C'est ce genre de "pourquoi" ou "est-ce que j'ai fait quelque chose de mal" ou quoi que ce soit, ça va probablement durer le reste de ma vie, mais c'est aussi correct et je pense que c'est là le point crucial : il faut accepter ce "c'est ok" pour soi-même. Parfois c'est plus fort, et parfois c'est presque inexistant, mais ça ne change rien si on ne trouve pas la réponse et qu'on sait que c'est tout simplement impossible à élucider, et ça ne joue en fait aucun rôle dans le dysfonctionnement.
Podz-Glidz, le podcast Lu-Glidz.
Des histoires du cosmos du parapente.
Aujourd'hui avec Simon
von Fischer et
Je suis Lucian Haas.
Le parapente peut vous mettre dans des situations que personne ne souhaite, même si elles se terminent bien. Par exemple, vous prenez une grosse fermeture en faisant du parapente en thermique à proximité du relief. Le voile pivote précisément vers les rochers. Peu après, vous vous retrouvez suspendu au-dessus du vide, tenu seulement par quelques suspentes fines de votre aile, qui s'est accrochée à trois minuscules arbres sur un petit éperon rocheux.
C'est exactement ce qui est arrivé au Suisse Simon von Fischer en août 2021. Le fait que le quadragénaire puisse nous raconter son expérience tout vivant dans ce 98e épisode de Podz-Glidz montre que l'histoire s'est bien terminée et sans séquelles physiques durables.
Mais... personne ne pourra sans doute passer outre un tel incident sans laisser de traces. Même dans l'âme de pilote, des cicatrices peuvent subsister. De petites blessures à l'ego ou, disons, des nids-de-poule dans l'enthousiasme que l'on ressent pour le vol à partir de ce moment-là. Tout cela fait partie du risque résiduel de notre si beau sport. On a juste tendance à l'occulter et on en parle bien trop rarement. À moins de faire comme Simon et d'en parler.
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Simon, si je vois bien, c'est ton anniversaire demain. C'est vrai, oui. Est-ce que c'est en fait ton deuxième anniversaire que tu fêtes cette année ? C'est...
je l'ai déjà souvent entendu depuis l'événement. Mais en fait, c'est toujours mon anniversaire normal. L'autre, c'est un peu... quelque chose d'autre.
...entre les deux. Si on appelle l'autre événement un truc entre les deux, disons que c'est ton deuxième anniversaire officieux ou quelque chose comme ça. Qu'est-ce qui s'est passé de spécial ce jour-là ?
Oui, ce jour-là, j'ai simplement exploité ma chance maximale en restant coincé sur cette paroi rocheuse et en pouvant revenir auprès de ma famille, de mes amis ou en général dans la vie, quasiment sans blessure, oui.
Tu es resté coincé sur la paroi. On va laisser ça en suspens, comme un cliffhanger dans une série télé. Tu es resté coincé sur la paroi, mais avant d'en arriver au moment où tu pourras nous raconter ce qui s'est réellement passé, parle-nous un peu de toi. Depuis quand est-ce que tu pratiques le parapente et quel genre de pilote es-tu ?
Alors, je fais du parapente depuis 2016. J'ai commencé parce que je m'intéressais beaucoup à la randonnée et au vol. Je viens un peu du milieu des sports de montagne, avec l'escalade, les courses en haute montagne et tout ça. Et là, j'ai bien sûr rencontré beaucoup d'autres personnes qui font aussi du parapente. Et pour moi, l'option de monter à pied et de redescendre en volant me semblait être un moyen de descente très pratique. Et oui, ça m'ouvrirait de nouvelles possibilités.
Et côté pilotage, je ne pense pas être vraiment du genre compétiteur. Je fais ça avant tout pour moi, comme un outil supplémentaire dans la pratique de la montagne. Je ne suis pas du tout dans une démarche compétitive, disons.
Ça veut dire que, par nature, c'est plutôt le Hike and Fly qui passe avant pour toi ?
C'était l'objectif initial, exactement. Bien sûr, plus tard, la thermique, oui, elle vous emporte, comme son nom l'indique. Et oui, on commence à prendre goût à ça. Mais l'idée de départ était plutôt en lien avec le fait d'aller vers des sites de décollage inconnus et pas forcément de monter en téléphérique.
Ce 11 août, pour ton, comme je l'ai dit, deuxième anniversaire informel, tu voulais aussi faire du Hike and Fly. C'était quoi le plan ?
Onze avons convenu de faire un Hike and Fly dans la vallée de Lauterbrunnen. J'étais avec un ami avec qui je faisais souvent des Hike and Fly. Et la veille, on avait fixé un objectif, vers la Rothalhütte, comme ça s'appelle là-bas.
Et on n'avait pas prévu grand-chose en réalité. On voulait juste monter là-haut. C'était déjà une idée que j'avais depuis un moment, de pouvoir décoller là-bas. Alors on est partis, même si la météo n'était pas encore top. Les prévisions n'étaient pas si mauvaises, mais il faisait encore assez nuageux et même un peu humide par endroits. Mais on ne s'est pas stressé pour ça.
Et on est d'abord allés au restaurant, parce que les conditions ne permettaient pas encore de commencer la montée. On a attendu une heure ou quelque chose comme ça. Et quand on est ressortis, la météo s'était améliorée et le soleil est apparu. On savait qu'il nous restait encore au moins deux, deux heures et demie, trois heures de montée. Et là, il fera bon pour voler. Et c'est comme ça qu'on a commencé à marcher.
Tu as dit la vallée de Lauterbrunnen, tout le monde ne l'a peut-être pas en tête. C'est déjà une vallée très imposante par sa structure. À quoi ça ressemble là-bas ?
Alors, quand on... quand on vient de Lauterbrunnen, on peut voir cette belle vallée en forme de U sculptée par les glaciers, où les parois rocheuses montent de quelques centaines de mètres à droite et à gauche, avant de s'incliner vers les sommets en haut. On voit énormément de photos sur Instagram de la vallée de Lauterbrunnen, parce que c'est un peu comme un pays de contes de fées avec des cascades et tout ça. C'est vraiment un endroit spécial. Ça
C'est aussi là que beaucoup de gens font du basejump et ce genre de trucs. Tout simplement parce qu'il y a ces beaux points de saut et que tu as vraiment une chute verticale de 300, 400 mètres, en gros, depuis les rochers, où tu peux juste sauter dans la vallée et atterrir en toute sécurité en bas.
Exactement. C'est souvent un peu un défi pour les parapentistes, qui doivent faire attention à ne pas entrer en collision avec ces gens. Mais il existe aussi des accords spécifiques sur les moments où ils peuvent sauter et quand il ne faut pas survoler la paroi rocheuse.
Mais il y a probablement aussi des zones de saut spécifiques que l'on connaît à peu près, et où l'on sait qu'on doit absolument faire un détour.
Exactement. Et justement, il y a aussi des horaires convenus où les basejumpers n'ont pas le droit de sauter. Et en général, on ne devrait pas voler avec le parapente trop près des parois là-bas.
Alors, vous êtes montés là-haut. Était-ce vraiment de l'escalade en quelque sorte sur la paroi ? Ou est-ce qu'il y a aussi des zones dans la partie arrière de la vallée où on peut faire de la randonnée normale, pour ainsi dire ?
Oui, alors on est montés sur le côté opposé de la célèbre paroi rocheuse avec les dévers. Et la paroi là-bas, ce n'est pas de la roche continue comme de l'autre côté. Il y a en fait aussi des sentiers de randonnée tout à fait normaux, balisés blanc-rouge-blanc, qui montent là. C'est parfois difficile à imaginer quand on regarde d'en bas, mais il y a bien un chemin pour monter. C'était en fait vraiment de la randonnée en montagne classique, si on veut.
Et y a toujours des possibilités de départ, genre des replats entre les passages où on peut juste s'élancer ? Ou comment ça se passe ?
Alors, il faut d'abord franchir quelques mètres de dénivelé, parce que c'est parfois rocheux et boisé. Mais une fois qu'on est un peu plus haut, la pente devient meilleure. Il y a aussi parfois des pentes herbeuses et tout ça, où on peut déjà trouver de bons endroits pour décoller.
Où avez-vous commencé ? À mi-hauteur ou vous êtes montés jusqu'en haut ?
C'est en fait le sentier qui mène à la Rothalhütte. Un peu plus bas, il y a ces alpages herbeux. C'est peut-être les trois quarts du chemin jusqu'à la cabane, exactement.
Et on peut bien commencer là ?
On peut super bien commencer là. C'est en fait très agréable, c'est bien orienté, il n'y a pas d'obstacles et tout ça.
Et votre décollage s'est aussi bien passé ?
Exactement, on a d'abord fait une petite pause là-bas parce qu'on avait bien sûr eu une longue montée. Et on a d'abord un peu observé comment les autres volaient, enfin les autres parapentes, surtout ceux qui venaient de l'autre côté. Et oui, vers deux heures environ. C'est quand on a décollé avec des conditions pratiquement parfaites. Un peu d'ascendance, mais pas trop, et aussi dans la bonne direction, c'était en fait sans aucun problème.
L'air était vraiment agréable et c'était sympa de planer en profitant d'un peu de thermique ou d'une légère assistance.
Exactement, oui, c'était comme on pouvait le souhaiter. Au moins au décollage. Pour la thermique, on s'attendait à ce qu'il y en ait encore un peu plus au début.
Mais on n'était pas partis pour faire de la thermique en soi, donc ça ne nous a pas vraiment dérangés.
Si tout était si agréable, est-ce que la situation a quand même changé pour toi, disons, comme par hasard, d'un coup ? Qu'est-ce qui s'est passé exactement ? Comment est-ce arrivé ?
Ce n'était pas si soudain en fait. On a décollé, c'était comme je l'ai dit, très agréable. Et on est juste entrés, parce que parfois on fait ça, on se dit que j'aimerais bien prolonger mon vol un peu, et on a alors suivi cette paroi rocheuse.
De votre côté, là où vous avez décollé, ou vous êtes passés de l'autre côté, là où c'est très raide ?
Non, du côté même, parce que si on était passés de l'autre côté, on aurait probablement été déjà trop bas. D'accord.
C'était aussi un peu plus actif thermiquement, d'après ce que j'ai compris. En tout cas, c'était déjà un peu saccadé pour voler. Au début, on a un peu perdu de l'altitude et après c'est devenu mieux. Mais on ne pouvait pas juste monter tranquillement sans rien faire. Il fallait tenir un peu et parfois c'était assez saccadé. Donc il y avait... Ça n'est pas arrivé d'un coup plus tard, mais en fait, fondamentalement, ce n'était pas... Oui, ce n'était pas si extrême que je me sois dit avant : je veux juste m'en aller d'ici ou quelque chose comme ça, pas du tout.
C'était agité thermiquement, mais on peut dire que c'est de la thermique normale, à peu près.
Exactement, oui. Là, il faut un peu anticiper, précisément.
En continuant mon vol, j'ai fini par apercevoir ce tandem qui montait bien. Je l'ai suivi, il avait aussi une bonne montée. Je me suis ensuite retourné quelque part et, en revenant, au même endroit, ça a monté plus fort qu'avant.
Au début, je n'ai pas vraiment réalisé ce qui se passait, jusqu'à ce que je sorte soudainement de cette thermique et que mon aile ait fait un gros saut vers l'avant. Et à ce moment-là, j'ai su... j'ai déjà su, oh, quelque chose de très mauvais va probablement arriver.
Tu t'attendais déjà à la fermeture, à peu près.
Oui, en fait, déjà. Mais j'attendais plutôt une fermeture avant, ce qui n'a malheureusement pas été le cas. C'est vraiment le côté vers la paroi qui s'est replié. Ce qui s'est passé exactement, je ne sais pas, parce que c'est allé tellement vite.
La chose suivante, quand j'ai repris conscience... Ce que j'ai perçu, c'est que je me balançais d'une certaine manière sur le côté vers l'arrière contre cette paroi rocheuse. Et là, ça a déjà fait un énorme bruit et c'était déjà fini. Ensuite, j'étais suspendu là.
Devant la paroi rocheuse ?
Devant la paroi rocheuse, exactement. Et j'ai fini par lever les yeux et vu que mon aile s'était accrochée dans de petits arbres. Parce que cette paroi rocheuse, elle...
...qui est en fait parcourue par des petits talus comme ça. Et puis il y avait peut-être encore 20, 30 mètres de falaise. Et puis encore un éperon, la probabilité était donc grande que je finisse par atterrir quelque part sur un tel sol à un moment donné. Mais j'ai eu la chance de m'accrocher avec mon aile aux arbres les plus bas d'un tel éperon.
Maintenant, pour clarifier l'image. Ton aile est coincée en haut dans les arbres. Tu es juste suspendu verticalement, tu es encore dans ton sellette, mais tu ne es pas assis, enfin, tu n'es pas juste à côté du sol, tu es suspendu dans le vide. La paroi rocheuse est juste à côté de toi, mais en dessous, ça descend tout droit jusqu'au fond de la vallée, ou est-ce qu'il y aurait encore eu d'autres marches ? Donc si maintenant ton aile, peu importe pourquoi, était déchirée ou quelque chose comme ça et que tu continuais à tomber, tu... Est-ce que tu serais peut-être tombé sur la marche suivante après 20 mètres ou à quoi ça aurait ressemblé ?
Oui, ça aurait été pratiquement la même chose. Il y avait d'autres gradins. Je pense que la distance jusqu'au prochain aurait été d'environ 50 mètres, ou quelque chose comme ça. Mais je ne pendais pas à un kilomètre au-dessus du fond de la vallée en plein air. Je balançais, je dirais, je pouvais toucher la paroi rocheuse avec mon bras. Ce serait... Ce serait quand même très raide en dessous après, et ça n'aurait probablement pas été très bon si j'avais encore fait tomber les derniers mètres avant de m'écraser.
Oui, donc 50 mètres, ça fait déjà une sacrée chute pour l'impact qui aurait suivi. Est-ce que tu te rappelles encore, je trouve ça intéressant, est-ce que tu te rappelles tes premières pensées dans cette situation ? Tu te prends la paroi rocheuse, tu restes suspendu là, tu réalises que tu es suspendu là. Qu'est-ce qui te vient à l'esprit, qu'est-ce qui te traverse la tête ?
Alors, ma première pensée a été : putain, est-ce que c'était vraiment nécessaire ? Et juste après, en fait, aussi : qu'est-ce que je vais dire à ma femme à la maison ? C'étaient en fait les deux premières pensées que j'ai eues, exactement.
C'est dingue en fait. Tu es toujours en danger de mort et la première chose à laquelle tu penses, c'est pas « putain, comment je peux m'assurer ici ou un truc du genre », mais plutôt « oh, qu'est-ce que je vais dire à ma femme ? ». C'était pas nécessaire.
Exactement, c'était ce moment où on ne peut pas contrôler ses pensées. L'idée de m'assurer moi-même m'est venue plus tard, bien sûr. J'ai aussi essayé de me tirer vers la paroi rocheuse. Comme j'aime aussi grimper, j'ai pensé pendant un court instant que je pourrais peut-être monter de deux ou trois mètres. Grimper et m'asseoir là-haut, mais j'ai rapidement abandonné l'idée parce que je savais que non, je n'étais pas dans un état où j'avais des idées responsables et que je préférais laisser tomber ça. J'ai ensuite tiré mon accélérateur d'une manière ou d'une autre et je l'ai accroché sur une petite saillie rocheuse pour être un peu plus assuré en plus.
Ironiquement, mon téléphone a sonné juste après, et c'était ma femme au bout du fil. Mais je me suis dit, d'accord, on passera cet appel plus tard, quand je serai vraiment de retour en sécurité sur le sol.
Ça veut dire que tu n'as pas décroché ?
Non, je pense que ça aurait été trop fort pour elle.
Est-ce qu'elle a pressenti que quelque chose se passait ? Enfin, vous avez une telle connexion qu'elle s'est dit : « Hé, il faut que je l'appelle » ?
Non. Non, je pense que c'était plutôt que d'habitude, quand je suis en déplacement, je donne des nouvelles plus tôt, genre pour dire que je suis arrivé ou quelque chose comme ça. Et ce jour-là, ça a duré un peu plus longtemps que d'habitude et elle s'est dit qu'elle allait peut-être appeler pour demander. Pas forcément dans le sens « est-ce qu'il t'est arrivé quelque chose », mais juste pour voir où j'en étais, en gros.
Tu avais dit que tu étais accompagné d'un pote pilote avec qui tu avais grimpé là-haut. Est-ce qu'il a tout vu, lui ? Est-ce qu'il était assez proche pour voir exactement ce qui t'est arrivé ?
Eh bien, je pense qu'il l'a un peu vu à l'œil parce qu'il était aussi sur la crête, et après il a vite décollé vers le milieu de la vallée et a probablement juste vu que j'étais accroché à l'arbre. Et on était encore en contact radio parce qu'on était connectés. Il m'a demandé s'il pouvait faire quelque chose, genre s'il devait donner l'alerte ou un truc comme ça. Et j'ai dit que non, en fait je pouvais très bien le faire moi-même, parce que j'arrivais assez facilement à atteindre mon téléphone et j'ai simplement alerté moi-même le service de secours aérien à partir de là.
Exactement.
Et elle t'a sorti de cette situation périlleuse ?
Exactement. En fait, d'où j'étais, on avait un contact visuel avec l'héliport de Lauterbrunnen. C'est pour ça qu'ils sont arrivés assez vite. Ils sont d'abord venus vers moi en hélicoptère pour voir quelle était la situation. Ils sont repartis, puis sont revenus plus tard avec la longe. Deux secouristes se sont alors installés au-dessus de moi sur ce promontoire. L'un s'est attaché à un arbre et a fait descendre l'autre vers moi. Et il m'a aussi attaché. Une fois qu'on était tous, en quelque sorte, fixés quelque part, l'hélicoptère est revenu et m'a récupéré, moi et le secouriste qui était avec moi, avec la longe.
Et plus tard, ils sont revenus chercher l'autre sur le promontoire.
Pour ce vol en hélicoptère, tu es sorti de ton sellette ou tu as volé avec le sellette ?
Ils ont en fait accroché leurs mousquetons directement aux miens, ceux de l'avion. Donc je suis en fait resté accroché comme ça, exactement.
Et pour l'aile, ils ont coupé tous les suspentes ou qu'est-ce que vous avez fait ?
Oui, au début, le plan était de pouvoir emmener le voile un peu avec nous pendant la montée. Mais il était tellement emmêlé que seul... un voile a pu aider. Tout ça pour dire que le voile finit par se déchirer ou quelque chose comme ça. Pendant que j'étais suspendu au voile, je savais en fait, d'accord, ça tient. Et je n'ai pas paniqué comme si la situation pouvait changer, parce que je pense que c'est plutôt dans les films que ça se déchire petit à petit, fil après fil, et qu'à la fin...
Oui, on tombe alors. Je pense que la plus grosse contrainte, c'est quasiment au moment de l'impact. Et si ça tient à ce moment-là, alors ça continuera de tenir. C'était mon raisonnement.
Qu'est-ce qui est arrivé à l'aile ? Elle est toujours coincée là-haut dans l'arbre ?
Non, ils ont pu m'en donner un morceau dans le hangar en bas. Et pour le reste, ils l'ont récupéré plus tard et ont probablement juste jeté le truc. Et le morceau que j'avais encore à la maison, je l'ai en fait mis à disposition dans un magasin de sport local, parce qu'ils peuvent servir ça pour réparer d'autres vestes et tout ça.
Ils utilisent le tissu pour ça. Exactement. OK, alors ton aile a une deuxième vie en quelque sorte. Plus ou moins. Comme tu as reçu une deuxième vie, ton aile en a aussi eu une. Est-ce que tu as eu des dommages physiques suite à cet impact, vu que tu as frappé violemment contre ce mur rocheux, des trucs que tu n'as peut-être même pas remarqués au début ?
Oui, alors au début, j'ai pensé que je n'avais aucune blessure et que j'avais juste pris un sacré coup. Il s'est avéré que j'ai été examiné par le médecin d'urgence en bas et que, petit à petit, alors que l'adrénaline retombait, j'avais déjà de très fortes douleurs à la cage thoracique. Je suis ensuite arrivé à l'hôpital en voiture normale et ils ont fait des radios et d'autres petits tests pour voir si j'avais des blessures internes ou quelque chose comme ça.
Et là, ils n'ont pas pu constater de fractures ou quoi que ce soit. Les côtes étaient cassées, plus ou moins, mais ce n'était pas si douloureux. Elles n'étaient pas déplacées ou quoi que ce soit, donc on n'aurait de toute façon rien pu faire. Que ce soit juste une commotion ou une fracture, ça n'a pas vraiment d'importance.
Elles finissent par se ressouder proprement, d'une manière ou d'une autre.
Oui, on ne peut pas vraiment faire grand-chose. Avant, on recevait parfois une sorte de corset pour éviter de trop bouger la cage thoracique en respirant. Mais en fait, on n'en a pas vraiment besoin. On a juste assez mal pour respirer pendant cinq semaines. Après
Est-ce que c'était fini pour toi aussi après cinq semaines ?
Oui, plus ou moins. Enfin, physiquement, je pense que j'étais déjà d'aplomb après quatre semaines, je pouvais déjà faire de petites randonnées et tout ça. Le problème, c'était plutôt parfois les éternuements, par exemple, c'est toujours violent. Mais sinon, c'était déjà fini assez vite, du moins physiquement, exactement.
Ça veut dire, pas de maladies physiques ? Oui, pas de séquelles physiques durables. Et pour les dommages psychologiques ? Quel genre de scénarios ont tourné dans ta tête après l'incident ?
Oui, alors au début, c'était un peu bizarre pour moi, parce qu'on s'attendrait à ce que j'aie un genre de scénario d'horreur, des cauchemars ou quelque chose comme ça. Mais en fait, ça ne m'a pas semblé si grave. Pour moi, c'était pas très concret. Et aussi, d'une certaine manière... Enfin, je n'ai jamais paniqué dans la paroi rocheuse. Ou je n'ai jamais eu ce moment où je me suis dit : "là, je meurs" ou quelque chose du genre. Je n'ai rien eu de tout ça. C'est pour ça que j'étais un peu sceptique au début, pour savoir si c'était seulement possible.
Je pense que c'est venu petit à petit, le fait que j'aie réalisé à quel point j'avais de la chance, en fait. Et aussi que ça m'a influencé par la suite. Et pour l'avion, je ne le savais pas encore à la première étape.
Les questions qui reviennent, est-ce que ce sont des questions où tu te remets en question ? Ou est-ce que c'est aussi des trucs où il s'agit beaucoup de comment les autres me voient ?
Donc, il s'agit peut-être aussi d'un sentiment de honte, de se dire : il m'est arrivé quelque chose, je ne suis peut-être pas un bon pilote. Les autres pensent maintenant que je suis, enfin, que j'ai mal piloté, que je me suis accroché à la paroi rocheuse.
Alors je savais que je n'étais pas, oui,
comment dire... je ne suis pas le genre de personne qui prend des risques inconsidérés, par exemple.
Et c'est pour ça que je n'ai jamais eu de problème à exprimer ce qui s'est passé. Pour moi, le fait que ça m'arrive n'a pas dévalorisé mes compétences de pilote. J'ai réalisé plus tard que je n'avais probablement pas fait le maximum pour gérer une telle situation, et je ne sais pas si ça a joué un rôle. Parce qu'on ne sait pas, ça a pu être simplement un risque résiduel. On ne peut pas savoir si j'aurais pu éviter précisément cette situation avec plus de cours SIV ou autre. Mais pour moi personnellement, c'était déjà le fait que je,
après, j'ai fini par savoir qu'à un moment donné, si je veux voler en thermique et faire des vols de cross-country, je dois avoir plus de temps pour ça et faire plus d'efforts pour pouvoir en assumer la responsabilité moi-même. Parce que là, j'aurais fait le maximum de ce qui est réalisable de mon côté. Et au moment où l'accident s'est produit, je ne l'avais pas fait. Donc, j'avais en fait un retard de formation.
Est-ce que tu as reçu des critiques de la part d'autres pilotes ou quelque chose du genre ? Ou est-ce que tu as entendu, peut-être indirectement, des voix critiques ?
Non, en fait pas du tout. Je pense qu'en racontant les choses de mon propre chef et en allant vers les gens, j'ai plutôt eu des retours positifs, genre « c'est cool que tu en parles », « c'est bien que quelqu'un le dise enfin », et tout ça. Et en fait, personne ne m'a jamais dit : « ouais, tu n'aurais pas dû voler » ou « tu n'étais pas en état de piloter » ou quelque chose du genre. Je n'ai jamais entendu ça, en fait.
Tu as aussi contacté assez rapidement un coach mental. Benz Erbt, il était déjà passé dans le podcast aussi. Pourquoi ?
Je ne sais pas. Je savais qu'il ne fallait pas prendre ce genre de choses à la légère, même si on peut avoir l'impression du contraire. Et ce que j'espérais, ou du moins ce que j'espérais avant, c'est peut-être d'en apprendre un peu plus sur le fait que c'était responsable ou si j'en étais responsable ou non. Un peu comme ça. Je voulais en fait un peu appuyer mon évaluation de la situation sur l'avis d'un instructeur de vol, parce que Benz Erbt est aussi instructeur de vol. Et oui, j'espérais un peu obtenir une sorte de confirmation de mon évaluation.
Quelles conclusions en as-tu tirées ? Est-ce que tu as fait quelque chose de mal ou était-ce vraiment juste le soi-disant risque résiduel qui t'a simplement touché ?
Oui, c'est drôle, mais ce n'est pas du tout définissable. Et c'est pour ça que c'était bien d'aller voir le mental coach, parce qu'il a pu me montrer, d'abord, qu'il ne pouvait pas me donner la solution à cette question ou la réponse à cette question. Et que je n'aurai probablement jamais cette réponse dans toute ma vie. Et que ce "pourquoi" ou "ai-je fait quelque chose de mal" ou quoi que ce soit, ça va probablement rester. Ça va probablement être là pour le reste de ma vie. Mais c'est aussi OK. Et je pense que c'est le point crucial, qu'il faut accepter ce "OK" pour soi-même.
Et c'est parfois plus fort, et parfois c'est presque inexistant. Mais ça n'a pas d'importance si on ne trouve pas la réponse et qu'on sait que c'est tout simplement insoluble, et que ça n'a finalement aucun impact.
Ok, ça veut donc dire aussi qu'il faut être d'accord avec ce risque résiduel qui est toujours présent dans les sports aériens. Il faut l'accepter.
Absolument. Et je pense que vu la façon dont j'ai voyagé jusqu'à présent, j'ai toujours eu le sentiment de savoir qu'il y avait un risque résiduel. Mais avec le recul, je dirais qu'on ne peut pas vraiment le savoir ou l'accepter, parce que c'est quelque chose de différent. Parce que si on a un accident, mais ce n'est pas grave. Il faut simplement en être vraiment conscient et, plus ou moins, être en paix avec soi-même sur ce qu'on a fait et ce qu'on en retire, en quelque sorte.
Est-ce que tu as sérieusement pensé à arrêter de piloter après cet incident ?
Pas du tout, au début. Pour moi, il était important que ce vol accidentel ne soit pas mon dernier vol. Oui, parce que je n'ai rien fait de mal au décollage qui m'aurait mis en danger ou quelque chose du genre. J'étais simplement plus ou moins au mauvais endroit au mauvais moment. Peut-être avec un peu trop peu de compétences, mais ça, on peut le mettre de côté. Mais ce n'était pas le vol en soi qui était dangereux pour moi, c'était plutôt... j'ai toujours fait cette comparaison : si tu nages dans une rivière, c'est plus dangereux que si tu vas à l'eau depuis un quai dans un lac calme.
C'est pour ça que l'option Hikefly était toujours là pour moi, parce que je savais que je n'avais jamais eu de problèmes par temps calme jusqu'à présent. Et j'ai aussi assez de compétences pour le faire de manière à ce que ce soit, en fait, responsable pour moi. Et c'est pour ça que je voulais absolument aller voler à nouveau.
Et toi aussi. C'était quand ton premier vol, finalement ?
Mon premier vol était en janvier. J'ai accompagné mon ancienne école de vol pendant une journée et j'ai en même temps testé une nouvelle aile que je me suis dit que ce serait pour le futur. Donc une aile de classe A légère. Et comme on pouvait s'y attendre, cette journée s'est en fait très bien passée. Je n'ai pas eu peur en volant. Bien sûr, au décollage, c'était un peu plus stressant qu'à l'accoutumée. Mais je pense qu'on a aussi cette sensation quand on n'a pas volé pendant plusieurs mois et qu'on se retrouve au décollage, on est plus stressé que d'habitude quand on vole beaucoup, beaucoup.
C'était vraiment une très belle expérience de voir que j'avais bien analysé la situation, que ça ne me poserait aucun problème et que je n'aurais pas peur en l'air ou quelque chose comme ça.
Et depuis, tu vueles à nouveau régulièrement ?
Depuis, j'ai eu environ peut-être cinq jours où je suis allé voler. Une fois, j'ai encore testé une aile, plus tard en mars. Là, j'ai fait genre quatre ou cinq vols en une journée.
Plus tard, j'ai testé une autre aile, plus tard en mars. Et après, j'ai aussi fait une ou deux sorties en hikefly. Et ces derniers mois, c'était encore un peu moins. Plus ou moins, parce que je n'ai pas souvent le temps avec un petit enfant. Et quand il fait beau, j'ai envie de tout faire en même temps. Et ces derniers temps, j'ai parfois même privilégié l'escalade.
Mais j'ai bien l'intention de recommencer à voler.
Tu as un petit fils. Exactement. J'en connais quelques-uns qui, quand ils ont eu des enfants en bas âge, ont dit : « Je préfère ne plus voler pour l'instant » ou quelque chose comme ça. Mais ce ne serait pas une raison pour toi.
Oui, maintenant après l'accident, ce serait peut-être plutôt une raison. Mais aussi surtout parce que je ne peux pas y consacrer autant de temps que je le voudrais pour me dire, moi-même, que maintenant je suis responsable. Que je voyage de manière responsable. Et pas forcément parce que je trouve que prendre l'avion est soudainement devenu beaucoup plus dangereux à cause de l'enfant. Bien sûr, on a une responsabilité supplémentaire en tant que père. Mais il y a aussi la personne que l'on est. Et si tu es constamment malheureux de ne pas pouvoir prendre l'avion, tu n'apportes pas grand-chose pour l'enfant non plus.
Si tu es une personne triste, alors tu dois peut-être faire plus d'efforts pour que ça te đi, pour que tu te sentes bien d'aller voler, exactement.
Alors, tu as dit que tu faisais de l'escalade. Et que ces derniers temps, tu es plutôt allé grimper plus souvent qu'aller faire du parapente ou des trucs du genre. Comment évalues-tu les risques ? Qu'est-ce qui est fondamentalement plus risqué, l'escalade ou le parapente ?
Oui, je pense que le parapente est probablement plus dangereux en termes de risque résiduel. Surtout, je pense qu'il y a une différence entre être simplement... quelque part dans les airs ou être encore un peu relié aux rochers quelque part. Alors bien sûr, en montagne, il peut toujours arriver qu'une pierre tombe ou quelque chose comme ça. Je prends aussi ce risque résiduel. Mais là où je vais grimper, enfin je ne suis pas un méga grimpeur d'aventure ou quoi. Je fais peut-être quelques voies sportives très connues. Et là, je pense que le risque résiduel est plus élevé en faisant du parapente.
Tu as aussi décrit ton incident dans un rapport plus long sur le site de Chillout Paragliding. On peut donc tout relire là-bas. Ça montre que tu es prêt à... enfin, tu es tout à fait prêt à rendre cette histoire publique. Dans le milieu du parapente, il y a encore beaucoup de gens, je connais aussi, quand il leur arrive quelque chose, ils préfèrent le cacher sous le tapis et ne pas vouloir en parler ouvertement ou quelque chose comme ça. Qu'est-ce qui te pousse à dire, non, je veux justement... que l'on parle de ce genre de choses ?
Je ne peux pas dire exactement ce qui me pousse à le faire, mais je dois avouer que j'ai parfois développé une sorte d'attitude anti-parachutisme sur les sites d'atterrissage avant. Quand des gens que je ne connaissais même pas venaient me voir pour me raconter des trucs du genre : « Tu as aussi remarqué là-bas, sur cette colline, qu'il y a des turbulences par ici et par là », je partais quand même voler parce que je m'étais rendu compte que ce n'était pas le cas. Quand je voyais qu'il y avait trop de vent ou autre chose, je me disais : « Bon, si je vole là-bas, je vais voir ce que ça donne », et je ne sais pas, j'essayais de trouver un peu ma voie, et si ça ne marchait pas et que ça devenait trop pour moi, alors je m'en allais.
Je n'ai pas besoin d'arguments, enfin, qui me feraient bien paraître, et je me suis souvent dit qu'il aurait été bien que l'un ou l'autre dise simplement : « Ouais, je n'en avais aucune idée, j'ai juste eu de la chance » ou « Je suis juste parti parce que c'était devenu trop pour moi » ou quelque chose comme ça. Ça m'a parfois un peu dérangé et j'ai trouvé ça un peu désagréable d'être entraîné dans des discussions comme si je comprenais parfaitement ce qui se passait, alors que je n'ai jamais eu de problème à dire : « Ouais, je suis débutant, je n'en sais rien ».
Si tu regardes la scène, les gens avec qui tu vas voler, que tu remarques aussi à l'atterrissage, que dirais-tu, combien d'entre eux comprennent vraiment ce qui se passe ?
Oui, c'est très difficile à évaluer parce qu'on ne sait pas quel est le but de chaque pilote, en quelque sorte. Je trouve que c'est un peu comme avec le groupe de risque, l'évaluation des risques en parapente. Ça dépend tellement de ce que tu décides pour toi-même, quand tu décolles ou non et où tu fais de la longue distance ou non. C'est pour ça que c'est assez difficile à évaluer, mais je peux bien imaginer que beaucoup de gens, comme moi, étaient déjà en train de pratiquer avant l'accident,
...faire des choses qu'ils ne feraient peut-être pas s'ils avaient cette connaissance. Mais, oui, je ne reprocherais jamais ça à qui que ce soit, parce qu'on n'a tout simplement pas cette connaissance et ce n'est pas forcément nécessaire de l'avoir. Alors, j'ai aussi eu beaucoup de malchance. Il y a des gens qui volent depuis plus longtemps que moi et qui prétendent être plus téméraires que moi, et ils n'ont pas eu d'accidents jusqu'à présent. Et quand on s'assoit parfois sur un décollage et qu'on regarde un peu, on peut bien remarquer que beaucoup de gens ont parfois aussi un peu de chance.
Oui, pas seulement parfois. Je dirais que dans très nombreux cas, on peut dire qu'il y a une grosse part de chance dans la façon dont certaines personnes s'en sortent dans certaines situations, ou quand l'aile fait encore quelque chose de sympa pour elles, quand elle finit quand même par s'ouvrir ou quelque chose comme ça. En tant que pilote, tu as en fait plutôt empêché l'aile de te sauver. C'est gentil qu'elle l'ait quand même fait au final. Si tu as réfléchi et analysé ton incident plus longuement de ton côté, quelles conclusions en as-tu tirées pour toi et pour ta pratique du vol ?
Oui, certainement en premier lieu, je ne ferai plus de vols de distance pour le moment. Et c'est justement parce que je n'ai tout simplement pas assez de temps pour m'entraîner comme il le faudrait.
Et que je suis certainement plus conservateur avec les décollages et les conditions météo, et tout ça, où je dirais peut-être encore plus souvent : « Eh, aujourd'hui, ça ne va pas aller ». Et peut-être que ce qui a changé ces derniers mois, c'est ce sentiment que je vais toujours voler. Ça pourrait bien changer. Je pense que ce ne serait plus si tragique pour moi, maintenant, d'arrêter de voler pendant un certain temps, au moins.
À quoi est-ce dû ?
Oui, tout simplement parce que je n'ai pas ce temps-là ou que je ne veux peut-être pas m'y consacrer, parce que j'aime aussi faire d'autres choses et parce que c'est aussi là que l'entourage est toujours un peu sceptique quand ils savent que je vais encore prendre l'avion. Ou quelque chose comme ça. Il y a déjà certains parents, beaux-parents et ainsi qui ne sont pas très réjouis, parce qu'ils n'ont peut-être pas analysé ça aussi précisément que moi.
Tu as fait ton analyse et tu en as tiré tes propres conclusions. Qu'est-ce que tu dirais si d'autres personnes écoutent ça, lisent ton récit ou quelque chose du genre ? Qu'est-ce qu'elles pourraient ou devraient en retirer pour elles ? Quelle leçon générale peut-on tirer de ton incident ?
En tout cas, je dirais qu'il faut se poser la question : si quelque chose m'arrivait et que j'avais la chance de survivre, est-ce que je pourrais me dire que j'ai fait de mon mieux, que j'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour être aussi en sécurité que possible ? Est-ce que j'avais assez d'expérience, est-ce que j'avais suivi des cours de sécurité et est-ce que j'avais analysé toutes les conditions météo ? Est-ce que j'avais aussi rafraîchi mes connaissances par moments avec des cours ou quelque chose du genre.
Just so you can tell yourself, hey, we always take a risk in everything we do, but I did my best to keep it as small as possible. That's what stresses me out a bit sometimes when I think back on that accident: that I didn't do enough to be sure that it was only a residual risk, and that I wasn't able to resolve that situation. And then I would also certainly say,
Cette quête de ces ailes de classe supérieure, je considère aussi cela comme un gros facteur de risque, même si, en théorie, elles deviennent toujours plus sûres. Mais en fait, ce n'est pas vraiment nécessaire, à moins que l'on veuille participer à des compétitions. Mais d'après ce que j'ai compris, c'est déjà très répandu de passer assez vite à des classes supérieures. Et plus on vole et qu'il ne se passe rien, plus on a peut-être envie d'aller encore plus haut, plus vite. Je trouve ça parfois un peu dommage, parce que les ailes actuelles volent en fait plutôt bien.
C'est vrai. Tu es un homme très réfléchi. D'où ça vient ?
Je ne sais pas. Il faudrait, je ne sais pas, peut-être demander à mes parents.
Je ne sais pas. J'ai parfois tendance à développer des positions anti, comme je l'ai déjà évoqué plus tôt. Si quelqu'un dit mille fois qu'il préfère écouter cette radio-là, alors j'ai envie d'écouter exprès l'autre. Ou je ne sais pas, j'ai toujours envie de décider moi-même de ce que je trouve bien ou pas.
Un peu aller à contre-courant ?
Oui, aussi.
Mais pas de manière extrême, là.
Est-ce que c'est aussi le fait que tu dis qu'on en parle si peu que, justement pour cette raison, tu veux en parler pour donner l'exemple ?
Oui, absolument. J'ai certainement déjà eu cette idée. Si je peux quelque chose, alors j'en ai d'autant plus envie.
Si ton exemple était l'école et que beaucoup de gens commençaient à raconter leurs petits et grands incidents, les erreurs qu'ils ont commises ou à les analyser de manière analytique et tout ça, est-ce que tu dirais, puisque tu dis que tu nages toujours à contre-courant, pas toujours, mais volontiers à contre-courant, que tu ne le ferais plus ? Ou est-ce que tu dirais plutôt, non, c'est une super évolution ?
Oui, enfin, il ne s'agit pas du tout que tout le monde raconte le plus possible chaque petit incident au monde entier.
Pour moi, il s'agit plutôt de ne pas forcément avoir besoin de cette compétitivité pour les incidents que l'on rencontre, et de pouvoir simplement avoir de la chance sans avoir à s'en sentir honte ou avoir le sentiment d'être un mauvais pilote à cause de ça, ou quelque chose comme ça. Ça dépasse même en fait le parapente. On a des discussions similaires, par exemple, quand un homme travaille à temps partiel et qu'on dit qu'il ne subvient pas aux besoins de sa famille, et ainsi de suite. Tout ce concept de...
s'écarter de la norme est toujours perçu comme quelque chose de mal, et alors, non, chacun est comme il est et la plupart ne sont pas en fait comme la norme sociale veut que tout le monde le soit. Et c'est pour ça que je trouve ça bien quand on peut en parler et quand beaucoup le font, alors on sait aussi que soi, on peut s'intégrer partout, en tout cas, sans avoir à se déguiser.
Tu as encore un rêve d'aviation ?
Je n'ai rien de spécial prévu à ce sujet. J'aimerais surtout pouvoir continuer à profiter de ces vols de fin de journée au coucher du soleil et tout ça, c'est ce que je veux garder pour le futur, mais sinon, je n'ai pas de vol particulier que je voudrais encore réaliser.
Les vols de fin de journée au coucher du soleil, c'est probablement ce que la plupart des pilotes peuvent le plus apprécier au final, quand ils arrivent à s'autoriser à le faire et à ne pas se dire qu'il faut que ce soit un énorme vol de distance, mais ce sont souvent ces petits vols qui caressent l'âme et dont on tire quelque chose de vraiment génial pour soi.
Simon, je te remercie pour ton récit, pour ton honnêteté, pour ton ouverture, et c'est super que tu aies eu assez de chance pour pouvoir encore en parler aujourd'hui. J'espère que certains pourront en tirer quelque chose et commencer à réfléchir pour eux-mêmes : d'accord, quel risque résiduel suis-je prêt à accepter, ou qu'est-ce que je peux éventuellement faire pour pouvoir dire à la fin que, sur cette partie, ce n'était pas ma faute, parce que soit je me suis entraîné davantage, soit j'ai choisi mes vols de manière à exclure cette partie du risque.
Oui, merci beaucoup de m'avoir donné la possibilité de m'expliquer ici ou peut-être de donner une petite piste de réflexion à l'un ou à l'autre pour l'avenir, et je ne veux surtout pas être présenté comme le pape de la connaissance. C'est simplement une expérience dont j'espère que beaucoup profiteront et j'espère que les gens pourront profiter du vol, et c'est en fait le plus important, exactement.
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