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41. Grönland - Björn Klaassen

// Bjoern Klaassen, Lucian Haas · 2020-10-15 · 01:05:47 · original episode

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[show notes]
Björn Klaassen a traversé la nature sauvage du sud du Groenland seul pendant deux semaines en Hike and Fly. Dans le podcast, il raconte la liberté qu'il a vécue durant ce périple. +++ Björn Klaassen est le responsable du département des terrains et directeur adjoint du DHV. Pour compenser cette partie parfois assez bureaucratique de sa vie, il s'accorde chaque été une pause tout à fait particulière. Depuis 2015, il est attiré par la nature sauvage du Groenland : pour faire du trekking, du kayak de mer et aussi du parapente. D'habitude, Björn entreprend les voyages avec sa femme. Cette année, il a voyagé seul pour la première fois. Et il en a profité pour une aventure tout particulière : en style Hike-and-Fly à travers une chaîne de montagnes côtières déserte – d'Aappillatoq, le dernier village du sud du Groenland, jusqu'au Torsukattakfjord avec l'imposant massif granitique d'Ulamertorsuaq comme destination. Ce qu'il a vécu, Björn en rapporte dans plus d'une heure de talk. Il rectifie un peu l'image générale du Groenland comme un bloc de glace ; il raconte la nature arctique et comment elle lui procure un sentiment de liberté ; discute des chutes dans des trous de neige, de sa gestion du risque, des journées pluvieuses dans la tente et, bien sûr, aussi de la fascination de voler au-dessus des paysages imposants. Tout à la fin, nous revenons brièvement à la vie « normale » de Björn. Nous parlons des avantages et des inconvénients de l'obligation d'homologation des zones de vol et pourquoi il voit dans les drones la plus grande menace pour notre liberté de vol. Plus d'informations sur les voyages de Björns Grönland-Reisen sur : http://www.media-montana.de +++ Si vous souhaitez promouvoir Podz-Glidz et le blog Lu-Glidz, vous trouverez toutes les informations correspondantes sous : https://lu-glidz.blogspot.com/p/fordern.html +++ Musique de cet épisode : « Night Snow » d'Asher Fulero Musique sans droits d'auteur Télécharger : https://youtu.be/h-eEZGun2PM

[transcript]

0:06Bjoern Klaassen

En fait, les ailes de cross-country seraient aussi possibles au Groenland, j'en suis sûr, si on s'y met et qu'on est prêt à marcher beaucoup. Si tu voles dans n'importe quelle direction, il n'y a pas de routes, tu dois soit te faire récupérer en bateau dans un fjord, soit continuer à marcher. Il n'y a pas vraiment d'autres alternatives.

0:41Lucian Haas

Podz-Glidz, le podcast Lu-Glidz. Des récits du cosmos du parapente. Aujourd'hui avec Björn Claassen et Lucian Haas au micro. Björn

1:00Lucian Haas

Claassen est le responsable du département des sites et le directeur adjoint du DHV. Pour compenser cette partie parfois assez bureaucratique de sa vie, il s'accorde chaque été une pause très particulière. Depuis 2015, il se rend dans la nature sauvage du Groenland. Pour faire du trekking, du kayak de mer et aussi du parapente. Normalement, il fait ces voyages avec sa femme. Cette année, il est parti seul pour la première fois. Et il en a profité pour une aventure tout spéciale. En style hike-and-fly à travers une chaîne de montagnes côtières déserte. D'A Pilatok, le dernier village du sud du Groenland, jusqu'à Torsu - Katakfjord, avec le massif granitique imposant d'Ulamer Torsuak comme destination.

1:45Lucian Haas

Ne vous inquiétez pas, je n'avais jamais entendu ce nom avant le podcast non plus et j'ai dû chercher sur Google Maps pour me rendre compte de la situation. Björn nous racontera le reste de l'histoire dans l'heure qui suit. Il nuancera un peu l'image générale du Groenland comme un bloc de glace, nous parlera de la nature arctique et du sentiment de liberté qu'elle lui procure, discutera de ses chutes dans des trous de neige, de sa gestion du risque, des journées pluvieuses sous la tente et, bien sûr, de la fascination de voler au-dessus de ces paysages imposants. Tout à la fin, nous reviendrons brièvement au quotidien de Björn. Nous parlerons des avantages et inconvénients de l'obligation d'homologation des sites de vol et de la raison pour laquelle il voit les drones comme la plus grande menace pour notre liberté de vol.

2:32Lucian Haas

Avant de partir pour les contrées glacées du Groenland, j'ai toutefois un petit conseil à vous donner. Devenez mécène de Podz-Glidz et du blog associé Lu-Glidz. Pourquoi ? Parce que vous contribuez ainsi à ce que vous puissiez continuer à entendre de telles histoires intéressantes issues de l'univers du parapente. Vous trouverez sur le site de Lu-Glidz, sur la page "Soutenir", comment devenir mécène. La question est de savoir combien vous allez donner. Ce que vous voulez reste d'ailleurs entièrement à votre discrétion. Combien vaut pour vous une heure de divertissement ? Pour ceux qui hésitent, je recommande, à titre indicatif et sans engagement, un euro par épisode de podcast et deux euros par mois de lecture sur Lu-Glidz.

3:18Lucian Haas

Björn, comment on dit bonsoir en groenlandais ?

3:21Bjoern Klaassen

Oh, je ne peux pas te le dire. Le groenlandais est une langue tellement compliquée, difficile. Je ne peux pas te le dire. C'est une langue qui est très, très difficile à apprendre. Enfin, j'ai de bons amis au Groenland. Ils sont aussi traducteurs. Ils ont essayé. Dans les cours de langue, c'est presque impossible à apprendre si tu ne l'absorbes pas par le lait maternel.

3:40Lucian Haas

Est-ce que tu arrives à dire ne serait-ce qu'un mot en groenlandais ? Ou est-ce qu'on communique seulement en anglais là-bas ? Ou comment ça se passe ?

3:47Bjoern Klaassen

Eh bien, il y a quelques mots qui se sont intégrés à la langue universelle. Comme par exemple kayak. Kayak est un mot groenlandais. C'est le bateau avec lequel le chasseur va en mer. Ou alors, vous connaissez tous anorak. C'est littéralement traduit par « contre le vent ». On peut donc dire quelques mots isolés et un peu comprendre. Mais c'est une langue tellement difficile. En fait, seuls les 56 000 Groenlandais de cette île peuvent la parler.

4:15Lucian Haas

Ça veut dire, comment est-ce que tu te faisais comprendre au Groenland quand tu y étais ?

4:21Bjoern Klaassen

Je communique un peu en norvégien, en anglais. Et avec l'anglais, ça marche généralement très bien. Et dans les villages très isolés, parfois, on ne parle même plus danois. Le danois est pourtant la langue que l'on parle habituellement au Groenland. Mais le groenlandais en lui-même, c'est juste tellement, tellement difficile à apprendre. Et dans les villages, on peut s'en sortir avec les mains et les pieds. Un peu d'anglais, ça fonctionne déjà. Enfin, il y a une langue universelle. Ça marche aussi avec les expressions du visage.

4:53Lucian Haas

Tu viens de parler norvégien. Comment est-ce que tu connais le norvégien ?

4:56Bjoern Klaassen

Oui, j'ai travaillé sur les Lofoten et les îles Vesterålen comme guide écolo. C'est là que j'ai appris un peu le norvégien. Ma famille vient à l'origine du Nord, mais pas de Norvège. Mais on a toujours eu un faible pour aller tout au Nord, en Norvège, en Suède. Du coup, j'ai appris un peu le norvégien sur le tas. C'est un peu proche du danois. Mais le danois est encore un peu plus difficile que le norvégien.

5:26Lucian Haas

Comment est-ce que tu passes des Lofoten, de la Norvège et tout ça à ton amour pour le Groenland ?

5:32Bjoern Klaassen

Oui, c'est en fait une très, très longue histoire. Je suis allé au Canada plusieurs fois. J'y ai travaillé, même pendant mes études de forestier. Et je suis ensuite passé au-dessus du Groenland en avion. Et quand tu regardes par le hublot, vers le Groenland, c'est un paysage extrêmement austère, mais aussi extrêmement fascinant. Je restais collé à la fenêtre en me disant que je devais absolument y aller un jour. Et la deuxième chose, c'est que j'ai lu énormément de littérature polaire. Ça remonte à mon adolescence. Il y a tellement d'histoires fascinantes sur la façon dont les régions polaires ont été explorées, les expéditions de recherche. Ou alors, un livre en particulier m'a fasciné : Frithjof Nansen en raquettes à travers le Groenland. Je ne peux que recommander vivement à tout le monde de lire ce livre. C'est presque une lecture obligatoire pour tout auteur, passionné ou aventurier.

6:22Bjoern Klaassen

Il a traversé le Groenland à ski, d'est en ouest. Il a traversé le Groenland. Il y a aussi un livre écrit par lui, intitulé "En raquettes à travers le Groenland". Il le décrit de manière très imagée, très poétique. C'était aussi un scientifique, un biologe, un zoologiste. Et il le décrit comme c'est encore le cas aujourd'hui. Je suis allé dans des régions où Frithjof Nansen était aussi, et c'est encore exactement la même chose qu'il y a 130 ans. Fantastique.

6:54Lucian Haas

Tu as dit que tu as vu le Groenland pendant ton vol pour le Canada. Quand es-tu revenu ? Est-ce que c'était la première fois que tu mettais les pieds sur cette île ?

7:01Bjoern Klaassen

Je suis allé au Groenland pour la première fois en 2015. Et c'est assez drôle parce que je pensais toujours qu'on n'allait au Groenland que pour une expédition, avec une autorisation et après énormément de préparation. Mais ce n'est pas du tout le cas. Ça fait des années qu'on peut aller au Groenland. Il y a un avion. On monte à bord à Copenhague et on peut s'envoler vers le Groenland. Il y a deux aéroports internationaux. Et puis, on s'est juste lancé. Je suis allé au Groenland pour la première fois avec ma femme en 2015. Sur la côte ouest, la côte nord-ouest, l'île de Disko. Et c'est là qu'on a fait notre premier trek. Dans des zones complètement sauvages sur l'île de Disko. Et c'est là qu'on a découvert notre grand amour pour ce pays.

7:48Bjoern Klaassen

Et depuis lors, tu y retournes chaque année ? Oui, je vais au Groenland chaque année. Avant, j'ai beaucoup voyagé, aussi dans d'autres parties du monde. Mais pour moi, c'est en fait le plus beau pays que j'aie jamais vu. Qu'est-ce qui fait la beauté du Groenland pour toi ? Bien sûr, c'est la première question qui vient. C'est une fraîcheur immense, un silence immense qui s'impose à toi quand tu es au Groenland. Ce sont les couleurs, c'est le bleu, le blanc, la glace. C'est avec une clarté et une vérité... ce pays est presque indescriptible.

8:27Lucian Haas

Alors, cette année, c'était la première fois que tu étais seul au Groenland. Les années précédentes, si je me souviens bien, tu y étais toujours avec ta femme. Et vous y faisiez de la randonnée et surtout du kayak. Et cette année, tu as fait un voyage en solo pour la première fois. Pourquoi ?

8:42Bjoern Klaassen

Eh bien, c'était pour une raison simple, et un peu triste. Ma femme avait une épaule gelée. Du coup, ce n'était pas possible qu'on aille au Groenland ensemble. On avait prévu de continuer à longer la côte ouest en kayak. Et puis on s'est dit de remonter vers le nord. Juste continuer à avancer. En gros, on prend tous nos congés chaque année, on les cumule. Et ça fait toujours genre trois à quatre semaines. Et on part toujours plus au nord. Cette année, ça n'a pas marché. Elle était malade. Et je me suis dit : "Ouais, fais quelque chose tout seul. Essaie." Et comme j'adore faire du parapente, c'est en fait ma passion, je me suis dit que j'allais prendre mon parapente, le mettre dans le sac à dos. Et tout ce qui est nécessaire pour la survie, et j'essaierais.

9:27Bjoern Klaassen

Est-ce que le Groenland convient vraiment pour le parapente ? Oui, bonne question. Au début, on pense que le Groenland est une île glacée. En effet, 83 % du Groenland est couvert de glace. Et quand on vole au-dessus, on voit aussi ce gigantesque mur de glace qui surplombe l'île. Mais il y a des zones sans glace sur la côte ouest et la côte sud. Il faut imaginer des paysages de toundra, comme en Norvège. Et on peut très bien s'y déplacer. Et ce n'est pas aussi loin au nord que certains le pensent. L'Islande, par exemple, est bien plus au nord que le sud du Groenland. Le sud du Groenland se situe sur le même parallèle qu'Oslo. Et en Norvège, on peut aussi très bien faire du parapente. Quand le soleil tape fort, il y a de la thermique, on peut voler agréablement au-dessus des montagnes, faire des vols de distance aussi.

10:15Bjoern Klaassen

Et pourquoi est-ce que ce ne serait pas possible au Groenland ? Et j'y suis déjà allé tellement de fois. J'ai vu qu'il y a des périodes de calme plat. Il y a des jours avec du vent favorable, aussi avec de la thermique, des nuages thermiques. Et c'était alors l'idée d'emporter le parapente.

10:29Lucian Haas

En préparation pour ce podcast, j'ai regardé sur paraglidingmap.com sur Internet et je me suis demandé s'il y avait des sites de décollage officiels ou semi-officiels au Groenland. Il y en avait deux dessinés avec un peu de couleur, et deux autres avec des points d'interrogation environ. Donc, il ne se passe pas grand-chose. Ça veut dire que si on va voler au Groenland, c'est en gros du libre. Tu vas sur la montagne que tu veux et tu dois être sûr de trouver un atterrissage en bas. Et là, tu décolles et tu voles un peu.

11:00Bjoern Klaassen

Oui, c'est exact en fait. C'est pratiquement le pays des pilotes. Il y a peu d'arbres au Groenland, beaucoup de paysages de toundra. Tu peux en fait décoller de beaucoup de montagnes. Mais sinon, il n'y a aucune infrastructure du tout. Tu dois vraiment savoir exactement ce que tu fais là-bas et comment tu procèdes. Mais en réalité, Lucian, tu as raison. Il y a une petite scène de parapente au Groenland. C'est à Nuuk. Il y a aussi un club de parapente là-bas. Et ils volent à Nuuk, dans la capitale du Groenland, depuis ce mont rocheux et ils font aussi un peu de thermique, un peu d'ascendance. Mais sinon, le Groenland n'est pas vraiment pratiqué. Tu es plutôt un aventurier et tu fais ça comme si c'était la première fois. Tu dois choisir ton propre décollage, réfléchir si tu vas y arriver, si tu peux planer jusqu'à l'autre côté et si tu peux atterrir en toute sécurité.

11:48Bjoern Klaassen

Tu

11:49Lucian Haas

Tu t'es fixé pour objectif de faire un voyage en "hike and flight" au Groenland, dans le sud du Groenland. Quel était exactement ton plan ?

11:57Bjoern Klaassen

Alors bien sûr, on ne peut pas faire des distances de vol en Islande comme dans les Alpes. Et mon plan, c'était de combiner ça, une sorte de trek, toujours dans la même direction. C'est ce que je préfère de toute façon, aller toujours plus loin vers l'horizon. Et c'était l'idée. Mon point de départ était Apilatok. C'est la colonie la plus au sud-est du Groenland. Et de là, je voulais traverser les montagnes jusqu'au célèbre fjord de Tazermiut. Le fjord de Tazermiut, ce sont des montagnes très, très hautes. Elles font 2000 mètres, avec des parois de granit, super raides.

12:35Bjoern Klaassen

Je connaissais déjà ça avec nos sorties en kayak et je me suis dit que ça pourrait être une bonne occasion de voler le long de ce fjord, toujours plus loin. De montagne en montagne. Et si ça ne marche pas, je devrai porter mon matériel et marcher. Avant le voyage, j'avais déjà bien compris que si ça se passait mal, je devrais porter mon parapente pendant deux semaines sans jamais mettre le pied en l'air. Et si tout se passe bien, je pourrai voler quelques fois. Eh bien,

13:00Lucian Haas

Il n'y a probablement pas de routes ni de super cartes avec des sentiers bien tracés ou quoi que ce soit. Comment est-ce qu'on se prépare à un truc pareil ?

13:11Bjoern Klaassen

Oui, il y a quelques cartes. Mais l'échelle n'est pas terrible, évidemment. Google Earth est une bonne source et j'ai passé beaucoup de temps à bidouiller et à chercher quelles étaient les possibilités pour voler entre les montagnes. On voit alors approximativement à quoi ça pourrait ressembler en bas.

13:30Bjoern Klaassen

Et je me suis contenté de le faire et d'essayer. Enfin, ce n'est pas inhabituel de traverser de tels paysages à pied. Il y en a quelques-uns qui pratiquent le trekking là-bas en été, ils prennent leur sac à dos et partent en pleine nature. Et c'est ce que j'ai fait aussi. Il faut donc se laisser surprendre par beaucoup de choses. C'est une nouvelle situation à chaque fois. Tout n'est pas vraiment prévisible.

13:58Lucian Haas

Eh bien, je veux dire, tu fais probablement aussi du hike and fly dans les Alpes. Mais si tu y fais même des sorties de plusieurs jours, tu sais, en fait, dans chaque vallée où j'atterris, je croise un humain. Et je peux peut-être même m'acheter quelque chose à manger. Ou il y a un hôtel où je peux passer la nuit, non ? Oui, oui. Toutes les commodités. On peut certes se retirer joliment dans les montagnes, mais on est en fait très vite à nouveau à l'extérieur. Maintenant, le Groenland, c'est autre chose, c'est la nature sauvage. Oui, donc si tu quittes une fois ton point de départ, tu sais que pendant les prochains jours, je ne croiserai peut-être plus aucun humain. Comment te prépares-tu mentalement à ça ? Enfin, qu'est-ce que tu te dis dans ta tête ?

14:38Bjoern Klaassen

Alors, d'abord, j'ai un très grand avantage. Quand je suis au Groenland, je me sens très bien là-bas. Je m'y sens comme chez moi, je suis vraiment à l'aise. Et ça, disons, pour le mental, c'est déjà très bien. D'autres n'y arrivent pas. On a trouvé ou croisé plusieurs fois des traîneaux qui ont simplement abandonné parce qu'ils ne supportaient pas la solitude. Et j'avais l'habitude de voyager à deux. Avec ma femme, on a fait beaucoup de tours, ce genre de tours. Seul, la difficulté était évidemment tout autre. Quand on est seul, on est vraiment seul. Tu dois prendre tes décisions en totale solitude. La décision du trajet que tu choisis, la décision ensuite de ton point de départ, de la route de vol que tu prends et le fait d'atterrir en sécurité.

15:25Bjoern Klaassen

Et c'est un défi permanent. Mais au niveau mental, je dois dire que ce n'était pas le plus gros problème pour moi. Je m'y sens bien. Ça passe.

15:37Lucian Haas

Ça a vraiment un côté expédition. Tu es un explorateur, tu découvres peut-être de nouveaux recoins où tu te dis que personne n'est jamais monté sur cette montagne avant toi. Il y en a probablement des milliers, et seulement quelques personnes qui s'y aventurent. Et la plupart n'ont sans doute pas envie de grimper des montagnes tout le temps. Tu peux alors dire : je suis peut-être même le premier à avoir atteint ce sommet dont je viens de redescendre.

15:59Bjoern Klaassen

C'est une idée assez cool, d'être le premier humain quelque part, Lucian Haas. Mais en réalité, il est certain que tu marches sur des zones où aucun humain n'est passé avant toi. C'est une belle idée, certes. Mais il faut toujours faire attention à bien faire les choses. Pour cette expédition, selon moi, le vol n'était pas si dangereux en soi. Pour moi, c'était plutôt le fait de traverser, par exemple, des champs de neige. Je suis tombé deux fois dans un champ de neige. Et quand tu en sors, tu te retrouves face à des trous noirs. Ce sont des choses qu'il faut vraiment savoir évaluer. À l'avenir, j'ai contourné ces champs de neige. J'ai préféré grimper sur des pierres et choisir d'autres chemins pour que rien n'arrive.

16:49Bjoern Klaassen

Parce que tu peux te casser la jambe, te fouler le pied ou te déchirer un ligament en un instant. Et là, tu te retrouves en plein milieu de la nature sauvage. Et pour moi, une chose est claire : je ne veux jamais avoir à appeler l'hélicoptère. C'est théoriquement possible au Groenland, mais il faudra peut-être deux ou trois jours avant que quelqu'un vienne vraiment te chercher. Et c'est ce que je veux éviter.

17:11Lucian Haas

Si tu t'es déjà enfoncé quelque part dans la neige et que tu tombes bêtement sur le rocher en bas et que tu te casses peut-être la jambe. Tu as probablement un gros sac à dos sur le dos. Et ce genre de truc, c'est déjà super difficile de sortir d'un trou de neige comme celui-là, non ?

17:28Bjoern Klaassen

Oui, exactement. Alors là, il y a déjà un peu d'adrénaline dans le sang. C'étaient 25 kilos de bagages à traîner. C'est le parapente. Ça se fait normalement avec trois kilos. Mais la masse, c'était surtout la nourriture. Et emporter de la nourriture pour deux semaines, c'est un sacré défi. C'est tout de la nourriture lyophilisée. Et en fait, on sait déjà avant que ça ne suffise pas. Donc la nourriture que tu peux emporter est, en gros, bien trop peu. Et je m'en suis rendu compte à la fin de la tournée. Je suis devenu de plus en plus faible. Je n'avais pas assez de glucides, j'aurais aussi eu besoin de plus de sucre. Et là, ça devient un peu serré. Mais l'avantage, quand tu pars, c'est que le sac à dos pèse 25 kilos. Et chaque jour, le sac à dos devient en fait 600 à 800 grammes plus léger, parce qu'il faut bien manger quelque chose.

18:16Bjoern Klaassen

Et à la fin, c'est en fait un bagage très léger.

18:21Lucian Haas

Comment ça se passe concrètement ? Parce que tu dis qu'il t'a manqué de glucides. Quelle est la température là-bas ? Enfin, de quelle énergie a-t-on besoin juste pour supporter le froid, ou le froid modéré, au Groenland ?

18:34Bjoern Klaassen

Je n'ai pas vraiment eu très souvent froid. Une expédition comme celle-ci est toujours un compromis. Tu dois partir avec un équipement léger. Avec un sac de couchage, une tente légère, le plus de nourriture possible, la densité énergétique la plus élevée possible. Mais ce n'est pas aussi froid qu'on l'imagine. C'est en fait assez similaire à la Norvège. La nuit, il y a peut-être parfois du givre au sol. Mais en gros, il fait toujours entre 15 et 8 degrés. Ce n'est pas vraiment si grave. Et en fait, j'ai plus transpiré que j'ai eu froid. Lors des montées, parce que tu prends déjà beaucoup d'élan. Tu te mets vraiment dans le bain. Oui, exactement. Là, il faut vraiment se battre. Et ça marche. Oui, ce n'est pas si sauvage. Tout le monde pense toujours ça. Et beaucoup disent : tu ramènes de si belles images, tu fais de si belles conférences.

19:22Bjoern Klaassen

Mais au fond, avoir froid, c'est vraiment le cadet de mes soucis.

19:27Lucian Haas

J'ai essayé, en tout cas, de retracer un peu ton itinéraire sur Google Maps. Ou juste de me dire par où ça passait environ. Et je me suis dit : tu as fait une petite boucle. En fait, c'est vers l'ouest, puis vers le nord. Mais si tu mesures juste la ligne droite, tu n'as parcouru qu'environ 50 kilomètres. En ligne droite, oui, c'est ça. Combien de temps ça t'a pris ?

19:54Bjoern Klaassen

J'ai fait ce tour pendant deux semaines au total. Et j'ai aussi fait beaucoup de pauses. Des pauses forcées, parce qu'il y a eu deux jours de pluie où je ne pouvais pratiquement pas sortir de la tente. Et il y a eu quelques jours où j'ai installé un camp de base et où je n'ai commencé à monter en montagne qu'à partir de là. Et parfois, c'est comme quand tu entres dans une vallée latérale, je n'ai fait que cinq kilomètres. C'était vraiment peu. Mais tu dois te battre à travers les buissons, à travers la forêt. Le cœur de forestier est peut-être un peu content que la forêt pousse là. Mais la forêt ne fait que huit mètres de haut. C'est une forêt de bouleaux et de saules. Et tu dois te frayer un chemin. C'est une forêt dense. Et là, tu marches plus sur les branches, sur les arbres, que sur le sol.

20:40Bjoern Klaassen

Et c'est une lutte de dingue pour s'y frayer un chemin. Ça veut dire que tu te bats à travers les broussailles. Et les broussailles, c'est le couvert forestier en même temps. Oui, exactement. Ou parfois, il n'y a pas de chemins ou très peu de chemins, alors tu marches sur des rochers, sur des blocs, d'énormes blocs rocheux qui se sont cassés d'une manière ou d'une autre. Il faut les contourner ou les franchir. Et ça prend déjà pas mal de temps. Pour moi, il y a aussi un autre point : la longueur du trajet ne m'intéresse pas vraiment, pour être honnête. C'est plutôt l'expérience que je vis là. Et je ne suis pas du genre, comme le dit souvent le Bavarois, à ne penser qu'aux kilomètres ou à la distance. Ce qui m'intéresse dans un voyage comme celui-ci, c'est tout le reste. C'est la faune, par exemple les renards qu'on voit tout le temps, les lièvres polaires.

21:31Bjoern Klaassen

C'est la flore avec une superbe diversité végétale, comme on en connaît dans les Alpes. Et ce sont bien sûr des paysages époustouflants. Et c'est pour ça que je veux prendre mon temps. Par exemple, j'adore prendre des photos et aussi des vidéos. Et alors, je prends simplement le temps de passer une heure ou deux à juste photographier, sans monter nulle part.

21:51Lucian Haas

J'ai vu quelques-unes de tes photos. Et on voit, enfin au moins sur la photo, on dirait que tu t'es approché très près des renards, des lapins et tout ça. Ils ne sont pas craintifs ?

22:03Bjoern Klaassen

Le lièvre polaire n'est pas si craintif. Évidemment, il faut garder une certaine distance. Mais pour les renards, par exemple, j'étais à 100 mètres d'un terrier, j'ai monté ma tente et j'ai simplement attendu. Et si tu veux observer la nature, il faut simplement avoir du temps. Et les renards sont venus à un moment donné. Ils étaient curieux. Et puis, ils étaient en fait à seulement cinq mètres de moi. Et là, on peut bien sûr faire de belles prises de vue et aussi observer les renards tranquillement.

22:29Lucian Haas

À propos du temps, tu as aussi dit tout à l'heure que tu as dû rester plusieurs jours sous la pluie dans ta tente. Qu'est-ce qu'on se dit quand on reste coincé une journée entière dans sa tente au milieu de la nature, au Groenland, en se disant : « Je ne peux pas partir d'ici ou je vais être complètement trempé » ?

22:48Bjoern Klaassen

C'est une question amusante. À quoi pense-t-on alors ? Enfin, il y a bien sûr beaucoup de questions existentielles que l'on se pose peut-être. Qui suis-je ? D'où je viens ?

22:59Bjoern Klaassen

Ou alors, j'ai remarqué que ça m'apportait une grande satisfaction. Je me mettais à écouter de la musique, ma musique préférée, du piano. J'écoutais quelques podcasts. Je me suis vraiment occupé l'esprit. Je n'ai jamais ressenti d'ennui ou d'agacement parce que ça n'avançait pas ou qu'il pleuvait maintenant. Si tu portes ça en toi, tu n'es certainement pas bien ici. Il faut vraiment avoir du temps. Du temps pour voyager, du temps pour marcher. Et là, ça ne t'occupe plus vraiment. Ça ne te pèse pas.

23:34Lucian Haas

Mais tu y étais aussi pour faire du parapente. Tu as beaucoup marché, tu as admiré la nature, mais tu es aussi monté en montagne pour ensuite voler. Quel était le caractère de ces vols, au juste ? Est-ce qu'il y avait vraiment des vols de distance ou était-ce plutôt du genre : je monte une montagne ici et je glisse ensuite jusqu'à mon campement ?

23:53Bjoern Klaassen

Alors, sur cette tournée, j'ai vraiment eu un peu de mal avec la météo. On a déjà eu des périodes de deux ou trois jours superbes les années précédentes, avec de la thermique aussi. Mais cette fois, je n'ai pas eu cette chance. La plupart du temps, c'étaient des vols de pente ou des vols où je pouvais quand même prendre un peu d'altitude. Sur ma montagne cible, par contre, je suis resté plus longtemps. Cinq jours sur le Ula-Meer-Torsuak, sur ce pilier de granit de dingue. Et là, ça montait aussi à trois mètres par seconde. Donc je pouvais aussi faire demi-tour, faire de la thermique. Et en fait, les vols de distance sont aussi possibles au Groenland, j'en suis sûr. Si on s'y met et qu'on est prêt à marcher beaucoup. Si tu fais un vrai vol, tu y es. Si tu voles dans une direction précise, il n'y a pas de routes.

24:39Bjoern Klaassen

Soit tu te fais récupérer en bateau dans un fjord, soit tu dois continuer à marcher. Il n'y a pas vraiment d'autre alternative. Et sur ce tour, comme je l'ai dit, c'était plutôt du vol en "yoyo" : on monte la montagne à pied, on vole un peu vers l'avant, puis on continue à marcher vers la montagne suivante et on redescend en planant.

24:58Lucian Haas

Est-ce que ce serait seulement par rapport à l'idée, je veux aussi faire de la distance, que ce soit en marchant et en volant ou autre chose. Est-ce que ça aurait été le cas que, si tu n'avais pas volé du tout, tu aurais été plus rapide à pied tout seul que si tu disais : je monte d'abord la montagne, je plane un petit bout pour redescendre et avec tout le matériel à emballer, déballer, reballer et tout ce qu'il faut peut-être pour ça. Est-ce que ça aurait au moins valu le coup par rapport à l'idée du Hike and Fly, pour vraiment faire de la distance en volant, ça n'aurait probablement pas du tout valu le coup.

25:26Bjoern Klaassen

Ça n'en valait pas la peine. C'est vrai. Mais j'aime tellement voler, avec autant de passion, que j'ai accepté de prendre ce risque. On parle quand même de trois kilos et demi de matériel de parapente. Ce que j'ai emporté en valait la peine. Absolument. Le plus impressionnant, c'est que j'avais déjà repéré l'itinéraire avant. Je devais voler le long d'un fjord pour atteindre la vallée suivante. Et ça a marché. Un petit décollage sur une plaque de granit. C'est là que j'ai déployé l'aile. Au début, il y avait un peu de nuages. Le nuage m'a plusieurs fois englouti et à un moment donné, il s'est suffisamment élevé pour que je puisse décoller. Et là, le plan a fonctionné. J'ai pu voler le long du fjord et j'ai atteint mon point de destination. J'ai pu atterrir à la fin du fjord, au niveau de Talanfang, j'ai replié mon matos et j'ai continué ma marche.

26:17Lucian Haas

Comment gères-tu l'évaluation des risques dans ce genre de situations, même quand tu choisis des décollages et tout ça ? Est-ce que tu es beaucoup, beaucoup plus prudent que si tu étais, par exemple, dans les Alpes ? Ou est-ce que tu te dis qu'à un moment donné, tu te sens tellement connecté et chez toi au Groenland que ça devient relativement sans importance, que tu te dis : ça a l'air d'être un décollage correct, ça va marcher ?

26:39Bjoern Klaassen

Ça va marcher, je ne fais pas ça. Parce qu'on en a déjà parlé tout à l'heure, si tu te casses le tibia, c'est extrêmement désagréable. Donc, il faut savoir ce qu'on fait. Et il faut aussi avoir un plan B et un plan C à chaque fois. Par exemple, si je n'avais pas atteint le vol que je viens de décrire, l'atterrissage, j'aurais dû atterrir quelque part sur la pente. La pente était très raide. Ça descend sec vers le fjord. Atterrir dans l'eau n'est pas possible. Tu te tuerais. Et là, j'ai fait comme ça : j'ai parcouru la trajectoire un peu avant, je suis monté sur la montagne voisine, j'ai regardé, on peut atterrir là-dessous quand il y a la marée basse, par exemple. Et c'était bien comme ça. Et là, je suis très, très prudent. Je respecte énormément la chose.

27:25Bjoern Klaassen

Mais peut-être, oui, comment dire, on peut aussi avoir peur. Et la peur n'est pas si mal en fait quand le risque est trop grand. Pour mieux dire, il faut avoir du respect. La peur peut aussi te paralyser. Mais avoir un petit pincement au cœur, ce n'est pas mal, pour éviter de faire de grosses erreurs.

27:46Lucian Haas

Si tu es en route là-bas et que tu te retrouves coincé quelque part, tu as dit tout à l'heure que si on atterrit dans le fjord, il faut peut-être se faire récupérer ou, en dernier recours, appeler l'hélicoptère ou quelque chose comme ça. Mais il n'y a probablement aucun réseau mobile là où tu étais.

28:00Bjoern Klaassen

Il n'y a pas de réseau mobile. Comment est-ce que tu as fait ? J'avais un téléphone satellite avec un appareil InReach. C'est un super appareil, ça permet d'envoyer des e-mails en temps réel. J'avais quelques contacts et je prenais régulièrement des nouvelles. On pouvait aussi configurer son tracé sur cet appareil, avec un point toutes les 20 minutes. Comme ça, ceux restés à la maison pouvaient me suivre. Ou par exemple, j'ai aussi reçu des informations météo de la part de Robin. Il a énormément d'infos météo à la maison. Il regardait la météo tous les jours, comparait trois systèmes météo et m'envoyait ensuite son évaluation pour la journée. Est-ce que c'était bon pour voler, s'il y avait des thermiques, si des dangers apparaissaient, si ça allait devenir trop venteux. Et comme ça, j'avais une très bonne communication.

28:48Lucian Haas

Alors, le Groenland est probablement un continent insulaire, peu importe comment on l'appelle. C'est une île gigantesque où il y a probablement relativement peu de stations météo et autres. À quel point les prévisions météo provenant de ces modèles, que Robin t'envoyait en résumé, étaient-elles précises ? À quel point cela correspondait-il vraiment à la réalité ?

29:07Bjoern Klaassen

Ça a presque toujours correspondu à la réalité. Robin nous accompagne avec la météo depuis des années et il le fait toujours. Il nous envoie de nouvelles informations météo chaque jour, surtout quand ça devient critique. Et ça a toujours super bien marché. On peut le dire. Il compare différents systèmes météorologiques. Ça fonctionne. Même si c'est difficile au Cap Farewell. Là, deux systèmes météo vraiment sérieux se rencontrent. C'est la pointe la plus au sud du Groenland. Et le côté est du Groenland est complètement différent de celui de l'ouest. Et ces systèmes se percutent parfois. Et c'est difficile de les évaluer correctement. Mais il y arrive. Ça se passe généralement très bien. Je dirais que ses prévisions sont justes à 95 %.

29:52Lucian Haas

Mais si on regarde ça purement d'un point de vue géographique, c'est peut-être plus judicieux de ne pas rester précisément dans cette sorte de zone de transition météo au sud. Enfin, si on regarde ça géographiquement, si on disait qu'on veut voler en mer et peut-être faire de la longue distance ou quelque chose comme ça, il vaudrait peut-être mieux se diriger vraiment vers le côté de la côte ouest, non ?

30:09Bjoern Klaassen

Oui, ce serait peut-être bien. Mais c'est un pays très accidenté avec beaucoup de fjords. Il n'y a donc pas beaucoup d'endroits où on peut vraiment voler. Pour faire du cross-country, ce n'est pas du tout la bonne destination. Tu peux peut-être voler 20 kilomètres, ou 40, 50 kilomètres dans un fjord. Mais tu dois alors suivre une ligne précise. Et certaines zones sont tellement peuplées que si tu volais loin, tu ne pourrais plus en sortir. Il te faudrait quelqu'un pour venir te chercher. Et tu ne peux pas non plus emporter une quantité infinie de nourriture pour pouvoir tout faire à pied. Du coup, je me suis toujours préparé au cas où il faudrait tout faire à pied en cas d'urgence.

30:47Lucian Haas

Est-ce qu'on ne peut pas aussi pêcher là-bas ? Ou prendre une arme pour chasser et tout le reste ?

30:51Bjoern Klaassen

Oui, alors la pêche, ça marche très bien, oui. Les ombles, par exemple, sont parfois carrément un complément alimentaire. Quand on était en kayak, on pêchait de temps en temps et on a aussi sorti de très groslieu-fines ou d'autres poissons de l'eau. C'est un bon complément alimentaire.

31:09Lucian Haas

Qu'en est-il de

31:12Lucian Haas

Des ours polaires ? J'ai aussi trouvé un film en préparant ça, avec deux Australiennes en 2016, mais c'était sur la côte ouest, non, sur la côte est. Et elles avaient aussi un fusil et avaient fait exprès de construire une clôture de protection, ou un genre de barrière d'alerte, autour de leur tente. Au cas où un ours polaire s'approcherait trop près ou quelque chose comme ça, pour qu'elles puissent toujours l'entendre. C'était comment dans ton coin ? Est-ce que tu avais un peu peur qu'un ours puisse passer par là ?

31:39Bjoern Klaassen

J'avais déjà un peu peur. Quand je suis parti, un chasseur m'a déposé avec son bateau et il m'a dit, comme ça, non mais, tu as au moins un couteau avec toi ? Un ours polaire a été aperçu dans le fjord voisin. Et ça arrive de temps en temps sur la côte sud. Les ours polaires se déplacent avec la banquise. Et ce courant de l'est du Groenland tourne autour du cap Farvel, et parfois des ours polaires s'y mettent, même si c'est très, très au sud. Et la ville la plus au sud du Groenland s'appelle aussi Nanortalik, là où les ours polaires montent sur terre. Et cette année, il y a effectivement encore eu quelques ours polaires. Les années précédentes, il n'y en a eu aucune une année, et l'autre année, il y en avait huit qui étaient en déplacement dans le sud du Groenland.

32:27Bjoern Klaassen

Et on avait aussi une arme avec nous lors de nos excursions en kayak, une fois qu'on était allés assez loin au sud-est, au cap Farvel. Mais c'était surtout pour dissuader, pour pouvoir tirer des coups de feu d'avertissement si la situation devenait vraiment critique. On ne veut évidemment pas abattre d'ours polaire. Je pense qu'il est bien mieux, j'en ai discuté avec beaucoup de biologistes et de zoologues, d'emporter un spray anti-ours polaire ou grizzly. C'est en fait un spray au poivre dans une énorme bombe sous pression, et avec ça, tu peux projeter un véritable jet de poivre. Et avec ça, tu peux réellement faire fuir un ours polaire. Il faut dire que l'ours polaire est aussi le seul animal dont on doit vraiment avoir peur au Groenland maintenant.

33:13Bjoern Klaassen

Ça rend les choses... Tous les autres

33:14Lucian Haas

sont plus petits, non ?

33:15Bjoern Klaassen

Tous les autres sont plus petits. Bon, les bœufs musqués, tu ne veux pas forcément être tout près d'eux non plus, mais en règle générale, ils peuvent charger. Mais tous les autres sont vraiment plus petits. Cet ours polaire au sud du Groenland, pour avoir la malchance qu'il te tombe dessus et te mange, il faut vraiment avoir une sacrée poisse. C'est tout différent au Spitzberg, dans d'autres régions ou sur la côte est du Groenland.

33:37Lucian Haas

Eh bien, les années précédentes, quand tu étais en voyage avec ta femme, vous avez surtout pagayé le long de la côte en kayak de mer. Si tu devais comparer ces voyages maintenant, qu'est-ce que tu trouves le plus intéressant : se faufiler le long de cette côte groenlandaise en kayak, ou vraiment cette aventure où je traverse aussi la nature, je monte en montagne et je redescends ensuite en parapente ?

34:02Bjoern Klaassen

Oui, c'est une bonne question, Lucian. Alors, on peut carrément comparer. On a fait les deux, bien sûr. J'ai fait ce voyage en solo maintenant. Ce voyage en solo, il était unique pour moi. Être seul en chemin, ça demande aussi un peu de force mentale. Il faut savoir gérer ça. Les variations émotionnelles sont évidemment beaucoup plus fortes. À deux, c'est en fait plus beau, parce qu'à deux, tu peux partager les expériences et en discuter. Tu ne peux pas juste te parler à toi-même, parce que je l'ai remarqué, par exemple, en regardant mes vidéos. Je me suis vraiment parlé à moi-même. J'ai été tout surpris. Qu'est-ce que tu te racontais, au fait ? C'est marrant. Mais

34:44Lucian Haas

Est-ce que ça n'est apparu qu'après deux semaines, ce fait de se parler à soi-même, ou est-ce que c'était déjà le cas dès le début ?

34:50Bjoern Klaassen

C'était en fait dès le début. Je trouvais ça assez intéressant. Quand on voyage à deux, c'est plus agréable. On peut vraiment échanger. Et si je compare ça maintenant, kayak de mer ou parapente. Pour ma tournée d'entraînement cette année, je suis parti avec mon kayak de mer, on l'a laissé là-haut, on est restés une semaine d'abord en route pour s'entraîner et vérifier si tout fonctionnait ? Et j'avais aussi le parapente dans le kayak. C'était bien sûr une combinaison géniale, parce qu'on arrive en pagayant dans des fjords où on ne peut normalement pas aller du tout, et puis on monte la tente, on prend le parapente et ensuite, disons, comme

35:29Bjoern Klaassen

Utiliser la tente comme base et ensuite décoller pour monter et descendre dans les montagnes. C'était vraiment une combinaison géniale.

35:35Lucian Haas

Si tu compares maintenant ces deux équipements de sport, le kayak et le parapente, ils sont totalement différents, je sais, mais par rapport à ce qu'ils te procurent personnellement ou aux sensations que tu en tires, y a-t-il des points où tu trouves que c'est comparable et où se situe la principale différence pour toi sur le plan émotionnel ?

35:55Bjoern Klaassen

Oui, en fait, tu as tout à fait raison, on dirait bien que ce sont deux équipements sportifs complètement différents. L'un est sur l'eau et l'autre est dans les airs. Pourtant, c'est extrêmement comparable. Alors, quand tu pars en mer avec le kayak, c'est comme quand tu décolles avec le kite ou avec le parapente, et dans les deux cas, tu dois aller jusqu'au bout. Tu dois terminer ta traversée en mer, les vagues, il faut gérer tout ça d'une manière ou d'une autre, et tu dois aussi atterrir, et avec le parapente, ce n'est pas différent. Ton vol n'est fini que quand tu es au sol, et au sol en toute sécurité. Et les vagues, les turbulences, l'eau, c'est tout à fait comparable avec l'air. C'est en fait très, très similaire, je trouve.

36:35Lucian Haas

N'est-ce pas un peu plus prévisible, justement parce que l'eau est visible et que l'air ne l'est pas ?

36:40Bjoern Klaassen

Non, pas vraiment. Parfois, on est tombés avec le kayak dans des courants, des courants de fjord, qui nous ont complètement surpris. On a tourné un coin et soudain, des vagues se sont formées qui n'étaient pas du tout prévisibles pour nous. On est plutôt des gens de la terre ferme, on vient du sud de l'Allemagne, on fait de la longue traversée en kayak de mer, mais c'était souvent totalement inattendu, aussi les courants qui peuvent se former là-bas. Et quand on compare ça avec l'air, oui, on ne voit pas l'air, mais là, je pratique le parapente depuis beaucoup, beaucoup d'années, plus de 25 ans, je peux maintenant assez bien évaluer ça. Et ce sont deux choses qu'il faut apprendre, qu'il faut voir, qu'il faut peut-être aussi développer d'une certaine manière pour quelque chose, pour

37:26Bjoern Klaassen

Éviter les dangers. Et pourtant, on n'y arrive pas toujours. Avec le kayak, on a parfois fait des erreurs, comme être partis trop tard et alors le vent du fjord arrivait, puis la marée, c'est une grande amplitude de marée, trois mètres d'amplitude, et soudain tu as des courants et les vagues se forment, et là, il faut vraiment aller jusqu'au bout, quand tu plonges si profondément dans les vagues que tu ne vois plus ton partenaire, qui ne fait que réapparaître, ressortir du sommet de la vague, c'est assez drôle à regarder, mais c'est évidemment aussi un défi. Et en vol, en parapente, ça peut aussi être similaire. On n'évalue pas toujours la situation correctement. On essaie de l'expliquer et j'essaie encore et encore de m'expliquer pourquoi ceci ou cela arrive ou à quel point c'est turbulent.

38:16Bjoern Klaassen

Pourtant, je me sens peut-être un peu plus à l'aise en vol qu'en kayak. Pourquoi ? Parce que je vole depuis plus longtemps. Je vole énormément et je le fais avec passion. Je fais tout, du vol plané au vol thermique, en passant par le vol de distance. Le vol est pour moi l'une de mes plus grandes passions et c'est pour ça que je m'y sens vraiment chez moi.

38:35Lucian Haas

Parmi ces vols que tu as faits au Groenland, est-ce qu'il y en a un où tu te dis : « ça, c'était mon vol fort » — celui là-haut au-dessus de la glace, de la roche, du fjord ?

38:45Bjoern Klaassen

Oui, alors

38:47Bjoern Klaassen

un vol de vol que je n'oublierai jamais. Ce jour-là, je suis resté éternellement à courir dans un nuage sur la montagne. J'étais à plus de 1000 mètres et Robin m'avait donné la météo. C'était le meilleur jour de la semaine et j'étais là, dans le nuage, il pleuvait avec des lambeaux de nuages tout le temps, et à un moment donné, je me suis apparemment retrouvé au bord de ce nuage, j'ai regardé dehors et il faisait un temps magnifique. C'était juste que j'avais cette masse nuageuse devant cette montagne, et puis je suis sorti en volant pratiquement de cette montagne vers la lumière devant le nuage, et devant le nuage, je pouvais voir à perte de vue. Ça montait. C'était tellement époustouflant. Les sentiments que ça procure sont vraiment, vraiment

39:33Bjoern Klaassen

magnifique et un vol merveilleux.

39:36Lucian Haas

Combien de temps as-tu volé, ou c'était un vol sans notion de temps au final et tu ne le sais même pas, ou alors c'était...

39:43Bjoern Klaassen

C'est juste, tout va bien. Oui, certains vols duraient seulement 10 ou 20 minutes, et d'autres presque une heure. Donc quand il y avait des thermiques, tu pouvais déjà mettre les gaz. Mais tu as raison, c'est un peu intemporel, tout simplement. Parce que pour moi, l'idée de voler longtemps ou loin n'était pas la priorité, l'essentiel c'était de voler et toute cette expérience qui se mélange dans tout ça, c'est en fait pour ça que je fais ce voyage.

40:09Lucian Haas

Tu avais le GPS avec toi et tu as fini par enregistrer tes vols dans le VXC d'une manière ou d'une autre ? Pas pour obtenir plein de points, mais juste pour dire : regarde, je vous montre où on peut encore voler dans des endroits super, ou simplement par fierté, peut-être.

40:23Bjoern Klaassen

Lucian, tu me donnes une idée. Je devrais en fait encore mettre en ligne quelques vols, non ? Je les ai bien. Personne n'y a jamais volé et ils vont probablement être étonnés de voir qu'on vole carrément dans cette région.

40:32Lucian Haas

Oui, mais là, ça veut dire que le délai de 14 jours pour le téléchargement est déjà dépassé. Les

40:36Bjoern Klaassen

ce serait fini. Pour la compétition, ce serait fini. Oui, c'est exact. C'était déjà l'été dernier, non ?

40:42Lucian Haas

Bon, pour conclure sur ce sujet du Groenland. Si tu devais résumer ton expérience du Groenland en un seul mot, ou autrement dit, si tu devais dire ce qu'est le Groenland pour toi en un seul mot ?

40:57Bjoern Klaassen

Liberté. C'est le mot. La liberté. C'est beau. Enfin, la liberté que je n'aurais jamais ici en Allemagne. Quand on voit comment on se bat avec la loi sur le transport aérien. Il te faut une autorisation d'un État étranger pour pouvoir décoller en Allemagne. Ce sont évidemment des choses qui te limitent ici. Mais ici, il y a aussi plus de 80 millions de personnes qui vivent. Au Groenland, en dehors des zones habitées, il n'y a personne. Il n'y a pratiquement pas de lois qui te limitent, c'est en fait seulement toi-même, tes pensées ou autre chose qui te limitent. Tu peux faire et laisser faire ce que tu veux.

41:35Lucian Haas

Tu veux retrouver cette liberté ? Enfin, tu veux retourner au Groenland aussi ?

41:39Bjoern Klaassen

Absolument, oui. Je retournerai certainement au Groenland l'année prochaine. C'est en fait pour moi le meilleur pays que j'aie jamais visité. J'ai déjà beaucoup voyagé dans le monde. En Afrique du Sud, en Égypte, en Amérique du Sud à vélo. Mais le Groenland, c'est vraiment le top du top.

41:55Lucian Haas

Et est-ce que tu as déjà des projets spécifiques, vu tes expériences en avion, maintenant que tu dis que tu veux en faire encore plus dans ce sens ?

42:02Bjoern Klaassen

Oui, surtout avec le kayak de mer. Continuer vers le nord avec le kayak de mer. On n'a pas la chance de pouvoir prendre des mois de congé ou un demi-an, on doit juste rassembler nos vacances et partir quatre semaines d'affilée, toujours plus au nord. Et là, le paysage change aussi. C'est le plan : on fait ça tant qu'on en a envie. Mais c'est toujours un effort. C'est un défi. On le fait simplement tant qu'on s'amuse.

42:32Lucian Haas

Tu viens de dire que tu ne peux pas prendre un demi-an de congé. Est-ce qu'on peut seulement aller au Groenland pendant un demi-an ? Genre, se déplacer de manière pertinente ? Ou est-ce qu'à un moment donné, il y a tellement d'hiver que ça ne sert plus à rien ? C'est quoi la meilleure période, en fait, pour se déplacer au Groenland maintenant en tant que trappeur, en kayak de mer, ou peut-être aussi en parapente ?

42:50Bjoern Klaassen

En réalité, ce ne sont que trois ou quatre mois. Donc juin, juillet, août, et peut-être septembre pour la moitié. Et ensuite, les gelées nocturnes commencent et il fait froid. Début octobre, beaucoup de fjords gèlent. Et là, c'est évidemment fini. Donc, pour être vraiment pertinent, il y a quatre mois.

43:08Lucian Haas

Et pour les moustiques ? C'est comme en Suède, où on se fait piquer à mort en été ? Ou bien le Groenland est un paradis sans moustiques ?

43:16Bjoern Klaassen

Je voulais mettre Lucian Haas de côté pour l'instant, mais tu as raison, évidemment. Les moustiques, ils peuvent vraiment être agaçants. Il y a certaines nuisances qu'il faut simplement supporter. Et c'est pour ça que, tu l'as peut-être vu sur les images, dans certaines régions, tu dois porter une moustiquaire. Sur la tête. Une sorte de filet pour la tête. Parce que sinon, c'est tout simplement insupportable. Ce sont des moustiques qui te rentrent dans les oreilles, qui te grimpent dans le nez. Alors là, il te faut un filet. Sinon, tu ne tiens pas. Sinon, tu deviens un peu dingue. C'est vraiment parfois un peu pénible. Mais il y a aussi des zones, ou quand le vent se lève, alors tu n'as plus de moustiques. Donc on peut vivre avec. En fait, je me suis plutôt bien arrangé avec ça.

43:55Lucian Haas

Est-ce que les moustiques ne sont que dans les zones basses alors ? C'est-à-dire que si tu restes au niveau de la mer et que tu vas à la montagne, ils ne sont plus là ? Est-ce que c'est aussi une raison pour laquelle on peut dire : je préfère monter et peut-être aller faire de la plongée, parce que les...

44:08Bjoern Klaassen

Il n'y a pas de moustiques là-haut ? Non, malheureusement ce n'est pas le cas. Je suis déjà monté en montagne et ces moustiques m'ont poursuivi jusqu'au sommet. Incroyable. Le vent, c'est le mieux. Ou alors en mer, tu n'as pas vraiment de moustiques non plus. Donc quand tu vas pagayer, tu peux enlever ta moustiquaire. Là, tu es plutôt libre. Et ça dépend aussi un peu de l'année. L'année dernière, on était sur la bordure de la banquise à Nassau et il n'y a eu aucun moustique pendant des semaines. C'était presque imperceptible. Donc c'est très variable, mais j'ai toujours dû me protéger avec une moustiquaire.

44:44Lucian Haas

Laissons les moustiques de côté et changeons de sujet. Björn, tu n'es pas seulement connu comme le grand pilote en Islande, mais surtout par les gens comme responsable du département des zones d'atterrissage du DHV. Si on est tout à fait honnête, est-ce que tu trouves que les règles qui imposent que les zones d'atterrissage en Allemagne soient officiellement autorisées sont bonnes ?

45:08Bjoern Klaassen

En fait, je dois dire que ce serait idéal si on n'avait pas besoin de tout ça. Si je fais la comparaison directe avec le Groenland, c'est génial. Là, tu peux décider par toi-même. Tu dois peut-être parfois demander aux agriculteurs. Dans le sud du Groenland, il y a aussi des agriculteurs qui cultivent des pommes de terre et quelques autres trucs. Mais en dehors de ces colonies, tu peux décoller et atterrir partout. Personne ne te pose de questions. Et si on transpose ça à l'Allemagne, on est tout simplement trop nombreux. On est, comme je l'ai dit, plus de 80 millions de personnes. C'est ainsi que c'est réglementé. La loi sur le transport aérien, ce n'est pas le DHV qui l'a faite non plus. Elle a été faite, c'est amusant, il faut peut-être la sortir un peu plus longtemps, par le Land de Baden-Wurtemberg. Ils avaient porté plainte contre cette ancienne réglementation.

45:54Bjoern Klaassen

Avant 1993, en Allemagne, on pouvait en principe décoller et atterrir. Si le propriétaire du terrain était d'accord, que les lois sur la protection de la nature n'y faisaient pas obstacle et qu'aucun avion ou aéroport n'était touché, on pouvait décoller et atterrir. Si le propriétaire du terrain était d'accord. C'était à peu près comme ça que c'était en

46:11Lucian Haas

en Suisse et en Autriche. Et

46:14Bjoern Klaassen

En Allemagne, ce n'est plus le cas. Alors le Land de Baden-Wurtemberg a porté plainte et l'État fédéral a dû réguler ça à nouveau. Et à l'époque, il avait organisé ça de manière à ce que les offices de l'aviation des Länder ou le DHV reprennent l'homologation de ces terrains d'aviation. Et au final, le Land de Bavière a plaidé pour que ce soit le DHV qui assume cette tâche. Cette mission de gestion, celle d'homologuer les terrains d'aviation. Si

46:37Lucian Haas

Si tu pouvais décider de ça aujourd'hui, est-ce que tu aimerais changer quelque chose ? Ou est-ce que tu dirais que cette règle a encore certains avantages ?

46:44Bjoern Klaassen

La règle a aussi des avantages. On n'est pas si peu de pilotes, on est 40 000. Et même si on regarde d'autres pays, comme la Suisse par exemple ou l'Autriche, là où beaucoup volent, il faut organiser quelque chose. Il faut de toute façon s'arranger avec les agriculteurs. Il faut essayer de convenir de règles avec eux pour pouvoir atterrir sur cette prairie. Ensuite, il y a les communes, il y a la corporation des chasseurs, il y a beaucoup de lois sur la protection de la nature. Et si on regarde ça après 25 ans d'activité d'homologation du DHV, ça s'est en fait plutôt bien passé. Grâce au fait qu'on a homologué des terrains, on a une sécurité juridique qui nous permet d'y voler. C'est aussi établi dans ces zones. Si on regarde à quel point la protection de la nature gagne en importance maintenant, c'est-à-dire le mot d'ordre "zones FFH",

47:34Bjoern Klaassen

Pour les réserves naturelles, on serait souvent rayés d'un trait et on n'aurait plus le droit d'y voler. Parce que, par exemple, il est interdit par les règlements des réserves naturelles de décoller ou d'atterrir là-bas. Et comme nous avons un stock ancien de terrains, nous avons le droit d'y voler. C'est une sorte de protection pour les droits acquis. J'ai beaucoup d'exemples de terrains autorisés qui, si nous n'avions pas cette autorisation, auraient déjà été supprimés de notre inventaire. Parce qu'ils sont devenus des zones protégées entre-temps. Des zones de protection des oiseaux et d'autres. Et je pense que le processus d'autorisation nous évite parfois des choses ; c'était pénible et agaçant de les autoriser, mais ça nous évite...

48:19Bjoern Klaassen

... ça donne parfois des conflits interminables. Parce qu'on règle ça avec la protection de la nature, en disant qu'on ne peut peut-être pas survoler certaines zones ou qu'on ne peut les utiliser qu'à certains moments. Ou bien, comme je l'ai dit, on a un ancien stock de terrains qu'on peut survoler par défaut, parce qu'on bénéficie d'une protection de l'existant.

48:36Lucian Haas

Mais tu viens de dire tout à l'heure qu'on est 40 000 pilotes et que, dans certaines régions et pour certaines situations de décollage, c'est devenu assez serré et dense maintenant. Tu dis aussi que parfois les pilotes se marchent un peu sur les pieds et que des clubs arrivent en disant : « Non, on ne veut plus laisser voler que nos membres, parce que l'espace aérien est

48:55Bjoern Klaassen

là. Il est

48:55Lucian Haas

tropé ou quelque chose du genre. Ne pourrait-on pas, surtout si on pouvait un peu détendre les choses en disant qu'il n'y a pas cette obligation stricte d'une zone de vol ou d'un décollage, mais qu'on pourrait peut-être aussi décoller du versant voisin, et alors tout ça se détendrait un peu dans la plaine. Ne dirais-tu pas que si on fait le calcul, qu'on pourrait vraiment s'en sortir plus facilement comme ça ?

49:20Bjoern Klaassen

Oui, on provoquerait probablement encore plus de conflits. Enfin, j'ai vu ce qui s'est passé cette année avec le Corona, beaucoup de gens montent sur des montagnes ou, pour dire "beaucoup", il y en a quelques-uns qui grimpent sur les montagnes, descendent quelque part en volant, et ça produit malheureusement toujours de gros conflits. C'est avec les riverains, avec les chasseurs, avec les agriculteurs... Si c'était comme ça et que c'était toléré, et si la société acceptait ça, oui, ce serait bien sûr génial si on pouvait voler sur toutes les montagnes et si tout était un peu plus simple. Toutes ces procédures d'autorisation compliquées, ce n'est pas...

49:57Bjoern Klaassen

ce n'est pas très agréable pour nous, mais je pense qu'il y a une possibilité que nous le régulions nous-mêmes et que nous le fassions de manière positive. Nous devons aussi veiller à ne pas nous attirer seulement de l'opposition. Mais ta question est bien sûr légitime. Pourquoi ne peux-je pas voler ici comme c'est le cas en Autriche ? L'Autriche, la France, la Suisse, ils ont aussi un peu plus d'espace naturel et un peu plus de possibilités. Ce sont des montagnes qui ne sont pas habitées ou des zones où on ne se marche pas sur les pieds et où il y a un peu plus de tolérance. Ça a peut-être aussi un peu à voir avec le fait d'être Allemand, que tout doit être réglementé.

50:35Lucian Haas

Est-ce que tu vois encore des possibilités, malgré toutes ces règles, de délimiter davantage de décollages en Allemagne, ou est-ce qu'on est quasiment au maximum pour ce qui est des décollages, à peu près ? Ce qu'on a actuellement, on l'a et il faut qu'on arrive à le protéger d'une manière ou d'une autre, mais on ne peut pas vraiment s'attendre à bien plus que ça.

50:54Bjoern Klaassen

Ces dernières années, nous nous sommes toujours investis pour obtenir des sites de vol. Nous avons soutenu les clubs, les écoles de pilotage, mais aussi les particuliers pour autoriser de nouveaux terrains. Parfois, ce sont des processus très laborieux, mais parfois ça se passe assez simplement et positivement. Un exemple, ce sont les sites de décollage avec treuil. Je vois énormément de potentiel, surtout dans les moyennes montagnes et dans les plaines, avec le treuil. Il y a des dégueulantes excellentes, comme les huitres, ou alors NOVA a maintenant un treuil au départ qui a l'air très prometteur, et autoriser un site avec treuil est en fait plus facile qu'un site en pente quelque part. Les pentes sont généralement dans des zones protégées, en zone de protection du paysage, en réserve naturelle ou en zone de protection des oiseaux.

51:39Bjoern Klaassen

Si on se replie sur des zones comme des champs cultivés ou des prairies en plaine, qui peuvent aussi être très thermiques, alors on a une opportunité d'autoriser de nouveaux sites et de créer une certaine décongestion. Je suis allé voler en Frise orientale avant-avant-hier, d'ailleurs c'était très, très intéressant. On peut aussi y voler de manière thermique excellente ou faire de longs vols en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. C'est une tout autre façon de voler que dans les moyennes montagnes ou en zone alpine. Mais là, tu peux voler devant ta porte, et c'était en fait toujours notre philosophie au DHV : créer autant de sites que possible pour toutes les régions d'Allemagne,

52:24Bjoern Klaassen

pour pouvoir voler près de chez soi. Pour ne plus avoir à aller dans les Alpes ou à parcourir de longues distances. C'est certainement aussi une contribution à la protection de la nature et de l'environnement si nous avons beaucoup de sites disponibles dans toutes les régions d'Allemagne.

52:39Lucian Haas

Ce qui manque au vol en treuil, c'est ce que tu as en montagne. Tu peux faire du hike and fly en solo et te dire : je pars juste faire une petite sortie ce soir, je monte sur la montagne et je pars voler une fois de plus. Pour le remorquage en treuil, tu as en fait toujours besoin d'au moins une personne pour conduire le treuil, qui te tire vers le haut, la voiture pour le treuil de décollage ou autre chose. Peut-être même encore le chef de départ, donc au moins deux autres personnes. L'effort est donc toujours beaucoup plus important. Vois-tu des possibilités pour que cela devienne encore plus simple à l'avenir ?

53:10Bjoern Klaassen

Eh bien, il y a quelques fabricants de treuils qui préparent maintenant le remorquage en solo et c'est justement le cas pour celui-ci. Je sais que beaucoup le feraient. Si tu avais la possibilité de te faire remorquer en solo, il y a bien sûr plusieurs choses qui doivent fonctionner, mais en principe, la technologie est déjà à un point tel que ce serait une possibilité pour aller voler en autonomie en plaine. Et il y avait aussi l'aide à la montée électrique, que nous avions déjà préconisée et encouragée il y a dix ans. Mais jusqu'à présent, ça n'a jamais vraiment décollé.

53:46Bjoern Klaassen

En gros, tu as un sac à dos, un système qui pèse au moins 10 kilos, plutôt 15, voire vers les 20 kilos, c'est très encombrant. En fait, tu as un parapente motorisé qui te tracte vers le haut, même si c'est propulsé par électricité. Ça peut t'apporter un peu de liberté, mais c'est aussi payé par un effort considérable. Le plus beau dans le vol, c'est en fait le vol libre, comme tu viens de le décrire. Monter à la montagne à pied, décoller, s'engager dans la thermique et partir. Et c'est parti vers le haut.

54:17Lucian Haas

Ce qui t'occupe beaucoup aussi, c'est la thématique de l'espace aérien et la manière dont nous, en tant que parapentistes, sommes limités par plein de choses ou pas. Et une chose, quand on regarde vers l'avenir, pas seulement ce qui est peut-être possible techniquement avec les treuils et tout ça, mais aussi du côté de ce qui est toujours un sujet, c'est le développement de la technologie des drones et les exigences qui pourraient venir de ce côté de l'industrie, qui diront : on veut aussi faire voler nos drones et ils vont encore plus encombrer notre espace aérien. Et surtout dans les altitudes où nous, en tant que parapentistes, évoluons vraiment. Qu'est-ce que tu attends là ?

54:49Bjoern Klaassen

Alors, si je regarde à cinq ans dans le futur, je ne m'attends pas à grand-chose de positif. Je dois être tout à fait honnête. La technologie des drones va augmenter et il y a des déclarations extrêmement différentes. Il y a déjà cinq ans, on disait que dans cinq ans, des drones voleraient partout. Que ce soit pour la livraison de colis ou des vols avec passagers. Ça n'est pas encore arrivé, mais c'est poussé par l'EASA, donc par l'autorité européenne,

55:16Bjoern Klaassen

Donc, si je regarde à cinq ans dans le futur, je ne m'attends pas à grand-chose de positif. Je dois être tout à fait honnête là-dessus. La technologie des drones va augmenter et il y a des déclarations extrêmement divergentes. Il y a déjà cinq ans, on disait que dans cinq ans, des drones voleraient partout. Ce serait pour la livraison de colis, pour le transport de personnes. Ça ne s'est pas produit jusqu'à présent, mais c'est massivement poussé par l'EASA, donc par l'autorité européenne de l'aviation, et aussi par l'industrie des drones, pour que les drones s'installent dans l'espace aérien. Et on voit déjà un peu ce qui se passe aux États-Unis. Et ça finit généralement par déborder sur l'Europe. Là-bas, l'agence américaine, la FAA, l'a déjà largement autorisé. Et l'idée de l'industrie des drones est d'avoir autant d'espace aérien que possible. Au début, il ne s'agissait que d'une zone jusqu'à 150 mètres au-dessus du sol et de certaines trajectoires qui y seraient survolées. Et pour nous, en tant que pilotes VFR, en tant que pilotes de vol à vue, il y a le risque massif qu'ils s'approprient un espace aérien que nous ne pourrons plus du tout utiliser. Jusqu'à présent, le droit aérien est très, très libéral. Nous avons l'espace aérien golf et ECO, où nous pouvons voler librement.

56:02Bjoern Klaassen

C'est aussi une énorme réussite du DHV que d'avoir obtenu cet espace aérien. Tout n'est pas si mauvais en Allemagne. On peut utiliser l'espace aérien jusqu'à la zone de vol 100 dans les plaines. Ça, c'est bien au-dessus de 3 000 mètres. C'est une grande réussite. Et d'autres essaient de nous disputer cet espace aérien qui est pourtant libre. Donc si l'aviation commerciale ou le vol de drones commerciaux augmente, ils ont des idées sur la façon de l'utiliser. Et surtout pour les drones, on peut supposer que les systèmes seront capables de voler de manière autonome un jour. Et on préférerait, je peux le dire très franchement, certainement qu'on nous laisse voler dans certaines zones, peut-être dans des zones de vol avec un périmètre de trois kilomètres, et que tous les autres secteurs soient alors libres pour les drones et autres possibilités, c'est comme ça que certains se l'imaginent.

57:00Bjoern Klaassen

La possibilité technique serait certainement d'avoir, pour parler simplement, une sorte de mini-transpondeur avec soi, qu'on allumerait pour que les drones et les autres avions puissent voler autour de nous.

57:13Lucian Haas

D'après ce que tu observes dans le débat politique actuel, vers quels chemins penses-tu que ça va aller ? Est-ce qu'on va se retrouver dans quelques années avec des sortes de réserves de vol pour les parapentistes, où on peut encore circuler librement, mais où notre instrument se mettrait immédiatement à biper comme pas possible dès qu'on sort du géofencing ? Ou est-ce que la technologie sera vraiment telle qu'ils pourront dire : « Allez, vous aurez tous un petit transpondeur, un appareil Farnet ou un ADS, peu importe la puce dans vos appareils, il faudra qu'il émette en permanence » et que ces drones seront alors conçus pour que ça fonctionne, pour qu'on puisse circuler les uns autour des autres avec l'appareil ?

57:57Bjoern Klaassen

Oui, je peux imaginer que ça finira par quelque chose comme devoir avoir un appareil avec nous pour pouvoir survoler certaines zones. Donc la grande liberté qu'on a maintenant, elle n'existera probablement plus dans 10 ou 20 ans. Mais je suis en fait plutôt quelqu'un qui regarde l'avenir de manière positive et si on négocie intelligemment et si on s'arrange avec ça d'une manière ou d'une autre, on ne peut pas l'empêcher, alors il y a sûrement des possibilités de le faire avec une puce ou avec un appareil, et les appareils deviennent de plus en plus petits, pour signaler au drone qu'ils volent autour. Ici, il y a un obstacle aérien ou là arrive un appareil aéronautique, alors ils doivent s'écarter. Mais la discussion va être difficile. Je le remarque aussi maintenant avec l'aviation commerciale.

58:43Bjoern Klaassen

Il y a quelques années, c'était beaucoup plus libéral, mais il y a eu énormément de pression lors des négociations avec la Deutsche Flugsicherung, où nous sommes tous assis à la même table, tous les acteurs de l'aviation, et nous sommes fondamentalement les derniers de la chaîne alimentaire, alors que nous sommes le plus grand groupe. Nous sommes presque 40 000, les planeurs sont environ 30 000, et nous nous sommes d'ailleurs très bien arrangés avec eux et nous nous sommes alliés avec la fédération allemande de vol en planeur pour essayer de nous défendre sur ce point. Mais on remarque aussi que l'aviation commerciale et aussi, en partie, des secteurs de la navigation aérienne veulent de plus en plus d'espace aérien protégé. Par exemple, l'année dernière ou il y a deux ans, il y a eu un cas avec un parapente qui circulait dans l'espace aérien Echo, tout à fait légalement, et

59:29Bjoern Klaassen

un avion de Lufthansa qui s'est approché très près du parapente. Et c'est la raison pour laquelle on a maintenant créé une TMZ, une zone transpondeur, dans l'espace aérien de Nuremberg, et nous ne pouvons plus vraiment utiliser cet espace comme on le faisait auparavant. Et la tendance est,

59:48Bjoern Klaassen

que les approches soient complètement protégées, au moins pour les grands aéroports et aérodromes à l'avenir, et que cette zone disparaisse pour nous. Donc, particulièrement dans ta région, Lucian, là où tu habites par exemple, dans le coin de Bonn, du Rhin, de la Sieggebirge, bien sûr, il y a beaucoup d'aéroports. Il y a Cologne-Bonn, il y a Düsseldorf, il y a Dortmund. Ça devient de plus en plus difficile de conserver son espace de liberté là-bas. On sent que ça devient de plus en plus étroit. Même la Bundeswehr, elle va de plus en plus utiliser des drones, de moins en moins d'avions et de plus en plus de drones. Et on peut le constater maintenant, comme dans la Forêt bavaroise tout récemment, la Bundeswehr délimite simplement une zone, une zone restreinte, et ils y utilisent des drones.

1:00:36Bjoern Klaassen

On ne nous demande pas vraiment notre avis là-dessus. Et on doit essayer, par une bonne discussion et aussi par une volonté d'utiliser la technologie, de nous justifier pour pouvoir continuer à voler.

1:00:51Lucian Haas

D'un point de vue politique, considères-tu que la thématique des drones est actuellement la plus grande menace pour la pratique du parapente ?

1:00:59Bjoern Klaassen

Oui, pour le moment, c'est ça. Beaucoup de choses se passent en arrière-plan. Mais si on regarde un peu les coulisses, on voit que dans certaines administrations, tout est en train d'être préparé pour établir le vol de drones. Le ministère des Transports allemand veut aussi promouvoir le vol de drones et l'industrie. Ils doivent être les premiers à ouvrir la voie. C'est là que je vois, pour nous, le plus grand danger. Donc, je pense que c'est moins une question de terrain ou de problématique géographique. On a quand même 1000 sites de vol dans notre inventaire. Je pense plutôt que la situation de l'espace aérien va devenir problématique pour nous si nous ne sommes pas bien positionnés. Ça veut dire qu'on devra peut-être tous aller au Groenland dans 10 ou 15 ans pour voler en toute liberté. Oui, mais je veux dire, il y aura certainement aussi dans d'autres pays européens que le vol de drones aura lieu.

1:01:46Bjoern Klaassen

Donc

1:01:49Bjoern Klaassen

La question de l'espace aérien est toujours un sujet sensible, on critique toujours le système allemand, tout est tellement stressant. Mais quand je le compare aux autres pays, nous sommes toujours plutôt bien positionnés en Allemagne. Comme je l'ai dit, nous pouvons utiliser relativement librement l'espace aérien Golf, l'espace aérien non contrôlé et même l'espace aérien contrôlé Eco jusqu'à la zone de vol 130 au bord des Alpes et jusqu'à la zone de vol 100 en plaine. C'est déjà beaucoup. Et là, la règle est simplement de voir et d'être vu. Donc, les appareils à moteur doivent laisser la priorité aux appareils sans moteur. C'est assez libéral, mais je remarque de plus en plus la tendance. Ça va un peu contre nous. Il faut donc, comme je l'ai dit, bien se positionner. Et de la part du DHV, nous sommes ici en équipe. C'est Helmut Bach qui s'en occupe, il est chez Lufthansa.

1:02:34Bjoern Klaassen

Capitaine, il a piloté un 380. Il parle aussi le langage du contrôle aérien et des autres compagnies, ce qui est évidemment très bien pour se positionner de manière à ce que nous ayons une voix forte.

1:02:44Lucian Haas

Si tu regardes ton propre avenir de pilote, où te vois-tu dans dix ans ?

1:02:51Bjoern Klaassen

Comme je l'ai dit au début, je suis un passionné de vol. Ça fait plus de 25 ans que j'adore faire du parapente ou de la voile. Et je suis sûr que dans dix ans, je volerai toujours avec autant de passion. Le vol, pour moi, c'est vraiment le plus important.

1:03:06Lucian Haas

Et si tu imaginais qu'il y avait encore un super coronavirus, qui annoncerait un confinement hyper sévère dont on ne sait pas combien de temps il va durer. On n'aurait plus le droit de voler du tout, mais tu aurais avant ça un vol gratuit que tu pourrais demander, comme si une fée te l'offrait. Quel serait ce vol, celui où tu te dirais : « Ce serait le vol final que je ferais avant tout » ? Quel vol aimerais-tu demander ?

1:03:33Bjoern Klaassen

Oh, alors je décollerais ici au Weilberg et je survolerais les Alpes vers le sud. Ce serait mon souhait, mon rêve. J'espère pouvoir le réaliser aussi, sans confinement ni histoires de ce genre, mais ce serait vraiment le truc ultime : survoler toutes les chaînes alpines vers le sud et atterrir là-bas, quelque part sur le versant sud, dans le Tyrol du Sud.

1:03:54Lucian Haas

Alors, je te souhaite que ce vol se fasse aussi sans la super Corona ni quoi que ce soit d'autre, que tu puisses vraiment le réaliser et réussir une fois cette grande traversée des Alpes avec ton approche. Merci pour ton récit sur les belles histoires du Groenland, le continent de glace, et aussi pour ce petit aperçu sur l'avenir malheureusement peut-être pas si beau, bureaucratique et envahi par les drones pour le parapente. Merci pour tout ça et je te souhaite tout le meilleur.

1:04:21Bjoern Klaassen

Oui, merci beaucoup, Lucian. À toi aussi.

1:04:29Lucian Haas

C'est tout. C'était Björn Claßen en conversation avec Lucian Haas. Si vous voulez en savoir plus sur les aventures de Björn au Groenland, vous pouvez relire ses récits de voyage des dernières années sur le site internet www.media-montana.de www.media-montana.de. Björn propose également des conférences multimédias sur le Groenland. Dans les notes de cet épisode de podcast sur Lu-Glidz, vous trouverez d'autres liens autour du thème du parapente au Groenland. Vous avez aimé ce podcast ? Alors recommandez Podz-Glidz et Lu-Glidz. Pour ne manquer aucun épisode, vous pouvez abonner Podz-Glidz dès maintenant dans votre podcatcher. Sinon, vous trouverez tous les épisodes précédents du podcast sur Lu-Glidz et Soundcloud ainsi que sur les plateformes audio connues comme Spotify, iTunes, Google Podcasts, etc.

1:05:16Lucian Haas

Mais n'oubliez pas que si vous devenez un contributeur de Podz-Glidz et Lu-Glidz, vous aidez à ce que de nombreux autres épisodes intéressants puissent y être diffusés. D'ici là, je vous dis encore ciao ou mieux, en groenlandais, Bye. Ciao.

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