brésil super passionnants, je trouve ça extrêmement spécial, oui, j'y retournerai aussi, oui.
Si on compare avec tes vols du Urdliberg, où tu as aussi volé avec un vent arrière, donc les vols aller simple vers le lac Léman, dirais-tu que des histoires comme ces vols en longue distance à travers le Brésil ont aussi changé ta façon de penser ce qu'on peut faire en plaine en Suisse ?
Je pense que oui, oui, je pense que oui, absolument. C'est juste une question de confiance, et ce n'est pas seulement au Brésil. Quand on voyage beaucoup, enfin, j'ai pas mal fait du vol en plaine ces dernières années, que ce soit en Argentine, au Brésil, en Colombie, oui, même quand tu voles dans la vallée, c'est aussi du vol en plaine, oui, dans plein d'autres endroits aussi. Je pense qu'à un moment donné, on se rend compte qu'on a besoin d'une montagne seulement pour avoir une altitude initiale, pour attraper la première thermique, après, la thermique, je pense qu'elle est partout dans le monde où il y a un sol solide. Mhm.
Est-ce qu'il y a un truc en plus qui te plaît, où tu te dis que le vol en montagne est quand même, peu importe la raison, plus intéressant pour l'œil ou autre chose que le vol en plaine ?
Non, pas du tout, je trouve les deux géniaux, c'est juste que c'est totalement différent, vraiment très, très différent, la façon de voler, mais je dois te dire que je ne me suis remis à voler de manière ambitieuse qu'en Suisse l'année dernière, ou deux ans maintenant, parce que toutes les années précédentes, les 11 années avant,
j'ai beaucoup travaillé avec l'école de pilotage pendant les mois d'été, et parfois on n'a presque plus envie d'aller voler soi-même, même si la météo est super par hasard en semaine les jours où on est libre. À un moment donné, je n'arrivais presque plus à voir le vol, non, c'est exagéré, mais ce genre de vol ambitieux, je n'en avais presque plus envie, et c'est seulement l'année dernière, deux ans, je dis maintenant, que je vole à nouveau de manière ambitieuse dans les montagnes en Suisse, et j'ai redécouvert ça comme si c'était la première fois, c'est donc aussi super cool quand c'est vraiment intense, la vitesse à laquelle on progresse avec peu d'efforts, donc c'est aussi,
une super pratique du vol, que je ne veux absolument pas perdre, non.
Tu viens de mentionner ton école de vol, ou plutôt ton ancienne école de vol, où tu as rendu tes parts à ton partenaire, c'est la Paragliding World à Zurich. Tu l'as fondée en 2007 avec Ueli Neunschwein, et précisément à Zurich, en ville. Est-ce que c'est une bonne base pour une école de vol ?
Oui, c'est ce qui s'est avéré, oui, ça, comment, oui, oui, en tout cas, enfin, il faut aussi dire que Zurich n'est pas une ville immense, c'est peut-être avec tout le pourtour, genre un peu moins d'un million, et à moins d'une heure de route de notre boutique, tu as, tu as des dizaines de sites de vol, enfin, ce n'est pas comme, où, où, à Bonn, enfin, je pense que ça doit être un peu différent, depuis Zurich, hé, là, tu es déjà très vite sur des sites de vol, c'est un petit problème au niveau de la logistique, et on avait cette idée que, que le mieux était de mettre notre, notre boutique, notre, notre quartier général là où les gens sont, et c'est encore une fois, quand on regarde la Suisse, c'est, c'est un huitième de la, de la population suisse qui vit à Zurich, et ça s'est avéré vrai, donc la première année, bien sûr, c'était genre, on a survécu, genre, de justesse, mais dès la deuxième année, ça a très bien tourné, et, oui, c'est comme ça que ça s'est poursuivi, et ça marche encore très, très bien, oui, donc je pense que, pour,
En ce qui concerne les clients, on n'a pratiquement jamais eu à s'en inquiéter, oui, pour d'autres choses, oui, mais pas vraiment pour les clients, non.
Si tout s'est si bien passé, vous avez même fini par fonder une succursale à Lucerne, je crois, ce qui témoigne vraiment d'un succès, et le succès donne toujours de l'élan, alors pourquoi est-ce que tu as quand même fini par sortir de toute cette histoire ? C'était ton bébé, au fond.
Oui,
Écoute, je l'ai fait pendant onze ans et, vraiment, je dois dire que c'était une période super instructive, super passionnante, avec énormément de bons moments. Et je l'ai fait avec Ueli Neuschwander, qui dirige l'école maintenant, on s'entend toujours très, très bien, je travaille d'ailleurs à nouveau pour lui en tant que freelance, mais j'avais juste cette envie, je voulais à nouveau voler plus, avoir plus de liberté. Je n'ai pas d'enfants, tu sais, j'ai relativement peu d'obligations, et maintenant, juste gagner beaucoup d'argent jusqu'à 65 ans, je n'en ai plus envie, mes os sont vieux, tout me fait encore plus mal que d'habitude.
et j'étais un peu, tu sais, aujourd'hui on voit tellement de films sur des pilotes et du kitesurf, et tu sais, c'est tout genre d'aventures cool, et je me suis à nouveau un peu vu dans cette direction, je voulais en avoir plus de ça, et on ne peut pas juste gagner énormément d'argent et avoir énormément de temps, on ne peut pas tout avoir, et comme je l'ai déjà mentionné tout à l'heure, je voulais, je voulais simplement m'ouvrir à nouveau, voir ce qu'il y a d'autre, je ne voulais pas simplement continuer jusqu'à la passion ou quoi que ce soit, ou jusqu'à quand que ce soit, simplement continuer, j'ai déjà remarqué que ma passion, cette passion, au cours des deux dernières années, n'était plus tout à fait présente comme au début, hé, il fallait simplement que je recharge un peu mes batteries, que je fasse de nouvelles choses, que je voie de nouvelles choses, et oui,
Je ne suis pas vraiment du genre à aimer la routine quotidienne, ça ne me convient pas particulièrement.
Si tu devais regarder en arrière aujourd'hui, est-ce que tu choisirais à nouveau cette carrière d'instructeur de vol, si tu pouvais faire un bond de dix ans en arrière avec tes connaissances actuelles ?
Oui, tout de suite, oui,
je le ferais
je referais ça tout de suite. Enfin, tu sais, c'était vraiment, c'était une période super cool de monter un truc comme ça, c'est aussi super sympa de voir, quand on ne l'a jamais fait, de se mettre à son compte et de se dire, hé, je peux carrément lancer n'importe quoi, on peut faire n'importe quoi, on n'est pas dépendant du fait que quelqu'un nous garde un job, parce qu'il y a tellement de choses qu'on peut faire si on se lance vraiment et qu'on réfléchit un peu, on peut en vivre, et c'est, je trouve que c'est une belle sensation, de savoir, hé, en fait, si ça devient nécessaire, alors je me remets juste à faire quelque chose par moi-même, hé, si tout le reste ne me convient pas, et ça apporte aussi, ça apporte aussi beaucoup de confiance en soi, d'une certaine manière, je trouve que c'est une bonne sensation, et c'était juste super passionnant, non ? Et quand on a commencé, hé, c'était, c'était différent, on avait genre deux élèves, et on n'avait même pas de voiture au tout début, on a emprunté une voiture pour aller dans la zone de vol, c'était, c'était vraiment génial, et puis, puis on voit ça grandir, et ça marche, et beaucoup de plans réussissent, beaucoup d'autres non, non ? Mais dans l'ensemble, ça marche, c'est, c'est super sympa, c'est déjà cool, oui, en tout cas.
Est-ce que tu t'es vu comme un bon moniteur de vol ? Enfin, le meilleur évidemment, non, oui, c'est, enfin, qu'est-ce que je vais dire là, hein,
Disons, c'est un peu modeste, on ne pose pas ce genre de question à un Suisse.
Alors je demande autrement : qu'est-ce qui, selon toi, fait un bon instructeur de vol ?
Oui, je pense que l'empathie,
L'empathie, oui, c'est ça.
La technique ?
Écoute, la technique, je veux dire, tu n'as pas besoin de passer d'examen en tant qu'instructeur de vol, je pense que si tu fais ça, ce n'est pas si difficile. Mais je parle ici de l'instructeur qui forme l'élève jusqu'à l'examen, jusqu'à la licence. Tu sais, ce qu'on enseigne là, ce n'est pas techniquement difficile, n'importe quel bon pilote peut le faire, ça ne tombe pas du ciel. C'est beaucoup, beaucoup plus important d'avoir une personnalité qui plaît à un grand nombre de gens, de bien s'intégrer auprès d'eux et de trouver un moyen de leur transmettre le contenu, enfin, le côté pédagogique.
Et je pense que, pff, certains ont simplement plus de facilités que d'autres. Je trouve ça bien, bien plus important que d'être, je ne sais pas, le meilleur pilote. C'est secondaire, je trouve, en tant qu'instructeur de vol.
Est-ce qu'un instructeur de vol a le droit d'être un passionné d'aviation ?
C'est plus simple pour le moniteur de vol s'il n'est pas aussi passionné par l'aviation.
Oui, il peut bien le faire, mais c'est, enfin, je le suis toujours, et j'en ai déjà beaucoup souffert, hein, les bons jours, quand tu es là à l'atterrissage et que d'autres volent à 250 kilomètres dans les montagnes, ce ne sont pas des moments agréables, hein.
Mais c'est un boulot, tu vois, c'est comme ça. Qu'est-ce que ça te fait ? Est-ce que tu deviens, ou est-ce que tu devenais dans de telles situations, insatisfait ou en colère ou quoi, qu'est-ce qui te ronge à l'intérieur ?
Euh, en colère, non, bien sûr pas en colère. Je veux dire, on a fait ce choix et on sait que c'est maintenant le boulot. Si tu parles d'insatisfaction, c'est un mot fort, mais je pense que c'était déjà, surtout ces dernières années pour moi, un peu de l'insatisfaction ou plutôt ce sentiment que je... ou plutôt ce sentiment que je passe à côté de quelque chose. Que je passe à côté de quelque chose si je continue comme ça éternellement. Ce sentiment est arrivé de plus en plus. Tu sais, durant les premières années, comme je l'ai dit, il y avait tellement d'autres choses qu'on a apprises, vécues, construites, qui étaient tellement passionnantes, peut-être moins pour moi personnellement sur le plan du vol, mais sur d'autres plans, tellement passionnantes que ça... ça a compensé.
Mais vers la fin, c'est revenu beaucoup plus fort, j'avais vraiment le sentiment que c'était aussi une raison pour laquelle j'ai vendu ma part, parce que je voulais à nouveau voler plus et vivre cette passion, oui, définitivement, parce que même, enfin, ma passion pour le vol n'a pas pris de coups après 20 ans ou plus, au contraire. D'où vient cette passion pour le vol ? Je n'en ai aucune idée, je ne sais pas non plus. C'est une maladie. Non, je ne sais pas, je ne sais pas. Je ne suis pas né dans une famille de passionnés de plein air, donc je ne l'ai pas hérité de chez moi, je ne sais pas, ce n'est pas, je ne sais pas, oui, le truc plein air, ça a commencé avec l'escalade et un peu d'alpinisme, et puis je me suis très vite lancé dans le parapente avec mon meilleur ami et depuis, c'est juste arrivé, non ?
Eh bien, il y a beaucoup de gens qui se mettent au parapente comme tu dis, ils adorent ça, ils s'y donnent à fond et beaucoup pensent alors qu'ils devraient peut-être même devenir instructeurs de vol, pour vivre ça encore plus intensément. Est-ce que c'est quelque chose que tu pourrais recommander aux gens ?
Oui, bien sûr, absolument, oui, oui, oui, on peut
moi. Même si tu as toi-même, en quelque sorte, arrêté, enfin pas complètement, mais tu te dis, non, mais à un moment donné, un point a été atteint. Tu sais, c'est
c'est juste l'une des raisons, pour le pilotage, c'est aussi pour moi, je ne veux tout simplement pas faire exactement la même chose toute ma vie et avoir plus de liberté aussi par ailleurs, mais quand même, ça, je peux le faire. Tu sais, en tant qu'instructeur de vol, il n'y a pas seulement la possibilité de monter sa propre boîte, ce qui demande un peu plus que si on est salarié, mais je parle ici pour l'école que je connais le mieux, celle de paraver.ca à Zurich, donc nous avons et ils ont toujours beaucoup d'instructeurs salariés et c'est l'une des écoles qui paie aussi de bons salaires. Donc tu sais, un instructeur qui travaille chez ParaWorld, il peut bien en vivre.
Et c'est aussi comme ça : si tu es très jeune et que tu aimes voyager, tu peux travailler pendant un semestre en été, quand on a le plus besoin d'instructeurs, tu gagnes bien ta vie et en hiver, tu pars voyager. Donc, tu as plein de super opportunités en tant qu'instructeur de vol si tu le veux, oui, carrément. Et c'est définitif, regarde, je ne sais pas si je serais encore compatible avec un bureau, je ne sais pas, je ne pense pas, ça ne passerait plus du tout, je pense que ça me rendrait vraiment...
malheur. Bon, tu as voyagé pendant deux ans maintenant, comment ton ex-partenaire à l'école de pilotage, celui qui a recruté Uli, a-t-il réagi ? Était-il jaloux de tout ce que tu faisais, des opportunités que tu avais grâce à ça ? Ah,
Je ne lui ai pas demandé précisément, non, je pense pas, tu sais, c'est une autre situation. Il a une famille, il a deux enfants, il a une vie complètement différente. Quand on a des enfants et une famille, on a évidemment d'autres besoins en termes de revenus. Je pense que c'est une configuration différente dans sa vie. Je ne crois pas qu'il soit jaloux et, même s'il l'était, bah, il peut aussi vendre, non ? Est-ce que toi, tu es parfois jalouse de ta vie ? Enfin, je trouve ça plutôt cool, je dois dire, pour le moment, mais il faut aussi voir que ma vie actuelle n'est pas durable. Je ne gagne pas énormément d'argent en ce moment, je vais devoir gagner un peu plus, sinon ça ne peut pas durer éternellement.
Ce gain d'argent sera-t-il quand même lié au parapente, ou y a-t-il d'autres domaines qui pourraient t'intéresser, tu dirais ? Dans le...
Pour l'instant, je suis encore complètement dedans avec le parapente et passionné par tout ça, j'aime vraiment le faire comme ça, mais en fait, tu sais, quand j'ai vendu, j'avais déjà l'état d'esprit que si je parvenais concrètement à obtenir quelque chose, ça aurait pu devenir tout autre chose, mais en fait, je n'ai toujours rien trouvé qui me passionne plus. Donc, surtout maintenant, oui, bon, je gagnerais moins, mais avoir la possibilité de faire exactement ce que je préfère et probablement ce que je fais le mieux, à savoir voler et voyager, puis transmettre ça aux gens, les emmener et les enthousiasmer, j'ai déjà très hâte, oui, c'est vraiment cool.
C'est aussi très fatigant, non ? Être avec beaucoup de gens pendant 24 heures sur une, deux ou plusieurs semaines, c'est épuisant, mais c'est aussi très, très cool, vraiment.
En ce qui concerne les projets, tu devrais aussi être là cette année, c'est écrit sur la page d'accueil de Paraworld et tout ça, et oui, Dominik est aussi revenu et il va accompagner nos voyages et tout. Maintenant que leコロナ est arrivé, combien de tes projets pour cette année as-tu déjà annulés, juste à cause de ça ? Oh,
presque toutes. Non, pour les voyages, heureusement, nos pays voisins ont rouvert les frontières, donc après-demain, je pars avec un groupe dans un camp de vol de distance en Autriche et il y aura deux, trois, quatre voyages, enfin on ne sait jamais, pour le moment, tout ça peut encore changer, mais il devrait y avoir trois ou quatre voyages cette année encore. Mais j'avais aussi prévu, j'ai un peu commencé à faire de la compétition l'année dernière et j'avais pu, heureusement, me qualifier pour le tour PWC et là, en fait, tout est mis sur la glace, sauf le PWC suisse, qui aura lieu, presque certainement, mais tout le reste concernant la compétition est en fait là où je me,
où je m'étais inscrit, tout ça a été annulé maintenant, c'est vraiment dommage, non ? Mais bon, c'est comme ça, on n'y peut rien.
Eh bien, c'est peut-être juste reporté, peut-être qu'elle arrivera quand PWC reviendra, et ta certification pour ça sera probablement toujours valable l'année prochaine, parce qu'en fait, rien d'autre ne vient...
ça devrait aller, oui, en tout cas, oui, oui.
Quand on regarde ta carrière de pilote de 23 ans, il y a énormément de choses dedans, alors qu'on vient à peine d'effleurer la pointe de l'iceberg. Mais si tu y repenses, est-ce qu'il y a eu une expérience particulièrement marquante qui, selon toi, a influencé très fortement ton approche de l'aviation ou ta mentalité de pilote ? Ouf,
Je ne pourrais pas te citer un élément précis. Je pense plutôt que c'est mon premier grand voyage, que j'ai fait vers l'âge de 20 ans, où j'ai voyagé pendant 18 mois du Mexique jusqu'en Équateur à l'époque.
Apparemment, ça m'a déjà beaucoup marqué, le simple fait d'être en mouvement, de voyager avec la aile et de vouloir explorer des pays, des pays, des pays vue d'en haut, ça, ça me marque encore très fortement jusqu'à aujourd'hui. C'est, c'est toujours la même chose en fait, ce qui me fascine le plus, découvrir des pays, rencontrer des gens, vivre des expériences, avoir la aile avec soi, voler de nouvelles routes, très souvent aussi trouver et survoler de nouveaux endroits où personne n'est peut-être encore allé. Déjà cette découverte, cette expérience, combiner le voyage avec le vol et, et, oui, aussi ça, ça, les expériences humaines, l'interhumain, quand on voyage comme ça, c'est, c'est toujours la même chose qui me, qui me fascine le plus, oui.
Je me vois encore faire ça.
Mais tu as dit tout à l'heure que tu étais en fait un pilote relativement prudent. Ça colle avec le fait d'être, entre-temps, prudent et de voyager en même temps ?
Je veux dire, bien sûr, si on fait du parapente en étant un peu actif et qu'on voyage, on n'est certainement pas la personne la plus prudente, en soi, mais en tant que pilote, je suis assez, assez prudent, contrairement à mes débuts. Alors, est-ce que ça colle ? Oui, on peut faire de son mieux, non ? Je fais de mon mieux pour être aussi en sécurité que possible quand je fais mes trucs, oui, ça, c'est sûr, oui. Ça passe, je trouve que ça passe, oui, oui,
Oui. Quand tu dis que tu es plus prudent aujourd'hui qu'à tes débuts, est-ce qu'il y a eu un truc, genre une expérience marquante, où tu t'es rendu compte : « Oh, je devrais mettre un peu le frein ou changer d'état d'esprit, sinon si je continue à voler comme ça, il n'y aura plus rien de moi » ?
Oui, j'ai eu quelques revers, je crois que le plus marquant, c'était relativement au début, je ne sais pas, genre six mois, un an, un an et demi après le début de ma carrière de pilote. J'ai déjà volé avec des ailes, je vais dire, assez techniques, parce qu'on m'a dit : « Oui, oui, tu as du talent, tu peux le faire, vas-y ». Et bien sûr, ce n'est pas bon du tout de dire ça à un jeune de 18 ans, téméraire et un peu trop sûr de lui, ce que j'étais plutôt à l'époque, qu'il est aussi relativement doué. Ce n'est pas une bonne combinaison et ça m'a effectivement, avec mon aile, failli me faire tomber trois fois : une fois au-dessus du glacier de Fiesch, puis quelque part dans le Cento Valle, où j'ai failli me prendre la montagne, et après à Engelberg,
j'ai déjà frôlé un sapin et là, j'ai eu un énorme coup de mou. Je crois que j'aurais arrêté de voler si, à l'époque, presque tout mon entourage avait aussi fait du débridage. Ça m'a vraiment mis un coup au moral, je suis même retourné sur une aile d'école à ce moment-là et j'ai dû reconstruire ma confiance très lentement. C'était vraiment pas cool de repartir voler, j'avais peur, à chaque petit mouvement dans le voile, ça revenait et c'était pas cool, ouais, c'était vraiment pas cool, ça m'a marqué. Par contre, j'ai aussi fini par oublier assez vite, c'est un peu le problème que j'avais, ouais, il y a eu encore deux ou trois incidents en plus et, ouais, maintenant, je crois que j'ai fini par apprendre, ouais.
Quels conseils donneriez-vous aux pilotes en formation ou, disons, aux pilotes privés déjà diplômés mais encore peu expérimentés, pour qu'ils apprennent vraiment à voler de manière sûre et autonome plus rapidement ?
Euh,
j'ai fait ça, mais je pense que ce qui est vraiment important — ça revient d'ailleurs tout le temps dans chaque podcast en fait — je pense que beaucoup de vols, beaucoup de maniement au sol, beaucoup de décollages, d'atterrissages, de maniement au sol, jouer avec l'aile, je pense que le Seacoast est aussi certainement une très bonne chose, mais je trouve que le maniement au sol serait, de mon point de vue, en fait presque plus important, je trouve ça encore mieux. Je pense,
bien que, oui, ce soit un peu contre-productif, mais je pense que c'est déjà bien si, durant les premières années, surtout quand on regarde en Suisse,
Les gens vont assez vite, quand tu es en Suisse, je les croise parfois à Fiesch, je les croise en Engadin, donc vraiment dans les hautes Alpes, et premièrement, on n'a pas besoin là d'une aile dont on sait déjà combien elle peut faire, avec un ou deux ans de carrière en vol, mais simplement les ailes qu'on vole, je les exploiterais vraiment, donc voler l'aile juste aussi longtemps qu'on a l'impression de se dire : « Hé, là je m'ennuie vraiment », et je pense que c'est seulement à ce moment-là qu'il est temps de changer. Je pense ça aussi tout le temps en vol de distance, donc quand on est distrait ou qu'on doit fournir trop d'énergie mentale pour s'occuper de son aile, de sa peur, de ses doutes, alors, on ne vole tout simplement pas bien.
Je pense que ce qu'on peut tout à fait faire, c'est si on fait du groundhandling ou qu'on va à une station ou quelque part sur la côte, prendre une aile qui nous demande plus. Je pense que c'est certainement une bonne idée, parce qu'il faut travailler plus, il faut comprendre un peu plus, on apprend énormément, mais je pense à une aile qu'on ne maîtrise pas à 100 %, se mettre en
se prendre de la thermique de haute montagne en été, je pense que c'est de la merde, c'est de la merde et potentiellement dangereux.
Et maintenant, avec toute ton expérience de voyage, si tu devais conseiller un pilote suisse qui te dit : « Jusqu'à présent, je n'ai volé qu'en Suisse, maintenant je veux aller voler ailleurs à l'international », est-ce qu'il y a un endroit que tu dirais : « C'est un super spot » ? Parce qu'en tant que spot, il est beau, mais pour apprendre à voler, est-ce qu'il y a un endroit où on peut vraiment progresser ? Sans être peut-être trop exigeant ?
Il y en a beaucoup. Quand on voyage, un critère peut certainement être d'aller dans un endroit où l'on vole beaucoup, où il y a peu de jours de pluie. On dit souvent : « Va plutôt là où poussent les olives, pas là où on fabrique le fromage. »
Je veux dire, c'est difficile, je fais de l'Espagne, je suis fan de l'Espagne, je trouve toujours l'Espagne cool, pas seulement pour le vol, mais aussi pour toute la culture, s'asseoir dehors le soir, boire une petite bière, manger des tapas, j'adore ça. Il y a bien sûr une très bonne récolte à certaines périodes de l'année.
La Colombie, c'est un classique, c'est vraiment bien pour voyager parce qu'on peut y voler pratiquement tous les jours. Je trouve qu'il ne faut pas la sous-estimer, ça peut aussi être compliqué en Colombie quand c'est sec, parce que quand c'est vert, cette thermique tropicale humide est souvent plutôt correcte, un peu plus douce que quand c'est sec, mais quand ce n'est pas si humide, alors ça peut devenir fort. Hé, le Brésil, je trouve ça aussi super beau, le Brésil, c'est jamais une mauvaise idée, jamais, vraiment, oui. Il y a tellement d'endroits magnifiques.
Je trouve aussi que l'Afrique du Sud est géniale, c'est une zone super, un peu de vacances, de vol, la côte, la thermique, c'est un mélange très sympa pour faire des vacances comme ça. Une durée de deux semaines, je trouve ça super aussi, oui. Est-ce qu'il y a un...
un endroit où tu dirais : « je n'y suis pas encore allé, mais j'aimerais vraiment y aller pour faire du parapente » ?
Oh là là, oui, il y en a énormément, je pense.
Est-ce que je dois en citer un en premier ? Je pense que le Pérou est quelque chose que je... dans les hauts plateaux, c'est dommage, c'est dans les hauts plateaux, quand c'est l'été chez nous, il fait bon là-bas dans les hauts plateaux, mais je veux absolument le faire un jour. Hé, les USA sont aussi d'une certaine manière sur la...
C'est une sorte de liste de souhaits, non ? Enfin, ça doit avoir un énorme potentiel aux USA. Avec des milliers de pilotes et une surface aussi grande, il doit y avoir un potentiel incroyable, c'est incroyable.
Hé, l'Afrique m'étonnerait aussi. Maintenant que le vol en treuil commence à prendre un peu d'ampleur, on peut en fait, il n'y a plus aucun endroit où on ne peut pas voler. Je trouverais ça déjà passionnant, d'aller dans certains pays africains, je te dis un truc, comme la Zambie ou quelque chose comme ça, de voler dans le centre de l'Afrique et de voir comment ça se passe là-bas, je trouverais ça extrêmement passionnant, oui. L'Asie, je ne connais pas du tout, en fait je connais très mal l'Asie. Je dois absolument aller à Birr ou dans les environs de Birr, je dois aussi y aller un jour et ce que, j'y suis déjà allé très brièvement, mais on n'a pas pu en profiter pleinement parce qu'on était un peu en retard, mais je dois y retourner, donc le Pakistan, le Karakorum, ça c'est le truc de dingue,
c'est déjà du sérieux, donc il faut vraiment réfléchir à ça, ouais.
Tu as donc encore pas mal de choses à faire, ou plutôt sur ta bucketlist, Dominik. Oh oui, énormément. Je te souhaite alors que tout ça, peut-être pas tout, mais une grande partie, puisse quand même se réaliser et que ce soit relativement facile à concrétiser un jour, avec ou sans Corona. Je te souhaite surtout que tes projets puissent à nouveau bien décoller dans les temps à venir, aussi bien en groupe qu'en solo, et oui, merci pour tous tes récits, c'était super intéressant.
Merci pour l'invitation, je te souhaite une excellente soirée, ciao Lucian, salut. Ciao Dominik.
C'était Dominik Rohner en conversation avec Lucian Haas. Dans les notes de cet épisode du podcast sur le blog Loglites, vous trouverez quelques liens pertinents. D'ailleurs, ceux qui souhaiteraient voyager avec Dominik à l'avenir devraient consulter les offres de tournées de Paraworld et de Flyer with Andy. Il y est répertorié comme guide pour certaines destinations. Et pour ceux qui veulent parfois simplement s'évader dans l'univers du parapente en étant auditeurs, ils peuvent tout simplement s'abonner à Podz-Glidz sur leur podcatcher. Mais n'oubliez pas que toutes ces histoires ne se produisent pas toutes seules. J'y consacre beaucoup de temps et je me réjouis de chaque personne qui soutient mon travail de promoteur. Cela peut se faire via PayPal ou par virement bancaire. Vous trouverez les données correspondantes sur le site de Loglites, sur la page Soutenir. Merci de m'avoir écouté et merci pour votre soutien.
À bientôt. Ciao. Musique