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134. Steppenwolf - Georg Brodbeck

// Georg Brodbeck, Lucian Haas · 2024-05-10 · 01:23:54 · original episode

// streaming from the original SoundCloud feed

[show notes]
Georg Brodbeck investit des centaines d'heures dans sa chaîne Youtube et la plateforme de visualisation de vol Ogoy. Qu'est-ce que cela lui apporte ? +++ « Guide pour couler », ou « Guide pour voler lentement ». Si des vidéos de parapente portent de tels titres, il doit être clair que quelqu'un célèbre ici autre chose que le « Plus haut, plus vite, plus loin, plus de kilomètres, plus de points XC et oh, c'était quoi ce vol génial », qui résonne si souvent dans les films de vol habituels. C'est probablement aussi pour cette raison que la chaîne YouTube Steppenwolf X du Suisse Georg Brodbeck possède une communauté de fans en constante croissance. Car l'autodérision subtile avec laquelle Georg traite, entre autres, ses propres erreurs de vol dans ces films, touche une corde sensible dans le bon sens du terme. Il y a certainement beaucoup d'autres pilotes là-bas qui peuvent facilement s'identifier à de telles expériences. Mais les erreurs sont là pour qu'on puisse en tirer des leçons. Et c'est pourquoi, dans ce 134ème épisode de Podz-Glidz avec Georg, je discute de la manière dont ses vidéos Youtube l'aident à gérer les moments de frustration en avion et à devenir petit à petit un meilleur pilote. Par ailleurs, un autre projet majeur de Georg joue également un rôle : Ogoy. C'est un site web sur lequel on peut visualiser, analyser et, en quelque sorte, suivre ses vols en vues 3D. Georg a déjà consacré plus de 1000 heures de travail à la programmation d'Ogoy et a ainsi créé une plateforme très précieuse pour la scène du parapente. +++ À ce stade, je tiens à remercier tous ceux qui soutiennent déjà financièrement mon travail sur Podz-Glidz et Lu-Glidz. Sans vos contributions, j'aurais déjà dû abandonner le podcast et le blog depuis longtemps. Et si vous voulez aussi que ces chaînes continuent, n'hésitez pas à consulter la page « Fördern » sur le blog de parapente Lu-Glidz : https://lu-glidz.blogspot.com/p/fordern.html +++ Musique de cet épisode : Reach to View de Georg Brodbeck https://soundcloud.com/steppenwolf-x/reach-to-view +++ Liens Lu-Glidz : + Blog : https://lu-glidz.blogspot.com + Facebook : https://www.facebook.com/luglidz + Insta : https://www.instagram.com/luglidz/ + Canal Whatsapp : https://whatsapp.com/channel/0029VaBVs05CHDynzdlJlU34 + Youtube : https://youtube.com/@Lu-Glidz + Soundcloud : https://soundcloud.com/lu-glidz + Spotify : https://open.spotify.com/show/6ZNvk83xxGHHtfgFjiAHyJ + Apple-Podcast : https://itunes.apple.com/de/podcast/podz-glidz-der-lu-glidz-podcast/id1447518310?mt=2 + Linktree : https://linktr.ee/luglidz

[transcript]

0:02Georg Brodbeck

L'un aide l'autre, donc particulièrement le parapente aide la programmation ou même la vie en général, parce que ça m'entraîne à décider. Avec OGOI, j'ai théoriquement beaucoup de temps, mais si je m'y consacre toujours, ça ne sera jamais fini et alors tout ne fonctionnera pas. En parapente, je n'ai tout simplement pas le temps, et si je suis entraîné par cela à décider plus vite, à avancer plus vite, à juste faire les choses plus vite sans toujours me demander si je dois le faire ou pas, ou si je dois le faire comme ça ou comme ça, et à juste le faire à la place, je deviendrai bien meilleur et plus efficace pour faire avancer OGOI.

1:00Lucian Haas

Podz-Glidz, le podcast Lu-Glidz. Des histoires du cosmos du parapente. Aujourd'hui avec OGOI Georg Brodbeck et je suis Lucian Haas.

1:15Lucian Haas

Tutoriel pour couler ou tutoriel pour voler lentement. Quand des vidéos de parapente portent de tels titres, il doit être clair que quelqu'un célèbre ici autre chose que le plus haut, le plus vite, le plus loin, plus de kilomètres, plus de points XC et, oh, quel vol génial, ce qui résonne si souvent dans les vidéos de vol habituelles. C'est probablement aussi pour cette raison que la chaîne YouTube Steppenwolf X du Suisse Georg Brodbeck possède une communauté de fans en constante croissance. Car l'autodérision pleine d'esprit avec laquelle Georg analyse, entre autres, ses propres erreurs de vol dans ces films, touche une corde sensible dans le bon sens du terme. Il y a sûrement beaucoup d'autres pilotes là-dehors qui peuvent facilement s'identifier à de telles expériences.

2:07Lucian Haas

Mais les erreurs sont là pour qu'on puisse en tirer des leçons. C'est pourquoi, dans ce 134e épisode de Podz-Glidz, je discute avec Georg de la manière dont ses vidéos YouTube l'aident à gérer les moments de frustration en vol et à devenir petit à petit un meilleur pilote. Un autre projet majeur de Georg entre aussi en jeu : OGOI. C'est un site web où l'on peut visualiser, analyser et, en quelque sorte, rejouer ses vols en vue 3D. Georg a déjà investi plus de 1000 heures de travail dans la programmation d'OGOI, créant ainsi une plateforme très précieuse pour la scène du parapente.

2:50Lucian Haas

À ce stade, je tiens à remercier tous ceux qui soutiennent déjà financièrement mon travail sur Podz-Glidz et LOOGLIGHTS. Sans vos contributions, j'aurais dû abandonner le podcast et le blog depuis longtemps. Et si vous voulez aussi que ces chaînes continuent, allez faire un tour sur la page Soutenir du Gleitschirm-Blog LOOGLIGHTS. Mais maintenant, place au divertissement avec Georg Brodbeck.

3:20Lucian Haas

Georg, tu-tu es fan de Hermann Hesse ? Oui, on peut dire ça. C'est pour ça que tu as aussi appelé ton site SteppenwolfX ?

3:34Georg Brodbeck

Oui, je dirais ça, oui. Le livre Steppenwolf est celui qui m'a particulièrement fasciné. Pourquoi le X ? Qu'est-ce qu'il signifie ? C'est inconnu. Un symbole mathématique, ou de la science, pour dire que tout n'est pas toujours connu. Je me suis dit qu'il fallait que j'ajoute quelque chose, parce que le groupe Steppenwolf existe déjà.

3:59Georg Brodbeck

Et je trouve que le X est, d'une certaine manière, un beau symbole.

4:03Lucian Haas

Qu'est-ce que tu aimes tant dans le Steppenwolf d'Hermann Hesse ?

4:08Lucian Haas

Hm, c'est comme,

4:10Georg Brodbeck

hum,

4:14Georg Brodbeck

C'est difficile de trouver les mots pour exprimer ça tout de suite.

4:19Georg Brodbeck

Alors, quand je programme pour OGOI par exemple, je suis très dans mon propre monde. Un monde qui fonctionne d'une manière totalement différente du reste du monde. J'ai souvent des moments où, même à l'époque où j'ai grandi, j'avais souvent des moments où je me disais que je ne comprenais pas tout à fait comment le monde fonctionnait. J'ai un peu ma propre façon de me représenter les choses. Et en même temps, il y a aussi ce dilemme dialectique. Le fait qu'on passe parfois soudainement en mode extraverti. Soudainement, on s'intègre à l'environnement, à ce...

5:06Georg Brodbeck

simplementement avec, précisément avec les gens avec qui on est en train de traîner. Et ça fonctionne soudainement très bien. Une sorte d'aller-retour dialectique entre « je ne comprends pas les gens » et « je me sens très bien parmi les gens », ce qui peut alterner, et je trouve que ça revient dans le Steppenwolf, dans le livre du Steppenwolf. Bien.

5:27Lucian Haas

pour s'affirmer. Ça veut dire que tu te sens comme un âme sœur de ce personnage du Loup des Steppes d'Hermann Hesse ? D'une certaine manière, dans un sens abstrait, oui. C'est sûr que c'est un peu exagéré, mais d'une certaine façon, oui. Tu as aussi utilisé le mot extraverti entre deux. Tu es devenu connu dans le milieu grâce à ta chaîne YouTube, qui s'appelle aussi Steppenwolf X. Exactement, oui.

5:54Georg Brodbeck

Pourquoi l'as-tu lancé ? Au début, j'avais une idée que j'aurais décrite à l'époque comme une idée stupide : créer une sorte de guide pour finir en état d'ébriété. J'ai eu un vol où je me suis dit : « Hé, là, j'ai vraiment tout fait de travers, tout ce qu'il fallait faire de travers. » Et j'ai ressenti une sorte de frustration, je voulais en faire un traitement ironique de ma propre expérience frustrante, alors j'ai simplement monté une vidéo là-dessus. Ensuite, je me suis dit : « Bon, mettons ça en ligne, comment je vais appeler la chaîne ? » Bien, Steppenwolf me convient, on rajoute un X derrière, et on balance ça sur YouTube. Et puis, j'ai oublié ça pendant un semestre.

6:37Georg Brodbeck

Et puis, après un semestre, ma sœur vient me voir et me dit : « Hé, j'ai vu ta vidéo, elle a déjà fait 600 vues. » Et moi, je ne m'en étais plus du tout occupé. Et là, je me suis dit : « OK, 600, c'est moins que rien. C'est plus que rien. C'est plus que rien, oui. » Et je me suis dit : « OK, apparemment, ça ne passe pas si mal. Allez, on va essayer de faire quelque chose. » Alors j'ai tenté une autre vidéo, ça n'a pas du tout marché parce que j'avais fait un petit montage, mais je n'avais rien raconté du tout. Et là je me suis dit : « OK, il faut probablement que je raconte quelque chose, ça marche mieux. » Et puis j'ai essayé de faire deux ou trois autres vidéos. Et là, ça a commencé à un peu fonctionner.

7:23Georg Brodbeck

Et ça a continué comme ça, parfois plus, parfois moins, ça a commencé à décoller petit à petit. À côté

7:31Lucian Haas

ce guide magnifique pour couler, tu as aussi monté une vidéo de compétition, un guide pour voler lentement où tu as genre suivi tout le monde et tout ça. D'où vient cette capacité à l'autodérision ? Enfin, j'ai...

7:47Georg Brodbeck

Je voulais déjà savoir faire ça quand j'étais enfant, ne pas me prendre trop au sérieux. Pour moi, c'est en fait un objectif de vie depuis toujours. Parfois j'y arrive bien, parfois moins. Dans le contexte du parapente, la gestion de la frustration est pour moi un sujet très important. Et en général, j'étais plutôt mauvais pour ça. J'ai eu beaucoup d'expériences frustrantes qui ont été très marquantes et difficiles pour moi. Je me souviens notamment de... de vacances de vol en Macédoine. Là-bas, mon premier vol était de loin le meilleur de ma vie.

8:33Georg Brodbeck

C'était au début de ma carrière en parapente, je ne sais plus exactement si c'était 50 ou 70 kilomètres. Et avant, mon vol le plus long était genre 40, et là, c'était 70, bien plus longtemps dans les airs et tout ça. Et puis, dès le lendemain, je n'ai plus rien réussi. Chaque jour était une frustration, parfois genre 10 kilomètres ou directement une chute à l'eau. Il n'y avait vraiment plus rien à faire. Et en Macédoine, il fait chaud. Il n'y a rien au sol. C'est ennuyeux. Ouais, tomber à l'eau, c'est vraiment la merde là-bas. Et c'était vraiment dur là-bas. Donc pour moi, quand je pense à la frustration liée à la chute à l'eau, c'est cette image de la Macédoine qui me vient.

9:21Georg Brodbeck

Rien ne marche. J'ai donc dû trouver un moyen de gérer ça pour moi. Et je pense que c'était un peu comme ça que je l'ai traité. La capacité à gérer ça n'arrive en fait qu'au moment où je m'en occupe publiquement. Au début, ça me fait mal. Mais dès que je dois expliquer à l'extérieur ce qui m'est arrivé, je tombe très, très vite sur l'autodérision.

9:56Lucian Haas

Ça veut dire que c'est peut-être ça, exposer ses propres erreurs devant les autres, ou quoi que ce soit qu'on entend par exposer, simplement leur montrer ou en parler, c'est ta stratégie pour gérer ta frustration. Donc tu ne l'enfouis pas en toi, mais tu le recraches, en quelque sorte. Et une fois qu'il est sorti de cette manière, alors tu t'en libères.

10:23Georg Brodbeck

Ce serait bien si ça marchait toujours comme ça. Classiquement, je l'intériorise. Mais c'est une très bonne méthode : si j'arrive à extérioriser mes erreurs, je me sens mieux. Et parfois, j'y arrive. Et surtout avec les vidéos, j'y arrive bien mieux que si je ne les fais pas. Ça veut dire,

10:44Lucian Haas

Tu gères une chaîne YouTube comme moyen de gérer ta frustration. On pourrait peut-être le voir comme ça, jusqu'à un certain point.

10:54Lucian Haas

Ce qui est très sympa quand on regarde ça, c'est que tu es très autocritique avec tes vols et tes incidents en vol, et ainsi de suite, et tu montres tes erreurs avec un plaisir assez évident. On peut vraiment s'en donner à cœur joie quand on fait ça et qu'on dit : « Bon, maintenant je fais du traitement de la frustration », mais alors je peux vraiment replonger dans ces erreurs et me dire : « Ah, c'était vraiment horrible. J'ai fait une énorme connerie là ? »

11:19Georg Brodbeck

Je peux, oui, je peux mieux y faire face si je m'en fais une sorte d'histoire et que je réfléchis à la manière dont je pourrais le présenter, alors je peux mieux le gérer et aussi prendre le temps de m'auto-analyser.

11:34Lucian Haas

Ça veut dire que faire ces vidéos est pour toi aussi une façon, d'une part, d'évacuer peut-être ta frustration, mais d'autre part, de réfléchir à toutes ces situations de vol et, au bout du compte, d'en tirer des leçons pour toi. En tout cas, oui. Est-ce que tu apprends vraiment de ça ? Ou est-ce que tu refais quand même les mêmes erreurs la fois suivante ?

11:56Georg Brodbeck

J'ai eu l'impression, entre-temps, que je pilote mieux depuis que j'ai la chaîne YouTube.

12:06Georg Brodbeck

Mais pas non plus tout le temps. À ce sujet, j'espère

12:12Lucian Haas

que ça m'aide. Je ne peux pas le dire avec certitude. Est-ce que tu recommanderais ça à d'autres pilotes ? Hé les gars, lancez juste une chaîne YouTube. Vous deviendrez de meilleurs pilotes.

12:22Georg Brodbeck

Donc l'analyse qu'on fait automatiquement, en se demandant comment je vais raconter ce que j'ai fait, ça aide en tout cas.

12:32Georg Brodbeck

Et si on finit par le publier ou non, ça n'a même pas d'importance pour l'instant. Il y a différents types de personnes qui aiment publier ce genre de choses. Mais je pense que l'analyse vidéo est certainement quelque chose de précieux. Si c'est pertinent pour tout le monde, c'est une autre question.

12:48Lucian Haas

Une vidéo comme celle-ci demande un temps de travail colossal. Je veux dire, il faut d'abord la filmer. Tu dois aller voler et tout filmer. Ensuite, il faut transférer tout ça. Puis il faut regarder le matériel. Ensuite décider comment je vais assembler tout ça. Et après, il faut ajouter du texte et tout le reste. Tes vidéos font souvent une demi-heure ou quelque chose comme ça. Combien de temps te faut-il au final pour vraiment terminer cette demi-heure ?

13:14Georg Brodbeck

Long. Longer than most people think. Anyway, that's changed a bit lately. Originally, I said that for one minute of video material, I need about one hour of work. In addition to the flight. An hour? Yes, one hour of work

13:34Lucian Haas

par minute. Ça veut dire qu'une demi-heure de vidéo YouTube, ce serait 30 heures de travail ? Oui. Waouh.

13:39Georg Brodbeck

Parfois, c'était même plus que ça.

13:43Georg Brodbeck

Ces derniers temps, c'est parfois nettement moins. Par exemple, la vidéo sur le Valais de 189 kilomètres, qui a le plus de vues depuis. Elle vient de franchir la barre des 10 000 vues. C'est une bonne demi-heure. Là, j'y ai passé facilement une semaine entière. Et pas une semaine de travail, mais une semaine non-stop sans rien faire d'autre. Mhm. Mais l'expérience m'a certainement aidé à devenir plus efficace pour le montage, j'ai quelques astuces, des systèmes, je m'améliore, je fais les choses différemment. Et maintenant, pour mes vidéos plus récentes, je vais plutôt vers un style vlog,

14:29Georg Brodbeck

où je coupe déjà plus de commentaires pendant la journée et que je fais moins de voix off. Et ça veut dire que je dois moins réfléchir à ce que je dis et juste plus assembler ce que j'ai déjà. C'est nettement moins prenant. Je mets, je dirais, 10 ou 12 heures pour une vidéo d'une demi-heure.

14:53Lucian Haas

Mais ça fait quand même 10, 12 heures. C'est quoi ta motivation pour y mettre autant de temps ? Je veux dire, évacuer sa frustration, c'est une bonne chose. Mais si tu dis : « OK, je fais un vol de 5 heures et après je dois faire 30 heures de post-production pour évacuer ma frustration », là, ça devient un sacré morceau. Je ne peux pas te le dire précisément.

15:17Georg Brodbeck

C'est une récompense très forte pour moi quand je publie une vidéo et que des milliers de personnes la regardent après.

15:24Lucian Haas

Est-ce que c'est le chiffre qui est la récompense ? Ou est-ce que tu reçois aussi énormément de commentaires et que c'est surtout le fait d'être en échange avec les gens ? Ou est-ce que c'est vraiment parfois juste le fait de voir, oh, on est déjà à 500, oui, maintenant on est à 1 000, maintenant on est à 3 000 ou quelque chose comme ça. Et avec ça, à chaque millier, la motivation augmente encore ou double ?

15:44Georg Brodbeck

Je ne le dirais pas comme ça. Le chiffre en soi, c'est bien sûr, enfin, quand on regarde les statistiques et qu'on voit ça grimper, c'est une chose, mais c'est aussi stressant parce que l'algorithme YouTube, il peut être un peu dur parfois, parce que d'un moment à l'autre, il peut arrêter de mettre en avant une vidéo alors que ça montait tout le temps et que d'un coup, plus. Ça fait pas mal émotionnellement, mais là, ce sont les chiffres bruts. C'est une chose. Les commentaires, eux, sont évidemment très précieux. J'ai la chance que les commentaires soient presque exclusivement très positifs et c'est très sympa. Et quand il y a quelque chose de négatif, c'est généralement une critique très constructive. Je ne... je ne peux me souvenir d'aucun commentaire qui était purement négatif.

16:30Georg Brodbeck

Alors, j'ai une communauté très sympa, à en juger par les choses. Ce qui est aussi très cool, c'est que ça a commencé assez vite que les gens commencent à m'aborder dans les lieux de départ. Parce qu'ils voient aussi dans les vidéos à quoi je ressemble, je suis reconnu et je trouve ça aussi très sympa que les gens m'interpellent, qu'ils aient des avis sur différentes choses, qu'ils me félicitent pour les vidéos ou quoi que ce soit. Ça me donne beaucoup.

17:01Lucian Haas

Tes premières vidéos, elles étaient toutes en suisse allemand. Oui. Et récemment, tu es passé à l'allemand standard et tu as fait une vidéo pour expliquer pourquoi tu le fais maintenant. Mais explique-moi encore pourquoi en allemand standard ? Pourquoi n'es-tu pas resté sur le suisse allemand ? On aurait pu mettre des sous-titres en allemand, ou alors tu les as tous sous-titrés exprès pour que les gens puissent lire, pour que l'on puisse comprendre en allemand standard ce que tu racontes en suisse allemand.

17:29Georg Brodbeck

Exactement, je les ai sous-titrés exprès. C'était un énorme travail supplémentaire à chaque fois. Pour une vidéo d'une demi-heure, j'y ai passé au moins trois heures de plus.

17:40Georg Brodbeck

Exactement, maintenant, les sous-titres, c'est bien et beau. J'ai discuté avec des spectateurs allemands de mes vidéos et ça m'est vite apparu clairement. Avant, d'après les spectateurs, je vois qu'ils étaient sur les statistiques. Peut-être environ 30 % de spectateurs d'Allemagne et d'Autriche. Mais j'ai déjà vu qu'étrangement, ils regardent mes vidéos en moyenne deux à trois minutes de moins que les Suisses. Maintenant, je ne pense pas que la capacité d'attention des Allemands soit fondamentalement plus courte que celle des Suisses. Du coup, qu'est-ce qu'il y a derrière ça ? C'est tout simplement le fait que mes vidéos sont construites comme ça : tu as l'image de moi, comment je vole, puis tu vois la visualisation en 3D, ensuite tu vois la vitesse,

18:30Georg Brodbeck

Les valeurs de montée, l'altitude et tout ça. Ce sont déjà trois choses que tu veux regarder en même temps. Si tu veux aussi lire les sous-titres en même temps, tu ne captes plus rien du tout. Et de ce point de vue, je peux imaginer que pour les gens qui ne comprennent pas la langue et qui doivent encore lire les sous-titres, ils ne captent pas grand-chose, ils n'ont pas la même expérience et ça devient plus vite ennuyeux, et du coup on n'a pas envie de regarder aussi longtemps. C'est

18:56Lucian Haas

Est-ce que tu remarques, depuis que tu es passé à l'allemand, enfin à l'allemand standard, que les Suisses regardent moins ?

19:05Georg Brodbeck

Je ne peux pas dire si les Suisses regardent moins, je vois que le nombre total de vues augmente et je vois que la part en pourcentage des Allemands augmente.

19:16Georg Brodbeck

J'ai une légère augmentation des abonnements annulés, mais au total, j'ai aussi beaucoup plus de nouveaux abonnés, donc ça ne pèse pas vraiment dans la balance. Je reçois parfois des retours de Suisses qui trouvent dommage que l'authenticité soit perdue et qu'ils préféreraient finalement le suisse allemand, mais ils comprennent aussi parce que le public cible est nettement plus large. J'entends aussi parfois des Allemands, j'ai aussi parfois des commentaires genre : « Hé, je comprendrais aussi le suisse allemand, ça serait OK, mais je n'ai découvert la chaîne qu'à présent parce que YouTube me l'a suggérée. »

20:03Georg Brodbeck

Oui, c'est une question difficile, je vais probablement refaire une vidéo en suisse allemand prochainement, juste pour voir ce qui se passe,

20:15Georg Brodbeck

mais si je ne peux vraiment atteindre que la moitié des gens avec, ou même moins, c'est difficile de le justifier.

20:26Lucian Haas

Qu'est-ce que tu perds quand le son local, c'est-à-dire ta véritable langue maternelle, n'est pas là ? Est-ce que tu penses différemment en suisse allemand qu'en allemand standard ?

20:40Georg Brodbeck

Je dois d'abord apporter une petite précision : ma langue maternelle est en fait l'allemand standard. Ma mère vient de Berlin, j'ai certes grandi en Suisse, mais j'ai décidé à un moment donné, quand j'étais tout petit, que je parlerais comme ma maman, enfin en allemand standard, parce que j'ai grandi en Suisse avec mon allemand standard pas tout à fait pur, comme on l'entend,

21:08Georg Brodbeck

mais je n'ai commencé à parler suisse allemand qu'après, vers mes 20 ans environ. Comme je l'avais entendu toute ma vie, j'ai réussi assez vite à le prendre et à l'intégrer. Et maintenant, pour mes vidéos, je trouve que le suisse allemand est en fait la meilleure langue par rapport à sa nature. Je pense un peu différemment, surtout ce genre de...

21:34Georg Brodbeck

... le sarcasme et l'autodérision fonctionnent mieux en suisse allemand, je ne sais pas exactement pourquoi. Je pense que le suisse allemand, justement parce que c'est ce que je parle la plupart du temps quand je discute avec des gens, je parle suisse allemand.

21:50Georg Brodbeck

Le haut allemand est plutôt une langue qui vient davantage des médias, de contextes plus abstraits. Alors oui, il y a aussi des gens en Suisse qui parlent haut allemand et je leur parle aussi en haut allemand. Pour moi, c'est plus une langue de famille. Le suisse allemand, c'est plutôt une langue de camaraderie avec les amis. Et les vidéos, je les adresse moins à ma famille qu'à mon entourage habituel, mes amis et les autres. C'est peut-être un peu ça. Et je pense que le suisse allemand permet une langue plus émotionnelle. En particulier mon dialecte bernois, il est connu pour être...

22:35Georg Brodbeck

est très approprié. Il y a énormément d'auteurs-chanteurs suisses qui écrivent des chansons en bernois et ils sont connus pour aborder des sujets très émotionnels, ce que l'allemand standard fait moins bien. Et c'est très beau pour les vidéos. Et ça se perd en partie.

22:57Lucian Haas

J'ai eu l'impression, j'en ai regardé quelques-uns. J'ai aussi déjà regardé ta chaîne vidéo quand tu ne faisais que du suisse allemand et ça me faisait toujours plaisir à l'époque. J'ai une belle-mère suisse et je comprends assez bien le suisse allemand, mais je trouvais quand même ça sympa de pouvoir lire les sous-titres en même temps pour apprendre un peu le suisse allemand sur le côté, au moins pour apprendre quelques nouvelles expressions. Mais quand tu es passé au haut allemand, c'est sûr que c'est parfois plus facile à comprendre, mais j'ai trouvé que l'humour subtil était un peu perdu et que les vidéos avaient, en quelque sorte, gagné en sérieux allemand. Ou perdu, selon le point de vue. Enfin, elles ont gagné en sérieux et perdu cet humour léger et subtil, et je suis moi-même partagé sur ce que je trouve vraiment mieux.

23:46Lucian Haas

Pour moi, je trouve le suisse, je trouverais probablement encore le suisse allemand mieux, mais pour la grande majorité des gens qui regarderaient, l'allemand est sans doute préférable. Mais il y a aussi pas mal d'autres pilotes suisses qui sont actifs sur les réseaux sociaux, sur Insta et tout ça, et qui font maintenant beaucoup de choses en anglais. Parce qu'ils veulent atteindre une communauté plus large et tout ça. Même si, malheureusement, beaucoup de la couleur locale est perdue. Est-ce que tu as déjà pensé à dire, ok, je fais Steppenwolf X en anglais ? Oui,

24:21Georg Brodbeck

Je m'en suis aussi questionné. Je me suis aussi demandé si je devais passer directement à l'anglais, sans passer par l'étape intermédiaire de l'allemand standard. Ma réflexion était plutôt que la majeure partie des pratiquants de parapente se trouve dans la zone germanophone, d'après ce que je sais.

24:42Georg Brodbeck

Bien sûr, il y en a encore beaucoup plus à l'international, mais avec l'anglais, on perd aussi des gens qui ne le comprennent pas très bien. Du coup, je me suis dit que je ferais au moins l'étape intermédiaire de l'allemand standard et que je verrais combien d'authenticité je peux y transposer. Peut-être pas tout de suite, je n'y arriverai peut-être que plus tard. Je pense que mes vidéos ont un peu pris une autre direction maintenant. Surtout ces vidéos d'information comme celle sur la pipi, je pense que je n'aurais pas gagné grand-chose avec le suisse allemand, parce que là, il s'agit vraiment d'informations avant tout. Peut-être que je réussirai à trouver un certain truc avec l'allemand standard avec le temps, je devrai peut-être encore le développer et peut-être que je pourrai ensuite le développer en anglais dans une troisième étape.

25:32Georg Brodbeck

Je ne sais pas encore où ça va mener.

25:34Lucian Haas

Si tu dis maintenant : d'accord, en fait, l'allemand standard est ta langue maternelle, tu n'as commencé à parler régulièrement le suisse allemand qu'à 20 ans et tout le reste. Si tu es en déplacement pour toi-même, que tu prends l'avion et que tu as un truc stupide et que tu commences à hurler sur ton aile ou à jurer ou quelque chose comme ça, est-ce que tu le fais en suisse allemand ou en allemand standard pour toi personnellement ? Pour moi personnellement, en suisse allemand. Donc à ce stade, c'est bien devenu ta propre langue.

26:04Georg Brodbeck

À part si je suis en train de... enfin, si j'enregistre une vidéo et que j'ai la caméra frontale activée, il peut arriver que même quand la caméra frontale ne tourne pas, je continue de me parler en allemand standard. Donc quand je suis dans ce mode, ça peut arriver. Mais dans 95 % des cas, ça sera en suisse allemand.

26:25Lucian Haas

ce sera du suisse allemand. À propos du mode, quand tu voles comme ça avec tes caméras activées, avec Insta sur la perche derrière et la caméra frontale devant pour pouvoir parler dedans, est-ce que tu voles différemment ?

26:40Lucian Haas

Je ne pense pas, mais

26:47Georg Brodbeck

je

26:48Lucian Haas

C'est sûr à 100 %.

26:51Lucian Haas

Je veux dire, on perd peut-être un peu de capacité mentale parce qu'on doit s'occuper des caméras et tout ça, ou se demander : qu'est-ce que je raconte maintenant ? Parce que je veux peut-être, comme tu le dis toi-même, raconter en mode vlog pendant le vol ce que tu es en train de vivre ou ce qui se passe, pourquoi tu es en train de couler ou à quel point c'est beau de monter, et tout ça.

27:09Lucian Haas

Ça te distrait aussi. Tu regardes la caméra et tu ne remarques peut-être pas l'oiseau qui apparaît en haut à droite. Et puis, des trucs comme le guide pour se crasher ou pour voler lentement, ça a peut-être aussi un...

27:26Lucian Haas

ça distrait aussi. Tu regardes la caméra et tu ne remarques peut-être pas l'oiseau qui apparaît en haut à droite. Et puis des trucs comme le guide pour se crasher ou pour voler lentement ont peut-être aussi à faire avec

27:28Georg Brodbeck

En principe, pas encore, parce que pour les vidéos sur comment se laisser couler ou voler doucement, j'ai laissé la caméra tourner dans le vent et j'ai oublié de parler pendant le vol. Je n'avais pas encore de caméra frontale pour parler dedans. Pour celle-ci, je l'ai surtout laissée tourner et j'ai raconté des trucs rapidement pendant les moments calmes, sinon je ne regardais pas la caméra, mais ce que je regardais, et de temps en temps, je lâchais quelques mots, comme je le fais d'habitude, peut-être un peu plus fort pour que la caméra capte mieux.

28:05Georg Brodbeck

Donc, commenter en continu pendant le vol en thermique, mon objectif serait plutôt d'allumer la caméra rapidement pendant une minute toutes les demi-heures, de balancer une courte déclaration et de la rééteindre. Parce qu'autrement, l'effort pour découper quoi que ce soit est énorme et j'ai parfois, par exemple sur la vidéo en Colombie, laissé la caméra frontale tourner en continu. Et là, je laisse parfois sortir des bribes de mes pensées qui font référence à quelque chose que j'ai dit une demi-heure plus tôt. Tout le contexte est bien trop complexe ou trop irrelevant pour une vidéo pour être inclus, ou alors là où je l'ai dit à l'origine, on n'a pas du tout compris ce que c'était, quoi qu'il en soit.

28:57Georg Brodbeck

Ça ne marche pas vraiment comme ça. Le concept, c'est donc que je lance vraiment des déclarations isolées, et je ne le fais que quand je suis dans de l'air calme, là où ça fonctionne bien. Et je ne pense pas que ça devrait nuire négativement à mon style de vol.

29:15Lucian Haas

Tu scénarises tes vidéos ? En vol, tu ne peux pas scénariser, tu dois juste t'y tenir. Donc l'action n'est pas scénarisée, mais au final, ce que tu racontes après, tout ça est écrit à l'avance ? Ou est-ce que tu laisses la vidéo tourner et tu racontes ce qui te vient à l'esprit sur le moment, à peu près ?

29:34Lucian Haas

Je prépare un script

29:36Georg Brodbeck

en fait

29:38Georg Brodbeck

Au début, sur mes premières vidéos, j'avais tout écrit. Ça faisait très bizarre parce que je lisais mon texte et comme je n'ai pas de prompteur, ça rendait super mal.

29:49Georg Brodbeck

Ensuite, j'ai arrêté ça et je me suis contenté de me dire une phrase, je l'enregistrais, puis je me disais la suivante et je l'enregistrais, et ainsi de suite. Avec beaucoup de montage entre les deux. Ce que je commence à faire dernièrement, surtout pour ces vidéos thématiques, comme celle sur la pipi, c'est que je me fais des notes. Donc, pour la vidéo sur le pipi, j'avais des notes d'environ

30:19Georg Brodbeck

c'était quoi, genre 6 ou 4 pages pour une vidéo de 40 minutes et écrit en gros, donc des notes brutes, des mots-clés, et ensuite je me forme une phrase, je la dis, je réfléchis à la phrase suivante en fonction des notes, je la dis, parce que j'ai un concept pour pouvoir en faire quelque chose à la fin, pour que ça tienne debout. Quand je fais une vidéo de vol normale, si je raconte une partie plus longue, je prends peut-être quelques notes, mais sinon, en général, je fais ça au fil de l'eau.

30:55Georg Brodbeck

Ce...

30:57Lucian Haas

La vidéo sur le pipi, donc pisser pendant le parapente, est aussi devenue l'une des plus réussies. La dernière fois que j'ai regardé, enfin pas la vidéo, mais aussi ta chaîne, elle était déjà à presque 8000 vues, elle a probablement déjà dépassé ce chiffre maintenant. Oui, c'est ça, oui. Est-ce que tu veux aborder ce genre de sujets à l'avenir ?

31:14Georg Brodbeck

en faire plus de vidéos comme ça ? Oui, oui, enfin, cette vidéo est sans aucun doute la plus réussie de toutes. Par rapport au temps écoulé,

31:23Lucian Haas

dans lequel il est à l'extérieur et à quelle vitesse il a grimpé vers le haut, environ, non ? Oui, oui, ça

31:26Georg Brodbeck

c'est très clair et ça va, dans un avenir proche, dépasser le reste en termes de vues. C'est pratiquement certain. Mais c'est aussi parce que je prévois cette vidéo depuis très longtemps et que j'ai déjà beaucoup réfléchi à tout ce que je voulais aborder dedans. De ce point de vue, il y a aussi un certain contexte sur la façon dont on en est arrivé là. J'ai déjà un autre vidéo en préparation. Elle sortira probablement bientôt. J'ai encore un peu peur de la sortir. Je dois encore la monter et probablement enregistrer une chose ou l'autre. Une partie est déjà enregistrée. Ça concerne le vol en nuage. Je peux déjà faire un petit teaser ici.

32:13Georg Brodbeck

Un guide pour le vol en nuages. En fait, je ne veux pas faire un guide pour le vol en nuages. Le problème que je vois dans ce cas, c'est que les gens, ou dans les écoles de pilotage, ou en général, on dit : ne volez pas dans les nuages, et avec ça, on finit souvent par les détester. Si quelqu'un finit quand même par entrer dans un nuage, les gens ne savent pas ce qu'ils doivent faire. Je pense que cela mène très souvent à des situations très dangereuses, comme le fait que les gens essaient de sortir d'un nuage en spiralant, et sortir d'un nuage en spiralant, ce n'est pas une très bonne idée.

32:50Georg Brodbeck

Beaucoup de réflexions vont dans ce sens. Mais je ne veux pas trop anticiper là. Est-ce que tu as beaucoup d'expérience en vol dans les nuages ? Je ne sais pas trop ce que je suis autorisé à dire à ce sujet.

33:03Georg Brodbeck

J'ai déjà eu quelques expériences assez limites concernant le vol en nuages.

33:08Lucian Haas

expériences.

33:10Lucian Haas

Oui, on peut dire ça. Et après, il fallait voir comment tu te sortais de là. Oui. Donc tu veux aussi avoir sur ta chaîne des sujets qui ne sont pas forcément marginaux, mais sur lesquels on parle peu. Oui. Je pense,

33:28Georg Brodbeck

C'est un peu comme avant d'avoir une chaîne YouTube, j'ai toujours été quelqu'un qui aimait aborder des sujets qui sont peut-être des tabous, que les gens ne veulent pas évoquer. Et je pense que c'est quelque chose que je veux faire davantage sur ma chaîne YouTube. Je pense que ce qui concerne l'alcoolisme va aussi un peu dans ce sens, en abordant le traitement de la frustration et en disant haut et fort ce que les autres n'aiment peut-être pas dire. C'est peut-être un peu mon truc.

33:59Lucian Haas

Maintenant, tu passes énormément de temps sur cette histoire de vidéos, mais l'année dernière, tu as aussi lancé un projet énorme. OGOI. De quoi s'agit-il ?

34:13Georg Brodbeck

C'est une plateforme web pour la visualisation en 3D de traces de vol en parapente. Enfin, un peu comme ce qu'était Ivory autrefois. En fait, j'ai essayé de remplacer Ivory avec ça et de faire mieux. J'ai utilisé Ivory de manière très intensive dans mes vidéos sur ma chaîne YouTube. C'était en fait un élément important du fonctionnement de mes vidéos. Puis, en octobre 2022, la mauvaise nouvelle est tombée : ça va s'arrêter. Et là, je me suis penché sur la question : hé, quelles sont les alternatives ? J'ai trouvé ton article de blog, j'ai regardé ça, et j'ai vu les alternatives. J'ai testé Sports Tracks Live et

35:01Georg Brodbeck

mais je n'ai pas compris comment on peut carrément regarder son vol. Je suis très mauvais pour utiliser d'autres logiciels que je n'ai pas programmés moi-même. Je n'ai pas compris comment on peut télécharger et regarder un vol en parapente sur Sports Tracks live. Et puis les autres alternatives qui sont dans cette liste, ce ne sont pas de vraies alternatives directes à Ivory, ce qu'il y avait avant. Je me suis dit, d'accord, il n'y a rien en fait,

35:33Georg Brodbeck

et puis je me suis demandé : « Hé, est-ce que je pourrais programmer quelque chose moi-même, à quel point ce serait compliqué ? » Enfin, je suis développeur de logiciels dans la vie, donc ce n'est pas si éloigné pour moi.

35:47Georg Brodbeck

Je me suis penché dessus et j'ai juste fait quelques essais, j'ai récupéré des trucs sur internet et après environ 100 heures, j'avais un prototype à peu près fonctionnel.

35:59Lucian Haas

fonctionnant. Avant qu'on ne continue à parler du prototype, explique-moi d'abord un truc : d'où vient le nom Ogoi ? Oui,

36:11Georg Brodbeck

je peux d'ailleurs enchaîner directement là-dessus : quand j'ai eu ce prototype, je me suis dit qu'il fallait que je l'emballe d'une manière ou d'une autre, que je lui donne un nom, un logo, dans le contexte de ce design, donc là où je l'ai construit, il me fallait un truc qui indique où on est, où est le pilote. Au début, j'ai pensé à un parapente, mais d'une certaine manière, je trouvais que ça ne montrait pas très bien où on se trouvait, pas assez précisément. C'est là que j'ai eu cette idée du stylo, j'ai fait quelques designs et à ce moment-là, je me suis dit : oh, c'est ça le logo.

36:46Georg Brodbeck

Exactement cette forme avec ce triangle évidé à l'intérieur, ça va être mon logo. Ensuite, j'ai commencé à designer mon logo, j'ai mis cette forme en haut et je me suis dit : d'accord, maintenant je choisis quatre lettres en bas avec ces deux nuances de jaune. Au départ, c'était deux nuances de rouge sur du blanc, puis je me suis dit : d'accord, maintenant il faut que ce soit sur du noir, et c'est là que je suis arrivé au jaune. Mais ensuite, je me suis dit qu'il me fallait quatre lettres, j'ai choisi la police, la position et les couleurs, et j'ai simplement cherché quatre lettres qui s'intégraient bien et qui étaient esthétiques. Ogoi, c'étaient les quatre lettres qui me convenaient le mieux et qui ne signifiaient pas quelque chose de totalement inapproprié. Donc

37:29Lucian Haas

Ogoi est en fait une île dans le lac Baïkal en Russie.

37:32Georg Brodbeck

C'est ce que j'ai fini par trouver, oui. Enfin, j'ai testé plusieurs lettres, je me suis dit : d'accord, Ogoi a l'air bien, ça sonne plutôt sympa, j'ai regardé ce que c'était, d'accord, cette île a l'air belle, ça me va, je m'en fiche, je la prends, tout simplement.

37:50Lucian Haas

Mais tu n'as pas encore de plan pour aller sur Ogoi un jour et faire une vidéo, genre "se noyer sur Ogoi" ou un truc du genre ? Oui,

38:01Georg Brodbeck

vu comme cette île a l'air, elle est extrêmement rocheuse, je pourrais imaginer que voler là-bas serait très difficile.

38:09Georg Brodbeck

Je ne sais pas, pour l'instant je pense aussi que je ne veux pas forcément aller en Russie, pour diverses raisons. Oui, en ce moment ce n'est peut-être pas très beau, mais... Mais qui sait, au moment où je l'ai fait, je n'avais pas non plus pensé qu'Ogoi prendrait une fois la taille qu'elle a actuellement. Je n'aurais jamais pu l'imaginer à ce moment-là, il faut juste que ça ait un nom, quoi qu'il arrive.

38:32Georg Brodbeck

Mais bon, peut-être que ça se fera un jour, un vol vers Ogoi. Sur l'île d'Ogoi, qui sait.

38:41Lucian Haas

Là, il faut programmer énormément pour ça, tu as dit que tu avais aussi appris ça. Mais d'après ce que je sais, tu as aussi commencé des études d'informatique et tu les as abandonnées deux fois. Pourquoi deux fois ?

38:55Georg Brodbeck

Oui, une fois, ce n'était pas assez clair pour moi, alors j'ai dû en rajouter une deuxième. Non, je n'ai...

39:04Georg Brodbeck

J'ai fait un apprentissage, en Suisse c'est en fait assez courant de faire un apprentissage, pas tout à fait comme en Allemagne où la plupart font plutôt des études, en Suisse l'apprentissage est beaucoup plus répandu.

39:17Georg Brodbeck

J'ai fait une apprentissage en tant que Mediamatiker, c'est un métier de généraliste où on fait un peu de commerce, un peu de programmation et un peu de graphisme et de webdesign. Et j'y ai vu un peu tout ce qu'on peut faire sur un ordinateur. La programmation m'intéresse le plus, je veux encore approfondir ça un peu, professionnellement, j'ai déjà programmé à ce moment-là, j'ai un

39:44Georg Brodbeck

j'ai commencé des études en alternance, et au début, c'était en fait assez intéressant, mais avec le temps, je me suis rendu compte qu'en plus de la programmation, il y a plein d'autres choses qui m'intéressent aussi, comme par exemple, j'ai aussi commencé le parapente pendant cette période, bien que durant le temps où j'ai arrêté mes études, je n'ai pas encore fait de parapente. À l'époque, c'était peut-être plutôt le vélo qui était mon truc. Je me suis intéressé à plein de choses, enfin, pour moi, rester toujours à l'intérieur à programmer de différentes manières, c'était trop. En plus de la programmation professionnelle, il y avait aussi les études, alors je me suis dit, d'accord, je mets ça de côté, je fais une pause d'un semestre.

40:36Georg Brodbeck

pas d'études, je travaille juste un peu et je laisse tomber ça et

40:44Georg Brodbeck

j'ai laissé ça de côté pendant un semestre et demi, mais bon, un semestre et demi ça ne marche pas parce que les études sont sur un cycle annuel. Après un an, je me suis dit : « Hé, je vais quand même réessayer », et c'était le quatrième semestre de la formation en alternance. Le cursus en alternance dure neuf semestres jusqu'au Bachelor, et le quatrième est connu pour être le plus dur et le moins motivant. Parce qu'il y a certains modules dedans qui sont très éprouvants, et ça m'a achevé, là je me suis dit : « Non, je ne comprends rien. »

41:21Lucian Haas

Alors, tu as abandonné à nouveau, tu as dit que tu continuais quand même avec ton histoire de logiciel et... Exactement, c'était aussi ça.

41:28Georg Brodbeck

Pour le travail que j'ai fait, je n'avais pas vraiment besoin des études. Financièrement, ça ne m'a pas vraiment apporté d'avantage non plus, et dans le développement logiciel, c'est aussi le cas : on peut acquérir énormément de connaissances en autodidacte. Tout est très bien documenté sur Internet, et si on ne veut pas consacrer sa vie exclusivement au logiciel et à la programmation — ce que je ne voulais pas — c'était assez clair pour moi : je n'ai pas besoin des études, je n'ai pas besoin du diplôme, et l'effort n'en valait tout simplement pas la peine.

42:05Lucian Haas

Maintenant, je suppose que tu vis aussi de la programmation, mais comment tu arrives à concilier tout ça, à côté, pour dire que tu montes des vidéos pendant 30 heures, que tu programmes ta propre plateforme de présentation aile, OGOI, que tu veux bien sûr aussi aller faire du parapente quand la météo le permet, comment tu arrives à tout ça avec le travail ? Eh bien, en fait, pas du tout.

42:30Georg Brodbeck

Alors, en ce moment, je travaille sur un truc à peu près à 20 %.

42:37Georg Brodbeck

Financièrement, ça ne suffit pas vraiment, mais je ne fais pas non plus de pertes massives. En fait, je vis très sobrement. Je n'ai pas de voiture, je vis avec ma copine dans un appartement à Berne et

42:55Georg Brodbeck

je ne fais pas énormément de choses qui demandent beaucoup d'argent. C'est difficile de comparer avec des chiffres pour les standards allemands. J'ai besoin d'au moins 2000 francs par mois. Pour les standards suisses, c'est quasiment rien. Pour les standards allemands, je ne sais pas exactement. Ce serait probablement, selon l'endroit où l'on habite, déjà relativement beaucoup. Maintenant, avec les 20 % de revenus du développement logiciel, j'arrive à environ 1500.

43:24Georg Brodbeck

Le reste, je le prends pour l'instant sur mes économies et on verra bien ce qui se passe.

43:31Lucian Haas

Et qu'en est-il avec OGOI ? Tu as aussi un modèle d'abonnement. On peut l'utiliser gratuitement, avec un accès un peu limité, ou alors l'accès n'est pas limité, mais ce qu'on peut faire avec et les données cartographiques qu'on peut afficher sont un peu restreints. Ensuite, tu as un abonnement Premium et un Ultimate. On n'a pas besoin de te donner tous les détails précis maintenant. Mais est-ce que tu en gagnes déjà de l'argent maintenant ou est-ce que c'est pour toi quelque chose à moyen terme, où tu te dis : je suppose que je pourrai peut-être gagner un peu d'argent avec un jour, ou même peut-être m'en financer ?

44:08Georg Brodbeck

Pour le moment, je ne pense pas pouvoir me financer avec ça. Actuellement, je gagne un peu d'argent avec, mais au début, le problème c'est que les données cartographiques dont OGOI a besoin, ce sont des images satellites que je dois afficher partout, et je ne peux pas les acheter parce que ce serait beaucoup trop cher. Je dois les obtenir via une

44:38Georg Brodbeck

via une interface de programmation, je dois les acheter en continu. Ça veut dire que chaque fois que quelqu'un fait une requête sur OGOI, ces images satellites viennent directement d'un autre fournisseur vers celui qui fait la requête. Et là, je dois payer pour chaque, pour chaque petit morceau de carte. Donc, ça...

45:01Lucian Haas

c'est toujours une tuile et pour chaque tuile que tu télécharges, tu dois toujours payer un centime ou quelque chose comme ça, non ? Donc, ce serait

45:07Georg Brodbeck

c'était un peu très cher. Je dois payer 10 centimes pour 1000 tuiles, genre. Ça veut dire, oui, pour, pour, euh, 100 tuiles.

45:17Lucian Haas

je dois payer un centime. Mais juste pour comprendre, si je télécharge un vol maintenant, il est là, et que je le regarde 10 fois, est-ce que tu payes 10 fois pour que je le regarde 10 fois ? Ou est-ce que quand on dit que cette scène, cette scène, je l'ai chargée une fois pour lui et qu'elle reste quelque part dans le cache ou un truc du genre, et qu'on n'a pas à payer à nouveau ? Avant, par exemple...

45:41Georg Brodbeck

est-ce que c'était vraiment comme ça que je devais payer à chaque fois ? J'ai découvert entre-temps que je ne peux pas le mettre dans mon cache, c'est interdit par les conditions générales des fournisseurs, mais ce qu'ils autorisent, c'est de le mettre dans le cache du client. Ça veut dire que j'ai maintenant un système qui, si tu regardes le même vol deux fois, le met en cache. Ça veut dire que si tu regardes deux vols différents dans la même région deux fois de suite, la plupart des images sont mises en cache ; si tu zoomes un peu plus près dans un nouvel endroit, là tu télécharges de nouvelles données, c'est clair. Ou si tu regardes une nouvelle perspective, ça se recharge aussi. Mais si tu regardes les mêmes...

46:28Georg Brodbeck

... tuiles, ça va rester en cache chez toi pendant un certain temps.

46:32Lucian Haas

mis en cache. Ça veut dire que tu devrais aussi dire à tes utilisateurs : « Les gens, évitez de vider le cache d'Ogoi trop souvent, sinon je vais devoir racheter des données cartographiques sans arrêt. »

46:42Georg Brodbeck

Oui, exactement. Mais bon, au final, ces coûts existent, ils sont pertinents, mais je dois dire que je les ai surestimés au début. Ça se tient, enfin, j'ai eu un mois où je n'avais pas encore le caching, et là, juste au moment où j'ai publié la première vidéo sur Ogoi sur ma chaîne, j'ai eu en un mois juste...

47:12Georg Brodbeck

c'était quoi, 150 francs suisses payés pour les données de carte. En ce moment, je n'en paie plus autant, mais la saison n'a pas encore vraiment commencé. Maintenant que les premiers bons jours sont arrivés, je remarque déjà une augmentation significative. Je suis très curieux de voir quel sera le volume d'utilisation. Mon truc, c'est que je vends des abonnements, la plupart sont des abonnements annuels que je vends. Ça veut dire que j'ai déjà reçu l'argent pour toute l'année. Par contre, ce que je paie, c'est pour l'utilisation. Je n'ai donc aucune idée de combien de coûts supplémentaires vont me tomber par rapport à l'argent que j'ai déjà encaissé.

47:56Lucian Haas

Cela veut dire que si tu as des utilisateurs très intensifs, tu pourrais finir par faire une perte importante.

48:00Georg Brodbeck

faire ? Dans le pire des cas, ça pourrait arriver, oui. Mais avec les données actuelles, je n'en ai plus peur pour le moment. Maintenant, mon pire scénario actuel serait un jeu à somme nulle. Ce qui n'est évidemment pas génial non plus, parce que j'ai investi beaucoup plus depuis, je ne vais pas détailler les heures, mais mon estimation se situe autour de plusieurs milliers d'heures que j'ai investies dans le développement et la maintenance d'Ogoi. Et si je récupérais un peu d'argent pour ça à la fin, ce serait déjà très bien.

48:36Georg Brodbeck

Mais on verra bien ce que ça va donner. Pour l'instant, je n'en ai vraiment aucune idée. Je reçois un peu d'argent via les abonnements, ce n'est pas vraiment pertinent, mais je n'ai plus peur de pouvoir couvrir les coûts. Et c'est déjà très bien en soi.

48:54Lucian Haas

À quel point est-ce complexe de mettre en place une page comme celle-ci, où tu dois analyser des vols, calculer les données d'altitude, charger toutes les données cartographiques et tu n'as pas seulement une source de cartes, mais tu en as dix différentes que tu peux utiliser. Et il y a des cartes en 3D et des cartes en 2D que tu peux aussi afficher. Est-ce que tout ça à programmer est très laborieux ? Je veux dire, je ne suis pas programmeur, donc pour moi, ce ne serait pas du tout faisable. Mais pour un programmeur normal, je vais dire, un programmeur comme toi, faut-il être particulièrement doué ou faut-il simplement être particulièrement persévérant, au point de se dire : j'ai déjà investi plus de 1 000 heures là-dedans ?

49:37Georg Brodbeck

Alors, pour la visualisation en 3D, je ne la fais pas moi-même, je n'écris pas tout le code pour ça. J'utilise un framework JavaScript appelé Cesium.js. C'est en fait ce qui est utilisé pour toutes les visualisations 3D basées sur le web, enfin, pour les visualisations 3D cartographiques. On peut faire énormément de choses avec ce framework, et il y a aussi de l'aide pour ça. Je pense que, fondamentalement, réussir à mettre en place une telle visualisation pour afficher un vol en 3D, je pense que beaucoup de programmeurs y arriveraient. Le grand défi pour un projet comme Ogoi, selon moi, repose sur deux choses.

50:29Georg Brodbeck

D'un côté, il faut réussir l'ergonomie pour que les gens aient envie de s'en servir.

50:36Georg Brodbeck

et comprendre comment ça marche, ce qu'il faut faire, pour qu'ils comprennent eux-mêmes les fonctionnalités sans avoir besoin d'une notice, ce genre de choses. Et la deuxième chose, c'est le focus, pour mettre en œuvre la bonne chose, pour mettre en œuvre ce dont on a réellement besoin et pas n'importe quelles fonctionnalités qui, au final, n'intéressent personne.

50:58Georg Brodbeck

Je pense que c'est bien plus important que les simples compétences techniques.

51:04Georg Brodbeck

Je pense qu'en tant que programmeur, je n'ai même pas fini mes études, je n'ai pas les compétences techniques les plus impressionnantes qu'on puisse imaginer. Je pense avoir des compétences assez bonnes pour construire une interface graphique qui soit cool et pour bien définir les priorités, alors que j'investis des milliers d'heures dans un projet qui ne sera pas viable financièrement. On peut remettre en question la qualité de mes capacités de décision dans ce cas précis.

51:36Lucian Haas

GUI, c'est Graphical User Interface, juste pour que les gens puissent suivre ton jargon logiciel. Parfois, je me perds aussi dans les détails techniques.

51:48Lucian Haas

Maintenant, tu y consacres tellement de temps, et aussi à tes vidéos YouTube. Est-ce que tu trouves encore du temps pour voler, ou est-ce que tu en trouves seulement ? À quelle fréquence est-ce que tu vas encore voler ? Heureusement, ça t'oblige

52:02Georg Brodbeck

...me force parfois à ne pas voler à cause de ma chaîne YouTube.

52:06Georg Brodbeck

C'est une chose, et puis j'ai aussi le vol de compétition que je pratique. Ça veut dire qu'il y a des dates fixes où j'y vais de toute façon. C'était justement samedi dernier, il y avait une compétition dans le Jura, le Swiss Cup Biel. C'était très cool. Sinon, en ce moment, la météo est tellement pourrie que la question ne se pose pas si souvent.

52:31Lucian Haas

Ça veut dire que le mauvais temps profite à Ogoi, parce que tu trouves le temps de continuer à programmer sérieusement.

52:37Georg Brodbeck

En tout cas, oui.

52:40Georg Brodbeck

Ogoi ou la chaîne YouTube. En fait, ces derniers temps, je suis allé voler par mauvais temps et j'ai fait une vidéo là-dessus. Comment voler sous la pluie ? Est-ce que ça sortira en vidéo ? Comment voler sous la pluie ? Pas comme

52:53Lucian Haas

de la pluie, mais

52:54Georg Brodbeck

sous la pluie. Oui, non, je n'ai pas vraiment l'intention d'aller voler sous la pluie. Je pense que

53:01Lucian Haas

ce n'est pas une très bonne idée. Est-ce que ton activité de pilote a augmenté ou diminué avec le temps ? Maintenant que tu as construit cette chaîne YouTube, que tu y investis plus et qu'il y a aussi Ogoi en plus. Maintenant que depuis que...

53:14Georg Brodbeck

depuis que je pratique plus intensément avec Ogoi, c'est devenu un peu moins fréquent.

53:21Georg Brodbeck

Mais j'ai aussi toujours eu une relation ambivalente avec le vol. J'ai traversé une période difficile concernant le vol juste avant toute cette histoire YouTube, et je crois que c'était la saison 2022. J'ai eu une année de frustration assez importante. On connaît peut-être ça avec les processus d'apprentissage : on avance toujours et puis il y a ces plateaux où on a l'impression de ne faire aucun progrès, et c'est très frustrant. On connaît ça avec l'apprentissage des instruments, on connaît ça en fait dans toutes les choses où on acquiert des compétences dans un domaine ou autre. Et j'ai eu un plateau très, très long et marqué avec le parapente.

54:09Georg Brodbeck

Et ça m'a beaucoup frustré, au point que j'ai très peu pratiqué le vol pendant une saison.

54:17Georg Brodbeck

Et la saison suivante, j'ai encore nettement progressé. Je crois que c'était l'année dernière. J'étais à nouveau beaucoup plus motivé et ça est arrivé en même temps avec... Non, ça n'est pas arrivé en même temps avec Ogoi.

54:35Georg Brodbeck

Du vois, j'ai eu cette phase où je suis allé moins souvent voler, puis la phase où ça allait mieux, et peu après, Ogoi est arrivé.

54:48Georg Brodbeck

Et en fait, c'est encore une période où j'ai refait plus de vidéos. J'ai aussi eu une interruption avec les vidéos, où j'en ai peu fait. Ce que ça a à voir avec quoi, je trouve ça très difficile à situer. Parfois, j'ai l'impression que grâce à Ogoi, parce que je peux maintenant analyser ça, parce que ça me fait plus plaisir, à travers les vidéos, à travers les nouvelles perspectives que j'obtiens, j'ai de nouveau plus de plaisir à voler, j'ai de nouveau plus de motivation, j'ai de nouveau plus de raisons d'aller voler. Parfois, c'est l'autre réflexion, j'en fais moins. Je pense qu'au final, ça ne joue pas vraiment. Ça s'annule en fait, parce qu'il y a

55:31Georg Brodbeck

des arguments

55:32Lucian Haas

dans les deux sens. Ce plateau que tu as eu, où tu as aussi moins volé. Est-ce que tu as moins volé parce que tu étais frustré, à cause de ce plateau ? Ou est-ce que tu as eu ce plateau parce que, pour une raison ou une autre, tu as moins volé et que tu ne t'es donc pas davantage développé ? Parce que beaucoup disent, comment on apprend à voler, c'est en allant voler, et on progresse en allant encore plus voler, et bien sûr, on a aussi ses expériences négatives ou ses vols pas si réussis, mais c'est justement à partir de ceux-là qu'on apprend énormément. Oui, bien sûr. Je

56:04Georg Brodbeck

Je suis moins allé voler parce que j'étais frustré, j'en suis presque sûr. Moins voler ne veut pas dire, dans mon cas, que je n'allais soudainement plus qu'une seule fois par mois. Comme c'est peut-être le cas pour beaucoup de pilotes occasionnels.

56:21Georg Brodbeck

Alors, explique-moi,

56:22Lucian Haas

Alors, c'est quoi "moins voler" ou sur combien d'heures de vol tu arrives à avoir de bonnes conditions, enfin des conditions météo normales par mois, et c'est quoi "peu" après ?

56:33Georg Brodbeck

Oui, alors

56:35Georg Brodbeck

c'était, oui, exactement, c'est assez difficile à dire. En principe, je prends peut-être par an

56:45Georg Brodbeck

quelque chose autour des 200 heures.

56:49Georg Brodbeck

Mon temps de vol. Pendant la période où c'était moins, c'était en fait toujours une période où j'apprenais encore, donc où la courbe montait encore急ement. Ça veut dire que j'ai fait, cette année-là, enfin en ce moment on est à 200 heures par an parce que mon niveau est vraiment un peu plus haut qu'avant, mais aussi parce que je gère vraiment ces longs vols régulièrement. Avant, je n'arrivais pas souvent à faire des vols aussi longs, mais j'en faisais quand même plus en termes de nombre, et pour ce plateau, j'avais toujours plus d'heures de vol que l'année précédente. Je crois que c'était 150 cette année-là.

57:29Lucian Haas

Mais tu l'as quand même ressenti comme un plateau ? Oui. Peut-être que c'était juste une, enfin juste une impression, mais techniquement, si on l'analysait en détail, on ne dirait pas que c'était un plateau, mais que tu as quand même progressé. C'est possible, oui.

57:46Lucian Haas

Quand tu vas voler aujourd'hui, est-ce qu'il y a encore des vols où tu te passes de tout le reste ? Genre pas de caméra, pas de technique, enfin la technique, le vario et tout ça, mais pas d'intentions cachées du genre « avec ce vol, je vais peut-être faire une vidéo », mais juste envie de voler aujourd'hui. Est-ce que ça existe encore ? Oui, carrément.

58:10Georg Brodbeck

Pendant un certain temps, je n'ai pas fait de vidéos du tout, et celles que j'ai produites récemment proviennent toutes de vieux rushs.

58:20Georg Brodbeck

Au début de la chaîne, j'ai filmé chaque vol pendant un certain temps. Et là, je ne me posais pas vraiment de questions sur la vidéo pendant le vol, je filmais juste tout le temps. J'ai aussi filmé, je ne sais plus, 50 vols dont je ne vais probablement jamais rien monter. Ensuite, je n'ai plus filmé du tout pendant un moment parce que je me disais que j'avais tellement de matériel que je ne monterais rien de toute façon. Et puis j'ai recommencé à monter des vidéos et récemment, j'ai recommencé à filmer. Maintenant, j'ai en fait décidé qu'avant de partir voler, je décide clairement soit je filme le vol, soit je ne fais rien.

58:57Georg Brodbeck

Depuis, j'ai eu une météo relativement mauvaise, du coup je me disais souvent : « OK, je vais en faire une vidéo », mais parfois aussi... je crois que depuis que je publie vraiment beaucoup de vidéos, j'ai fait, je ne sais pas, sept ou huit vols, et j'en ai filmé quatre.

59:20Georg Brodbeck

Comment ça va être sur le long terme, on verra bien, mais ces derniers temps, je commence aussi à faire un briefing météo chez moi dès la veille. Ça veut dire que ça se décide déjà là si je filme quoi que ce soit ou pas. Donc un...

59:35Lucian Haas

Tu fais un briefing météo filmé ? Exactement, oui. Tu expliques devant la caméra ce que tu vois, comment tu évalues la journée, et ainsi de suite, et on peut regarder ça tout de suite et apprendre pas mal de choses. Exactement, oui. Est-ce qu'il y a des choses que tu fais en vol, avec la caméra, où tu te dis : « Eh, là, je fais ça juste pour la caméra » ? Genre, est-ce que tu joues la comédie d'une certaine manière parfois ? Ou est-ce que tu restes juste toi-même ? Je ne l'ai jamais fait jusqu'à présent.

1:00:03Georg Brodbeck

Mais comme je l'ai dit, jusqu'à présent, sur mes vidéos plus anciennes, je laissais simplement la caméra tourner sans savoir à ce moment-là si je ferais un montage avec ou non. De ce point de vue, je m'en fichais complètement. Et le fait de décider à l'avance que oui, je vais en faire une vidéo, c'est relativement nouveau. Et ces vols, jusqu'ici, n'étaient pas des vols incroyablement longs. Je n'ai jamais été dans une situation où j'aurais fait quelque chose uniquement pour la vidéo. Mais je n'exclus pas que cela puisse arriver. Peut-être que je trouverais même assez drôle de faire quelque chose comme ça un jour.

1:00:49Lucian Haas

Alors, tu as eu ton plateau en 2022, tu en es sorti, peut-être aussi en te concentrant davantage sur tes vols avec OGOI. Peut-être que tu ne sais pas trop si ça a eu une influence. Mais si tu regardes maintenant, tu as la possibilité de filmer tes vols et de les visionner après pour faire une sorte de débriefing. Et tu as la possibilité d'importer tes films en tant que fichier IGC dans OGOI pour les regarder en 3D. Par contre, tu n'as pas les conditions météo réelles sous les yeux ou quoi que ce soit, tu vois juste ta trajectoire de vol ou autre. Est-ce qu'il y a quand même quelque chose pour lequel tu dirais que tu peux apprendre plus avec l'un qu'avec l'autre ?

1:01:36Georg Brodbeck

Alors, une analyse vidéo pure sans OGOI ou uniquement l'analyse avec OGOI ? Qu'est-ce que tu préférerais, si...

1:01:44Lucian Haas

C'est une question très difficile. Si tu me disais que j'ai les deux options pour me refaire le vol et me demander ce que j'aurais pu mieux faire, soit l'un, soit l'autre. À ton avis, qu'est-ce qui t'apporterait le plus ?

1:01:56Georg Brodbeck

C'est une question très difficile.

1:02:00Georg Brodbeck

Je dois préciser la question. Est-ce que j'ai les valeurs de progression et les informations pour l'OGOI, et est-ce que j'ai l'audio pour la vidéo ?

1:02:11Georg Brodbeck

Alors, classiquement, pour une vidéo à 360°, qui est un timelapse, je n'ai pas d'audio.

1:02:16Lucian Haas

Aha. Ça veut dire que tu penses que l'audio améliore la vidéo et qu'une fois que tu as les valeurs de montée dans OGOI, ça suffit. Mais est-ce que les valeurs de montée ne sont pas de toute façon toujours affichées directement dans OGOI ? Elles sont toujours affichées, oui. Je...

1:02:30Georg Brodbeck

Je pense maintenant que si j'ai une vidéo avec du son, c'est-à-dire que j'entends le Vario, que je l'ai et que je peux la regarder à vitesse réelle, c'est la meilleure analyse vidéo pour apprendre quelque chose par moi-même.

1:02:46Georg Brodbeck

D'ailleurs, je peux aussi recommander à tout le monde, quand on fait une vidéo, enfin quand on filme, non pas pour en faire un montage pour les autres, mais pour apprendre soi-même quelque chose. Filmez-vous, par exemple, de façon à ce que vous entendiez le Vario et regardez-vous ça simplement à vitesse normale. Je trouve ça incroyablement instructif.

1:03:07Lucian Haas

Avec le son Vario, qu'est-ce qu'on peut en apprendre ? Parce qu'on n'a pas la sensation corporelle et on voit, OK, ma fesse droite, ça appuie plus ou quoi que ce soit. Mais là, tu n'entends qu'un peu le son Vario et tu n'as que cet angle de vue limité de cette caméra. Alors, pourquoi, pourquoi tu penses qu'on peut apprendre autant avec ça ?

1:03:27Georg Brodbeck

Alors, sur mes toutes premières vidéos, j'ai utilisé cette plaque avec laquelle la GoPro est livrée, celle où elle est fixée directement. J'ai collé du Velcro, enfin du scratch en bas, sur cette plaque, je l'ai mise sur le cockpit et j'ai monté la caméra dessus pour qu'elle regarde en fait directement le sac à jambes. Et j'ai filmé avec cette perspective. Et là, on capte quand même pas mal de mouvements que fait le sellette, et avec le Vario-ton en plus, quand je regarde ça, ça me replonge presque un peu dans la situation,

1:04:06Georg Brodbeck

dans laquelle j'ai volé. Et quand je regarde la vidéo, je me dis : « maintenant, je tourne, c'est le bon moment », et puis je me rends compte : « ok, je suis trop tard » ou « je suis trop tôt », ou alors je remarque soudainement : « tiens, voilà une première montée, ok, je l'ignore, bien, il y en a une deuxième, je continue de l'ignorer, alors là arrive la troisième, elle est beaucoup plus forte, ok, je tourne, c'était le bon moment ». Ou parfois, je tourne déjà trop tôt et je me dis : « oh, ça aurait été mieux d'attendre encore », mais est-ce que ça aurait vraiment été mieux ? Et je peux me faire ces réflexions une deuxième fois, après avoir volé et après m'en être déjà fait pendant le vol, dans un cadre un peu moins stressant. Et je pense que ces réflexions, on a très peu d'occasions en l'air pour se faire ce genre de bilans et on est surtout toujours stressés parce qu'on a peur.

1:04:57Georg Brodbeck

Se décomposer et refaire ces réflexions dans une situation sans stress, je pense que c'est très utile.

1:05:06Lucian Haas

Qu'est-ce que tu dirais, est-ce qu'il y a de vrais moments "Eurêka" ou des conclusions fondamentales que tu as vraiment tirées de tes analyses vidéo ou des analyses OGOI, où tu te dis : "Hé, sans ces deux supports, je ne serais pas arrivé là."

1:05:27Georg Brodbeck

Hm.

1:05:29Georg Brodbeck

Je ne peux pas me souvenir d'un moment précis pour le instant.

1:05:35Georg Brodbeck

Ce qui est très utile avec l'OGOI, c'est que j'ai souvent une image très claire de mon vol et aussi de ce que j'ai fait de travers, pourquoi j'ai perdu de la vitesse, et puis je regarde l'OGOI et je me dis : « Hé, ça ne correspond pas du tout. » D'une certaine manière, je me disais que c'était extrêmement inefficace de rester si longtemps à monter et que j'aurais peut-être dû partir tout de suite, ou l'inverse, et puis je me rends compte : « Hé, le raisonnement est complètement faux, la montée n'était pas si faible, elle était bien plus forte que je ne le pensais » ou « je n'ai pas perdu autant d'altitude sur cette traversée ». Si je compare ça avec un autre pilote, on peut très bien le faire sur l'OGOI, comparer une ligne avec un autre pilote et voir à quel point c'était différent, et on voit alors la dure réalité.

1:06:27Georg Brodbeck

comment c'est vraiment. C'est très précieux là-dessus. Avec la vidéo, c'est probablement des choses similaires. Je pense que la vidéo apporte une touche plus personnelle, surtout quand on peut la regarder avec le son, ou à une vitesse plus rapide, car ce qui est très utile, quand j'ai peut-être eu quelques moments cools, c'est que dans le timelapse, tu vois ce que font les nuages. C'est incroyablement cool. S'ils se forment ou s'ils se dissipent, et ainsi de suite. Oui, on ne voit pas toujours ça en vrai, et dans le timelapse, tu vois ça, tu peux le regarder en accéléré, alors tu vois ce que font les nuages et soudain, les choses deviennent claires.

1:07:15Lucian Haas

Est-ce que tu fais ça en volant, dans le sens où tu te demandes parfois à quoi ça ressemblerait en timelapse ? Genre, est-ce que tu développes en fait un nouveau regard sur le ciel ? Je ne pense pas.

1:07:27Georg Brodbeck

Alors bien sûr, je me fixe toujours comme objectif de regarder les nuages, de les enregistrer et de les regarder à nouveau pour voir comment ils ont changé et...

1:07:39Georg Brodbeck

Désolé, la vidéo m'aide souvent à vérifier après coup si, au cas où je l'aurais observé en vrai, ce que j'ai vu était bien correct.

1:07:53Georg Brodbeck

Surtout avec les vidéos avec la caméra frontale, je me dis une chose, puis je vois ce qui se passe et je me rends parfois compte : « Oh, ma réflexion était complètement fausse » ou « la réflexion était juste ». Comme ça, je peux un peu mieux me vérifier moi-même.

1:08:09Georg Brodbeck

C'est peut-être très utile, surtout si je veux encore enregistrer avec la caméra frontale. Parfois, je me fais des réflexions et la mémoire peut me tromper. Mais si je l'ai enregistré, ce sont des faits concrets.

1:08:23Lucian Haas

Faits. Ce débriefing que tu fais, est-ce que tu dirais qu'on peut le recommander à n'importe quel pilote, le fait de débriefer très intensément ses vols, ou est-ce qu'il suffirait de dire, d'accord, en fait, à chaque vol, il y a peut-être deux moments où on se dit, ce sont peut-être les moments d'erreur. Il n'est pas nécessaire de regarder tout le vol ou quelque chose comme ça, mais peut-être deux choses où on a le sentiment qu'on aurait pu faire mieux ou quelque chose comme ça, pour dire qu'on s'y penche à nouveau intensément.

1:08:55Georg Brodbeck

Bien sûr, trop c'est trop. On ne peut pas tout retenir ou tout apprendre de chaque vol. Je pense que tirer deux points est certainement très précieux. La grande difficulté est probablement de savoir lesquels sont ces deux points, et une analyse pourrait certainement aider à les trouver. Il n'y a peut-être pas deux choses à tirer de chaque vol. Il se peut qu'on puisse apprendre énormément de choses sur un vol et pas grand-chose sur d'autres.

1:09:27Georg Brodbeck

Mais analyser un vol, surtout les plus longs, je pense que c'est certainement

1:09:34Lucian Haas

très précieux. Maintenant, tu es Steppenwolf, tu es dans ton petit coin, tu analyses ton vol et tout ça. Est-ce qu'il existe, ou est-ce que tu as déjà essayé, de se retrouver avec des potes pilotes et de dire : on fait juste une soirée analyse. On regarde juste quelques vols ensemble. Pas forcément à une vitesse de 1 pour 1, on n'a pas besoin de rester assis cinq heures pour regarder un vol, mais on peut juste faire un Ogoj ou autre chose, pour dire qu'on s'assoit vraiment ensemble et qu'on en discute, pour ensuite, genre, apprendre de la sagesse collective. Qu'est-ce qu'on peut faire là-dedans ? Tu as déjà fait quelque chose comme ça ?

1:10:14Lucian Haas

Maintenant avec

1:10:15Georg Brodbeck

pas plusieurs, c'est auto-organisé. À deux bien sûr, donc quand on est allés voler à deux, maintenant, je vais avec un pote qui apparaît aussi de temps en temps dans mes vidéos, Benz. Je vais souvent voler avec lui et on a aussi souvent regardé ça après à Ogoj, ensemble. Ce qui se passe aussi beaucoup, ce sont ces débriefings de la ligue suisse de parapente. C'est d'une part pour les compétitions. Pour les compétitions, la ligue suisse utilise Ogoj depuis toujours. J'ai aussi mis en œuvre certaines fonctionnalités, parfois à la demande de la ligie suisse de parapente. On est en contact étroit. Et il y a normalement toujours un débriefing sur Zoom, où on regarde sur un écran partagé le...

1:11:07Georg Brodbeck

la compétition à Ogoj. C'est la même chose quand on est avec la XC Liga, il y a parfois des vols communs qui sont organisés et on regarde ça aussi comme ça.

1:11:17Georg Brodbeck

Avec notre club de parapente, on organise aussi parfois des vols collectifs, mais on a eu une chanceWEATHER de dingue ces derniers temps. En plus de la météo qui est globalement assez mauvaise, on tombe toujours sur les pires week-ends pour les dates qu'on a prévues. Du coup, on n'a pas vraiment eu le temps de mettre ça en pratique pour l'instant, mais je vais sûrement le faire.

1:11:45Lucian Haas

Alors, il faut que tu fasses encore plus de vidéos sur la météo pour mieux la comprendre et pouvoir dire quels week-ends il faudrait peut-être éviter.

1:11:53Georg Brodbeck

Oui, ces week-ends sont déjà dans le calendrier annuel et à cette échéance, je ne pourrai probablement pas prévoir la météo.

1:12:02Lucian Haas

Tu es aussi une propre page web en cours de création, elle s'appelle Steppenwolf X, comme il se doit. Qu'est-ce que ça va devenir ?

1:12:12Georg Brodbeck

J'ai plein d'idées et pas encore de choses bien précises que je sais être sûr de faire. J'ai fait le site principalement pour être sûr qu'il soit réservé, et ensuite j'y ai mis mon logo. J'ai diverses idées sur ce que je pourrais faire encore sous le nom Steppenwolf X. Un point, c'est une boutique de merchandising. Ça veut dire que Steppenwolf X devient une marque ? Ou est-ce que ça arrive ? Ça pourrait devenir une marque, je ne sais pas encore exactement à quoi ça va ressembler. Probablement qu'Orgoy est un produit de la marque Steppenwolf X. Cette boutique de merchandising, je la mettrais à côté d'un T-shirt Steppenwolf X ou Orgoy,

1:12:59Georg Brodbeck

ce serait plutôt un petit truc à côté, peut-être que quelqu'un en voudra, je ne sais pas, j'avais l'idée de proposer quelques articles sympas. Un truc, c'est que je me suis personnellement fait une affiche Skyways. Sur une plaque d'alu de deux mètres de large, où on a un peu bien designé les Skyways, ça rend vraiment cool. Je ne peux pas encore le vendre pour le moment parce que j'ai utilisé des données cartographiques que je ne peux pas exploiter commercialement. Mais je travaille dessus comme projet secondaire pour le monter avec des données cartographiques libres de droits. Par contre, ce n'est pas si simple, je ferai peut-être une vidéo là-dessus pour montrer à quel point c'est complexe. Ce serait un genre de truc qui entrerait dans cette boutique de merchandising, et puis j'ai un pote qui a fait un support de téléphone super cool pour le cockpit, où on peut fixer un téléphone très bien.

1:13:56Georg Brodbeck

Peut-être qu'il y aurait d'autres choses qui pourraient s'ajouter. Juste quelques trucs sympas dont la communauté du parapente pourrait avoir besoin. C'est une idée que je pourrais mettre en place. Il y avait aussi une idée, d'une certaine manière, que je fasse quelque chose sous le nom de SteppenwolfX

1:14:17Georg Brodbeck

Je pourrais organiser des vols en groupe, où on monterait ensuite une vidéo avec le groupe, montrant qu'on est allés voler ensemble quelque part. J'ai plein d'idées, je ne veux pas trop en dire parce que sinon les gens vont soudainement me mettre la pression, mais je ne sais pas encore exactement vers quoi ça va mener, mais j'ai envie de faire des trucs dans ce genre de direction, en fait, j'ai envie d'en faire encore plus.

1:14:39Lucian Haas

Il y a aussi une chaîne sur Soundcloud sous le nom de SteppenwolfX où tu as de la musique. Est-ce que tu trouves encore le temps aujourd'hui de continuer à faire de la musique ?

1:14:49Georg Brodbeck

Ça fait longtemps que je n'en ai pas fait. Ça a un long passé. À la base, je voulais essayer de faire une carrière dans la musique. Apparemment, je n'étais pas assez doué pour ça ou je n'ai pas trouvé ma niche. J'ai produit quelques albums avec des chansons en suisse allemand. On peut d'ailleurs les trouver sous le nom de Georg Brodbeck. Tout est en ligne sur Spotify, même si quelqu'un a envie d'écouter. Ça n'a pas encore vraiment trouvé son public. Et puis, j'ai commencé à faire un peu de choses sans chant, et c'est maintenant la musique que j'utilise pour mes vidéos en tant que

1:15:35Lucian Haas

Soundtrack. Mais tu ne fais plus une bande originale différente pour chaque vidéo, que tu reprogrammes ou réenregistres quasiment à chaque fois. Ça...

1:15:44Georg Brodbeck

C'est ce que j'ai fait au début. Pour les cinq ou six premiers vidéos, j'ai fait une bande-son différente pour chaque vidéo.

1:15:51Georg Brodbeck

C'était assez laborieux et ça a aussi fait que la bande-son n'était pas toujours vraiment top partout.

1:16:02Georg Brodbeck

J'ai aussi reçu des critiques constructives à ce sujet. J'ai produit une partie de la bande-son que j'utilise maintenant de manière générale. Ce que je fais actuellement, c'est que j'utilise les bons passages de la bande-son que j'ai. En gros, j'essaie de faire une sélection et je fais toujours un petit montage. Pour l'instant, rien de nouveau n'est ajouté. Je n'ai probablement rien fait de nouveau l'année dernière. Mais je ne m'exclus pas la possibilité de refaire quelque chose de nouveau entre-temps. Si je trouve que ça commence à me lasser, il faut bien remettre quelque chose de nouveau. Si j'ai encore envie de créer, je ferai une nouvelle bande-son et elle sera intégrée. Tes bandes-son ne sont pas vraiment dans le mainstream, après tout.

1:16:48Georg Brodbeck

Comment es-tu arrivé à ce style ?

1:16:52Georg Brodbeck

Ça commence avec les morceaux que j'ai produits, avec les voix, où j'ai en fait un peu cherché le genre de musique qui me plaît. Et j'avais une idée en tête de ce que je pourrais faire, de ce qui sonnerait, je trouve, super bien. Et ensuite, j'ai essayé de m'en rapprocher le plus possible avec les logiciels de production qui existent. Au début, c'était Ableton Live, maintenant c'est généralement Logic. Et avec Logic, j'ai essayé de me rapprocher le plus possible de ce que j'ai en tête, du son que j'imagine et que je trouve super bien.

1:17:37Georg Brodbeck

Et voilà ce qui en est ressorti. Je ne suis pas un perfectionniste, que ce soit pour le son ou pour la vidéo. Je développe les trucs jusqu'à un certain standard, où je me dis que ça suffit, et là, je publie. Je pense que c'est aussi ce qui me permet de tenir une chaîne YouTube où je publie mes vidéos de temps en temps, sans avoir à les monter à l'infini jusqu'à ce qu'elles soient quasi parfaites.

1:18:09Georg Brodbeck

Mais pour la bande-son aussi, ça me permet justement de réussir à la sortir un jour.

1:18:19Georg Brodbeck

Mais je ne passe pas des jours entiers sur une bande originale comme celle-là.

1:18:25Lucian Haas

Est-ce que tu es perfectionniste quand tu voles ? Ou est-ce que tu recherches la perfection en volant ? Pas du tout. Mais je pense que ce serait

1:18:35Georg Brodbeck

aussi très difficile. Je pense que c'est très épuisant.

1:18:41Georg Brodbeck

En fait, le perfectionnisme repose sur le fait qu'on a du temps.

1:18:46Lucian Haas

Et on ne l'a pas quand on vole ?

1:18:49Georg Brodbeck

En vol plan, le défi, c'est justement qu'il faut agir et décider sur le moment. Et si on ne décide pas, ça va mal tourner de toute façon. Je trouve que c'est la grande leçon du vol de cross-country.

1:19:04Georg Brodbeck

Et je trouve aussi très beau le fait qu'il faille agir et qu'on ne puisse pas rester éternellement à se demander quelle est la meilleure option. On a le...

1:19:14Lucian Haas

Au début, tu as la dialectique du caractère du Loup des steppes chez Hermann Hesse. Le personnage s'appelle Harry Haller.

1:19:25Lucian Haas

C'est possible. Le protagoniste là-dedans. Cette dialectique, est-ce que pour toi, peut-être, voler et tout ce travail de programmation, c'est aussi une sorte de dialectique ? Il faut être dans le vol en ce moment, et la programmation est quelque chose dans lequel tu peux investir énormément de temps et faire des milliers de boucles que tu ne peux pas faire en volant, du moins si tu veux avancer en vol de croisière.

1:19:48Lucian Haas

C'est possible.

1:19:51Georg Brodbeck

Pour moi, c'est

1:19:54Georg Brodbeck

mais ça aide aussi l'un l'autre un peu. Donc surtout le parapente aide la programmation ou même toute la vie, parce que ça m'entraîne à décider, car avec Ogoi, j'ai théoriquement beaucoup de temps, mais si je prends toujours ce temps, ça ne sera jamais fini et là, tout ne fonctionnera pas.

1:20:21Georg Brodbeck

Et pour le parapente, je n'ai tout simplement pas le temps, et si ça m'entraîne à décider plus vite, à avancer plus vite, à juste faire les choses plus vite au lieu de toujours me demander si je devrais le faire ou pas, ou si je devrais le faire comme ça ou comme ceci, et de juste le faire à la place, alors je deviens bien meilleur et plus efficace pour faire avancer Ogoi.

1:20:46Lucian Haas

Je vais laisser ça comme conclusion. Le parapente nous rend aussi simplement meilleurs dans la vie en général.

1:20:55Lucian Haas

Georg, merci beaucoup pour ton récit. Merci pour tout ce que tu mets à la disposition de la scène du parapente. D'une part pour le comportement et la formation avec ta chaîne, mais aussi pour la visualisation des vols. Je pense qu'Ogoi est vraiment une plateforme géniale pour ça. Je te souhaite beaucoup de succès pour que ça continue de se développer. J'espère que tes nombreux abonnés trouveront un moyen de financer ces données cartographiques et que, finalement, pour tes milliers d'heures que tu auras investies là-dedans un jour, il ne restera pas seulement le plaisir, mais aussi un bénéfice financier pour toi au bout du compte.

1:21:30Georg Brodbeck

Merci beaucoup de m'avoir invité. C'était super, c'était cool de voir à quoi ça ressemble vraiment de l'intérieur, alors qu'on l'a déjà entendu de l'extérieur par moments, la façon dont tu fais les choses. Voilà comment je fais.

1:21:42Lucian Haas

Exactement.

1:21:45Lucian Haas

Tu as vu ça et, enfin, je ne pense pas que tu l'aies filmé, donc tu ne peux pas faire de vidéo YouTube là-dessus. Bon, je suis curieux de voir quel sera le prochain sujet passionnant, enfin surtout pour cette vidéo sur le vol en parapente, je suis très curieux de voir comment et sur quoi tu vas aborder ce sujet au final. Je vais probablement encore le mettre en avant sur un news ticker de Lu-Glidz ou quelque chose comme ça. Oui, mais fais quelque chose de bien avec. Là, je monte un peu la pression. On verra, oui. Bon, Georg. Je te souhaite le meilleur et peut-être qu'on se verra un jour quelque part dans les airs. Je te reconnaîtrai. Qui sait, oui. Avec quelle aile tu voles ? Celle que j'ai comme testeur en ce moment, à peu près. Enfin, en période estivale, ça change tout le temps.

1:22:30Lucian Haas

Je peux difficilement dire que je suis reconnaissable sur l'aile. D'accord.

1:22:37Lucian Haas

D'ailleurs, la musique qui passe en arrière-plan est aussi de Georg Brodbeck. Le lien vers sa chaîne Soundcloud, ainsi que tous les liens vers ses vidéos YouTube, vers Ogoi et plus encore, se trouvent dans les notes de cet épisode sur le Gleitschirm-Blog Lu-Glidz. Si tu veux écouter plus de Podz-Glidz, tu peux abonner le podcast sur ton podcatcher habituel. De plus, en tant que contributeur, tu peux soutenir mon travail financièrement comme tu le souhaites. Une contribution souvent choisie est de 60 euros par an, soit environ 5 euros par mois. Mais peu importe ce que tu donnes. Chaque somme aide à ce que Podz-Glidz et Lu-Glidz puissent continuer à être exploités et développés au service de la scène du parapente à l'avenir. Je vous en remercie.

1:23:23Lucian Haas

Toutes les informations sur la manière dont votre contribution me parvient se trouvent sur le site www.Lu-Glidz.blogspot.com. Vous y trouverez la rubrique Soutenir. Lu-Glidz signe Lu-Glidz. À la prochaine. Ça ne tombe pas du ciel. Ciao.

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