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37. Groundhandlix - Urs Aschmann

// Urs Aschmann, Lucian Haas · 2020-08-21 · 01:09:17 · original episode

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[show notes]
Le Groundhandling est considéré comme l'une des exercices les plus importants sur le chemin vers un pilote plus sûr. Urs Aschmann compte pour cela sur le pouvoir des petits pas. +++ Peu importe à qui l'on demande ce que l'on peut faire pour devenir un meilleur pilote – une réponse se classera presque toujours parmi les 3 meilleurs conseils que l'on reçoit : le Groundhandling. C'est le jeu avec la voile au sol mais sans l'objectif inévitable de décoller. Le Groundhandling a plusieurs visages, il existe diverses philosophies ou même des écoles. Des experts renommés comme Mike Küng aimeraient le plus établir le Groundhandling comme une discipline sportive à part entière. Là, le parachute devient un outil pour escalader des ballots de paille, des poteaux électriques ou des falaises escarpées uniquement avec les forces de traction et de portance du parachute. D'autres voient le Groundhandling plutôt comme un jeu doux, comme un exercice ludique pour gagner confiance en son aile, apprendre à ressentir et anticiper ses mouvements et ainsi devenir avant tout un décolleur sûr. L'un d'eux, qui appartient plutôt à cette deuxième catégorie, est le Suisse Urs Aschmann. Urs n'a appris le parapente qu'à la quarantaine, mais a vite fait quelques expériences douloureuses. Finalement, il a découvert le Groundhandling comme moyen de retourner au décollage sans peur. Avec le temps, il est devenu si habile dans les exercices au sol avec la voile qu'il a eu envie de transmettre ses connaissances et ses compétences – sous le charmant nom : Groundhandlix. Dans ce 37e épisode de Podz-Glidz, Urs partage quelques trésors de ses expériences. Ce qui va être abordé ne doit pas être révélé tout de suite ici. Juste un peu : il s'agit aussi de la découverte de la lenteur. Bon écoute ! +++ +++ Si vous souhaitez promouvoir Podz-Glidz et le blog Lu-Glidz, vous trouverez toutes les informations correspondantes sous : https://lu-glidz.blogspot.com/p/fordern.html +++ Musique de cet épisode : "Knowpe" de Noir et Blanc Vie Musique sans droits d'auteur

[transcript]

0:03Urs Aschmann

Le vol à basse altitude, je le ressens plus intensément, parce qu'à mille mètres de haut, la relation avec le sol disparaît, mais ce vol si proche du sol, ça me rend vraiment très heureux.

0:36Lucian Haas

Podz-Glidz, le podcast Lu-Glidz.

0:40Urs Aschmann

Des histoires du cosmos du parapente.

0:45Lucian Haas

Aujourd'hui avec Urs

0:48Urs Aschmann

Aschmann et

0:50Lucian Haas

Lucian Haas au micro.

0:55Lucian Haas

Peu importe à qui on demande ce qu'on peut faire pour devenir un meilleur pilote, une réponse se classe presque toujours parmi les trois meilleurs conseils que l'on reçoit : le maniement au sol. C'est le jeu avec l'aile au sol, mais sans pour autant avoir pour objectif de décoller forcément.

1:14Lucian Haas

Le maniement au sol a plusieurs visages, philosophies ou même écoles. Il y a des experts renommés comme Mike Küng, qui aimeraient établir le maniement au sol comme une discipline sportive à part entière. Pour lui, l'aile devient un outil pour escalader des balles de paille, des poteaux d'éclairage ou des falaises abruptes uniquement avec la traction et la portance de l'aile. D'autres voient le maniement au sol plutôt comme un jeu doux. Comme un exercice ludique pour gagner confiance en son aile, apprendre à ressentir et à anticiper ses mouvements et ainsi devenir, avant tout, un pilote au décollage sûr.

1:48Lucian Haas

L'un d'eux, qui relève plutôt de cette deuxième catégorie, est le Suisse Urs Aschmann. Urs n'a commencé le parapente qu'à la quarantaine. Mais il a vite fait quelques expériences douloureuses. Finalement, il a découvert le maniement au sol comme un moyen de pouvoir à nouveau décoller sans peur. Avec le temps, il est devenu si habile dans les exercices au sol avec l'aile qu'il a eu envie de transmettre ses connaissances et ses compétences. Sous le charmant nom de Groundhandlings. Dans cet épisode du podcast, Urs nous raconte aussi pas mal de choses issues de son trésor d'expériences. Ce qu'il va nous dire exactement, je ne veux pas encore le révéler. Juste ceci : il s'agit aussi de la découverte du monde. Et de sa lenteur. Avant de commencer, un petit mot pour moi. Le podcast Podz-Glidz, tout comme le blog associé Lu-Glidz, ne sont pas financés par de la publicité, mais portés uniquement par les auditeurs et les lecteurs.

2:40Lucian Haas

Ce serait génial si tu devenais aussi un contributeur volontaire de ce projet. Avec une contribution financière, tu peux soutenir mon travail. Toutes les infos nécessaires, comme un lien PayPal ou les coordonnées bancaires, se trouvent sur le site de Lu-Glidz, sur la page "Fördern". Le montant que tu souhaites donner reste entièrement à ta discrétion. Pour ceux qui hésitent, je recommande un montant indicatif non contraignant d'un euro par épisode de podcast et de deux euros par mois de lecture sur Lu-Glidz. Maintenant, passons à Groundhandlings.

3:15Lucian Haas

Urs, as-tu eu une enfance heureuse ?

3:18Urs Aschmann

Je dirais oui. Qu'est-ce que

3:21Lucian Haas

qu'est-ce qu'une enfance heureuse ?

3:24Urs Aschmann

Une enfance heureuse, c'est se développer. Selon ses propres capacités. Oui, être perçu par ses parents comme une personnalité indépendante qui doit trouver son chemin. Oui, pouvoir explorer le monde.

3:49Lucian Haas

Tu t'es occupé pendant des années, sur le plan professionnel, de la planification de parcs d'aventure. À quel point ce jeu libre, mais qui comporte tout de même des risques, est-il important ?

4:01Urs Aschmann

Je trouve ça extrêmement important, parce que ces dix dernières années, disons, quelque chose s'est développé qui est empreint de peur chez les parents. Il y a beaucoup de parents "hélicoptères" qui protègent incroyablement leurs enfants, qui ne veulent que le meilleur pour eux. Et là, ça se retourne un peu contre eux. Oui, ça se retourne un peu contre eux, parce qu'on ne veut pas que rien arrive aux enfants. Ils sont trop protégés et n'apprennent donc plus à évaluer les conséquences de leurs propres actes et à les tester.

4:47Urs Aschmann

Parce qu'ils sont dans un carcan très strict. Et les aires de jeux, elles permettent, comme une sorte de béquille vers la forêt, qui est l'aire de jeux idéale, de s'essayer, d'apprendre à évaluer les risques et peut-être même de se blesser parfois. Ça fait aussi partie du jeu, mais il ne doit rien de grave arriver pendant ce temps.

5:14Lucian Haas

Si maintenant ces adultes se comportent comme des parents hélicoptères et tout ça, ça peut aussi être dû au fait que nous, les adultes, ne jouons pas assez non plus ?

5:24Urs Aschmann

Oui, définitivement. Définitivement. Selon moi, nous, les adultes, n'avons qu'un an, deux, trois ans de temps. C'est un problème fondamental. Beaucoup ne se souviennent plus de leur propre enfance et ne savent plus ce que signifie jouer. S'essayer à des choses, découvrir, explorer. Ils sont devenus des gens purement intellectuels et je trouve ça incroyablement dommage. Est-ce que voler est aussi une sorte de jeu pour toi ? Dans le sens large, oui. Oui, d'après ma compréhension du jeu, il n'y a en fait aucune limite. Jouer, c'est découvrir le monde et s'y retrouver.

6:13Urs Aschmann

Et quand j'ai maintenant la chance de le faire dans l'espace tridimensionnel, je trouve que c'est un enrichissement énorme. Et ça ne s'arrête jamais. Je veux dire, le vol est si complexe, si polyvalent et si merveilleux. Et la météo, c'est une autre histoire. On n'arrête jamais d'apprendre. Et le jeu, je veux dire, je suis resté un enfant, sinon je ne serais pas devenu constructeur de terrains de jeux. Et oui, j'apprécie énormément ça.

6:48Lucian Haas

Comment est-ce que tu as commencé à voler, au juste ? Aussi par envie de jouer ? Ou quel a été le déclic qui t'a fait dire : je veux apprendre à voler ?

6:57Urs Aschmann

C'était, c'était... J'ai toujours rêvé de voler. Alors, dans mes cauchemars, quand j'étais encerclé par des gens méchants, je pouvais sauter haut et voler. Puis plus tard, lors d'une longue randonnée avec mon père, j'étais fatigué et je me suis dit que si je courais maintenant très vite en bas de cette pente, en écartant les bras, alors il faudrait que, si on courait très vite, on puisse décoller. Ça devait être vers l'âge de quatre ans. Ça n'a pas marché. Tu as déjà essayé ? Non, comme on le sait, ça n'a pas marché.

7:40Urs Aschmann

Mais le plus drôle, c'est que bien plus tard, j'ai reçu un cerf-volant de ma sœur et j'ai beaucoup joué avec. J'en ai parlé à un voisin. Il m'a dit : « Ah, un cerf-volant ? Attends un peu, j'ai quelque chose pour toi. » Il est allé au sous-sol, m'a donné un paquet de cette taille et m'a dit : « Ben, c'est aussi une sorte de cerf-volant. Regarde si tu t'en sors. » Je l'ai déballé et il est devenu de plus en plus grand. C'était un brise-vent. Et je me suis dit : « Bon, je vais essayer, comme un cerf-volant. » Et sur une pente légèrement inclinée, avec un bon vent, je l'ai testé.

8:26Urs Aschmann

Et je cours, et je remonte, et je cours encore. Et je l'ai appelé, il ne vole pas. Il est venu et on a un peu pratiqué ensemble, on a donné des coups de pouce. Le vent est devenu de plus en plus fort et après le premier saut, je savais déjà que je devais trouver une école et que je voulais apprendre à voler. Je voulais apprendre sérieusement, vraiment sérieusement. Quel âge avais-tu à l'époque ? Ça fait maintenant 15 ans, j'avais probablement 45 ans, oui. Donc relativement tard, mais tout s'est plutôt bien passé, plus ou moins.

9:10Lucian Haas

Et après, tu as fait la formation et tu as décollé directement comme pilote, ou ta carrière de pilote a plutôt commencé de manière difficile ?

9:20Urs Aschmann

Ça a commencé de manière cahoteuse parce que, oui, avec le recul, la formation n'était pas vraiment mon truc. Et ça a continué sur cette lancée. Je savais peu de choses : décoller, piloter, atterrir, mais bien plus rien d'autre.

9:41Urs Aschmann

Et je voulais en fait toujours plus faire du ground handling, je me suis tout renseigné là-dessus sur Internet.

9:49Urs Aschmann

Et je me suis un peu trop imaginé des choses, oui, et je me suis fait mal, je me suis fracturé trois vertèbres avec du vent fort. Et ça, ça m'a vraiment mis un coup au moral. Enfin

10:06Lucian Haas

C'était violent. Cet accident, tu as parlé de Ground Handling, il s'est passé au sol en gros ou tu étais en vol et c'était un atterrissage difficile avec ces fractures aux vertèbres ?

10:16Urs Aschmann

C'était en fait un bon début avec beaucoup de vent, mais mes crochets de décollage ont lâché. Le vent était fort. Et l'accélérateur n'a pas fonctionné. Du coup, j'ai commencé à reculer lentement. Et malgré le fait que je me protégeais les oreilles et tout, je suis arrivé dans une zone où ça m'a juste, oui, j'ai décroché. Décrocher un Alpha, c'est donc un truc assez difficile. Mais j'ai réussi et je suis ensuite tombé en tonnant à dix mètres. Et oui, j'ai eu beaucoup de chance.

10:55Lucian Haas

Je dois dire. Est-ce que tu as recommencé à voler tout de suite après que tes vertiges se soient calmés ? Ou était-ce un processus où tu te disais, par exemple, que c'était lié à la peur ou autre chose, du genre : « Hm, comment je m'y remets ? »

11:09Urs Aschmann

Oui, je dois l'avouer, j'étais accro à l'aviation. C'était comme un petit démon qui me était sur l'épaule et qui me disait tout le temps : « Allez, regarde la météo, regarde la météo, maintenant on vole, quand on vole », et tout ça. J'étais plutôt une victime, je me laissais porter, et j'ai d'abord vendu tout mon matériel. C'était le signal d'alarme, comme je l'ai compris. Et je me suis dit que ça ne pouvait pas continuer comme ça. Après deux ans, j'ai envisagé de recommencer peut-être à voler. Et paf, le petit démon était de retour. Haha. Et là, je me suis dit : non, ça ne peut pas continuer comme ça, je dois d'abord trouver un moyen.

11:57Urs Aschmann

Et j'ai suivi un cours d'entraînement autogène pour devenir maître de mon addiction au vol. Pour mettre tout ce qui a trait au vol de côté et l'amener à un endroit où ça reste. Et je vais là-bas et je le ramène au premier plan. Et pas que ça vienne me dire : « Oh, c'est le démon. On va voler, on va voler. » Et comme ça, ça a marché. Et j'ai recommencé petit à petit et j'ai vraiment d'abord appris le maniement au sol pour guérir mon âme de pilote blessée et regagner de la confiance et de la certitude en mes

12:41Lucian Haas

mes capacités. Est-ce que ça a marché ? Est-ce que le maniement au sol a vraiment mené à cette réconciliation avec le vol chez toi ? Absolument. Parce que

12:49Urs Aschmann

j'ai abordé le maniement au sol par étapes. Et ça m'a toujours rendu heureux à chaque fois. Déployer une aile est quelque chose de beau. Et pouvoir la maintenir en haut et l'incliner à gauche et à droite tout en courant. Et ça m'a beaucoup apporté.

13:10Lucian Haas

Maintenant, le maniement au sol est toujours un terme qui revient. Tout le monde dit qu'il faut faire du maniement au sol, du maniement au sol ici. Et quand on pose la question, enfin, ça revient tout le temps dans mon podcast quand on interroge certains pilotes. Oui, qu'est-ce que tu peux recommander aux autres pilotes ? On dit toujours maniement au sol. Tu dois faire du maniement au sol. Mais définis-moi simplement le maniement au sol. C'est quoi pour toi ? Qu'est-ce qui est inclus pour toi, au juste ?

13:34Urs Aschmann

C'est jouer avec l'aile d'une manière où je me laisse surprendre par les réactions de l'aile, tout en étant capable d'y réagir de façon adéquate. Sans me laisser entraîner par la botanique. Sans me retrouver dans une situation incontrôlable. Et en m'y approchant de telle sorte que je ne perde jamais le plaisir de jouer. Que je ne sois jamais dépassé. Et que je sois dans le flow. D'une manière qui me donne envie d'en faire plus.

14:22Urs Aschmann

Et que ça fasse simplement plaisir. Si ça ne fait pas plaisir, on arrête. Tant que ça fait plaisir et que l'instinct est bon. Et que je peux m'en réjouir. Et que ça me rend heureux. Et que je transpire en même temps. Tout va bien. C'est merveilleux.

14:38Lucian Haas

Donc, le jeu et le plaisir au sol. La aile comme une sorte d'instrument de jeu, en quelque sorte. Avec laquelle on peut faire tout et n'importe quoi. Oui, absolument. Oui. Tu proposes d'ailleurs toi-même des cours de maniement au sol aujourd'hui. Où tu accompagnes d'autres personnes, tu leur montres des techniques et tout ça. Comment est-ce que ça s'est passé pour que tu te dises : je veux transmettre ça ? Ce que je me suis acquis moi-même. Est-ce qu'il y a eu quelque chose comme une expérience clé, où tu t'es dit : là, on me sollicite, ou quelque chose comme ça ? Oui.

15:08Urs Aschmann

Oui. Malheureusement, au cours des années où je vole, je suis tombé sur divers accidents. Ou j'y suis arrivé en tant qu'observateur. Et j'ai vu tellement de décollages ratés où je me suis dit : enfin, s'ils avaient fait du groundhandling et qu'ils avaient une bonne sensation de l'aile, ça ne serait pas arrivé. Et puis au Col Rodella, quand on reste là dix minutes ou un quart d'heure à regarder les décollages. Il y a une vidéo, c'est tellement horrible. Enfin, si j'étais un piéton là-bas et que je me disais : je pourrais bien commencer à voler moi aussi.

15:57Urs Aschmann

Alors ce serait scellé pour toujours et je ne le ferais jamais, parce que j'aurais l'impression que ce sont tous des fous et des casse-cous qui vont finir par se blesser tôt ou tard.

16:10Urs Aschmann

Et comme je m'y en sortais plutôt bien à ce moment-là, je me suis dit : « Bon, je vais essayer. Je propose ça. » Et ça a été très concluant dès le début. Par exemple, un pilote de ligne à succès est venu me voir. Quand il est en l'air, il vole. Mais il m'a dit qu'il avait maintenant genre 70 ans, et qu'avec les décollages et tout ça, il avait toujours un peu la trouille. On a commencé par le plus basique. Et il m'a dit que c'était l'essentiel, qu'il fallait aller dans les détails. On ne lui avait jamais expliqué que c'était une chose aussi subtile.

16:55Urs Aschmann

Il était vraiment ravi. Et moi aussi, bien sûr. Et ça m'a encouragé à continuer sur cette voie.

17:03Lucian Haas

Tu appelles ton offre Groundhandlicks ou Groundhandlicks. Je ne sais pas comment tu le prononces. Est-ce que tu es fan d'Astérix et Obélix ou comment en es-tu arrivé là ?

17:12Urs Aschmann

Oui, bien sûr. Oui, bien sûr que je suis fan. Je me suis dit, quand je cherchais un nom, qu'il devait être simple et mémorisable. Et Obélix et Astérix et Groundhandlicks, ça aurait été quelque chose. J'avais une sorte d'image en tête. Oui, comme un dessin animé. Et c'est comme ça que je suis arrivé à ça.

17:36Lucian Haas

de noms. Asterix, lui, a pour force son intelligence, mais il a aussi sa potion magique. Qu'est-ce qui rend fort dans le maniement au sol ?

17:51Urs Aschmann

Beaucoup de petites unités d'entraînement. Quelqu'un qui vous apprend les bases. Comment piloter la aile efficacement, pour pouvoir s'arrêter quand on n'en veut plus. Et ce sont les petites réussites. Elles s'enchaînent comme un collier de perles, ce qui donne confiance en soi et permet de garder l'envie de continuer à s'entraîner.

18:27Lucian Haas

Cela veut dire, si je te comprends bien, qu'il vaudrait mieux se fixer des objectifs lors du maniement au sol. De petits buts ou peu importe comment on appelle ça.

18:36Urs Aschmann

Oui, absolument. Si les gens se contentent de rester là à tenir l'aile au-dessus de la tête, ça va vite devenir ennuyeux, à mon avis. Mais si on reste un peu créatif et qu'on se dit : je vais faire trois mètres vers la droite ou vers la gauche, vers l'avant, vers l'arrière. Ou j'essaie de faire un cercle très lentement avec peut-être un diamètre de trois ou quatre mètres. Là, ça devient déjà plus intéressant. Et comme ça, on peut toujours tester différentes choses. Il y a d'ailleurs le Groundhandling-Challenge, qui a été lancé à l'époque par Andre Banderas.

19:25Urs Aschmann

Avec différentes idées, des exercices où l'on peut aussi s'informer progressivement via des vidéos. Ça ne va certainement pas être ennuyeux. Ça ne s'arrête jamais.

19:42Lucian Haas

C'est-à-dire que tu trouverais aussi utile un catalogue de tâches comme ce challenge de maniement au sol, pour que les gens puissent vraiment s'exercer de cette manière ?

19:52Urs Aschmann

Oui, ce serait bien que les gens prennent le temps de faire ça. Généralement, l'excuse, c'est : « je ne trouve pas de prairie » ou « où peut-on faire du ground handling ? ». Et oui, faut-il toujours aller à la mer pour ça ? Ou est-ce que le vent est trop rafaleux chez nous ? Ou alors il faut attendre qu'il soit assez fort. Enfin, on dit, ou les gens disent, que ce n'est pas si facile. Ça peut être vrai, mais si on veut vraiment, on finit par trouver un moyen.

20:24Lucian Haas

Parlons de quelques situations, notamment météorologiques, lors du maniement au sol. Et ce qu'on peut éventuellement adapter en conséquence. Imagine donc une prairie plate, sans aucune pente, vraiment tout à plat. Et je n'ai que peu de vent. Je ne peux pas vraiment garder l'aile en l'air, elle ne restera pas en haut toute seule. D'après ton point de vue, qu'est-ce que je devrais le mieux entraîner dans ce cas ?

20:49Urs Aschmann

Oui, bonne question. Si on laissait les freins clipsés et qu'on prenait deux ou trois suspentes de chaque côté pour diriger les mains vers l'avant et vers le haut, de plus en plus haut, comme si on préparait l'aile à décoller. L'astuce, c'est d'avoir les mains bien haut, aussi haut que possible. Avec cette technique, on peut peut-être compenser deux ou trois kilomètres-heure de vent qu'on devrait normalement transformer en énergie en reculant. Et si on a les mains là-haut, on peut diriger chaque moitié de l'aile ; si ça ne suffit pas, si l'aile ne monte pas encore vers un mur, si on reculait encore lentement avec cette position,

21:52Urs Aschmann

alors la force du vent est suffisante pour que l'aile monte. Peu, mais on peut la gérer comme ça.

22:05Lucian Haas

Quelle vitesse de vent me faut-il environ pour ça, pour une aile normale ? Pas une Singleskin, qui s'élève déjà toute seule au moindre courant d'air, mais vraiment une Alpha ou autre chose, celle avec laquelle les gens viennent te voir ?

22:19Urs Aschmann

Alors, ça demande vraiment peu, je dirais trois à quatre km/h. La plupart du temps, les gens diraient qu'il n'y a pas de vent, mais même très, très peu de vent peut tout à fait suffire pour en apprendre un peu sur le comportement de son aile. L'inertie, la force nécessaire, la tension dans les suspentes, ce sont toutes des choses qui renforcent incroyablement la sensibilité pour l'aile.

22:54Lucian Haas

Passons à la suite, toujours sur la même prairie, donc encore tout plat, mais là on a déjà un vent assez soutenu. Qu'est-ce que je devrais surtout entraîner ou à quoi est-ce que ça sert le mieux dans ce cas ?

23:07Urs Aschmann

Oui, peut-être d'abord l'arrêt d'urgence. S'arrêter quand ça devient trop fort. Et là, je suggérerais de prendre la aile pour la poser en rosette, de replier une oreille de chaque côté et d'étirer lentement les suspentes tout en se tenant dès le début avec une main sur chaque élévateur arrière. Être prêt à pouvoir tirer la aile avec les élévateurs arrière. Si on s'éloigne maintenant lentement de la aile, que les suspentes A sont tendues et que les mains sont prêtes à basculer vers l'extérieur jusqu'à l'angle droit sur les élévateurs arrière pour faire une sorte de traction, alors on peut construire doucement le mur, la aile va peut-être un peu s'agiter sur les oreilles, elle veut voler, elle veut monter et on la tient comme une poulaine de course avant le départ, qui est vraiment nerveuse et qui veut voler, qui veut décoller ou enfin, qui veut courir, on peut tâtonner avec la force,

24:29Urs Aschmann

maintenir l'aile au sol. Maintenant, si ça marche bien, si ça fonctionne bien, on pourrait donner une impulsion à partir de la hanche pour que l'aile monte très légèrement. Pour cela, il faudrait être bien en place, donc d'abord rétablir la symétrie du sellette, la symétrie sur le bord d'attaque pour qu'une ligne droite se forme, et ensuite une petite impulsion de la hanche pour voir si l'aile monterait. Mais elle ne doit pas vraiment quitter le sol par le bord de fuite, elle doit juste se soulever de quelques centimètres au-dessus du sol.

25:17Urs Aschmann

Et là, on a la certitude qu'il va monter. Et avant de continuer, on pourrait stabiliser l'aile avec les élévateurs arrière et là, imaginez qu'il y aurait un grand cercle au milieu de l'aile et que moi, en tant que pilote, je serais le crayon. Et là, je cours tout autour de l'aile en tenant les élévateurs arrière serrés, jusqu'à ce que l'oreille se replie sous le vent. Et là, l'aile est morte, elle ne vole plus, elle ne peut plus se remplir, et là je peux rapidement

26:04Urs Aschmann

s'approcher de l'aile, tirer vers le haut avec les suspentes et former ainsi la rosette. C'est

26:12Lucian Haas

c'est l'une des exercices les plus importants, dirais-tu, par vent fort, pour apprendre d'abord à vraiment faire ce que tu appelles le cercle de cercle,

26:21Lucian Haas

versus une oreille, ou presque à côté d'une oreille, courir sur le côté pour tirer soi-même cette aile hors de la fenêtre de vent, pour qu'elle ne puisse plus monter ? Est-ce quelque chose qu'il faudrait absolument pratiquer en premier, avant de vraiment faire quoi que ce soit par vent fort ?

26:36Urs Aschmann

Absolument, absolument, parce que sinon on commence l'exercice avec une insécurité, avec, oui, avec trop d'insécurité, et on veut être sûr, comme quand on conduit une voiture, que les freins fonctionnent. Une machine que l'on veut maîtriser, il faut pouvoir l'arrêter, et c'est comme ça que ça commence. Si on ne sait pas comment on peut l'arrêter, on va finir par se blesser tôt ou tard et tout ce qu'on a acquis sera gâché, parce que l'âme de pilote est blessée.

27:22Urs Aschmann

Même si on n'est traîné que de trois ou quatre mètres à travers la végétation, on a l'impression d'avoir échoué, de ne pas être assez bon, et on s'en souvient à nouveau ; ça s'imprime dans l'inconscient et ce serait dommage. C'est pourquoi il faut d'abord s'exercer aux techniques pour mettre l'aile en décrochage efficacement quand on...

27:46Lucian Haas

veux. Je vois souvent, sur notre pente d'entraînement, surtout quand des gens pas encore très expérimentés essaient de gérer du ground avec un peu plus de vent, qu'ils font un peu monter l'aile et se mettent ensuite à sauter en la suivant. Ils ne sont pas encore tirés, donc ils ne sont pas au sol et ne sont pas traînés sur la prairie, mais l'aile ne monte pas. Ils essaient de marcher à contre-courant, mais le mouvement d'avancer et celui de la montée s'équilibrent tellement qu'ils finissent par sauter sur la moitié de la pente derrière leur aile sans vraiment avoir le contrôle, mais juste avoir l'impression d'être tirés par leur aile. Est-ce qu'il y a une astuce pour mieux gérer ça ? Ou comment sortir plus vite de cette situation ?

28:34Urs Aschmann

Alors, je commencerais par tâtonner par étapes les plus petites possibles. Et surtout, ne pas tirer toute l'aile d'un coup avec du vent plus fort, mais la tirer de manière asymétrique. Ça veut dire que je fais la paroi et que je ne prends qu'un frein et les suspentes A d'un côté, et je fais un pas vers l'extérieur, vers la gauche ou vers la droite, pour que le côté sur lequel je veux travailler ait des suspentes tendues.

29:21Urs Aschmann

Et l'autre côté, il pend, il est lâche. Et là, je tire prudemment sur une seule suspente A extérieure ou peut-être sur deux suspentes A extérieures et l'aile, juste l'oreille, veut monter. Et pour empêcher l'aile de monter trop haut, je contre un peu avec mon frein. Et c'est un jeu subtil et c'est, je dis ça pour le Cobra - Züngeln, il ne monte que peu et j'essaie de maintenir l'aile, peut-être un mètre, l'oreille qui monte d'un mètre, comme ça.

30:07Urs Aschmann

Ce n'est pas tout à fait simple et ça demande un peu de temps, et surtout le conseil, il faut faire l'exercice aussi lentement que possible. Et si tu as l'impression que tu vas déjà doucement, fais-le encore plus lentement. Pour qu'on ait vraiment beaucoup de temps et que le petit jeu avec l'oreille puisse, avec le temps, un peu, un peu, mais après un bon moment, être fait un peu plus haut. L'aile voudra alors peut-être, oui, elle le tirera lentement vers l'autre côté, jusqu'à ce qu'on ne joue qu'avec cette oreille.

30:55Urs Aschmann

Si l'oreille montait jusqu'à la Cobra, on peut utiliser la même technique que celle pratiquée précédemment, voler l'aile et recommencer ainsi. À mon avis, on peut se forger un excellent感覚 pour l'aile et les forces qui en résultent, et on peut arrêter à tout moment sans avoir toute la puissance de l'aile dans la voile et se sentir éventuellement dépassé. Tout reste dans la zone de confort.

31:31Lucian Haas

Cela signifie que si je te comprends bien, aussi par rapport à ta philosophie, tu dis qu'il faut faire les choses très, très lentement, s'approcher progressivement, simplement ressentir autant que possible ces mouvements de l'aile et alors, étape par étape, mais en quasi mini-étapes, comprendre : ah, tant de frein, tant de tension sur la A-Line, ah, l'aile, elle monte un peu, je peux immédiatement la freiner à nouveau, et qu'on s'approche vraiment très lentement de ces réactions de l'aile, mais qu'on se dit aussi en permanence : oui, je sais aussi comment je peux toujours la contrôler et qu'on ne tombe jamais autant que possible dans cette situation où l'on se dit : là, c'était incontrôlé, parce que là, j'ai encore peur, probablement de l'angoisse, et je me dis : maintenant, je vais bloquer, et alors l'apprentissage ne fonctionnera probablement plus non plus.

32:16Urs Aschmann

C'est exactement ça, parce que quand on a une expérience d'apprentissage négative... oui, beaucoup de gens sont trop durs avec eux-mêmes, ils veulent bien faire, ils veulent toujours bien faire, ils se comparent aux autres et ça rend les choses encore un peu plus difficiles.

32:41Urs Aschmann

apprendre sans préjugés et avec plaisir, parce que quand une erreur se produit, ils se disent : erreur, erreur, je suis nul, je ne maîtrise pas, et c'est comme un clou qu'on enfonce dans l'âme du pilote, ça nous rend plus petits. C'est pourquoi je pense qu'il faut toujours rester là où on peut enchaîner les réussites, et quand quelque chose dérape, ce n'est pas grave ou une erreur, c'est juste une expérience. Ensuite, on aborde l'exercice avec la même attitude positive, on fait de petits pas, on construit vraiment doucement et on essaie de rester calme sans se mettre trop de pression, on prend son temps, on peut prendre son temps, on n'est pas en fuite. On est à l'âge où l'on apprend parce qu'on le veut, puisqu'on n'y est plus obligé.

33:49Urs Aschmann

ça doit être amusant, tout le reste n'a aucun sens.

33:55Urs Aschmann

et on a une bonne base pour

34:01Lucian Haas

Succès. On a eu l'exemple tout à l'heure où j'ai dit qu'on se tient sur une prairie plate, on peut aussi imaginer ça comme une pente légèrement inclinée ou une sorte de pente d'entraînement où on peut aussi faire du maniement au sol, ce qui facilite parfois certaines choses, du moins à cause des conditions de flux. Est-ce qu'il y a quelque chose que tu dirais, une formation de pente spécifique, une inclinaison ou autre chose, qui est idéale pour le maniement au sol ou est-ce que c'est en fait sans importance ?

34:32Urs Aschmann

Au début, ça n'a pas d'importance, jusqu'à ce qu'on puisse simuler une course de décollage sur la prairie plate avec les mains tout en haut et accélérer vraiment l'aile aussi vite que possible, pour ensuite tirer sur les freins et transformer l'énergie en hauteur, et se poser à nouveau proprement. Quand tout ça fonctionne, je trouve que c'est tout à fait le moment de se trouver une pente légèrement inclinée ou de la chercher et de s'entraîner de la même manière là-bas. Parce que les conditions de flux sont déjà différentes, l'aile se comporte différemment qu'en haut sur le terrain plat.

35:21Urs Aschmann

Et travailler ces différences pour qu'elles s'ancrent dans la mémoire musculaire, je trouve ça déjà très important. Avec le temps, la pente peut devenir un peu plus raide, mais je commencerais par genre 10 % ou 10 degrés, si c'est possible. Et s'entraîner à tout ce qu'on peut faire. Y compris le "hochkiten".

35:52Lucian Haas

on peut s'entraîner super bien là-dessus. Le haut du kite, tu veux dire quoi par là ? Juste monter la montagne doucement à l'envers avec l'aile, c'est ça ?

36:00Urs Aschmann

Non,

36:02Urs Aschmann

Je veux dire en haut de pente, on est tourné, donc on regarde vers l'aile avec le vent dans le dos et on monte la pente en diagonale vers la gauche ou la droite avec l'aile légèrement inclinée. Comme ça, on voit où on va et on peut super bien faire des zigzags, donc marcher en zigzag, et quand ça nous convient, on se tourne à nouveau pour redescendre un peu. Ou, ce qui est aussi un très bon exercice, fermer les yeux et essayer de descendre cette pente les yeux fermés le plus longtemps possible pour vraiment ressentir les élévateurs, les impulsions sur les freins,

36:53Urs Aschmann

ça entraîne énormément. Il suffit de fermer les yeux, de voir ce qui se passe et de garder la aile au-dessus de soi le plus longtemps possible.

37:03Lucian Haas

Ce que je vois souvent, chez des gens qui font peut-être ça ou qui descendent la montagne lentement les yeux ouverts, la plupart savent utiliser les freins, mais très peu travaillent avec leur propre poids ou avec la position de leur corps. On peut aussi s'accroupir un peu entre deux, même si ce n'est que de dix centimètres, pour un court instant. Par ce geste, on augmente temporairement le poids, ce qui tire en fait sur le parapente. Résultat, il vole à nouveau plus vite. Ça veut dire qu'on peut aussi ramener un aile qui traîne un peu vers l'arrière vers l'avant. Mais je vois très rarement cette technique, que les gens l'utilisent consciemment. Et quand j'y pense, est-ce que les écoles de vol ne font pas quelque chose de mal, que beaucoup de ces techniques de base qu'on devrait normalement avoir lors du maniement au sol ne sont pas assez enseignées ?

37:53Lucian Haas

Oui, absolument.

37:54Urs Aschmann

Alors, je ne connais pas beaucoup d'écoles de pilotage qui pratiquent systématiquement le maniement au sol. Alors, pour le décollage en marche arrière, oui, parfois, mais parfois aussi vraiment bien. Mais au-delà de ça, peu de techniques sont enseignées. Il y a quelques écoles qui sont tellement privilégiées qu'elles ont peut-être l'école dans un système de brise de vallée, avec une prairie juste devant. Et ils apprennent d'abord le maniement au sol pendant trois jours. Et quand ils savent le faire, alors ils vont à la pente d'entraînement et ils volent.

38:39Urs Aschmann

Ils peuvent voler parce qu'ils savent faire du maniement au sol. C'est donc aussi une question, probablement économique pour les écoles, de savoir combien elles investissent dans le maniement au sol des élèves. Mais ceux qui le font sont récompensés, parce que l'instructeur est détendu, il connaît ses élèves, il sait ce qu'ils sont capables de faire. Et il n'y a plus de décollages avec une fermeture avant ou autre. Ce n'est plus un sujet. Donc l'investissement serait

39:18Lucian Haas

ça se rentabilise déjà. Eh bien, il existe maintenant aussi des ailes de maniement au sol spécifiques, qui sont du moins commercialisées comme telles. Elles sont un peu plus petites pour pouvoir travailler avec des vitesses de vent plus fortes. Est-ce que tu trouves ça utile ou nécessaire ? Ou, pour dire les choses autrement, est-ce que tu dirais qu'il vaut mieux faire le maniement au sol avec l'aile avec laquelle on sort le plus souvent, pour la maîtriser au mieux ? Ou est-ce qu'en pratiquant beaucoup avec une petite aile, on peut vraiment transférer ça sur l'autre aile, au point de dire que les techniques sont en fait toujours les mêmes ?

39:56Urs Aschmann

Alors, j'ai aussi déjà entendu dire qu'il fallait jouer avec la même aile. Mais je veux dire, si on a fait quelques heures de maniement au sol avec n'importe quelle aile, on peut transférer ça sur sa propre aile en un temps relativement court, parce que ce n'est pas si différent. Si ça nécessite une aile de maniement au sol spécifique, je ne peux pas le juger pour l'instant. Je n'en ai jamais eu entre les mains.

40:32Urs Aschmann

Entre-temps, on serait un peu plus flexible si on pouvait utiliser des ailes plus petites,

40:42Urs Aschmann

pour s'habituer un peu plus lentement aux forces. Ça aurait du sens, mais ça peut être n'importe quelle aile, une petite, genre 17 mètres carrés ou peut-être encore plus petite. Elles sont peut-être un peu plus nerveuses. Mais même la nervosité, quand on prend une autre aile en main, on s'en rend vite compte : ah, ça va plus calmement, ah, c'est comme ça que ça marche. Et les différences, elles reviennent vite dans les muscles. Surtout au niveau de la dune, je trouve ça dommage quand les gens, avec des ailes neuves, brûlent tout de suite les bords d'attaque et se donnent à fond avec l'aile pendant une semaine au point de la casser.

41:34Urs Aschmann

Tu

41:35Lucian Haas

Tu as déjà mentionné la dune à l'instant. Est-ce qu'il existe pour toi quelque chose comme le spot idéal pour le maniement au sol ? Est-ce que la dune est le spot idéal pour le maniement au sol ou est-ce qu'on ne peut pas le dire si clairement ?

41:50Urs Aschmann

Je trouve que partout au bord de mer, là où il y a une bonne plage large, les conditions laminaires sont évidemment super. Et si c'est, ça ne doit pas forcément être une dune, comme on la connaît de Dune de Pila par exemple, ça pourrait être n'importe quelle crête où on pourrait monter après avoir maîtrisé l'aile au sol et s'en élever, pivoter à nouveau, redescendre, refaire la même chose, un peu plus haut. Peu importe où ça se trouve, que ce soit au Portugal, en France, aux Pays-Bas ou sur une digue.

42:44Urs Aschmann

Ça

42:44Lucian Haas

ça n'a pas d'importance. Bon, tu as déjà beaucoup voyagé, tu as fait du maniement au sol dans plein d'endroits différents. Si tu devais quand même dire, d'accord, tu as été au Namibia, au Portugal, en France, au Danemark probablement, aux Pays-Bas et tout ça. Si c'était à moi de décider ou de choisir, j'ai toutes ces options sous les yeux et je sais que je veux partir deux semaines quelque part, je pourrais choisir l'un de ces spots et dire : là, je veux surtout améliorer mon maniement au sol. Parmi les différentes options que je viens de citer, y en a-t-il une où tu dirais : alors, c'est plutôt là que je vais ? Et pourquoi ?

43:28Urs Aschmann

Difficile, difficile. Je suis toujours en pleine hésitation. Mon endroit préféré, c'est en fait Dündepila, parce qu'il y a énormément de possibilités et qu'on a une palette immense, de la base jusqu'au sommet, selon les différentes intensités de vent. Si la météo est bonne, que le vent vient de l'ouest, sans vent d'est ni pluie, parce que sinon ça devient vite ennuyeux. Dans ce cas, le Portugal serait à nouveau la meilleure solution, parce que sur le plan culturel, le Portugal a plus à offrir.

44:14Urs Aschmann

De beaux petits villages et peut-être aussi un autre site de vol où on pourrait éventuellement faire quelque chose avec un vent d'est. À la dune, c'est fini pour la journée assez vite. Oui, le Namibia serait très fiable, mais c'est trop loin pour moi. Et si je peux faire quelque chose où on n'a pas besoin de monter dans un avion, je trouve ça très sympa.

44:40Lucian Haas

Ce qui veut dire que si la météo est bonne, avec le décor complet, la Dündepila est déjà un peu comme le spot idéal.

44:48Urs Aschmann

Très, très. Mais je ne connais pas encore tout. Il y a aussi de beaux endroits, par exemple Meduno, où j'ai entendu dire qu'on peut très bien faire du Groundhandle. Un autre paradis, c'est toujours Castelluccio, même si malheureusement le petit village est détruit. Là-bas, les treuils sont aussi très bons. Oui, c'est difficile. J'y vais encore et encore — et je suis tiraillé. Qu'est-ce qu'on doit faire ? Mais maintenant, j'ai trouvé quelque chose dans mon coin, à une heure du Sealsee. Super brise de vallée, très fiable, très régulière. Et maintenant, c'est mon endroit préféré.

45:34Urs Aschmann

Et c'est ma petite dune.

45:36Lucian Haas

J'ai lu que tu étais déjà allé douze fois à Lanzarote, où tu y es retourné plusieurs fois. Oui.

45:45Lucian Haas

Quelque chose doit bien t'attirer sur cette île. Est-ce qu'on peut bien faire du groundhandling là-bas ? Ou est-ce que c'est si pierreux que ça serait carrément destructeur pour l'aile si on commence à manipuler l'aile avec une technique pas encore maîtrisée ? Oui,

46:01Urs Aschmann

C'est un terrain qui pardonne très peu les erreurs. Il y a beaucoup de pierres tranchantes. Et il y a quelques possibilités de s'entraîner sur de larges plages de sable à marée basse. Mais les créneaux sont limités à cause des marées. Il existe d'autres possibilités aussi. Mais je ne trouve pas que ce soit une bonne idée de s'y rendre ou d'y voler spécifiquement pour le maniement au sol. Parce qu'on veut aussi voler, non ? Mais je trouve que Lanzarote est une île où il faut vraiment déjà être très habile pour les décollages en arrière.

46:50Urs Aschmann

Et alors, ça a du sens.

46:54Urs Aschmann

Parce que c'est, comme je l'ai dit, rocailleux et raide. Et il y a beaucoup de vent. Et on se blesse très vite. Donc non, il faudrait déjà savoir faire ça. Je n'irais pas vers le maniement au sol pour ça.

47:14Lucian Haas

Tu viens de dire cette phrase, et là, on a déjà envie de voler. Qu'est-ce qui t'attire le plus, en fait, le maniement au sol ou le vol ?

47:22Urs Aschmann

Oh, je trouve la combinaison des deux extrêmement attrayante. Ma façon préférée de voler, c'est quand je peux me laisser monter sur la dune. Enfin, avec assez de vent pour pouvoir glisser vers le haut. Comme sur un télésiège. Et à tout moment, quand j'en ai envie ou que le vent est assez fort pour que je puisse pivoter. Et passer du glissement au vol. Et du vol au glissement. Et pouvoir traîner négligemment un orteil dans le sable pour faire une trace la plus longue possible. Je trouve ça déjà très satisfaisant.

48:06Lucian Haas

Ça veut dire que c'est en fait du maniement au sol et de l'Airhandling. Parce que tu te déplaces en volant si près du sol que tu te dis que c'est en fait cette combinaison. On ne peut peut-être même pas appeler ça du vrai vol, dans la conception classique du vol en montagne où je parcours de longues distances. Plutôt, tu te dis que c'est peut-être parfois un saut de 20 mètres, et puis tu es déjà à nouveau au sol. Et ça passe de manière fluide à nouveau au maniement au sol.

48:32Urs Aschmann

Oui, c'est la partie que j'aime beaucoup. Et l'autre partie, j'adore faire des Wingovers toute ma vie. Mais je ne suis pas du genre à faire plus d'acrobaties. Par contre, j'aime aussi bien monter et aller loin. Et le vol libre dans de belles régions alpines, ça me plaît énormément. Mais le vol proche du sol, je le ressens plus intensément, parce qu'à mille mètres d'altitude, la relation avec le sol disparaît. Mais voler ainsi, ça me rend vraiment très heureux.

49:17Urs Aschmann

C'est quoi, pour toi, un vol idéal ? Un vol idéal ? Un vol idéal, c'est un beau départ, serein, que je savoure et que je célèbre vraiment. Parce que c'est là que je me sens bien dans les airs.

49:36Urs Aschmann

Quand la thermique ou les turbulences sont telles que je peux m'en accommoder, que je les accepte. Quand les couleurs sont belles, quand la visibilité est claire, quand ça monte de manière fiable, quand je peux voler avec les oiseaux, quand je peux parcourir une distance, quand je peux essayer quelque chose que je n'ai jamais fait. Et finalement, peut-être dans un nouvel endroit.

50:13Urs Aschmann

...et une bonne arrivée. Alors là, je suis heureux et satisfait. Ça

50:17Lucian Haas

est idéal. Est-ce que tu as déjà vécu un vol où tu te serais dit qu'on ne peut pas faire mieux ? Tu es tellement bluffé que tu te dis : c'était quasiment le vol ultime ? Oui,

50:30Urs Aschmann

quelques fois. Plusieurs fois. Plusieurs fois, j'ai déjà dit à ma femme : c'était le vol de dingue absolu. Je ne pense pas que ça puisse être mieux que ça. C'était tellement intense, tellement beau et tellement génial. Mais ça arrivait encore et encore sous une autre forme. C'est tout simplement incroyable que ce soit possible à chaque fois. Un vol était vraiment super. C'était quoi ? La première fois à Lanzarote. J'avais un guide qui m'a expliqué les conditions. J'étais sur la pente d'entraînement. On était connectés par radio. Il me dit : monte, je t'attends là. On vole le Risco.

51:16Urs Aschmann

Le vent était fort toute la journée. Il pleuvait sans arrêt. Il fallait sans cesse retourner dans la voiture. En fin de journée, les conditions sont devenues plus douces, plus fines, plus prévisibles. J'étais à peu près à 700 mètres, à gauche et à droite de l'île, avec la mer vers le nord jusqu'à la pointe. Il y avait encore des nuages sur la mer et ils ont plu. Il y avait des arcs-en-ciel incroyablement beaux, verticaux, sortant de la mer. J'étais complètement bluffé et ému. Enthousiasmé. J'en avais les larmes aux yeux. C'était tellement magnifique. C'était vraiment le genre de moment où on en a la chair de poule.

52:03Urs Aschmann

C'était vraiment génial. Quand j'ai raconté ça à mon guide, il m'a dit que certains auraient déjà eu les larmes aux yeux tellement c'était beau. Les couleurs, c'est tout simplement magique.

52:21Lucian Haas

Changeons un peu de sujet. Au début, on a parlé de ton métier de concepteur de parcs de jeux. Mais tu l'as arrêté récemment, je crois il y a un ou deux ans, et tu as lancé quelque chose de complètement différent. Pourquoi ?

52:37Urs Aschmann

J'ai travaillé pendant 19 ans comme concepteur de parcs de jeux indépendant et agriculteur, et j'y ai mis tout mon cœur. Puis, la flamme a commencé à faiblir et je me suis dit qu'à un moment donné, ce serait fini. Je voulais faire autre chose. C'est devenu un peu trop routinier. Pas au point d'être épuisé, mais j'avais envie de nouveauté. Alors je me suis dit qu'à un moment donné, je débrancherais tout. À un moment opportun. Mais je ne savais pas encore ce qui m'attendait. J'avais encore un petit coussin financier, alors j'ai simplement débranché la prise. Et je me suis dit, oui, quelque chose bien finira par me venir à l'esprit.

53:28Urs Aschmann

Je me donne deux semaines, et après je saurai ce que je veux.

53:33Urs Aschmann

Et tous les signes se sont tellement multipliés que j'ai soudainement eu le sentiment, absolument certain et convaincu, que je voulais faire une formation en hypnose et devenir hypnothérapeute. C'était ça. J'ai été surpris. Mais les signes étaient si sans équivoque. J'en ai été vraiment content. Je me suis dit,

54:09Urs Aschmann

en fait, ça ne m'étonne pas tant que ça, parce que je me suis toujours intéressé au sujet. Mais le fait de s'y mettre maintenant, ça a...

54:18Lucian Haas

... m'a fait plaisir. Tu es déjà le troisième de mes invités de podcast qui s'intéresse intensément à l'hypnose. Je pose la question à tout le monde, mais chacun donne toujours des réponses un peu différentes. Et qu'est-ce que l'hypnose peut apporter à un pilote de parapente ?

54:36Urs Aschmann

Hm... Il peut peut-être... Il peut prendre conscience de ses peurs, de ses insécurités, de ses limites. Il peut éventuellement modifier et transformer ces limites, parce que les programmes du passé ne sont peut-être plus valables pour le présent et le futur. Et il se pourrait tout à fait qu'une telle commande, la libération des vieux programmes, renforce le plaisir de voler.

55:28Lucian Haas

Qu'est-ce que tu veux dire par des vieux programmes ? Est-ce que ce sont simplement des peurs qui ont surgi ? Ou des blocages qui se sont installés ? Ou qu'est-ce que ça peut être, un vieux programme ?

55:36Urs Aschmann

Oui, il est possible que l'on soit convaincu que voler en altitude est dangereux. Ou que la hauteur soit synonyme d'insécurité. Ou que les nuages soient dangereux. Peut-être que l'on a le souvenir d'Eva Wisniewska, qui est aspirée dans un nuage. Peut-être que ce sont des convictions que l'on a adoptées et qui agissent en nous sans qu'on s'en rende compte. Et si on... si on aborde le vol avec l'hypnose ou une autre approche, alors cette prudence excessive, cette peur ou ces blocages changent.

56:32Urs Aschmann

Et on devient plus libre. On dit que la vie est comme on la pense. Donc ce que... ce qu'on ose penser a de fortes chances de se réaliser. En bien comme en mal. Alors, si on a le choix, on préférerait bien sûr penser le positif. Parce que ça nous fait avancer.

57:00Lucian Haas

Est-ce que tu utilises aussi la combinaison où tu dis : « OK, je propose de l'hypnothérapie, je propose du maniement au sol, ce sont les deux piliers que j'ai maintenant » ? Ou est-ce que l'hypnose peut parfois aider quelque part dans tes formations de maniement au sol ?

57:20Urs Aschmann

Oui, je l'ai déjà proposé. D'abord, élaborer une nouvelle attitude d'apprentissage positive à l'aide de l'hypnose, pour ensuite rendre le maniement au sol plus efficace, plus rapide et meilleur. Mais ça a eu une résonance assez modeste. Entre-temps, je fais ça lors de mes cours de maniement au sol : je parle d'abord aux gens et, sans une véritable hypnose au sens classique, avec des mots qui les amènent vers une nouvelle attitude.

58:07Urs Aschmann

Parce qu'ils sont peut-être,

58:11Urs Aschmann

crispés, ils ont l'impression d'être des maladroits. Et si on s'approche du maniement au sol en tant que maladroit convaincu, ça ne se passe pas bien. Alors, hier tu étais un maladroit, aujourd'hui on fait ça avec beaucoup de finesse. Tu vas constater que tu sais tout faire à merveille, que les mouvements sont calmes, fluides, plaisants. Et je change ces mots et toute l'attitude avec mes paroles, pour que les gens finissent par l'accepter enfin, et je le répète sans cesse.

58:57Urs Aschmann

Les limites s'estompent et se brisent. Quelqu'un arrive et dit qu'il est toujours hektique. Qu'il est toujours dans l'agitation. Alors, il faut travailler sur cette précipitation avec des mots, pour que le client, le groundhandler, soit convaincu qu'aujourd'hui, le système est calme. Tout ce que je fais est calme. Lent et calme. Et ça, encore et encore. Et puis avec plaisir et avec joie. Et ce n'est pas difficile du tout, parce que je donne aux gens une idée avec mes mots sur la façon dont ils peuvent le faire. Et ils acceptent volontiers cette idée.

59:42Urs Aschmann

Et je répète ça plusieurs fois et ensuite, ça prend. Alors, comment dit-on ? L'hypnose d'éveil.

59:53Urs Aschmann

Ils sont disposés à accepter mon idée de la manière dont ils peuvent faire. Et à ce moment-là, l'ancien schéma est mis de côté. Le nouveau prend de la place. Et tout fonctionne mieux. Plus rond, plus fluide. Et à la fin, ils sont surpris par eux-mêmes. Parce que, hé, tout a marché. Et ils ont de la joie sur le visage. Et ils rayonnent. Donc pour moi, c'est aussi une

1:00:27Lucian Haas

de la joie. Mais là, on retrouve aussi ce sujet que tu as mentionné tout à l'heure : faire beaucoup de choses très lentement. Et probablement par de tout petits pas. Aussi pour éliminer cette précipitation. Et quelque chose qui permette aux gens de vraiment remarquer, ah, ça ne se joue que sur ces, oui, ces demi-centimètres. Et pas directement sur les dix centimètres de tension de frein que je donne pour contrôler l'ensemble. Et là, vraiment se mettre dedans.

1:00:51Urs Aschmann

Oui, absolument. Parce que quand on regarde les gens faire du Groundhandling, quand l'aile finit sur le nez, c'est généralement parce qu'on a été trop lent pendant environ deux secondes. On hésite avant de réagir, on se demande ce qu'on doit faire maintenant. Et si on pouvait rembobiner ce moment, au ralenti jusqu'à l'impact, et même un peu plus loin, on ne se retrouverait pas à ce moment précis où on doit réfléchir, genre « oh, je ne sais plus quoi faire ». Mais plutôt dans la philosophie des petits pas.

1:01:36Urs Aschmann

on va toujours un peu plus loin

1:01:40Urs Aschmann

et on sait alors que si on fait tout calmement, on a plus de temps pour réagir. Et c'est ça le secret. Et du coup, il y a moins de situations qui partent en vrille et où l'aile se prend la tête. Au contraire, on le fait exprès. On laisse, si on fait ça doucement, quelque chose partir en vrille lentement, pour que l'aile sur-vire, qu'elle se prenne la tête et qu'au final, elle se retrouve à plat sur le bord d'attaque vers le bas. Mais même ça se passe doucement et on a vraiment le temps de regarder. Et on pourrait aussi dire, là j'aurais le temps de réagir une nouvelle fois pour empêcher ça.

1:02:29Urs Aschmann

Et ça redonne aussi une bonne sensation.

1:02:33Lucian Haas

Tu viens de parler d'hypnose de veille et de l'influence, donc en gros, donner une nouvelle direction à la pensée dans la tête, ou à l'attitude mentale, pour ainsi dire. Ça veut dire que l'apprentissage se passe principalement dans la tête. Et quand on voit des athlètes professionnels, ils utilisent aussi beaucoup de choses comme ça, par exemple les athlètes de haut niveau, ils ferment les yeux, et on voit, ah, ils rejouent le mouvement qu'ils doivent faire tout de suite. Ou aussi parfois les pilotes d'agro-aviation, on les voit sur le décollage, ils marchent un peu et ils s'imaginent : d'accord, et maintenant je tire le frein extérieur - et le frein intérieur et je lâche à nouveau et le transfert de poids et tout le reste. Ça ressemble à une sorte de danse sur le décollage. Est-ce qu'il y a aussi des moments où tu travailles avec les gens et où tu dis : maintenant, on essaie juste de visualiser ces choses et ensuite on passe à la pratique ?

1:03:23Lucian Haas

Alors, c'est aussi une méthode avec laquelle tu travailles ?

1:03:28Urs Aschmann

Non. Je recommande aux gens, après une journée de maniement au sol, de se replonger dedans, les yeux fermés sur le lit, en choisissant juste un seul exercice et en le ressentant simplement les yeux fermés. C'est comme un espace protégé, on a le temps et on peut se souvenir de ce que ça faisait. Et à mon avis, ça apporte énormément. Et oui, c'est ça, l'entraînement mental.

1:04:14Urs Aschmann

Quand on fait des exercices sur le lit ou les yeux fermés,

1:04:21Urs Aschmann

c'est vraiment une technique très puissante, une technique très efficace pour améliorer le maniement au sol. Qu'est-ce que tu aimerais encore apprendre dans ta carrière de pilote ? Si j'avais le temps, j'aimerais... je suis un peu frileux face au Fullstyle. J'en ai déjà fait quelques-uns, mais j'aimerais vraiment apprendre le Fullstyle correctement, puis le Backfly et ensuite le Heli. Ce serait mon manœuvre de rêve.

1:05:03Lucian Haas

Alors, encore un peu plus d'agressivité sur les jeux au sol, un peu plus de jeu en l'air. Ouais,

1:05:09Urs Aschmann

Ça me ferait très plaisir.

1:05:12Lucian Haas

Dernière question, Urs : si tu regardes en arrière avec toute ton expérience actuelle vers le jeune Urs que tu étais, quand tu as commencé ta formation de pilote et tes premières heures de vol, tes premières années de vol peut-être, quel serait le conseil le plus important que tu donnerais à ce jeune Urs avec tout ce que tu sais aujourd'hui ?

1:05:37Lucian Haas

Cherche

1:05:38Urs Aschmann

avoir tout de suite après la formation des gens avec beaucoup d'expérience, avec qui tu irais, qui te prendraient avec eux pour voler. Un peu comme un système de parrainage, pour que je puisse apprendre d'eux. Je ferais aussi un vol de distance, en tandem. Et je me chercherais quelqu'un qui pourrait m'apprendre les choses les plus importantes du maniement au sol en une ou deux heures, pour que je puisse m'entraîner moi-même en toute sécurité.

1:06:23Urs Aschmann

Ce seraient les trois choses environ qui m'auraient beaucoup servi à l'époque. Et je pense que ce serait pareil pour tout le monde.

1:06:36Lucian Haas

Just security. What would have happened to you if you had received this tip right at the beginning? Ouh là là.

1:06:45Urs Aschmann

Je ne sais pas. Je ne peux pas le dire, parce que j'ai une famille, mes enfants sont déjà grands, 25 et 23 ans, mais j'ai une femme que j'aime et je ne veux pas la perdre. Donc, il aurait pu arriver que ça me coûte encore une fois très cher. Mais oui, probablement à peu près la même chose. Je me suis juste laissé du temps pour mon évolution et je suis maintenant, en fait, arrivé là.

1:07:21Lucian Haas

Alors, tu as fini par faire ton évolution. C'est peut-être une belle synthèse de ce qu'on peut apprendre avec toi maintenant : il faut se fixer beaucoup de petites tâches et les réaliser surtout en les empilant progressivement. On peut alors vraiment aller très, très loin, aussi avec tout son maniement au sol. Urs, je te remercie pour ton récit sur ton expérience de maniement au sol et de formation au maniement au sol, et sur ce qu'on peut y faire. Et je te souhaite de pouvoir encore vivre certains de ces beaux vols arc-en-ciel ou d'autres vols magnifiques qu'on peut vivre quelque part dans le monde.

1:07:58Urs Aschmann

Merci beaucoup, Christian. Super. Avec grand plaisir.

1:08:06Lucian Haas

C'était Urs Aschmann en conversation avec Lucian Haas. Dans les notes de cet épisode du podcast sur Fluglites, vous trouverez des liens complémentaires, notamment vers le site de maniement au sol d'Urs et vers le Groundhandling Challenge d'André Bandara mentionné dans le podcast. Si vous cherchez en plus des infos sur le maniement au sol d'autres contenus pour vos oreilles, vous trouverez sur Podz-Glidz bientôt 40 heures d'écoute d'autres épisodes de podcast. Podz-Glidz est disponible sur Soundcloud, Spotify, iTunes et de nombreux autres catalogues audio. Si vous ne voulez rater aucun épisode, vous pouvez simplement abonner Podz-Glidz sur votre podcatcher préféré. Si vous souhaitez soutenir Podz-Glidz en tant que mécène, vous trouverez les informations nécessaires sur le site de Lu-Glidz, sur la page Soutenir.

1:08:51Lucian Haas

Je vais maintenant vraiment arriver au bout. Maintenant, prends ton aile et retourne faire du maniement au sol. Mais vas-y doucement. Car aussi paradoxal que cela puisse paraître, le chemin le plus rapide pour devenir un expert du maniement au sol comme Urs, c'est celui des petits pas. Ciao !

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