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109. Mentaltrainerin - Yvonne Dathe

// Yvonne Dathe, Lucian Haas · 2023-05-26 · 01:15:35 · original episode

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[show notes]
Yvonne Dathe aide les parapentistes à mieux gérer leurs peurs. Il s'agit de la pleine conscience. +++ Ceux qui pratiquent le parapente devraient se rappeler régulièrement pourquoi ou pour quoi ils le font. Quiconque est capable de mettre en avant de bons arguments envers soi-même aura plus de facilité à gérer les revers et les expériences angoissantes au cours de sa carrière de pilote. Tout simplement parce qu'on a des raisons de rester et de ne pas se laisser abattre par sa peur, qui pourrait autrement nous tenir éloignés du ciel à court ou à long terme. Yvonne Dathe peut en parler avec assurance. Non seulement parce qu'elle a elle-même dû faire face à des revers désagréables au cours de sa carrière de pilote de près de 30 ans. Mais surtout parce qu'en tant que coach mentale, elle aide d'autres pilotes à mieux gérer les peurs et autres difficultés liées au travail mental lié au vol. Dans cet épisode numéro 109 de Podz-Glidz, la 46-jährige raconte son travail. Elle donne notamment plusieurs conseils sur la façon de réussir à être attentive et à placer ses propres joies et besoins de vol au centre. D'autres sujets incluent notamment le vol de compétition, la malédiction et la bénédiction des réseaux sociaux, le monde émotionnel des pilotes, le dopage aérien et les X-Alps. Car Yvonne y a déjà participé. +++ Si vous souhaitez promouvoir Podz-Glidz et le blog Lu-Glidz, vous trouverez toutes les informations correspondantes sous : https://lu-glidz.blogspot.com/p/fordern.html +++ Musique de cet épisode : Piste : Raindrops | Artiste : TrackTribe Musique sans droits d'auteur Source : https://www.youtube.com/watch?v=L4zxfMPlHJo

[transcript]

0:07Yvonne Dathe

Après, je fais toujours un check en cinq points. Je passe alors ma main et je dis : le pouce levé, qu'est-ce qui était bien dans cette journée. Ensuite l'index, attention, à quoi je dois faire attention à l'avenir. Puis le majeur, de quoi je veux me passer à l'avenir. Ensuite l'annulaire, à quoi je veux m'accrocher à l'avenir. Et le petit doigt, il peut encore continuer à évoluer, c'est-à-dire ce que j'ai appris de ce vol.

0:48Lucian Haas

Podz-Glidz, le podcast Lu-Glidz.

0:51Yvonne Dathe

Des histoires du cosmos du parapente.

0:56Lucian Haas

Aujourd'hui avec Yvonne

0:58Yvonne Dathe

Date et

0:59Lucian Haas

Je suis Lucian Haas.

1:05Lucian Haas

Ceux qui pratiquent le parapente devraient se rappeler régulièrement pourquoi ou pour quoi ils le font. Ceux qui sont capables de se présenter de bons arguments pour le parapente auront plus de facilité à gérer les revers et les expériences angoissantes de leur carrière de pilote. Tout simplement parce qu'on a des raisons de continuer et de ne pas se laisser abattre par sa peur, qui pourrait sinon nous tenir éloignés du ciel, tôt ou tard.

1:34Lucian Haas

Yvonne Date peut en faire un poème. Pas seulement parce qu'elle a elle-même dû faire face à des revers désagréables au cours de sa carrière de pilote de près de 30 ans. Surtout parce qu'en tant que coach mental, elle aide d'autres pilotes à mieux gérer leurs peurs et autres difficultés liées au loisir du vol. Dans cet épisode 109 de Podz-Glidz, la quadragénaire raconte son travail. Elle y donne notamment plusieurs conseils sur la façon d'être attentif et de mettre ses propres joies et besoins de pilote au centre. D'autres thèmes abordés sont notamment le vol en compétition, la malédiction et la bénédiction des réseaux sociaux, le monde émotionnel des pilotes, le dopage au vol et les X-Alps.

2:20Lucian Haas

Parce qu'Yvonne y a déjà participé. On a tourné ce film. D'ailleurs, on a enregistré ce podcast assez spontanément par un jour de pluie lors d'une autre compétition de parapente, le NRW Cup dans le Sauerland. Si Podz-Glidz vous plaît, alors soutenez mon travail de promoteur. Vous découvrirez comment c'est très simple sur le Gleitschirm-Blog associé Lu-Glidz, précisément sur la page Fördern.

2:48Lucian Haas

Yvonne, quelle penses-tu qu'un pilote de parapente devrait se poser absolument un jour ?

2:53Yvonne Dathe

Oui, pourquoi on fait du parapente du tout. Pourquoi est-ce que je fais du parapente ?

2:59Lucian Haas

Pourquoi le fais-tu ?

3:01Yvonne Dathe

Je le fais parce que j'adore voyager en parapente et parce que j'ai redécouvert le monde à travers le parapente, en pouvant simplement le percevoir sous un autre angle. Et c'est justement grâce au parapente en compétition que j'ai découvert de nouveaux pays où je n'aurais jamais pensé à aller auparavant. Par exemple, la Macédoine, ou la Colombie, ou l'Équateur, ou le Portugal.

3:25Yvonne Dathe

Et oui, le parapente m'a ouvert un nouveau monde.

3:29Lucian Haas

Mais c'est quelque chose qui vient plus tard avec le parapente, le fait de voyager. On ne se rend peut-être pas compte au début que c'est possible et que c'est aussi une qualité très particulière du parapente. C'était quoi, pour toi, l'impulsion initiale ?

3:42Yvonne Dathe

Alors, pour moi, l'impulsion initiale, c'est que mon père et moi — mes parents s'étaient séparés — on cherchait un hobby commun. On était en randonnée ensemble quand quelqu'un est arrivé avec un sac à dos et a sorti son parapente en haut de la montagne. Il a ensuite décollé vers la vallée et on s'est dit : « Waouh, ce serait cool si on pouvait faire ça aussi. » Et après ça, on a passé ensemble notre brevet de parapente.

4:06Lucian Haas

Combien de temps s'est-il écoulé entre le moment où vous l'avez vu et où vous vous êtes dit que c'était cool, et le moment où tu as dit : « Bon, là je suis vraiment sur la montagne et je fais mon premier vol » ?

4:15Yvonne Dathe

Je ne sais plus du tout. Je ne sais pas. Enfin, je crois qu'on avait, enfin, j'avais peut-être 14 ans à l'époque.

4:24Yvonne Dathe

À l'époque, il fallait déjà avoir 16 ans pour obtenir le permis. Et à 16 ans, je pense que j'ai fait le cours de base. Enfin oui, c'est là que j'ai fait le cours de base.

4:32Lucian Haas

Ça fait déjà un petit moment. Est-ce que tu vas encore voler avec ton père aujourd'hui ?

4:36Yvonne Dathe

Alors, il vole aussi, mais en fait on vole assez rarement ensemble. Pourquoi ? Oui, parce que mon père habite ailleurs, donc il a d'autres zones de vol que moi. Et quand il est là, il vole bien sûr, mais il a simplement d'autres intérêts en matière de vol. Pour lui, c'est plutôt un peu la thermique et puis aussi l'atterrissage. Et moi, maintenant, quand je suis dans l'Allgäu, je fais beaucoup de tandem, je le fais professionnellement. Et quand je ne fais pas de tandem, alors je suis en compétition et je participe à des compétitions.

5:13Lucian Haas

Qu'est-ce que tu préfères, la compétition ou le tandem ?

5:17Yvonne Dathe

Alors, je trouve qu'il n'y a pas de choix entre les deux, ça fait partie du parapente de toute façon. Je trouve ça incroyablement beau d'emmener d'autres personnes qui ne connaissent pas du tout le parapente et qui peuvent alors découvrir le vol en thermique, découvrir le parapente. Et quand ils sont au sol et qu'ils en rient aux éclats, c'est juste super. Mais je trouve que ça fait aussi partie du truc de voler soi-même et d'aller en compétition pour vivre sa propre expérience de vol. Je trouve que les deux sont bien, les deux sont différents, mais ça va ensemble d'une certaine manière. Faire seulement du tandem, sur le long terme, je pense que ça ne suffirait pas. Mais faire seulement de la compétition non plus. Oui, je pense que c'est simplement le mélange.

6:03Lucian Haas

Avec le vol en tandem, tu montes au moins plus souvent en l'air. En compétition, tu dois souvent attendre que ça commence et tout ça. Et avec le tandem, tu peux dire : « Allez, on part déjà à la montagne à 10h. » Je peux déjà descendre le premier et après, ça avance toujours. Est-ce qu'il t'arrive parfois de te dire : « Ah, le vol en tandem, quand on le fait si régulièrement... » et quand tu te dis que c'est quasiment devenu un métier, que ça devient parfois trop pour toi ?

6:27Yvonne Dathe

Alors, on prend justement des pauses pour ça. C'est pour ça que la compétition est plutôt bien. J'ai eu deux ans, les années Corona, où je n'ai pas fait de compétition. Et l'idée était en fait que si la météo est vraiment bonne, qu'on a le temps, qu'on aille faire du vol de distance. Mais ça n'a pas du tout marché, parce que quand c'est une bonne journée pour le vol de distance, tu le sais un jour ou deux avant. Et là, l'agenda est déjà complet avec le tandem. Et ça n'a pas du tout marché. Du coup, je n'ai pratiquement fait aucun vol de distance. Et pour la compétition, je sais, d'accord, là et là, c'est le rendez-vous. Je me bloque ça et je ne prends simplement pas d'autres rendez-vous. Et ce sont ces pauses que je prends avec le tandem.

7:13Yvonne Dathe

Et c'est bien comme ça, parce que ça ne devient pas trop. Ça ne devient pas un métier, ça reste juste du plaisir. Mhm. Et je pense que si je ne faisais que du vol en tandem tout l'été,

7:27Yvonne Dathe

Oui, ça peut probablement devenir trop. Mais avec ces pauses, c'est bien.

7:32Lucian Haas

Combien de temps te faut-il quand tu as beaucoup fait du tandem ? Et puis tu dis : maintenant, je repasse à mon aile de compétition. Combien de temps te faut-il pour t'adapter à cette autre façon de piloter, mais aussi à une autre façon de penser, une autre façon de voler ?

7:46Yvonne Dathe

Oui, c'est une bonne question. Eh bien, avant, ça ne me posait pas de problème. Maintenant, après deux ans sans faire de compétitions, j'ai déjà remarqué l'année dernière, quand j'ai recommencé, que la transition demandait du temps et je pense qu'elle n'est même pas tout à fait terminée. Donc au début de l'année dernière, j'ai d'abord dû me réadapter. Ah, voilà comment on vole à nouveau avec une aile de compétition. Intéressant. Et ça a en fait duré toute la saison. Donc à la fin, je me suis vraiment dit : bon, là ça pourrait commencer. Mais la saison était finie. Oui, donc je dirais que pour cette transition... si je vole à nouveau maintenant avec mon aile, je dirais que le premier vol sert d'abord à se réhabituer, et avec le deuxième ou troisième vol, on commence à se dire : d'accord, là ça colle avec l'aile et je peux normalement faire des compétitions.

8:39Lucian Haas

Tu voles quoi comme aile de compétition ?

8:41Yvonne Dathe

Actuellement en C02.

8:43Lucian Haas

Satisfait ?

8:44Yvonne Dathe

Oui, beaucoup.

8:47Lucian Haas

Quand tu participes à ces compétitions, de quoi as-tu le plus peur ?

8:52Yvonne Dathe

Le plus peur ? Ou

8:54Lucian Haas

est-ce que tu as peur du tout quand tu participes à des compétitions ?

8:58Yvonne Dathe

Alors, la plus grande peur.

9:03Yvonne Dathe

Quand je participe à des compétitions, je n'ai pas peur. Ce n'est pas la compétition elle-même qui m'impressionne, mais plutôt les conditions météo parfois. Et là, je fais attention à rester dans mes limites. Et si je constate que la météo n'est plus praticable pour moi, que ça ne convient plus, alors je vais atterrir ou je ne décolle même pas. C'était aussi l'année dernière dans la Palz, en haut. Il y a eu un jour où, de mon point de vue, il y avait tout simplement trop de vent au décollage. Et je ne connaissais pas du tout la zone de vol. Et dans la Palz, il y a beaucoup de vallées, et je me suis dit, je ne sais pas comment est le système de vent en bas dans la vallée. Et là, je me suis dit, non, je ne décolle pas.

9:49Yvonne Dathe

Et j'ai fini par ne pas décoller du tout un jour.

9:53Lucian Haas

Est-ce qu'il t'arrive de te dire le soir : « Ah, j'aurais peut-être dû prendre le vol », quand tu vois que les autres ont bien volé ? Ou est-ce que tu peux être satisfait de ta décision et te dire : « J'ai pris ma décision pour moi et c'est comme ça » ?

10:07Yvonne Dathe

Alors, pour être honnête, ça me remonte parfois. Je pense que ça arrive à tout le monde quand on a pris ce genre de décisions et qu'on apprend après que les autres ont super bien volé et que ça n'a été aucun problème. Mais maintenant, je suis au point où je me dis : non, j'ai pris ma décision et pour moi, c'est bon comme ça. À ce moment-là, ça ne me convenait pas, et c'est tant mieux. Et la plupart du temps, d'après mon expérience, c'étaient de bonnes décisions. Je me souviens aussi d'autres vols où je n'ai pas décollé alors que les autres l'ont fait, et souvent, les pilotes disaient ensuite : oui, en fait, ce n'était pas un bon vol, il y avait des turbulences ou ils ont eu peur en l'air. Et donc, la plupart du temps, c'étaient de bonnes décisions après coup. Et je me dis aussi : je préfère m'énerver une fois pour un vol que je n'ai pas fait et me dire : oui, c'était peut-être possible, plutôt que d'être peut-être en l'air et de se demander si je n'aurais pas préféré rester au sol.

11:04Yvonne Dathe

C'est, je pense, la pire variante.

11:06Lucian Haas

Est-ce que tu as déjà eu de mauvaises expériences qui t'ont amené à te dire : « Hé, je dois faire bien plus attention à ce qui convient pour moi » ?

11:15Yvonne Dathe

En fait, dès le début, oui. Enfin, j'ai participé à une compétition, mais je n'avais pas encore fait de compétitions. C'était en Allemagne. C'était en Slovénie. Et là, ils ont lancé une compétition alors qu'il y avait des orages tout autour. Il a vraiment tonné, les nuages se sont formés et ils ont lancé la compétition. Et tout le monde a atterri sain et sauf de la compétition.

11:41Yvonne Dathe

Et dans un autre site de vol, mais là où la manche aurait dû se dérouler, un pilote est en fait décédé dans un accident mortel, ils l'ont dit aussi. Mais on a dit, oui, il n'était pas dans la compétition. Oui, mais. Mais c'était en fait de la chance, je dirais.

11:53Lucian Haas

Le même jour, la même route, les mêmes conditions.

11:56Yvonne Dathe

Exactement, mais c'était de la chance que personne ne se soit accidenté pendant la compétition. Oui, et ils l'ont refait le lendemain. Il a encore tonné. Ils ont encore commencé la journée et là, il y en a eu deux ou trois qui se sont effectivement écrasés. Donc blessés, pas morts, mais blessés. Et là, j'ai déjà remarqué qu'en compétition, il faut simplement décider soi-même si ça passe ou pas. Parce que même si 100 autres continuent de voler, 100 pilotes peuvent aussi se tromper. Surtout avec la dynamique de groupe. Ça peut arriver de temps en temps qu'on se laisse juste entraîner et qu'il faut sans cesse réfléchir : est-ce que ça passe encore pour moi ou pas ? Et si je prends la décision pour moi-même que non, ça ne passe plus, alors je vais atterrir ou je ne décolle même pas.

12:43Lucian Haas

Comment devient-on un pilote réflexif ?

12:46Yvonne Dathe

Oui, il faut toujours se rappeler qu'il y a cette dynamique de groupe, que ces processus existent tout simplement.

12:53Yvonne Dathe

Et se remettre constamment en question et regarder, oui d'accord, est-ce que ça va, est-ce que ça ne va pas ? Est-ce que je repartirais maintenant si je volais en liberté, oui ou non ? Il faut donc prendre régulièrement quelques instants pour s'arrêter et se dire, d'accord, comment ça se passe là, maintenant ? Et je dis aussi toujours après, je fais toujours un check en cinq points. Je passe alors ma main et je dis : pouce levé, qu'est-ce qui était bien ce jour-là, parce que chaque jour, il y a quelque chose de bien, même si c'était une mauvaise journée, quelque chose s'est quand même bien passé. Ensuite l'index, comme chez les parents, attention, à quoi dois-je faire attention à l'avenir ? Puis le majeur, de quoi je veux me passer à l'avenir.

13:40Yvonne Dathe

Ensuite l'annulaire, c'est toujours pour tenir des choses, c'est pour ça qu'on porte l'alliance à l'annulaire, donc à quoi je veux m'accrocher à l'avenir. Et le petit doigt, il peut encore continuer à évoluer, c'est-à-dire ce que j'ai appris de ce vol. Et si je fais ça après chaque vol, ce qui était bien, sur quoi je dois faire attention, sur quoi je veux renoncer, à quoi je veux m'accrocher et ce que j'ai appris, alors je réfléchis automatiquement à chaque vol et je peux ensuite en tirer le positif et ce que j'ai appris.

14:11Lucian Haas

Est-ce que tu trouves toujours quelque chose à chaque vol qui te permet de remplir ou de compléter les cinq points ?

14:19Yvonne Dathe

Oui, en fait, oui.

14:22Yvonne Dathe

Quoi ?

14:23Lucian Haas

C'est le genre de chose typique où tu dis : "je veux en garder ça" ?

14:27Yvonne Dathe

Ce que je veux souligner, c'est quand j'ai réussi à rester calme pendant le vol. À savoir rester moi-même, prendre mes décisions.

14:34Lucian Haas

À quelle fréquence est-ce que tu y arrives ?

14:37Yvonne Dathe

Oui, de temps en temps.

14:41Yvonne Dathe

Eh bien, pas toujours non plus. Je suis aussi un être humain, même si j'ai étudié la psychologie, mais je suis quand même, bien sûr, une victime des émotions psychologiques. Je peux aussi me laisser entraîner par les dynamiques de groupe, mais j'espère alors peut-être m'en rendre compte plus vite que d'autres et me dire : « Tiens, là tu es encore dans l'effet de meute, on fait un pas en arrière ». Mais j'essaie déjà de prendre mes propres décisions et ça ne marche pas à chaque fois, mais souvent.

15:15Lucian Haas

Si, avec ton bagage en psychologie, tu y parviens peut-être un peu plus souvent que les autres dans la compétition, est-ce que tu dirais que c'est par ambition ou quelque chose comme ça ? Est-ce un avantage ou peut-être un inconvénient de parfois trop réfléchir ?

15:31Yvonne Dathe

Alors, trop réfléchir est toujours un inconvénient. En vol, les meilleurs vols sont ceux où tu voles simplement par intuition, quand tu es dans le flow et que tu n'y penses pas trop. Ce sont les meilleurs vols. Quand on discute après avec des pilotes qui ont très bien atteint leur cible et qui ont eu un vrai bon coup, ils n'ont souvent pas vraiment réfléchi, c'est juste que ça a roulé et ils ont fait confiance à leur instinct, ça s'est simplement bien passé et ils n'ont pas beaucoup réfléchi.

16:04Lucian Haas

Comment on entre dans le flow ?

16:06Yvonne Dathe

En étant concentré, en tout cas, sur ce qu'il y a à faire, donc sur la tâche, sur soi-même

16:15Yvonne Dathe

et avoir un objectif. Un objectif qui nous met au défi, mais sans nous submerger. C'est toujours ça aussi.

16:23Yvonne Dathe

Et oui, en fait, l'idée principale, je pense, c'est d'être concentré sur l'ici et maintenant. Et au moment où les pensées s'échappent ou qu'on se focalise trop sur les autres, à ce moment-là, je suis en fait déjà sorti du flow.

16:39Lucian Haas

Est-ce qu'il existe des techniques psychologiques ou mentales pour se rapprocher à nouveau du flow ? Enfin, si je remarque que je vole et que je sens que je manque de concentration ou que je ne suis pas vraiment "dedans". Est-ce qu'il y a quelque chose pour pouvoir dire : comment je me retrouve maintenant, comment je me reconnecte à moi-même ? Comment je reviens plus dans le présent ou quelque chose comme ça ? Juste quelques conseils de base ou des techniques, peu importe, genre "respire trois fois" ou "regarde devant toi pendant cinq minutes" ou je ne sais pas. Peut-être qu'il y a des super conseils, genre des trucs qui fonctionnent pour la plupart des gens, aussi parce que ça réveille une sorte de fonction corporelle.

17:21Yvonne Dathe

Oui, alors au moment où je suis dans mon corps, je suis dans le ici et maintenant, parce que je ne peux ressentir mon corps que dans le ici et maintenant. Avec mes pensées, je suis plutôt dans le futur ou dans le passé. Mais dès que je me concentre sur mon corps et que je le ressens, je suis forcément dans le ici et maintenant, parce que je ne peux ressentir mon corps que dans le présent. Et ce que j'aime faire, c'est un cross-check. C'est quelque chose qui me permet de me réancrer tout simplement. Et un cross-check, ça se passe très simplement : d'abord, je me concentre sur quelque chose de précis à l'intérieur, pour moi ce sont mes épaules, ensuite je les monte, je prends une grande inspiration et je rejette l'air, et puis je me détends dans le sellette. Il est aussi toujours bon d'être détendu dans le sellette. Ensuite, je regarde mon cockpit. Avant, j'avais toujours des sortes d'autocollants dessus, parfois aussi "respirer", parce que quand je suis si tendue, j'en oublie aussi de respirer.

18:10Yvonne Dathe

Maintenant, en ce moment, je n'ai plus rien dessus, mais je regarde quand même mon cockpit. Et puis je jette un coup d'œil autour de moi, je regarde pratiquement l'environnement. Comme ça, j'ai pratiquement interrompu mes pensées et je suis à nouveau, pour un court instant, dans le ici et maintenant. Et l'avantage, c'est aussi que je l'ai déjà appliqué après des talonnages, quand le focus se rétrécit et que je me dis : « Oh mon Dieu, ça va descendre tout de suite, je dois atterrir maintenant ». Et là, je fais ce cross-check et il m'est déjà arrivé de passer complètement à côté d'un groupe de 15 pilotes. Et puis, après avoir regardé autour de moi, j'ai vu : « Ah, »

18:48Lucian Haas

...il y en a d'autres,

18:50Yvonne Dathe

qui augmentent même. Alors, je vais les voir. Exactement. Et avant, je les avais complètement occultées. Et le cross-check, ça aide simplement à briser ce cercle vicieux et à avoir à nouveau un regard ouvert.

19:04Lucian Haas

Et pour le cross-check, tu dirais que ça prend 10 minutes, 10 secondes ? Combien de temps ça prend, un truc comme ça ?

19:11Yvonne Dathe

Une fois entraîné, ça prend deux secondes.

19:15Lucian Haas

Alors, on tire vite les épaules vers le haut.

19:18Yvonne Dathe

Épaules hautes, inspirez, expirez, détendez-vous, regardez le cockpit, un tour complet. Si je fais ça vite, ça va très rapidement. Et

19:27Lucian Haas

si ça ne marche pas la première fois, tu le refais simplement une deuxième fois ? Alors

19:29Yvonne Dathe

je peux le refaire et exactement.

19:32Lucian Haas

Tu as étudié la psychologie, tu as dit. Est-ce que dès le début, quand tu as étudié la psychologie, tu t'es dit que tu voulais combiner ça avec le sport, avec le parapente et tout ça dans ce genre de direction ?

19:45Yvonne Dathe

Oui, parce que pour moi, c'était en fait comme ça : j'ai d'abord fait une formation de coach mental et de business coach. Et pendant ma formation de coach mental, j'ai eu un accident en parapente. Et l'entraînement mental m'a énormément aidé à gérer cette situation, enfin cette expérience. Et à pouvoir voler à nouveau plus sereinement. Et j'ai ensuite commencé à proposer de l'entraînement mental pour les pilotes de parapente. Mais de plus en plus de thématiques psychologiques sont arrivées. D'autres sujets sont aussi apparus. Je l'ai ensuite proposé aux indépendants. Et puis j'ai rencontré une amie qui m'a dit qu'elle étudiait la psychologie à la Fernuni Hagen. J'ai alors eu des oreilles qui se dressaient. Et je me suis dit, d'accord, Fernuni, je n'ai pas besoin de déménager.

20:32Yvonne Dathe

Ça a l'air super intéressant. Je me suis renseignée et je me suis inscrite tout de suite. Et puis j'ai commencé la psychologie pour le prochain semestre d'hiver. Ça veut dire

20:41Lucian Haas

voler le jour, étudier le soir, c'est à peu près ça ?

20:44Yvonne Dathe

C'est à peu près ça, oui.

20:46Lucian Haas

Si tu travailles toujours comme coach mentale pour les pilotes, à quoi ça ressemble ? Est-ce que c'est principalement du travail de groupe ou déjà surtout du travail individuel, dans le sens où tu as les pilotes qui viennent vers toi et tu travailles avec eux ?

21:01Yvonne Dathe

Alors, pour l'instant, je fais effectivement plutôt du travail individuel. Mais je fais aussi des programmes de groupe. En fait, j'ai commencé par des programmes de groupe à l'origine.

21:12Yvonne Dathe

Oui, et avec le Corona, je l'ai aussi proposé en ligne. Et en ce moment, j'ai principalement quelques coachings individuels. Mais je veux aussi recommencer à proposer des programmes de groupe. Parce que je trouve que le groupe a un grand avantage, parce que j'apprends aussi simplement des autres. Les autres ont des problèmes similaires. Premièrement, je réalise que je ne suis pas seule, que d'autres vivent la même chose. Et deuxièmement, je peux simplement profiter des idées des autres. Donc, je trouve les programmes de groupe super.

21:41Lucian Haas

Peut-être justement pour des choses comme ça, où tu dis, en gros, le parapente, ce que les gens vivent ou comment c'est, au quel média ils s'exposent. Et le sentiment auquel on s'expose ne sera pas le même pour tout le monde, mais sera déjà très similaire. Que l'on se dise que le cadre est similaire et qu'on peut alors très vite parler de la même chose.

21:59Yvonne Dathe

Oui, exactement.

22:00Lucian Haas

Parmi les questions qui reviennent... Ou restons sur les coachings individuels. Est-ce qu'il y a des thèmes typiques, où tu dirais que 60 % ou 70 % ou peu importe, de tes coachings tournent toujours autour de ça ?

22:14Yvonne Dathe

Alors, beaucoup viennent avec des peurs et des insécurités et veulent s'en débarrasser. Et je dois toujours les décevoir. Je dois toujours leur dire que se débarrasser de la peur, oui, ça ne fonctionne pas comme ça. Il n'y a pas de baguette magique qui fait disparaître la peur d'un coup de baguette magique. La peur, je dirais, est quelque chose qui nous accompagne, qui est aussi présente dans la pratique du parapente. Et qui fait partie de l'expérience quelque part. Parce qu'on est tout simplement dans un élément invisible. Et à cause de cela, on a beaucoup d'insécurités. Et la peur va sans cesse ressurgir. Elle reviendra toujours pour dire : « Attention, ça pourrait être ceci ou cela ou tel autre truc. »

22:59Yvonne Dathe

Et je dirais que ce sont des pensées produites par notre esprit. Je ne sais pas d'où elles viennent. C'est juste notre esprit qui les produit. Et au fond, notre esprit est comme un bon ami qui veut nous protéger. Et parfois, notre bon ami en fait trop et nous envoie des scénarios d'horreur, comme si on tombait ou autre chose. C'est la mission de notre cerveau : nous protéger. Et je dis toujours que c'est comme un panneau de priorité ou un panneau stop sur la route. Mais je peux décider de ce que j'en fais. Si j'arrive maintenant au panneau de priorité, je peux regarder à gauche et à droite. S'il n'y a pas de voiture, je continue.

23:44Yvonne Dathe

Mais je me dis d'abord : attention, ça pourrait devenir dangereux. Je regarde d'abord, et si tout va bien, je continue. C'est la même chose avec nos pensées. Une peur qui survient est tournée vers le futur. C'est généralement rien de réel pour l'instant, mais quelque chose qui pourrait nous arriver plus tard. Et notre esprit nous dit : hé, fais attention, regarde autour de toi une nouvelle fois. Est-ce que tout va vraiment bien ? Et là, je vérifie. OK, le vent est bon, les conditions sont bonnes, la aile est ouverte, tout va bien. Oui, alors je continue.

24:15Yvonne Dathe

Ou alors, « Hé, là-bas, les nuages deviennent un peu gris ou sombres. » Donc la météo est en train de changer. Le vent a aussi l'air de prendre de la force. Ça pourrait être vraiment dangereux. OK, alors j'atterris. Ensuite, je remercie ma peur, je lui dis merci de m'avoir envoyé ces signaux et de m'avoir préservée de la bêtise. Alors j'atterris. Ou si je me dis, « Non, c'est juste quelque chose d'irréel, ça ne colle pas du tout. » Alors je continue de voler, même si les signaux ont été envoyés.

24:44Lucian Haas

D'où viennent ces peurs que les gens te décrivent quand tu regardes ? Est-ce que tu dirais que, pour les pratiquants de parapente, c'est pour beaucoup une peur primaire, que nous avons peut-être parce que nous nous engageons dans un milieu qui est si invisible et où nous n'avons pas vraiment notre place ? Ou est-ce que pour beaucoup, c'est aussi une peur qui est peut-être plutôt une sorte de peur traumatique, où ils ont eu une mauvaise expérience ? Avec n'importe quoi. Ça a pu très bien se terminer. Mais bon, pour certains, ça peut déjà être un traumatisme. L'aile se replie une fois sérieusement, ça secoue vraiment. Ils se font secouer une fois, ils ne savent plus où ils sont pendant dix secondes. L'aile vole à nouveau après, mais après, ils n'en peuvent plus. Ils restent figés par la peur ou quelque chose comme ça. Qu'est-ce que tu dirais, qu'est-ce qui prédomine le plus chez tes... je vais dire clients, pour l'instant.

25:30Lucian Haas

S'agit-il de peurs traumatiques ou plutôt de peurs primordiales qui se mêlent là-dedans ?

25:34Yvonne Dathe

Alors, je pense que c'est cinquante-cinquante. Ce qui se passe, c'est que le besoin de sécurité est toujours présent. C'est-à-dire l'intégrité physique, rester en bonne santé et survivre au vol. Et ce besoin de sécurité, c'est tout simplement le besoin fondamental qui résonne toujours en arrière-plan. Et si quelqu'un a eu une mauvaise expérience, comme tu dis, un choc. Parfois, pour un débutant, une fermeture plus importante peut suffire. Et si c'était très impressionnant, alors c'est un choc qui s'ancre profondément.

26:06Yvonne Dathe

Et d'autres ont peut-être vraiment fait un crash en forêt ou quelque chose du genre. Et alors, il est tout naturel, je dirais, que j'aie peur après. Enfin, si je n'avais pas peur après, ce serait que quelque chose ne va pas dans mon organisme. Parce que si j'ai vécu une mauvaise expérience, qui a peut-être même fait mal ou m'a blessée, il est tout à fait normal que l'organisme sorte à nouveau ce panneau "priorité" et dise : "Hé, fais attention, tu es encore dans une situation similaire. Comme à l'époque, ça ne s'est pas du tout bien terminé. Fais attention à ce que ça ne t'arrive plus." Et c'est ça, la peur au fond. Mais je peux quand même décider si je l'écoute ou pas. Et si je sais que j'ai naturellement déjà cette peur en moi, peut-être à cause d'une expérience négative, alors je peux examiner les choses plus précisément avec ma tête.

27:01Yvonne Dathe

Ok, c'est quoi la météo ? Quel temps fait-il ? Est-ce que les conditions sont vraiment bonnes pour moi ou pas ? Et si je constate que oui, que ça va, alors je pars voler, même si j'ai peur.

27:11Lucian Haas

Parmi ces deux types d'angoisses qu'on vient d'évoquer, l'angoisse traumatique et celle que j'appelle l'angoisse primaire ou quelque chose du genre, laquelle est la plus facile à traiter ou à se débarrasser ? On ne peut pas vraiment s'en débarrasser complètement, mais disons, laquelle est plus facile à rendre supportable ?

27:29Yvonne Dathe

Non, je ne pense pas. C'est difficile dans les deux cas. Ça dépend aussi... je pense que oui, c'est probablement un peu plus difficile quand on a eu une expérience vraiment douloureuse, alors c'est sans doute plus tenace. Mais la peur, quand quelqu'un a peur, alors il a peur, que ce soit une peur primaire ou non.

27:53Yvonne Dathe

Et oui, et s'en débarrasser, comme je l'ai dit, ça ne marche pas. La peur sera probablement toujours là. Elle remontera encore et encore. C'est alors ma décision de ce que j'en fais. Et il y a aussi des gens qui sont naturellement plus anxieux, par tempérament. Alors je ne peux pas faire grand-chose contre ça, à part dire : d'accord, j'accepte la peur et je fais quand même ce qui est important pour moi. Et c'est ça qui est décisif. Qu'est-ce qui est important pour moi ? C'est pour ça qu'il y a la question : pourquoi je fais du parapente du tout ? Je devrais pouvoir y répondre pour moi-même. Pourquoi est-ce si important pour moi ? Pourquoi devrais-je faire du parapente alors que j'ai peur ? Pourquoi devrais-je le faire ? Parce que normalement, tu dis : si j'ai peur, si tu as peur constamment, alors laisse tomber.

28:39Yvonne Dathe

Des sentiments désagréables ne limitent pas forcément ta vie. Alors, arrêtez donc. Mais là, je dois clarifier le "pourquoi" pour moi-même. Pourquoi est-ce que je veux faire ça ? Pourquoi est-ce si important pour moi ? Quand j'y repense, par exemple au moment de mon accident, j'ai failli faire des crises de panique en l'air. Et pour moi, c'était déjà presque clair : d'accord, j'arrête. Mais j'ai ensuite clarifié mon "pourquoi". Et c'était tellement important pour moi que je me suis dit : non, je vais le faire quand même, même si la peur voyage avec moi. Mais je vais quand même voler. Et à un moment donné, ça ira mieux.

29:13Lucian Haas

Ça veut dire que la peur, c'est aussi une question d'habitude ?

29:16Yvonne Dathe

Oui. Ou le

29:17Lucian Haas

Gérer l'angoisse. Ce n'est pas l'angoisse en soi qui est une question d'accoutumance, mais plutôt le fait de s'habituer à se dire : d'accord, c'est la situation qui déclenche mon angoisse. Mais le corps apprend : maintenant, tu as déjà vécu la même situation dix fois sans qu'il n'y ait d'issue grave. Alors, essaie de repousser un peu l'angoisse.

29:35Yvonne Dathe

Oui, le corps la fait redescendre. Et ce qui est intéressant, c'est que si j'accepte la peur, enfin, si j'accepte que j'ai peur, alors elle ne devient pas plus grande. Le problème, c'est quand je lutte contre. Enfin, quand je me rends compte, d'accord, j'ai peur, et que je me dis ensuite : non, je ne veux pas l'avoir. Je la repousse maintenant. Elle doit disparaître. Je dois la réprimer maintenant. Alors la peur devient plus grande. Parce que la pression engendre une contre-pression. Et plus j'essaie de ne pas avoir quelque chose, plus ça devient grand. Donc si je vois quelqu'un qui doit parler devant du monde, il devient tout rouge et je lui dis : ne deviens surtout pas tout rouge. Fais tout pour ne pas devenir tout rouge. Alors ça le fait paniquer. Et ne vole pas

30:15Lucian Haas

dans cet arbre. Exactement.

30:17Yvonne Dathe

Et ça ne marche pas. Et c'est pour ça qu'il est en fait mieux d'accepter, d'accord, j'ai peur maintenant. D'accord, j'ai les pensées X et Y. D'accord, j'ai les réactions physiques X et Y. Mon rythme cardiaque augmente. D'accord, mes genoux tremblent. Ah, d'accord. Et en me rendant compte de tout ça, c'est en principe une pratique de pleine conscience, en prenant conscience de : d'accord, quelles sont mes pensées ? Quelles sont mes réactions physiques ? Quelles sont mes impulsions d'action ? Quelle est mon expression émotionnelle ? Qu'est-ce qui se passe en moi ? Et en me rendant compte de tout ça, tout ce processus ralentit un peu. Et là, je peux décider, d'accord, tout ça est là.

31:03Yvonne Dathe

Intéressant. Et comme un scientifique, genre : « Ah oui, ces pensées déclenchent le fait que mon genou tremble. Ah, intéressant. » Et par ce biais, je prends déjà un peu de distance et je peux alors décider : « OK, c'est bien là, c'est désagréable, mais ça ne va pas me tuer et je continue quand même à voler. » Je veux dire, on doit bien sûr faire une distinction. Si quelqu'un a ces réactions physiques, elles mènent aussi parfois à des tensions. Et si je suis trop tendue dans les muscles, alors je ne peux évidemment plus bien gérer la mousse de glisse. Et compenser. Et là, chacun peut aussi s'écouter à l'intérieur : si ça devient trop fort et qu'il y a trop de réactions physiques, je peux aussi dire : « OK, là c'est juste trop pour moi et je vais atterrir maintenant. »

31:49Yvonne Dathe

Parce que sinon, ça devient dangereux si à un moment donné je ne peux plus bouger ou plus réagir, et ce n'est pas pertinent non plus pour le kletschenfliegen.

31:59Lucian Haas

Est-ce qu'il t'arrive parfois de rencontrer des gens pour qui tu te dirais : « En fait, je préférerais te conseiller d'arrêter de voler », parce que tu remarques que c'est tellement ancré en eux ou que tu vois qu'ils se retrouvent systématiquement dans une sorte de paralysie par la peur, qui est vraiment dangereuse pour eux. Et où on se dirait, pour ta propre sécurité, pour ton propre bien-être, que tu ne devrais plus monter dans les airs. Est-ce que ça t'est déjà arrivé ?

32:27Yvonne Dathe

Enfin, au moins pas de la part de mes clients. Quand je vois qu'ils ont une grande peur, ils sont déjà prudents, ils évitent par exemple de voler dans des conditions thermiques fortes. Ils restent dans leur zone de confort. Et là, il s'agit plutôt de se dire : d'accord, peut-être tester un peu la zone de confort et aller un pas plus loin. Mais il y a aussi tout l'art de ne pas faire un bond énorme, il s'agit de petits pas. Parce que si je fais un petit pas, je sors un peu de ma zone de confort, ce qui apporte évidemment de la nervosité. Mais si je fais un pas trop grand, la panique peut facilement s'installer.

33:12Yvonne Dathe

Et la panique, c'est vraiment la dernière chose dont on a besoin en l'air.

33:17Lucian Haas

Il m'arrive parfois, je suis souvent des sorties en club où on a tous les niveaux de pilotes réunis. Ils sont tous au décollage et au début, les conditions sont peut-être encore faibles en termes de thermique, et on pourrait dire que c'est mieux pour les moins expérimentés de partir maintenant. Mais il y a alors les moins expérimentés qui ont peur, qui disent toujours : « j'attends encore, je vais voir comment ça se passe ». Et ça dure, et tu te dis qu'ils vont attendre encore si longtemps et regarder si longtemps que les conditions ne seront plus bonnes pour eux, et qu'ils ne feront plus que gagner en expérience de manière à avoir encore plus peur, parce qu'entre-temps la thermique est devenue si forte qu'elle va les secouer ou autre chose.

34:02Lucian Haas

Est-ce qu'il y a un conseil pour pousser ce genre de personnes à se dire qu'elles en sont capables avant, justement pour éviter les situations les plus difficiles ?

34:14Yvonne Dathe

Oui, alors je devrais, c'est un point très important, surtout plus je reste au décollage à regarder les autres, plus la peur grandit. Donc ce serait logique de décoller le plus vite possible, juste pour que la peur n'ait même pas le temps de grandir, parce que mes pensées tournent en boucle et plus je réfléchis, plus la peur devient grande et se propage. Et en plus, les conditions deviennent effectivement plus difficiles. Donc ce serait logique de décoller vraiment tôt. Et je peux simplement leur dire ça. Je veux dire, je peux dire : maintenant, les conditions sont super,

34:52Yvonne Dathe

Tu préfères avoir des conditions calmes, mais si tu attends une heure, elles ne le seront plus. Donc, mon conseil serait de décoller maintenant. S'il le fait ou non, c'est évidemment la décision de l'autre.

35:07Lucian Haas

Oui, dans ma vie, il arrive souvent que les gens se tiennent là et se disent : « OK, les bons pilotes, ils attendent tous encore. Je veux peut-être aussi voler en thermique, même si je ne sais pas encore le faire. » Et en même temps, je pense que chez certains, ça génère un truc du genre : « Oh, maintenant tous les bons pilotes me regardent partir avec mon insécurité alors que je vais si rarement voler. » Si je pars maintenant, tous les autres qui attendent sont déjà en haut, et ils ne me regardent pas seulement 10 personnes, mais maintenant ils sont 50 à me regarder. Est-ce qu'il y a un conseil pour mieux gérer ce stress avant le décollage ? Justement ce genre d'effet de théâtre où tu te dis : « J'ai tellement de spectateurs. » C'est surtout ça qui me fait peur, je me dis que je vais me ridiculiser ou je ne sais quoi.

35:50Yvonne Dathe

Oui, je le vis aussi parfois, que les pilotes ont peur de se ridiculiser. Et là, j'aime bien leur dire : réfléchis un peu à quel point tu penses aux autres pilotes. Je veux dire, c'est tout à fait normal que quand quelqu'un déploie une aile, que tout le monde tourne la tête vers elle.

36:11Yvonne Dathe

et les regarder. Mais à quel point est-ce qu'on réfléchit à ce qu'il se passe ? En toute réalité, on se dit : d'accord, le décollage était bon ou mauvais, et on voit peut-être : d'accord, il y a eu une fermeture ou je ne sais quoi. Mais au final, on le note et c'est tout. Et ensuite, on pense à tout autre chose. Et tout comme on réfléchit peu aux autres pour savoir si c'était un bon ou un mauvais décollage, ou s'ils se sont ridiculisés ou pas, les autres réfléchissent aussi peu à moi. Ils regardent, c'est juste un réflexe, un réflexe physique qui se déclenche, mais les pensées sont au final minimales sur ce qu'ils pensent de nous.

36:56Yvonne Dathe

On peut donc partir du principe qu'ils ne pensent rien du tout à ce sujet et on peut se permettre d'être audacieux et d'aller au décollage. Et je dis toujours aussi que j'adopte une posture droite. Parce que si j'ai une posture droite, je me sens complètement différemment que si je vais au décollage un peu effrayée ; il suffit d'être droite, de rester droite, d'adopter la posture de quelqu'un qui est vraiment sûr de lui.

37:24Yvonne Dathe

Et cette posture a pratiquement un impact sur mon humeur et sur ma confiance en moi. Il y a aussi une étude intéressante d'Amy Cuddy qui a examiné ça, une sorte de posture de "starfish", avec les bras en l'air, les jambes écartées, la tête haute et un sourire, en restant ainsi debout pendant environ cinq minutes. Elle a ensuite soumis ses sujets à un test de stress avec deux groupes : un groupe qui avait adopté cette posture de "starfish" auparavant, et un autre groupe qui n'avait pas reçu cette consigne. Ils devaient compter à rebours de 1 053 par pas de 13 devant un comité, puis se présenter ensuite, se mettre bien en valeur. Elle a constaté que ceux qui avaient fait la posture de "starfish" avant étaient bien sûr aussi nerveux, mais ils ont fait moins d'erreurs en comptant et ils ont réussi à mieux se présenter.

38:24Yvonne Dathe

ceux qui n'avaient pas fait cette posture de "starfish", et c'est justement la preuve que la posture corporelle a réellement un impact sur ce que l'on ressent et sur la performance que l'on est capable de fournir.

38:35Lucian Haas

Donc, avec ce conseil, on verra bientôt plein de gens avec une posture de étoile de mer au décollage. Il est déjà un quart d'heure passé, je crois qu'on doit faire une pause. OK. Mais d'ici là, merci d'avance.

38:47Yvonne Dathe

Oui, j'adore.

38:49Lucian Haas

Passons à la deuxième partie de ce podcast. C'est la deuxième partie parce que nous sommes actuellement dans le Sauerland pour une compétition, la NRW Cup. Il pleut dehors et il y a eu un briefing entre-temps auquel nous avons dû assister pour écouter les instructions, afin d'avoir maintenant à nouveau le temps de continuer le podcast, parce qu'il pleut toujours. Est-ce que tu aimes la pluie ?

39:14Yvonne Dathe

Oh, parfois c'est plutôt sympa.

39:16Lucian Haas

En avion ?

39:17Yvonne Dathe

Non, pas en avion bien sûr. Mais parfois, une journée de pluie, c'est plutôt bien, parce qu'on peut alors se détendre simplement, sans aucune culpabilité.

39:28Lucian Haas

Comment est-ce que tu te détends le mieux ?

39:30Yvonne Dathe

Ah, j'adore le sauna. En fait, quand il fait bien chaud, oui.

39:37Lucian Haas

Je crois qu'il y a un spa à Ohlsberg. Tu pourrais y aller au sauna aujourd'hui, s'ils ne l'annulent pas, au lieu d'espérer encore que le soleil finisse par percer ou que la pluie s'arrête au moins pour qu'on puisse quand même aller à Stüppel, le décollage d'à côté.

39:52Yvonne Dathe

Oui, à condition qu'on arrive à sortir d'ici.

39:56Lucian Haas

Oui, devant c'est goudronné, donc c'est pas aussi boueux et les bus de récupération, ils sont devant, ils ne roulent pas ici derrière sur la prairie, là où le bus est garé maintenant, là où on est en train de filmer.

40:06Lucian Haas

Compétition, attendre, c'est toujours quelque chose pour lequel beaucoup de gens disent que c'est le pire dans la compétition, qu'on doit toujours attendre autant. Comment tu vis ça ?

40:13Yvonne Dathe

Oui, il y a des jours où il faut attendre longtemps et je pense que personne n'aime vraiment ça. Au début d'une compétition, c'est plutôt sympa parce qu'on retrouve les autres pilotes et qu'on peut échanger avec eux, mais quand ça dure deux ou trois jours, alors oui, l'attente devient parfois un peu longue.

40:34Lucian Haas

Mais c'est aussi sympa de socialiser avec la communauté des pilotes. Oui. Est-ce qu'il t'arrive quand même parfois de te dire : je ne peux plus supporter ces discussions de pilotes ?

40:43Yvonne Dathe

Alors, non. Enfin, comme je l'ai dit, quand on est sur une compétition plus longue, qui dure une semaine et qu'il pleut pendant toute cette semaine, alors c'est plutôt bien quand ça se termine enfin.

40:57Yvonne Dathe

Mais sinon, c'est toujours sympa de rencontrer les autres pilotes et d'échanger avec eux. C'est aussi une raison pour laquelle j'aime aller en compétition, parce qu'on retrouve toujours les gens et c'est un peu comme une petite communauté.

41:11Lucian Haas

Une sorte de famille d'aviateurs qui se crée.

41:13Yvonne Dathe

Oui, exactement.

41:16Lucian Haas

À quel point les pilotes se parlent-ils ouvertement de leurs émotions entre eux ?

41:22Yvonne Dathe

Alors, quand je leur demande, ils sont en fait très ouverts. Je me souviens d'avoir été en Turquie pour la Coupe du Monde et il y avait vraiment des conditions extrêmes. C'était très sec et très haut. C'était en Anatolie orientale, là où les montagnes sont très, très hautes, sèches, chaudes, avec beaucoup de vent, et c'était parfois comme une véritable cocotte-minute. Je me rappelle qu'un jour, j'ai fini par dire : « Ça suffit, je vais atterrir maintenant, c'est trop intense pour moi », et il n'y avait qu'un seul pilote qui a volé jusqu'à l'arrivée. Je lui ai demandé après s'il n'avait pas eu peur, et il m'a répondu que si, qu'il avait presque fait pipi dans ses chaussettes.

42:04Yvonne Dathe

Mais il a quand même continué à voler parce qu'il était convaincu de pouvoir gérer les conditions et que c'était correct pour lui. Et je pense que c'est ça le plus important : savoir ce qu'on est capable de faire et quelles sont nos limites. Si les conditions ne sont tout simplement pas à la hauteur de mes capacités, alors c'est une bonne chose que j'aie peur et que je ne parte pas voler. C'est tout à fait raisonnable.

42:28Lucian Haas

Est-ce qu'on ne parle pas quand même trop peu, en tant que pilotes, des émotions qu'on ressent en volant ? Beaucoup de discussions portent sur les expériences cool ou la façon stylée de raconter que c'était comme ça, ou que j'ai eu la fermeture, ou que ça m'a emporté d'une certaine manière, ou je ne sais quoi. Mais moins sur ces nuances qui résonnent certainement dans l'âme de chaque pilote.

42:50Yvonne Dathe

Oui, ça peut être le cas. Enfin, comme je l'ai dit, quand j'aborde le sujet directement avec les gens, ils y répondent, mais de leur propre initiative, bien sûr, peu de gens en parlent.

43:02Lucian Haas

Pourquoi est-ce que c'est plutôt le côté "cool" qui prime, alors qu'on aurait tellement de choses à partager entre nous ? Parce que ce que les gens vivent intensément, ce n'est pas seulement le côté cool, ce sont des émotions complètement différentes que l'on ressent aussi dans l'air.

43:21Lucian Haas

Et le malheur partagé ou la joie partagée, enfin le malheur partagé, c'est la moitié du malheur et la joie partagée, c'est généralement le double de joie. On pourrait même, si on parlait plus largement de soi et de ses expériences au sein de la communauté, même surpasser son propre vécu.

43:36Yvonne Dathe

Oui, c'est vrai. Mais pourquoi on ne parle pas plus de ses, disons, émotions négatives ? Je pense que c'est simplement parce qu'on cherche tous la reconnaissance et si je regarde les réseaux sociaux, je veux dire, on ne poste que ce qu'on a bien fait et ce qui s'est bien passé, et on parle peu des échecs. Et quand je regarde des pilotes qui sont très, très thành công, qui réussissent durablement, on voit toujours, ah, comme c'est génial et cool. Mais ils ont tous eu des échecs quelque part, de leur côté. On ne montre toujours que le côté positif. On veut toujours se présenter le mieux possible, c'est une sorte de besoin chez nous de vouloir toujours bien se présenter, et du coup, on ne parle pas trop des côtés négatifs.

44:22Lucian Haas

Tu le vis, ou pour mieux dire, depuis combien de temps voles-tu en fait ?

44:27Yvonne Dathe

Alors, j'ai commencé en 1994.

44:29Lucian Haas

Ok, donc tu as commencé bien avant les réseaux sociaux, c'est sûr. Oui, exactement. Avant que toute cette bulle Facebook, Instagram et tout le reste n'apparaisse. Tu as

44:38Yvonne Dathe

as-tu remarqué,

44:38Lucian Haas

comment les pilotes s'entendaient à l'époque, ou quelles étaient les histoires de héros ou autre ? As-tu remarqué avec le temps, à cause des réseaux sociaux et de cette soif de représentation d'images sur Instagram et tout ça, que quelque chose a changé dans la façon dont les pilotes vivent leur pratique, ou comment ils en parlent, ou ce qu'ils ressentent comme pression, ou quoi que ce soit ?

45:02Yvonne Dathe

Je ne peux pas vraiment le dire précisément. Enfin, je n'ai pas beaucoup volé au début. Au début, j'ai effectivement peu volé parce que, j'ai commencé à 16 ans et je n'avais pas l'argent pour avoir ma propre aile. Je m'en empruntais toujours une à l'école de vol. Et c'est seulement plus tard que j'ai vraiment commencé à beaucoup voler.

45:25Yvonne Dathe

Mais oui, c'est possible. Enfin, je constate que beaucoup de gens postent énormément sur les sites de vol. Beaucoup de gens postent où ils ont décollé et les sites de vol en eux-mêmes. Et à cause de ça, ces petits coins secrets, ils disparaissent. Si je regarde chez nous, il y a une montagne où on est déjà allés voler autrefois, même si ce n'était pas très bien vu. Mais on y est allé et on ne l'a pas posté.

46:00Yvonne Dathe

Et sur Instagram ou sur XC, on voit alors : « OK, voilà le décollage », et avec l'image en plus, « Oh, cool ». Et d'un coup, ils ne sont plus cinq, mais 50. Et ça, ce n'est plus toléré par les riverains ou par les zones de vol. Et du coup, par exemple chez nous, une zone de vol a complètement disparu. Ce qui n'a pourtant jamais été un

46:22Lucian Haas

...zone de vol officielle, mais juste un endroit connu des locaux. On peut y monter et y redescendre quand il fait beau. Exactement.

46:31Yvonne Dathe

Et maintenant, c'est complètement fermé. Enfin, on n'a plus le droit d'y aller du tout. Et je dirais que ces petits coins secrets sont de plus en plus perdus à cause des publications sur les réseaux sociaux.

46:42Lucian Haas

Est-ce que tu vois encore des aspects positifs sur les réseaux sociaux ? Enfin, pour le pilotage ? Oui. Même en ce qui concerne la volonté d'exposition ou quelque chose comme ça, est-ce qu'on peut quand même en tirer quelque chose de positif ?

46:55Yvonne Dathe

Oui, enfin je veux dire, je regarde aussi,

47:00Yvonne Dathe

quand je ne m'y connais pas, par exemple ici dans le Sauerland, je n'y suis jamais allée, on a bien sûr aussi regardé sur YouTube s'il y avait une vidéo et on a vu que ça avait l'air plutôt sympa, que ça avait l'air beau, comment on peut voler ici. Oui, on ira aussi là-bas. Et là, je peux déjà me renseigner un peu avant et voir à quoi ressemble le paysage. Ou maintenant aussi, quand je regarde du XC, ce qui n'existait pas avant. Mais en XC, je peux déjà regarder comment les vols sont typiquement effectués dans ces régions et je peux simplement m'informer à l'avance. Et bien sûr aussi l'échange, donc si j'ai besoin d'un conseil quelque part, j'écris dans un groupe aile et je dis, hé, je vais là et là, vous avez un conseil pour moi ? Et là, on reçoit généralement une réponse.

47:47Yvonne Dathe

Et surtout des retours très positifs, de bons conseils.

47:51Lucian Haas

Parfois, j'ai l'impression, quand on lit ce que les gens postent sur Facebook, que certains sont devenus vraiment paresseux. Genre, ils ne font même plus l'effort de chercher par eux-mêmes, de se dire « je vais regarder les sites », mais ils balancent ça direct sur Facebook en demandant : « est-ce que quelqu'un peut me donner un conseil sur tel ou tel truc ? » Et puis ils attendent, et il y a toujours... enfin, d'un côté c'est gentil, mais en même temps, je me demande toujours combien de gens se laissent vraiment influencer par ça et se disent : « ah, c'est social, donc je dois répondre ou quelque chose comme ça. »

48:21Lucian Haas

Et on peut vraiment se laisser voler du temps par les autres d'une certaine manière. Oui,

48:28Yvonne Dathe

Je veux dire, c'est le principe général des réseaux sociaux : je peux y perdre énormément de temps si je m'y perds, au sens propre du terme. Quand je suis active sur les réseaux, que je poste beaucoup et que j'échange avec les autres, deux heures s'envolent comme si de rien n'était. Et je l'ai remarqué, ça m'a agacée pendant un moment de perdre autant de temps sur les réseaux, alors je me suis complètement déconnectée et j'ai réalisé : oh, on peut aussi s'en passer.

49:00Yvonne Dathe

Oui, et je pense qu'il faut simplement trouver sa propre méthode, ce qui convient le mieux à chacun. Je veux dire, il y en a qui s'y plongent totalement et trouvent ça super. Ma communauté en ligne est aussi une communauté où je peux échanger avec les autres. Mais si je remarque que ça ne me fait pas de bien, alors je peux tout à fait prendre mes distances et chercher mes contacts plutôt dans la vraie vie. Et je pense que le bon côté des réseaux sociaux, c'est que chacun peut décider par lui-même du degré d'activité qu'il souhaite y avoir ou non. Mais si on passe au niveau du stress ou quelque chose comme ça, on peut aussi dire, d'accord, ça peut générer beaucoup de stress, ça peut aussi mettre la pression quand je vois constamment les super réussites des autres.

49:45Yvonne Dathe

Mais je dois aussi me rappeler consciemment que ce n'est pas la vraie vie, mais juste la meilleure version de soi-même ; les échecs ou les ratés, les coups de sort et les galères, ils sont rarement postés, on ne voit que l'idéal.

49:59Lucian Haas

Ce que je constate dans ma région ou aussi au club où je suis, il y a des groupes WhatsApp et tout ça, on poste tout le temps où on vole ou qui est où en ce moment. Et maintenant, on vole beaucoup plus en semaine, parce que quelqu'un, soit ils sont déjà retraités ou autre chose, ou quelqu'un a toujours un peu de temps ou fait du télétravail et peut bosser le soir ou quelque chose comme ça, ce qui n'était pas le cas avant ou du moins ce n'était pas perçu comme tel, parce que ça n'apparaissait nulle part. Et je remarque que les gens qui ne peuvent pas être aussi flexibles développent presque plus de frustration, parce qu'ils voient, ah, les gens partent tout le temps voler et moi j'aimerais bien aussi, et tout ça. D'un côté, il y a le côté positif, c'est que certaines personnes sont beaucoup plus encouragées à voler, et voler beaucoup contribue aussi à sa propre sécurité et à sa progression, donc ils s'améliorent eux-mêmes. Mais d'un autre côté, pour ceux qui ne peuvent pas aller voler, ça contribue en fait à plus de frustration, parce qu'ils voient toujours tous les autres voler, mais moi je n'y arrive jamais, et puis je veux bien y aller ce week-end, surtout que ce printemps est tellement nul, il fait toujours mauvais le week-end et seul le mercredi est bon ou quelque chose comme ça, et on voit toujours que le mercredi, ils ont fait des trajets superbes, et puis je veux bien y aller ce week-end et encore rien ne marche.

51:10Lucian Haas

Comment est-ce qu'on gère le mieux ce genre de moments de frustration ?

51:13Yvonne Dathe

Je dis toujours de regarder les coulisses, parce que ceux qui ont toujours du temps ne l'ont pas toujours, ils ont juste eu la chance d'en avoir à ce moment-là, mais sinon ils travaillent beaucoup ou ont d'autres choses à faire, ils font peut-être aussi des sacrifices sur certains points. Je connais d'ailleurs dans mon cercle d'amis des gens qui vivent vraiment de manière minimaliste et qui ont donc beaucoup de temps, parce que ça dépend toujours du niveau de vie que je veux m'accorder. Il y a des gens qui n'ont pas besoin de grand-chose pour vivre et il suffit qu'ils aient, disons, un petit boulot pour s'en sortir, mais si je décide pour moi-même que j'ai besoin d'un niveau de vie plus élevé, que je ne veux pas vivre de manière minimaliste, alors je travaille plus et...

51:58Yvonne Dathe

je n'ai peut-être pas de temps le mercredi pour profiter du beau temps, et je me dis toujours que chacun peut décider par lui-même ce qui est important dans sa vie. Si j'ai une famille, je veux dire, les enfants ont besoin de temps, le partenaire a besoin de temps, et si mon partenaire et mes enfants sont importants pour moi, alors je devrais passer du temps avec eux et je peux peut-être bien renoncer à une journée de vol, parce que ma famille est plus importante pour moi à ce moment-là. Mais si je dis, d'accord, je place le vol au-dessus de tout et je m'assure d'avoir un mode de vie minimaliste parce que le vol compte tellement pour moi, alors d'accord, j'ai peut-être beaucoup de temps pour voler, mais j'ai peut-être peu d'argent pour avoir un niveau de vie élevé et je renonce peut-être aussi au partenaire, parce qu'il ne suivrait peut-être pas ça.

52:46Yvonne Dathe

et je peux alors me demander à nouveau : d'accord, qu'est-ce qui est vraiment important dans ma vie ? Est-ce que le vol a vraiment une telle importance que je dois absolument participer à chaque journée portes ouvertes, ou est-ce que d'autres choses sont aussi importantes pour moi dans la vie ?

53:01Lucian Haas

Comment tu gères ton équilibre entre vie pro, vie perso et aviation ?

53:05Yvonne Dathe

Alors, en hiver, je fais beaucoup de séminaires sur la psychologie et en été, j'essaie d'aller voler autant que possible. C'est mon équilibre vie pro-vie perso.

53:15Lucian Haas

Mais ne serait-ce pas plus pertinent pour les clients d'en parler avec eux en été, quand l'expérience qu'ils viennent de vivre et les événements sont encore frais, au lieu de dire qu'on travaillera dessus en hiver ? Toutes les peurs que tu as peut-être accumulées pendant l'été.

53:29Yvonne Dathe

Oui, je fais ça dans les coachings individuels et, donc, quand j'ai des pilotes en coaching individuel, ils veulent aussi en parler par temps de pluie, pas sous le soleil. Ça colle très bien. Et on fait ça en général en ligne dans le coaching individuel, parce que beaucoup n'habitent pas à côté de chez moi, mais sont plus loin, donc on travaille ensemble en ligne. Et je ne travaille pas seulement avec des pilotes de parapente, je vais aussi dans les entreprises pour faire des séminaires sur les charges psychiques au travail et la résilience. Et ces séminaires, je les fais plutôt en hiver, pendant les mois d'hiver.

54:03Lucian Haas

Parmi les gens qui viennent vers toi pour un entraînement mental, est-ce que ça fait aussi partie des pilotes vraiment expérimentés, qui sont excellents en compétition, mais qui disent : « Je veux me prendre un coaching mental » ? Ou est-ce plutôt les moins expérimentés, ceux qui disent : « J'ai mes moments d'angoisse et à cause de ça, je n'arrive presque pas à décoller » ? Ce qui n'est pas le cas pour eux, même s'ils ont peut-être aussi leurs moments d'angoisse.

54:28Yvonne Dathe

Donc les deux. J'ai aussi des pilotes expérimentés qui viennent me voir, des pilotes de compétition. Et il y en a aussi qui sont vraiment inexpérimentés et qui luttent contre leurs peurs. Je veux dire, l'entraînement mental, j'ai aussi une formation de psychologue du sport, donc il ne s'agit pas seulement des peurs, il s'agit bien sûr de la fixation d'objectifs, mais aussi d'augmenter la capacité de relaxation, de la visualisation ou alors d'augmenter le sentiment d'auto-efficacité. Ce genre de choses, exactement. Ce n'est pas seulement les peurs. La peur est une partie du domaine.

55:00Lucian Haas

Cela veut dire que les questions sont différentes. Les pilotes de compétition viennent plutôt avec des questions comme : comment puis-je fixer mes objectifs ? Ou comment puis-je me concentrer ? Ou comment puis-je mieux m'y prendre ? Oui. Alors que les pilotes débutants, ou débutants entre guillemets, c'est-à-dire les moins expérimentés, viennent peut-être plus avec des histoires de peurs primaires ou quelque chose comme ça.

55:18Yvonne Dathe

Exactement. C'est souvent comme ça. Et la fixation d'objectifs est toujours un sujet très, très important, parce que beaucoup, surtout en compétition, abordent les choses de manière beaucoup trop axée sur le résultat, selon moi. Je veux dire, bien sûr, quand je vais en compétition, je veux avoir le meilleur résultat possible. Mais ça ne peut pas être la seule chose, je devrais aussi veiller à poursuivre d'autres objectifs, parce que si je ne regarde que le résultat — et je veux dire, si j'essaie maintenant de monter sur le podium, il y a 100 pilotes sur la ligne, donc peut-être que sur les 100, disons 60 essaient de monter sur le podium, mais seules trois y arrivent, la probabilité que je sois frustrée est donc relativement élevée. Et je l'ai déjà vécu en Coupe du Monde, quelqu'un est arrivé dans le top 10 et, par pure frustration, aurait presque voulu brûler son aile parce qu'il n'était pas sur le podium.

56:12Yvonne Dathe

Et ça arrive quand je suis totalement orientée sur le résultat. Mais si je regarde aussi, d'accord, je regarde mon processus, ou l'amélioration technique, ou le fait d'être plus sereine, d'améliorer mon attitude intérieure ou de pouvoir garder ma concentration, et que j'atteins ça comme objectif, alors je peux aussi être satisfaite avec un résultat, disons, médiocre.

56:35Yvonne Dathe

être satisfaite si j'ai atteint mes autres objectifs. Et je dis bien que l'objectif de résultat est quelque chose que je ne peux pas influencer du tout, parce que je peux faire le meilleur vol de ma vie et finir quand même 20e ou 50e si les autres ont volé encore mieux. C'est donc bien mieux de regarder quelle attitude intérieure j'ai, ou quelle attitude j'ai besoin d'adopter pour obtenir le meilleur résultat possible, quelles compétences il me faut, et de me concentrer là-dessus pour améliorer mes capacités, mon attitude et peut-être aussi ma stratégie.

57:09Lucian Haas

On regarde toujours la performance, ou on aime bien se comparer sur la performance. Et en vol, la performance se mesure soit en compétition avec des places, soit avec des points, et l'un en a 1000, l'autre seulement 970 ou quoi que ce soit. En vol libre, il y a les points XC que l'on a dans le DRV-XC ou XContest et autres, et on peut alors se dire : ah, je n'ai eu que 60 et l'autre a eu 70, et ah, ça me travaille encore.

57:33Lucian Haas

En même temps, on aime bien ça, c'est peut-être dans la nature humaine, de vouloir se mesurer aux autres. Mais si on réduit tout à ces points, on ne se mesure que sur cette seule dimension. Et pourtant, il y a d'autres choses, comme la beauté du vol ou un style de vol super fluide, où on peut dire que l'autre vole en fait beaucoup plus joliment, plus esthétiquement que moi, ou quelque chose comme ça. Est-ce qu'il y a un moyen de trouver une mesure pour soi aussi, pour pouvoir dire, si on veut se comparer, que d'accord, l'autre a peut-être fait 10 points de plus, mais pour moi, ce vol a beaucoup plus de valeur en comparaison pour une autre raison.

58:15Yvonne Dathe

Oui, en fin de compte, il s'agit pour moi de prendre conscience de pourquoi je vais voler. C'est pour ça que je reviens à la question de départ : pourquoi ai-je commencé à voler ou pourquoi est-ce que je vais voler, pourquoi est-ce si important pour moi, quelles sont mes valeurs derrière tout ça et quels sont mes objectifs en volant ? Et je me souviens aussi, quand j'ai commencé le vol de cross-country, c'était exactement comme ce que tu viens de dire, on se compare aux autres. Je m'étais aussi choisi des pilotes de référence en XC qui étaient à peu près aussi bons que moi, du moins c'est comme je les avais évalués. Et je me rappelle encore un vol où j'avais réussi quelque chose qui n'avait jamais fonctionné auparavant. J'étais super contente, c'était un magnifique vol et j'étais tellement fière d'avoir réussi, et je télécharge ensuite le vol sur XC et je vois qu'un de mes...

59:04Yvonne Dathe

Oui, au final, il s'agit pour moi de prendre conscience de pourquoi je vais voler. C'est pour ça que je reviens à la question de départ : pourquoi ai-je commencé à voler ou pourquoi est-ce que je vais voler, pourquoi est-ce si important pour moi, quels sont mes valeurs derrière tout ça et quels sont mes objectifs en volant ? Et je me souviens aussi que quand j'ai commencé le vol de distance, c'était exactement comme ce que tu viens de dire, on se compare aux autres. Je m'étais aussi choisi des pilotes de référence en XC qui étaient à peu près aussi bons que moi, enfin, c'est comme je les avais évalués. Et je me rappelle encore un vol où j'ai réussi quelque chose qui n'avait jamais marché auparavant. J'étais super contente, c'était un magnifique vol et j'étais tellement fière de moi d'avoir réussi, et je télécharge ensuite le vol sur XC et je vois qu'un de mes...

59:27Lucian Haas

C'était quoi, ce qui a marché ?

59:28Yvonne Dathe

Honnêtement, je ne sais pas trop. C'était une sorte de vol dans notre région de l'Allgäu et une traversée de vallée s'est super bien passée. Mais je me rappelle encore à quel point j'étais contente et je me souviens encore de cette frustration quand quelqu'un a vraiment continué à voler plus loin. Et c'est juste dommage, parce que le vol, ça représente tellement, tellement plus. Et quand je réussis quelque chose que je n'avais pas encore accompli auparavant, alors j'ai le droit d'en être contente. Et je préfère rester avec moi et aussi dans la compétition. Donc, si j'ai réussi à rester concentrée, à rester avec moi, à voler comme je me l'étais imaginée et que ça marche, et que quelqu'un d'autre est un peu plus rapide à l'arrivée, oui, alors je peux me réjouir pour l'autre, mais je peux quand même être contente d'avoir fait un super vol.

1:00:16Lucian Haas

À quel point es-tu ambitieux ?

1:00:19Yvonne Dathe

À quel point suis-je ambitieuse ? Je n'en ai aucune idée, est-ce qu'il y a une échelle ?

1:00:23Lucian Haas

Tu peux définir ta propre échelle, mais si tu te vois comme ça, enfin, il y a une certaine forme d'ambition, on pourrait dire qu'il y a une sorte de niveau en dessous de la moyenne, quelqu'un qui ne cherche rien du tout, enfin pas du tout en termes de performance, puis un niveau moyen, et ensuite peut-être celui où tu te dis que l'ambition commence parfois à avoir ses côtés négatifs, on devient vraiment obsédé par ça.

1:00:45Yvonne Dathe

Exactement, pour moi, l'important c'est que le plaisir soit au premier plan. Et c'est aussi, comme je l'ai dit, il faut que ça soit amusant, que ça procure de la joie, que ce soit une super expérience, et le résultat à la fin, je dirais, c'est juste la cerise sur le gâteau. Donc si un podium tombe ou quelque chose comme ça, c'est super, c'est au top, c'est génial, mais sinon, si c'était bien, que j'ai fait un super vol, eu de belles expériences et que je peux être satisfaite de moi-même, alors c'est aussi bien.

1:01:16Lucian Haas

Est-ce que ça a toujours été comme ça ou est-ce que tu as évolué ? Est-ce que tu as appris ça ?

1:01:22Yvonne Dathe

Je pense que, comme je l'ai dit, pendant un certain temps, j'ai déjà regardé les résultats, même en XC, mais j'ai simplement réalisé qu'il y a énormément de frustration derrière tout ça, et c'est aussi confirmé par la science, donc ça est simplement confirmé une fois de plus. Je l'ai appris pendant mes études : les personnes qui agissent de manière extrêmement orientée vers les résultats ou qui aspirent aux résultats, par exemple si on regarde en psychologie du sport, ce sont les personnes qui sont plus souvent frustrées, justement parce qu'elles ne sont pas toujours premières ou deuxièmes, alors que cela fait simplement partie du sport de perdre aussi, entre guillemets, et les personnes qui sont très orientées vers les résultats, elles vivent beaucoup d'expériences frustrantes.

1:02:08Yvonne Dathe

et ont aussi tendance à avoir recours à des mesures de dopage, maintenant le dopage en parapente, oui, je le dis...

1:02:17Lucian Haas

On pourrait faire du dopage à la aile, enfin, je pense qu'il y a beaucoup de pilotes qui se disent : « Ah, je vais peut-être quand même m'acheter le Zwei-Liner-C au lieu de piloter seulement l'Alpiner, parce qu'avec ça, je vais peut-être enfin réussir la prochaine traversée de vallée que je n'avais pas encore faite », et ils disent qu'avec ça, ils auront leurs moments de bonheur, même si je vais peut-être piloter de manière tellement plus intense que, au bout du compte, je vais peut-être atterrir en moyenne 20 minutes plus tôt sur mes vols parce que je me dis que je suis épuisé ou quoi que ce soit.

1:02:44Yvonne Dathe

Exactement, donc je peux faire du dopage aile ou ce qui est vraiment correct en compétition, le dopage c'est le vol en nuages, où je monte simplement plus haut que je ne devrais normalement le faire et c'est du dopage, et si je suis très orientée vers le résultat, alors j'ai plutôt tendance à avoir recours à de telles mesures et l'autre orientation c'est d'être orientée vers le processus, où je regarde que je

1:03:07Yvonne Dathe

ou alors axés sur l'attitude, où je regarde si je m'améliore moi-même, si j'obtiens un bon résultat pour moi, si j'ai une bonne attitude pour obtenir un bon résultat, et ce genre d'athlètes sont plutôt

1:03:21Yvonne Dathe

orientés sur l'expérience et ont moins tendance à avoir recours à de telles mesures de dopage, que ce soit le dopage à la voile ou le vol en nuage ou quoi que ce soit. Et je veux dire, avec les voiles, j'ai eu une discussion avec Kriegel Maurer récemment et il l'a décrit très bien : il a dit que 90 % du vol doit normalement être sous-exigeant avec son parapente, et qu'il n'est sollicité que 7 à 8 % du temps, et que maximum 1 % de ses vols peut peut-être le pousser dans ses limites, mais la majeure partie du temps, il doit être sous-exigé avec son parapente pour pouvoir vraiment offrir une bonne performance. Donc de ce côté-là, pour le dopage à la voile, je suis aussi d'avis que si je vole avec une voile, la thermique me sollicite tout le temps. Je veux dire, dans des conditions calmes, beaucoup peuvent voler avec n'importe quelle voile, mais il s'agit aussi de savoir si, quand c'est thermiquement actif ou turbulent, je m'en sors encore avec la voile ou pas, et si je suis rapidement dépassée ou

1:04:26Yvonne Dathe

si sento messo alla prova, le mie risorse mentali e fisiche si esauriscono piuttosto velocemente e forse non arrivo nemmeno a destinazione, cosa che invece riuscirei a fare con una aile di classe inferiore, oppure semplicemente non mi diverto affatto.

1:04:44Lucian Haas

Passons à un dernier sujet, parce que ça arrive bientôt aussi. Tu as toi-même participé aux X-Alps. Qu'est-ce qui t'a attiré à l'époque dans le fait de te lancer ce défi ?

1:04:55Yvonne Dathe

Alors, j'avais vu une vidéo sur YouTube sur l'X-Pyr et je ça m'est semblé vraiment, vraiment...

1:05:06Yvonne Dathe

difficile, riche en émotions. Enfin, l'X-Pyr est une course de l'Atlantique à la Méditerranée à travers les Pyrénées, et j'ai trouvé ça vraiment super et passionnant. Du coup, je me suis inscrite à l'X-Pyr et ça s'est plutôt bien passé, et j'ai eu un plaisir incroyable parce que, surtout à travers les Pyrénées, c'était une expérience incroyable, parce que les montagnes sont d'une manière totalement différente de celles des Alpes. Mais c'est seulement en l'air que j'ai vraiment remarqué qu'il n'y a pas vraiment de vallées, mais qu'elles sont genre éparpillées partout et pas comme les larges vallées que nous avons ici. Sur

1:05:43Lucian Haas

En tout cas, pas de vallée longitudinale où on peut voler en longueur. Oui, exactement. Il n'y a que des vallées transversales.

1:05:49Yvonne Dathe

Mais ça m'a fait beaucoup de plaisir et après, je me suis dit, d'accord, je pourrais aussi participer aux X-Alps et

1:05:58Yvonne Dathe

Ensuite, je me suis inscrite aux X-Alps et c'était aussi une expérience très passionnante, même avant, pendant les préparatifs. On avait regardé le massif du Brenner et aussi tout l'entraînement au préalable. C'était déjà une période très, très excitante, même si le résultat final n'était pas si bon, c'était quand même une super expérience.

1:06:20Lucian Haas

Avec le recul, est-ce que vous feriez certaines choses différemment aujourd'hui ?

1:06:24Yvonne Dathe

Oui, alors pour moi aussi, c'est que l'équipement n'a pas vraiment fonctionné comme prévu. Ce serait été bien que la météo ait été meilleure pour qu'on puisse mieux tester ça avant.

1:06:38Yvonne Dathe

Mais on ne peut pas influencer la météo, donc je ne peux pas changer ça, et si ça avait encore été aussi mauvais, je n'aurais pas pu tester avant non plus. Du coup, en fait, ça s'est plutôt bien passé. Comme je l'ai dit, ce qu'on a raté, c'est que je n'ai pas pris le Nightpass à ce moment-là, mais au final, j'étais aussi assez épuisée le dernier jour, j'ai couru presque 100 kilomètres et monté trois montagnes, donc j'étais déjà vraiment fatiguée le soir. Si j'avais pris le Nightpass, je serais peut-être restée deux jours de plus dans la course, mais je serais probablement ressortie parce qu'à un moment donné, la fatigue finit par nous rattraper, donc ça allait très bien comme ça.

1:07:29Yvonne Dathe

Je me suis dit que, comme on est repartis tout de suite pour du vol en tandem à cause de rendez-vous et de demandes, je me suis dit après coup qu'on aurait quand même pu aller à Monaco, même en dehors de la course. On aurait pu continuer, parce que tout était déjà organisé, la voiture était là et on avait théoriquement prévu le temps ; on aurait pu simplement finir la course, même si on n'était plus dans le classement.

1:07:57Lucian Haas

Est-ce que tu fais parfois du bivouac en vol ?

1:08:00Yvonne Dathe

Oui, alors j'ai participé à quelques Border Races et on a toujours l'idée de le faire aussi, mais c'est toujours un peu compliqué au niveau de l'organisation, donc je dois quand même prendre le temps, parce qu'on a souvent des rendez-vous. C'est en fait le sujet principal, on manque un peu de temps pour ça. Mais on avait aussi prévu ça en Équateur, de faire d'abord la compétition principale et ensuite voyager à travers le pays en mode Hike and Fly. Mais on n'était pas encore conscients qu'en Équateur, parce que les montagnes sont très hautes, la brise de vallée est très forte et qu'en fait, le vol de cross-country dans les Andes n'est pas vraiment possible. Exactement, donc de ce fait, on ne l'a pas fait là-bas, on a plutôt opté pour le vol et le bus.

1:08:51Lucian Haas

Ce qui est aussi une bonne option dans ces pays, au moins, parce qu'il y a toujours un petit bus dans chaque village qui finit par monter là où on peut continuer. X-Alps 2023, qui va gagner ?

1:09:05Yvonne Dathe

Puh, difficile. Je ne sais pas. Je suis curieuse de voir. Bon, je pense que mon Kriegel-Mauder est toujours un favori, en tout cas. Peut-être qu'il va encore gagner. Mais les autres, par exemple quand je regarde Maxime Pinot, il est aussi très, très ambitieux et il s'améliore toujours physiquement. Oui, Aaron est aussi motivé et je pense que ça va être passionnant.

1:09:33Lucian Haas

Et d'un point de vue psychologique, selon toi, qui est le pilote le plus fort mentalement sur le terrain ?

1:09:38Yvonne Dathe

Alors, je pense que Kriegel-Mauder est le plus fort mentalement, parce qu'avec son état d'esprit, il le dit d'ailleurs lui-même, il n'a plus besoin de gagner, il a déjà gagné tellement de choses, il les a déjà. Et je pense que,

1:09:55Yvonne Dathe

Mentalement, c'est déjà le plus fort. Genre...

1:09:58Lucian Haas

un vieux sage, qui prend son temps, qui semble un peu au-dessus des choses, mais qui a toujours autant d'expérience et qui vole si bien, et qui apporte tellement d'expérience qu'il peut dire : d'accord, je peux encore garder le contrôle sur le terrain.

1:10:14Yvonne Dathe

Oui, et surtout, il ne garde rien pour lui. Je trouve ça totalement fascinant chez lui. Quand quelqu'un lui pose une question, il répond tout. Il est très ouvert là-dessus et il a aussi sa X-Alps Academy où il transmet son savoir. Il dit que ça le rend lui-même meilleur pilote, parce qu'il doit simplement percevoir les choses sous un autre angle, se demander comment il peut transmettre ça aux autres et obtenir ainsi un nouveau regard sur les choses. Il gère ça avec beaucoup d'ouverture et il s'efforce que les autres s'améliorent. Et à cause de ça, je pense qu'il est déjà le plus fort mentalement dans le domaine.

1:10:56Lucian Haas

Quand tu étais aux X-Alps, il était là aussi et il y a cette semaine de préparation. On se prend un peu la tête et on se dit, je veux dire, on est juste avant la compétition, mais je ne suis probablement pas vraiment ta concurrente. Est-ce que tu aurais encore trois conseils pour moi ou quelque chose comme ça ?

1:11:12Yvonne Dathe

Alors, j'ai déjà parlé avec lui avant, avant même que je ne postule. On s'était rencontrés en Serbie lors d'une compétition et je lui avais déjà parlé à ce moment-là.

1:11:23Yvonne Dathe

Oui, alors il est, comme je l'ai dit, super ouvert et donne aussi des conseils. Je pense aussi que les nouveaux venus, enfin j'ai vu à Bassano qu'il avait aussi parlé avec les autres participants de X-Alps, et je crois qu'ils ont tous échangé, posé des questions et simplement discuté entre eux. Et comment tu fais ? Comment je fais ? Et ils ont échangé entre eux.

1:11:49Lucian Haas

Est-ce qu'il y a un conseil en particulier, le plus important, que tu as retenu ou appris de sa part ?

1:11:54Yvonne Dathe

Le conseil le plus important ?

1:11:57Yvonne Dathe

Je ne sais pas du tout. Donc, le conseil le plus important.

1:12:02Lucian Haas

Alors je vais inverser la question ou la poser un peu différemment. D'après ton expérience lors des X-Alps, quel est le conseil le plus important que tu donnerais à quelqu'un qui aimerait aussi participer à ce genre de courses ?

1:12:12Yvonne Dathe

S'assurer de s'amuser autant que possible. Enfin, vivre une super expérience, s'amuser, rester soi-même et profiter du moment.

1:12:20Lucian Haas

Et le fait d'être dans des endroits où on n'oserait probablement pas aller tout seul, où on n'aurait même pas la motivation d'y aller pour se dire : je vais essayer de décoller de là. C'est ça, l'aventure.

1:12:34Yvonne Dathe

Just seek the adventure and enjoy every day.

1:12:39Lucian Haas

Beau beau motto. On va s'arrêter là. Profiter de chaque jour. Yvonne, merci infiniment pour

1:12:44Yvonne Dathe

ton récit.

1:12:46Lucian Haas

Bonne chance pour la NRW Cup ici dans le Sauerland. Quand la pluie s'arrêtera. Demain, ça a l'air bien. Demain, on volera à tous les coups. On verra alors jusqu'où on peut aller ici. Et sinon, bonne chance pour ton petit boulot de coaching mental. winmental, si quelqu'un le cherche sur Internet. winmental.de, je crois, comme site. Et sinon, tu as aussi ton propre blog sur winmental, enfin je voulais dire un propre podcast, où tu interviewes régulièrement différentes personnes, notamment Kriegel Maurer, qui n'est pas encore venu me voir, mais qui est déjà passé chez toi.

1:13:25Lucian Haas

Parmi les épisodes que j'ai écoutés chez toi, je trouvais celui-ci presque le plus intéressant jusqu'à présent, parce que tu as aussi poussé Kriegel à raconter d'autres choses que je n'avais pas encore entendues chez d'autres ou que je n'avais pas encore lues dans d'autres interviews. Je ça ai trouvé très intéressant. Si vous voulez commencer avec un épisode d'Yvonne, prenez cet épisode de Kriegel, il est carrément recommandé. Et il y a encore pas mal d'autres épisodes passionnants là-bas aussi.

1:13:51Yvonne Dathe

Merci beaucoup, Lucian. Merci pour cet entretien.

1:13:54Lucian Haas

Avec grand plaisir.

1:13:59Lucian Haas

C'était l'épisode 109 de Podz-Glidz avec la coach mentale Yvonne Date. Dans les notes d'émission sur le Gleitschirm-Blog Lu-Glidz, tu trouveras d'autres liens utiles, notamment vers l'épisode intéressant du podcast winmental d'Yvonne avec Kriegel Maurer. Podz-Glidz est le podcast du Gleitschirm-Blog Lu-Glidz. Je m'appelle Lucian Haas. Je suis le producteur des deux offres. Si cet épisode t'a plu et que tu aimerais écouter plus d'épisodes de Podz-Glidz, alors aide-moi en devenant un contributeur de mon travail. 1 euro par épisode de podcast et 2 euros par mois de lecture sur Lu-Glidz, c'est ma proposition sans engagement. C'est moins qu'une bière ou un cappuccino, mais même de petites sommes contribuent, au total, à une part importante pour que je puisse continuer à gérer et développer ce projet à l'avenir.

1:14:52Lucian Haas

Et ce soit de manière indépendante et sans publicité. Toutes les infos nécessaires sur la façon dont ton contribution libre peut m' parvenir se trouvent sur www.Lu-Glidz.blogspot.com. Il y a là une rubrique "Soutenir". Lu-Glidz s'écrit Lu-Glidz.

1:15:10Lucian Haas

D'ailleurs, je suis toujours à la recherche de nouveaux interlocuteurs intéressants avec des histoires dignes d'être entendues issues de l'univers du parapente. As-tu une suggestion ? Alors raconte-moi et envoie-moi, si possible, les coordonnées tout de suite. De préférence par e-mail à kontakt at gmail.com. À la prochaine. Ne tombe pas du ciel. Ciao.

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