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172. Wanderbird - Paul Guschlbauer

// Paul Guschlbauer, Lucian Haas · 2025-10-24 · 01:23:27 · original episode · pdf

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[show notes]
Paul Guschlbauer a écrit un livre sur le Hike & Fly. Qu'y a-t-il derrière la "Wanderbird-Strategie" ? +++ Paul Guschlbauer est certainement connu par beaucoup en tant que participant de longue date de Redbull X-Alps et aventurierier aérien. Il était déjà invité dans Podz-Glidz il y a cinq ans. Dans l'épisode 18 « Der Buschpilot », il a raconté comment il a volé en plusieurs étapes d'Alaska à la Terre de Feu avec un petit avion à hélices ainsi qu'un parapente dans ses bagages. Désormais, Paul se concentre sur l'organisation d'une propre série de compétitions et d'événements à caractère de coaching autour du thème Hike-and-Fly sous la marque qu'il a lancée Wanderbird. Pour accompagner cela, son premier livre est sorti récemment : « Wanderbird Strategy ». Ce n'est pas simplement un livre technique sur le Hike & Fly. Bien que Paul y écrive également de manière approfondie sur les bases et la technique de cette discipline, il place au centre le mindset particulier. Il s'agit de la quête d'un état idéal, le Wanderbird Flow, dans lequel la pilote ou le pilote de Hike-and-Fly forme une symbiose parfaite avec la nature et ses énergies, au sol comme en l'air. Dans cet épisode 172 de Podz-Glidz, Paul raconte sa philosophie personnelle du Hike-and-Fly. Il aborde notamment comment il est lui-même devenu un "Wanderbird", comment se rapprocher du flow lié à la nature et comment, finalement, cet esprit du Hike-and-Fly peut aussi servir d'école pour la vie. +++ Si vous souhaitez promouvoir Podz-Glidz et le blog Lu-Glidz, vous trouverez toutes les informations correspondantes sous : https://lu-glidz.blogspot.com/p/fordern.html +++ Musique de cet épisode : Piste : Spatial Entaglement | Artiste : The Grey Room Bibliothèque audio YouTube https://www.youtube.com/watch?v=s5VdA6spQeY +++ Liens Lu-Glidz : + Blog : https://lu-glidz.blogspot.com + Facebook : https://www.facebook.com/luglidz + Instagram : https://www.instagram.com/luglidz/ + Canal Whatsapp : https://whatsapp.com/channel/0029VaBVs05CHDynzdlJlU34 + Youtube : https://youtube.com/@Lu-Glidz + Soundcloud : https://soundcloud.com/lu-glidz + Spotify : https://open.spotify.com/show/6ZNvk83xxGHHtfgFjiAHyJ + Apple-Podcast : https://itunes.apple.com/de/podcast/podz-glidz-der-lu-glidz-podcast/id1447518310?mt=2 + Linktree : https://linktr.ee/luglidz +++ LIENS vers Paul Guschlbauer : + Livre « Wanderbird Strategy » : https://www.viento-publishing.com/project/the-wanderbird-strategy + Critique de "Wanderbird Strategy" sur Lu-Glidz : https://lu-glidz.blogspot.com/2025/10/buchtipp-wanderbird-strategy.html + Site web de Wanderbird : https://www.wanderbird.io/ + Wanderbird sur Instagram : https://www.instagram.com/wanderbird.hikeandfly/ + Podz-Glidz Ep. 18 - Der Buschpilot : https://lu-glidz.blogspot.com/2019/12/podz-glidz-18-der-buschpilot.html

[transcript]

0:03Paul Guschlbauer

Oui, et puis d'un coup, on lâche une thermique et on se dit, « bon, il n'y a rien », et l'instant d'après, elle monte. C'est là que j'ai compris que c'était trop complexe pour essayer de penser ça de manière purement logique à chaque fois. Ça m'a toujours accompagné d'une certaine façon et je pense que c'est pour ça que je m'y intéresse, parce que tu dis que c'est un livre spirituel, et c'est en grande partie de cela dont il est question dans le livre : genre, avec quelle attitude je m'y approche fondamentalement pour être prêt à pouvoir tirer profit de toutes ces possibilités qui sont là dehors.

0:47Lucian Haas

Podz-Glidz, le podcast Lu-Glidz, des histoires du cosmos du parapente.

0:56Lucian Haas

Aujourd'hui avec Paul Guschlbauer et je suis Lucian Haas.

1:05Lucian Haas

Paul Guschlbauer est certainement connu de beaucoup comme participant de longue date de la Red Bull X-Alps et aventurier aérien. Il était déjà venu nous voir à Podz-Glidz il y a cinq ans. Dans l'épisode 18, le pilote de brousse, il racontait comment il a volé en plusieurs étapes d'Alaska à Terre de Feu avec un petit avion à hélice et un parapente dans ses bagages. Désormais, Paul se concentre sur l'organisation d'une propre série de compétition et d'événements à caractère de coaching autour du Hike and Fly sous la marque qu'il a lancée, Wunderbird. Pour accompagner cela, son premier livre est sorti récemment, Wunderbird Strategy. Ce n'est pas simplement un livre technique sur le Hike and Fly.

1:51Lucian Haas

Bien que Paul y écrive aussi de manière approfondie sur les bases et la technique de ce sport, il place au centre l'état d'esprit particulier. Il s'agit de la quête d'un état idéal, le "Wunderbird Flow", dans lequel la pilote ou le pilote de Hike and Fly forme une symbiose parfaite avec la nature et ses énergies, au sol comme en l'air.

2:17Lucian Haas

Dans cet épisode 172 de Podz-Glidz, Paul raconte sa philosophie personnelle du Hike and Fly.

2:25Lucian Haas

Il s'agit de la façon dont il est devenu lui-même un "Wunderbird", comment se rapprocher du flow en pleine nature et comment, finalement, cet esprit du Hike and Fly peut aussi servir d'école de la vie.

2:41Lucian Haas

D'ailleurs, je ne peux vous proposer ce genre de discussions particulières dans Podz-Glidz que parce qu'il y a des mécènes qui soutiennent financièrement mon travail sur le podcast. Rejoignez-nous aussi. Vous trouverez toutes les infos nécessaires à ce sujet sur le Gleitschirm-Blog Lu-Glidz, précisément sur la page Fördern.

3:04Lucian Haas

Paul, es es-tu une personne spirituelle ?

3:08Paul Guschlbauer

Oui, je dois dire que je suis quelqu'un de spirituel, même si dans notre société, c'est un peu étiqueté de cette façon, c'est un peu mal vu, ça résonne en moi comme ça, mais fondamentalement oui. Qu'est-ce que ça signifie pour toi ? Pour moi, ça signifie que des choses peuvent avoir une valeur qu'on ne peut peut-être pas expliquer scientifiquement, toujours ou pas encore, et qu'il y a des liens auxquels il faut aussi croire. Est-ce que le vol est quelque chose de spirituel pour toi ?

3:49Paul Guschlbauer

Le vol a énormément d'aspects qui peuvent être spirituels, je dirais. On peut voler, ou du moins la manière dont je le pratique, de façons tellement variées. Et pour moi, je crois que... cette manière, cette dimension spirituelle, pour reprendre ton terme, disons, c'est ce qui m'a personnellement le plus porté, si on veut parler comme ça. Mais je ne l'appellerais pas spirituel, je dirais plutôt en connexion avec la nature, pour ainsi dire. Pas dire : « d'accord, je crois maintenant à des trucs dingues », mais simplement pour moi, c'est un fait, cette vision du monde : nous faisons partie de tout ça ici, et plus nous nous y intégrons, pour ainsi dire.

4:37Paul Guschlbauer

Et plus on s'y intègre, mieux tout cela fonctionne.

4:40Lucian Haas

Alors, je suis arrivé sur le côté spirituel parce que tu as écrit un livre que j'ai lu, il s'appelle Wunderbird Strategy, Mindset, Grundlagen und Technik von Hike and Fly. Et quand on le lit, on s'attend d'abord à se dire : « Oh, là on va avoir la super introduction au Hike and Fly. Qu'est-ce que je dois faire pour aller correctement en montagne et de quelle technique exacte j'ai besoin pour ça et tout le reste. » Et puis on le lit et c'est finalement un livre très personnel de ta part et, de mon point de vue, vraiment un livre qui ne s'occupe pas seulement de la montagne, mais aussi du monde. Un livre avec beaucoup de pensées spirituelles en fait. Raconte-moi l'histoire de sa création, pour qu'on comprenne un peu comment le mindset se compose au final. Enfin, pas l'histoire de sa création au sens de comment tu l'as écrit, comment tu as tapé sur le clavier, mais comment tu as eu l'idée au départ et qu'est-ce qui t'a poussé à écrire le livre de cette manière ?

5:31Paul Guschlbauer

Alors, je ne me suis pas vraiment préparé l'histoire de la manière dont je vais te la raconter maintenant, donc je dois voir par où je commence. Mais spontanément, hier, je cherchais une vieille vidéo et j'ai fait défiler mon Facebook jusqu'en 2008, où je suis tombé sur une vidéo — c'était la deuxième que j'avais montée dans ma vie — et où je venais juste de faire ma première année de parapente. Dans cette vidéo, on voit à peine de scènes de parapente, mais surtout beaucoup de timelapses de nuages, et j'avais monté de la musique pour... et où il s'agit de savoir qui commande et comment les nuages bougent, et alors j'ai fait bouger les nuages une fois dans un sens et une fois dans l'autre et, disons, je me suis dit à ce moment-là, wow, ça avait déjà commencé à l'époque que je voyais les choses un peu, comment dire, de...

6:31Paul Guschlbauer

...observé de l'extérieur et de l'intérieur en même temps. Que pour moi, la question était plutôt : comment fonctionne la vie ? Globalement, et qu'est-ce qu'il y a derrière, dans l'ensemble, sur le plan énergétique, ce qu'on a du mal à expliquer, pour ainsi dire. Et je suis allé de plus en plus loin dans le parapente, où il s'agit, au final, si on s'y penche vraiment intensément, de beaucoup de choses là-dessus. On s'en rend compte encore et encore, quand on se laisse soudainement déporter dans une thermique et qu'on se dit : « Bah, il n'y a rien », et l'instant d'après, ça monte. Et c'est là que c'est devenu clair pour moi : l'approche logique face à un sport qui concerne quelque chose qu'on ne peut ni voir ni toucher concrètement — on peut bien sûr toujours tâtonner et se dire : « Ok, la thermique doit être là, elle se déplace un peu avec le vent comme ça » — mais la façon dont on peut expérimenter et gérer ce système complexe à ce moment-là est, en fait, trop complexe pour être simplement pensée de manière logique à chaque fois.

7:40Paul Guschlbauer

Et ça m'a toujours accompagné d'une certaine manière et je pense que c'est pour ça, parce que tu dis "livre spirituel", parce qu'une grande partie du livre porte justement sur, genre, avec quelle attitude je m'y approche fondamentalement pour être prêt à pouvoir utiliser toutes ces possibilités qui sont là-dehors.

8:01Lucian Haas

Mais là, tu dis qu'en volant, tu vis des choses, ce que tu fais ou ce que tout passager fait probablement, et tu dis que tu ne peux plus l'expliquer logiquement, mais que c'est un... un flux énergétique dans lequel tu es là et tu fais partie des éléments, mais si tu sais comment les utiliser, tu finis par monter et tout ça. Pourtant, tu as essayé de mettre ça en mots et tu as dit que tu voulais écrire un livre là-dessus. D'un côté, il y a ton expérience personnelle et la manière de faire, et de l'autre, il y a un livre, tu veux transmettre ça aux autres. Alors, qu'est-ce qui t'a poussé à te dire : moi, Paul, je veux transmettre aux gens par écrit ce que je vis ou ce que je pense là-dedans ?

8:41Paul Guschlbauer

Oui, j'ai toujours pensé qu'il faudrait que je mette ça par écrit. J'ai énormément voyagé, je pense être déjà allé presque partout et j'ai vécu tellement de choses. Je me suis dit, d'accord, il y a eu des trucs de dingue, genre, je ne sais pas, une fois j'étais au Myanmar, je n'avais plus d'argent et soudain mon oncle apparaît et me donne de l'argent. Ce sont juste des petites histoires de vie, oui, pour pouvoir repartir. Et j'ai toujours trouvé ça très drôle. Ton oncle était fiable. Il était là par hasard ? Oui, il était là, soudainement il était là par hasard. Donc, j'étais assise avec ma copine à cet aéroport et on ne pouvait plus décoller parce qu'on n'avait plus d'argent, et au Myanmar à l'époque, on ne pouvait pas retirer de l'argent comme ça, il fallait apporter de quoi et il y avait un aéroport de départ, on ne pouvait que prendre l'avion.

9:33Paul Guschlbauer

Je crois qu'un passage de frontière était parfois encore ouvert. En tout cas, j'étais assis là avec ma copine, on n'avait plus d'argent et on se demandait comment on allait sortir de là. Et voilà, on reste assis là pendant quelques heures et soudain, mon oncle se met à marcher dans l'aéroport. Je lui dis : « Eh, quel hasard incroyable que tu sois là. Peut-être pourrais-tu me prêter un peu d'argent, parce qu'il faut que je sorte d'ici d'une manière ou d'une autre. » Et oui, ce genre de trucs drôles, ou plutôt d'intéressants, il m'est arrivé énormément de choses pendant tous les voyages que j'ai faits, y compris avec l'avion d'Alaska à Patagonie. On rencontre tellement de gens et on n'en a aucune idée, il y a 13 frontières à franchir et puis on atterrit quelque part en tant qu'Autrichien avec un petit avion américain dans un aéroport sud-américain quelconque, et soudain, on se retrouve face à des défis très intéressants et des solutions très intéressantes auxquelles on n'aurait jamais pu penser auparavant.

10:27Paul Guschlbauer

Ce qui nous attend, où on peut garer son avion, comment on se procure du carburant. Et je me suis toujours dit que je devrais écrire toutes ces histoires. Mais elles ne figurent pas dans ce livre.

10:39Lucian Haas

avant, mais ce livre est déjà spécial. Non,

10:41Paul Guschlbauer

sur le livre, malheureusement.

10:42Lucian Haas

En ce qui concerne le Hike and Fly. Tu vas probablement devoir écrire encore trois livres de plus dans

10:46Paul Guschlbauer

dans les prochaines années. Oui, pour préciser un peu, je suis déjà allé voir une maison d'édition avec cette idée. Ça fait déjà sept ou huit ans. Mais c'était encore un peu trop abstrait. Genre, "ok, des histoires d'aventure, je ne sais pas". Ça n'était pas encore suffisant, disons. Et ma vie a ensuite pris des tournants intéressants, passant d'une vie d'aventure à des changements personnels. J'ai eu deux enfants entre-temps, je me suis séparé de la mère des enfants en même temps, et je vis maintenant dans une nouvelle relation où les enfants sont aussi bien installés. On s'entend extrêmement bien tous ensemble. Et ça n'est arrivé que parce que j'ai commencé à m'intéresser énormément au coaching, aux aspects psychologiques, j'ai aussi fait une formation psychosociale, du coaching systémique et tout ça, j'ai vraiment appris, on pourrait dire.

11:42Paul Guschlbauer

Ensuite, dans des centres de formation. Et puis, en fait, Simon Lehmann et Werner Luidol, qui ont tous deux relancé la maison d'édition Viento à l'époque, sont venus me voir et m'ont dit : « Hé, et si on faisait un livre sur ce sport ? » Et je leur ai dit dès le début : « Oui, on peut le faire, mais je veux aussi y apporter quelques autres choses. » Il est important pour moi d'écrire peut-être quelque chose dans le livre qui n'existe pas encore. Je ne connais pas tous les livres sur le parapente, mais il est important, je pense, de mettre en lumière ce sport qui me tient tellement à cœur sous un angle un peu différent. Il faut simplement une approche beaucoup plus consciente et une attitude fondamentalement différente vis-à-vis de ce sport.

12:31Paul Guschlbauer

C'est ma motivation personnelle. Et je leur ai dit ça, et voilà à quoi ça pourrait ressembler. Ensuite, on a commencé à établir grossièrement la table des matières, à dire quels thèmes allaient être abordés, ce qui allait y figurer, et c'est ainsi que ce livre est né. Alors, comme tu le dis, je ne l'appellerais pas un livre spirituel, mais il contient bien sûr beaucoup de mentalité, de stratégies mentales et d'autres thèmes que l'on pourrait, je pense, aussi mettre en pratique. C'est...

13:04Lucian Haas

Au niveau du contenu, est-ce que c'est ce que tu avais imaginé au début ? Ou est-ce que ça a pris... comme pour le vol, des virages improbables ou autre chose, où tu te dis qu'au final, tu as trouvé la portance à un endroit complètement différent de ce à quoi tu t'attendais au départ ?

13:24Paul Guschlbauer

Oui, bien sûr, j'avais une idée en tête et je me suis plongé dans ce sujet pour essayer de trouver le point essentiel. Et par moments, ça m'a été un peu difficile parce que je pense que c'est vraiment individuel. Chacun pratique le sport avec ses propres motivations, ses propres objectifs, ses propres visions et, au final, ses propres attentes en termes d'expérience. Tout en dépend. Je pourrais écrire un livre de niche sur Red Bull League par exemple. Je pourrais probablement le faire de manière assez authentique, en disant : « Hé, c'est exactement comme ça qu'il faut s'entraîner, et voici ce qu'on peut faire selon moi, c'est comme ça que je l'ai vécu et c'est ainsi que j'ai obtenu tel ou tel succès. »

14:11Paul Guschlbauer

Mais ça ne parlera certainement pas à la personne qui veut simplement aller à la montagne pour le plaisir, pour voler à travers les nuages ou je ne sais pas, pour avoir cette expérience au-dessus des nuages, comme on pourrait l'entendre dans une chanson, pour satisfaire cette idée. Ce sont deux sujets complètement différents et l'approche est simplement différente en dessous. Mon souhait, il est clair pour chacun, il doit être d'une manière ou d'une autre pour chacun, il doit avoir une motivation. Et c'est là que je me retrouve systématiquement pour chacun. Et c'est aussi sur chaque sujet que j'en suis revenu en me disant : c'est en fait de ça qu'il s'agit. De l'attitude, avec quelle attitude j'aborde le sport. Et si j'aborde le sport simplement en tant que quelqu'un qui veut initialement juste vivre une belle expérience de glisse et que je lis ensuite le livre de Paul où il est écrit tout sur le Red Bull League,

15:03Paul Guschlbauer

est-ce que c'est juste ou important de le satisfaire maintenant ? Et est-ce que c'est ça le contenu de ce que je dois apprendre pour être heureux ou non ? Bien sûr que non, il s'agit simplement de vivre l'expérience de la manière la plus positive, la plus belle et la plus complète possible pour soi-même. Et ça peut se faire de différentes manières. C'est ce qui m'est revenu à l'esprit, je l'ai remarqué à plusieurs reprises. Et au final, je pense que grâce à l'aide de Werner et de Simon, nous avons réussi à tirer un bon fil conducteur que tout le monde peut exploiter. Et bien sûr, ma...

15:45Paul Guschlbauer

Ton passé de compétition, je pense, est déjà présent. Tu devrais me dire ça maintenant, après avoir lu le livre. Ces questions d'ambition, par exemple sur la manière d'être efficace, parce qu'il ne faut pas toujours avoir l'efficacité comme seul objectif. Mais oui, c'est en quelque sorte comme ça que ça s'est développé.

16:01Lucian Haas

Oui, c'est... enfin, je dirais que tu as trouvé un bon équilibre entre ton ambition éparpillée ou l'idée de compétition qui est là-dedans. Mais quand on lit le livre dans son ensemble, je dirais que...

16:15Lucian Haas

Oui, l'histoire de l'état d'esprit, le côté spirituel, ou disons simplement l'esprit que l'on y met — et c'est peut-être ça le côté spirituel — et que chacun apporte selon sa façon de voler. Je dirais que c'est ce qui prend le plus de place. C'est ce qu'on retient aussi à la lecture. Et les chapitres où tu décris certaines étapes, par exemple des journées où tu as dit, voilà, un jour de Red Bull X-Alps 1 et 2, et lors de l'un tu n'étais pas très bien, et lors du suivant tu étais plus dans le "flow", et tu as bien avancé, et tu décris ensuite à quel point c'est différent et quels ont pu être les facteurs d'influence dans ces moments-là. C'est aussi sympa à lire et à essayer de se mettre à ta place. En même temps, c'est probablement comme pour beaucoup qui se disent : "Ouais, l'X-Alps est bien loin de ce que je sais faire en réalité."

17:03Lucian Haas

Je n'aurais pas besoin de lire ce livre pour ça. Je veux quelque chose de différent pour mon truc. Mais on y trouve énormément de choses pour soi-même, peu importe le niveau auquel on pratique le sport, je pense. Dans le livre, il est question de ce que tu appelles le "Wanderbird-Flow". Mais avant d'en parler, j'ai d'abord une autre question concernant le flow. As-tu aussi parfois ressenti quelque chose comme du flow en écrivant, ou était-ce du pur travail pour toi ?

17:32Paul Guschlbauer

C'est une bonne question. C'était définitivement les deux.

17:37Paul Guschlbauer

Le flow, donc là on entre aussi automatiquement un peu dans le thème du flow Wanderbird. Le flow en écrivant s'est installé quand je me suis vraiment consacré au sujet et que j'ai aussi un peu évacué les autres sujets, ceux qui n'étaient pas importants, de mon système, de mon corps et de mon environnement. Donc je me suis libéré, trois, quatre, cinq fois, probablement au total, une semaine complète, j'ai vérifié qu'il n'y avait absolument rien et je me suis vraiment consacré à 100 % au livre pendant ces quelques jours. Et là, ça a marché. Ce flow était là. Et alors, ça a avancé, parce que c'est définitivement l'expérience que j'ai maintenant en écrivant ce livre.

18:23Paul Guschlbauer

S'asseoir de temps en temps pour écrire une page là-dessus, et écrire là-dessus, surtout pour le livre qui fait finalement 350 pages et qui doit être cohérent d'une certaine manière. C'est le début : quand tu lis les premières pages et que tu lis les dernières, qui pourraient aussi être l'introduction d'un prochain livre. Tout est lié. Peu importe où tu en es, tu ressens ce lien. Et garder cette cohérence dans la tête de manière rigoureuse tout le temps, ça ne marche pas du tout, et encore moins quand on le fait juste sur le côté. C'est pour ça que la plus grande leçon, c'était de vraiment se concentrer sur une seule chose, sur cette chose précise, et de s'y tenir vraiment, et c'est là que ça a vraiment avancé.

19:11Paul Guschlbauer

Alors, des chapitres entiers en une semaine, j'ai réussi à en écrire beaucoup de pages.

19:17Lucian Haas

Tu étais dans le flow, elles coulaient juste entre tes doigts, en quelque sorte. Oui,

19:21Paul Guschlbauer

à un moment donné, oui. C'est super intéressant. Donc, comme ça...

19:25Lucian Haas

ce n'est pas simple du tout, pas comme je l'avais imaginé. Je veux dire, écrire, quand tout se passe bien, c'est mettre ses propres pensées et aussi ses sentiments dans une forme, disons, compréhensible, et surtout pour soi-même d'abord, pour pouvoir les exprimer du tout premier abord. Qu'est-ce que tu as retiré de ton travail sur ce livre, as-tu appris de nouvelles choses sur ce sujet Hike & Fly ? Simplement parce que tu as dû te dire : je dois exprimer ça maintenant. Ce n'est plus seulement un sentiment, un pressentiment, peu importe ce qui s'agite ou qui picote dans le cul quand il doit y avoir de la thermique à droite ou quelque chose comme ça, mais comment puis-je exprimer certaines choses de manière à ce que j'aie compris ?

20:09Paul Guschlbauer

Exactement, un défi énorme. Je peux le résumer comme ça : tu te dis, d'accord, maintenant je vais écrire quelque chose sur le vol en thermique. OK, oui, c'est super facile. Je sais comment ça se passe, je le fais tout le temps. Et puis on commence à se projeter. Oui, d'accord, là il y a peut-être une ascendante, comme tu le dis, et tout ça. Et en réalité, bah, on ne peut pas juste l'écrire comme ça, il faut déjà un peu... il y a toujours ce contexte factuel et on tombe dessus. Et comme tu le dis, ça devient extrêmement difficile de mettre ça en mots, de le formuler, et ça a définitivement été le plus grand défi. Mais il y a aussi eu un apprentissage énorme, parce que bien sûr, je savais beaucoup de choses, elles sont justes, pour moi,

20:56Paul Guschlbauer

mais sont-elles vraiment vraies et comment les décrire de manière compréhensible ? Alors, un sujet qui me vient à l'esprit à ce sujet, c'est le thème de la peur. Je me souviens qu'il y a des années, on m'a déjà demandé dans le magazine Thermik ou Cross-Country d'écrire un commentaire sur le thème de la peur et j'ai écrit à l'époque quelque chose, je dirais maintenant, quelque chose comme je le perçois. Et maintenant, dans le cadre du livre, je m'y suis à nouveau penché de manière plus claire, aussi parce que la question lors de mes événements ou lors de mes ateliers, que je fais aussi dans le cadre des événements,

21:38Paul Guschlbauer

... donc ça a presque toujours un rapport avec la peur. C'est quelque chose de très présent dans l'aviation, et je me suis vraiment penché un peu plus dessus pour pouvoir l'expliquer, parce que ça nécessite des explications. Un livre comme celui-ci, c'est en fait toujours un peu ça : on essaie d'apporter quelque chose sur le plan logique pour pouvoir s'y référer quand on est dans la situation. En fait, il n'y a pas grand-chose de plus, parce que c'est une expérience réelle, chacun doit la vivre par lui-même, en quelque sorte. Et maintenant, il s'agit de le décrire d'une manière, comme tu dis, qui soit accessible et compréhensible au moment même où la personne le vit. Et quand on parle de la peur, ça a énormément à voir avec les pensées, les croyances et tout ce qui est extrêmement psychologique.

22:27Paul Guschlbauer

Je veux dire, il faut simplement se pencher vraiment là-dessus, il ne s'agit que du factuel. C'est pour ça que deux tiers du livre sont consacrés, disons, au thème de l'anxiété, ou pas à l'anxiété, mais au thème du mindset ou du spirit, pour ne pas être trop spirituel. Et c'est simplement, par exemple sur le thème de l'anxiété, comment je gère ça maintenant ? Qu'est-ce que c'est au juste ? Et qu'est-ce que je peux en tirer de bon et de mauvais concrètement ? Et bien sûr, le décrire de manière claire et simple est un autre défi. Je pense y être parvenu, espérons-le, en expliquant les thèmes encore et encore. En fait, on pourrait probablement résumer les points en bien moins de phrases qu'il n'y en a dans ce livre.

23:19Paul Guschlbauer

Mais quand on l'entend à plusieurs reprises et qu'on s'y penche sans cesse, c'est ma façon de faire, on finit par mieux comprendre à un moment donné. La question était, rien contre ta réponse,

23:30Lucian Haas

très bien. D'accord, j'ai oublié la question. Qu'est-ce que tu en tires, toi, par exemple, est-ce qu'en expliquant ou en décrivant, tu as peut-être compris certaines choses pour la première fois ou les as comprises différemment, au point de pouvoir dire que dans certains domaines, tu es peut-être devenu un meilleur pilote ou un meilleur hike and flyer avec tout ce qui va avec, grâce à l'écriture du livre ? C'est une...

23:57Paul Guschlbauer

C'est une question très, très vaste, je dois dire, parce que si on vit tout ce processus de manière aussi intense que je l'ai fait pour pouvoir le transmettre, le changement se produit à un niveau beaucoup plus élevé, personnellement. Je ne veux pas être jugeant, mais ce qui change, c'est en fait toute l'approche du vol. Je veux dire, ce n'est pas du genre "OK, je fais une courbe différemment en volant" ou quelque chose comme ça, mais quelle est la valeur du vol dans ma vie, au fond ?

24:35Paul Guschlbauer

Quel genre de changement peut avoir lieu parce que j'ai écrit un livre et que je fais des événements, et que je ne suis plus, disons, le héros Red Bull qui se retrouve au sommet de certains événements ? C'est ça qui a changé, c'est là que l'évolution a eu lieu si tu me poses la question. C'est pour ça que je dis que ce changement s'est produit à un niveau très personnel, où je suis, selon moi, devenu meilleur parce que ma vie est agréable, telle que je la mène actuellement.

25:10Paul Guschlbauer

Et c'est donc une évolution positive qui en a découlé. Et pour ce qui est du pilotage, je le fais maintenant tout simplement comme ça me fait plaisir. Donc, qu'est-ce que ça signifie pour moi quand ça me fait plaisir ? Ça veut dire que si c'est encore cool le soir et que je peux le faire, alors je sors et je fais un tour. Et j'ai peut-être, par rapport à avant, moins cette ambition de devoir le faire systématiquement, parce que sinon mon succès dépendait, par exemple, de l'extérieur, des sponsors et tout le reste. Et ce processus d'écriture du livre a aussi bien contribué à cela.

25:50Lucian Haas

C'est donc une approche beaucoup plus globale de l'ensemble, incluant aussi le vol et la vie : comment tout cela s'articule et comment on peut organiser les choses pour se sentir bien dans cette pratique.

26:01Lucian Haas

Parlons un peu des thèmes de base du livre et commençons tout simplement par une définition. C'est quoi pour toi le Hike and Fly ?

26:15Paul Guschlbauer

Oui, ça a déjà commencé là, par exemple.

26:20Paul Guschlbauer

Parce que c'est un bon exemple. Par exemple, Hike and Fly, c'est juste Hike and Fly. Si on ne regarde que les deux mots qui sont là, si on entend ou on écrit Hike and Fly, alors c'est marcher et voler. Mais dans la combinaison, c'est tout autre chose. Ça me poursuit déjà bien avant que j'aie commencé à écrire le livre. Le sport Hike and Fly est un sport différent de quand je vais randonner et quand je vais voler séparément l'un de l'autre. La combinaison crée simplement une nouvelle discipline sportive en soi. Et parce que si je devais aller droit au but, c'est quoi Hike and Fly, ça veut dire que je prends mon sac à dos, je sors avec pour objectif de voler et que je prends ensuite la bonne décision,

27:10Paul Guschlbauer

Parce que c'est un bon exemple. Alors, par exemple, Hike and Fly, c'est juste Hike and Fly. Si on ne regarde que les deux mots tels qu'ils sont écrits, si on entend ou on écrit Hike and Fly, ça veut dire marcher et voler. Mais dans la combinaison, c'est tout autre chose. Ça me poursuit d'ailleurs déjà depuis bien avant que je commence à écrire le livre. Le sport Hike and Fly est un sport différent de "je vais faire de la randonnée" et "je vais faire du vol" séparément. La combinaison crée simplement une nouvelle discipline sportive en soi. Et parce que si je devais aller droit au but, c'est quoi Hike and Fly ? Ça veut dire que je prends mon sac à dos, je sors avec pour objectif de voler et je prends ensuite la bonne décision, de voler ou non. Et ça, c'était mon expérience Hike and Fly. Enfin, parce que Hike and Fly convient toujours, mais c'était mon expérience Hike and Fly selon cette définition. Le fait de voler n'est plus ce qui définit le sport pour savoir si je l'ai fait ou non, mais en fait, c'est la décision que je prends, pour moi, de voler ou non pendant que je me déplace dans la nature, qui est plus importante. Alors j'espère que tu as saisi, est-ce que c'était expliqué correctement ? Enfin, on

27:41Lucian Haas

fait de la randonnée avec son équipement sur le dos, avec l'option de voler.

27:46Paul Guschlbauer

Exactement, on a bien sûr l'objectif de voler, mais si je remarque — et c'est un sujet d'attention, et c'est aussi une extension du sujet de l'attention — que j'arrive au décollage et que je réalise que ce n'est tout simplement pas possible de voler ou que ce n'est pas le bon moment pour moi de voler. Donc, ça ne se passe pas pour le vol au sens où, ça peut avoir différentes raisons : ça peut être parce que je ne me sens pas capable de voler là maintenant, ou que je n'arrive pas à bien évaluer les conditions, ou qu'il y a effectivement trop de vent ou quoi que ce soit. Et ça me dissuade de voler là, donc je redescends avec mon sac à dos, et pourtant, ou justement à ce moment-là, j'ai eu une expérience de Hike and Fly très réussie, selon ma définition.

28:30Lucian Haas

Ensuite, dans le titre de ton livre, il est déjà écrit « Wanderbird Strategy », et ce terme « Wanderbird », que signifie-t-il pour toi ?

28:42Lucian Haas

Exactement,

28:42Paul Guschlbauer

donc c'est en quelque sorte ce que

28:44Lucian Haas

je... Tu l'as,

28:44Paul Guschlbauer

je crois que je l'ai inventé, en quelque sorte, non ? Oui, je l'ai inventé à un moment donné, il y a environ trois ans maintenant. Oui. En fait, je cherchais une définition ou une description de ce Hike and Fly dans ma propre définition. Et je ne savais pas comment l'appeler, si c'était pertinent. Bien sûr, il y a aussi la question de la manière de raconter l'histoire autour, et Wanderbird symbolise ça pour moi. Parce que "wandering" en anglais implique aussi que l'on flâne, donc qu'on n'a pas forcément besoin de dépenser toute son énergie pour obtenir une performance maximale, mais qu'on en profite aussi, en quelque sorte. Et "bird", bien sûr, c'est l'oiseau et le vol, alors qu'on peut aussi dire pour l'oiseau,

29:32Paul Guschlbauer

un oiseau n'a pas besoin de voler tout le temps ; s'il ne peut pas voler, il ne vole pas. Il se pose alors et ne vole pas. Cette combinaison est devenue à un moment donné le point où je me suis dit : d'accord, c'est la définition de ce sport et, bien sûr, de cette stratégie d'approche. C'est pour ça que le livre s'appelle maintenant Manabird Strategy, parce que c'est aussi, oui, et ceux qui liront le livre comprendront que c'est simplement une approche, en quelque sorte. Comment je m'y prends...

30:04Lucian Haas

Hein ? Est-ce que les Anglais comprennent ça, au juste ? Moi, en tant qu'Allemand ou Autrichien, quand je lis Wanderbird, je me dis : ah, c'est un néologisme d'allemand-anglais, "wandern" et, enfin, un truc avec "bird" au lieu de "Vogel", et ça colle. Et on peut alors s'en faire une idée et se dire : oui, ça ressemble un peu à Hike and Fly, c'est une jolie appellation pour ça. Mais les Anglais qui lisent Wanderbird maintenant, est-ce qu'ils comprennent ça dans le sens où tu le dis ? Ce genre d'oiseau qui flâne, qui ne vole pas tout le temps, mais qui veut quand même voler et qui met tout en œuvre pour vraiment prendre son envol ?

30:42Paul Guschlbauer

Je suppose que oui et je n'ai encore rien entendu d'autre, parce que Wandering est un mot anglais. Donc ça existe aussi là-bas. Ce n'est pas, enfin, Wander, Wander et Bird sont tous deux des mots anglais et c'est pour ça que je suppose que c'est bien compris et, comme je l'ai dit, personne ne m'a encore fait la remarque. Je n'ai aucune idée de ce dont tu parles ici. Et c'est juste une coïncidence amusante et cool que ça fonctionne aussi bien en allemand.

31:08Lucian Haas

Je pense. On pourrait le prononcer un peu différemment, alors ça devient le Wanderbird. Wanderbird, oui. Wander avec un O.

31:15Paul Guschlbauer

tu penses que,

31:15Lucian Haas

ou pas ? Oui, oui.

31:17Paul Guschlbauer

Oui, ça a déjà existé, j'en ai déjà entendu parler de temps en temps. Oui. Ce n'est pas forcément prévu comme ça, mais en fait, dans chaque livre que j'ai publié et signé, ou dans lequel je l'ai écrit, j'ai toujours précisé que je souhaitais aux gens de vivre de merveilleuses expériences dans le "Wanderbird-Flow" quand je leur donnais le livre. C'est déjà écrit, je l'ai écrit consciemment comme "merveilleux", parce qu'il s'agit aussi de la surprise. Donc, ce concept de "Flow" a toujours un lien avec le fait d'être dans le présent et de se laisser surprendre par la vie, sans vivre dans le futur, pour ainsi dire.

32:00Lucian Haas

Tu viens de mentionner à nouveau ce terme, je l'avais déjà dans ma question tout à l'heure, j'avais dit qu'on en parlerait tout de suite : le Wanderbird-Flow. C'est un peu comme si, en lisant le livre, c'était presque l'objectif ultime ou l'état idéal que l'on peut atteindre en faisant du Wanderbirding, ou peu importe. Qu'est-ce que tu entends par là ?

32:24Paul Guschlbauer

Ok, par quoi je commence pour que ça ne paraisse pas trop spirituel et pas non plus, d'un point de vue coaching, mais au final, il s'agit de... Je trouve que tu dois

32:33Lucian Haas

pas besoin de cacher le côté spirituel. Je trouve ça plutôt sympa, donc reste comme ça.

32:39Paul Guschlbauer

Ok, donc au final, en psychologie, même si on pousse le bouchon jusqu'au bout, ou du moins avec cette approche, il s'agit de traverser la vie avec un système nerveux détendu, en quelque sorte. C'est-à-dire avoir un certain niveau de relaxation. Ça ne veut pas dire qu'on vit sans aucune tension tout le temps, mais simplement avoir la capacité de revenir consciemment à la relaxation.

33:08Paul Guschlbauer

Et le sujet du flow signifie en fait qu'on doit trouver la juste mesure entre tension et relaxation, pour ainsi dire. Et... Enfin, ce que je décris dans le livre n'est pas un moment de flow, mais l'objectif est d'apprendre du parapente comment une durée de flow plus longue peut finalement se transférer dans une vie de flow, pour ainsi dire. Et avec le parapente ou le hike & fly, on a tout simplement l'exemple parfait. C'est vraiment, enfin, quand on regarde d'autres sports,

33:53Paul Guschlbauer

n'est rien, c'est...

33:57Paul Guschlbauer

Curieusement, j'ai pensé à la chasse à un moment donné.

34:01Paul Guschlbauer

Mais tout le monde m'a déjà dit que c'était comme la chasse. Alors, je ne suis pas un chasseur moi-même, pas du tout. Mais il faut se dire que le but, c'est de trouver la patience, de trouver le moment pour ensuite tirer le maximum de ce que la nature offre, pour dire, pour être en phase avec ce flux. Et là, notre sport est tout simplement... Qu'est-ce que ça veut dire ? Tout simplement... Tout simplement donné, pour ainsi dire. Parce que tu ne peux pas dire : « maintenant, je veux voler en thermique sur place ». Ça ne marche tout simplement pas. C'est toujours dépendant de ce qui se passe dehors en ce moment. Ça veut dire que je dois m'adapter à tout ça. Ce n'est qu'un exemple. Et ça s'étend, bien sûr. Si je sais que, d'accord, je dois m'adapter. Oui, comment, avec quelle attitude je pars, par exemple, du tout ?

34:48Paul Guschlbauer

Avec quelle attitude je pars pour être au bon moment ? Évidemment, scientifiquement, ça devient de plus en plus facile. Avant, quand j'ai commencé à voler, je restais vraiment assis pendant quelques heures en attendant le bon moment. Aujourd'hui, on peut probablement vérifier jusqu'à 10, 15, pas une demi-heure précisément avec Burn Air à quel moment le vent viendra de la bonne direction. Donc ça change. Mais le principe de base, c'est un instant. C'est par exemple le moment du décollage. Mais le principe de base reste le même après. Parce que je peux vérifier constamment d'où vient le vent quand je vole vers la montagne suivante. Je dois donc m'y rendre et là, je le ressens à ce moment-là. OK, est-ce que ça me prend un peu dans cette direction ou est-ce que ça monte ici ou là ? Et comment je gère ça et quelle capacité ai-je à ce moment-là pour le percevoir du tout ?

35:34Paul Guschlbauer

Ou alors, je vole simplement de manière systématique vers le coin suivant parce que je sais que c'est maintenant l'inverse. La prévision disait qu'il devait y avoir de la thermique là-bas. Et puis j'y vais et soudainement, il n'y en a pas, alors qu'en théorie, il devrait y en avoir. Et là, c'est la spirale descendante qui commence, au lieu de la spirale ascendante que tu peux avoir quand tu y vas et que tu te dis : OK, oui, je sens que là, il se passe quelque chose. Et je prends simplement conscience de ça, je l'applique et je me laisse, pour ainsi dire, porter vers le haut dans le flow. Donc, quand il s'agit de monter, par exemple. Exactement, c'est ça en fait.

36:09Lucian Haas

L'objectif ultime, c'est de suivre le flux d'énergie qui est là, à cet instant précis.

36:13Paul Guschlbauer

Exactement. Et c'est bien sûr quelque chose qui n'est pas du tout établi dans notre société, disons. On n'apprend pas ça. Mais grâce au sport, on a la chance d'apprendre ça et de le ramener ensuite, parce que mon objectif personnel dans ma vie, c'est de mettre en œuvre petit à petit ce que j'ai appris et de vivre ainsi, et ce n'est pas si facile parce qu'on a naturellement des structures et des idées rigides sur des gens qui ne vivent peut-être pas du tout comme ça. Les parapentistes sont déjà de très bons exemples, vraiment bons, si on regarde ça objectivement. Oui, beaucoup s'achètent un van et vont d'un site de vol à un autre. Là, on voit souvent un changement de vie se produire simplement pour pouvoir aller voler vraiment beaucoup.

37:02Paul Guschlbauer

Et c'est concrètement comme ça que ça s'exprime. Mais dans le livre, j'ai essayé d'expliquer un peu ça, quels sont les principes derrière et pourquoi on agit généralement de cette manière. Et qu'est-ce qu'on peut en tirer ? Qu'est-ce qu'on peut ramener dans le sport, d'une part, pour pouvoir le mettre en œuvre aussi bien et en étant dans le flow, disons ? Et qu'est-ce qu'on peut peut-être aussi en tirer pour que les choses changent à l'extérieur, pour qu'on puisse du tout faire ? Tu vois ce que je veux dire ? C'est-à-dire que certaines choses, certaines structures doivent s'assouplir pour que je puisse, au final, avoir l'expérience de cette manière. Genre, le Hike and Fly comme coach de vie ?

37:46Paul Guschlbauer

Je dirais oui. Je trouve que dans ma vie, c'était définitivement le cas. J'ai appris énormément de choses là-dessus et j'ai bien sûr aussi beaucoup réfléchi à tout ça. Et pour moi, une grande partie de ce qui est, selon moi, nécessaire pour réussir, par exemple aux X-Alps, ou même sur de très, très gros projets, comme par exemple avec l'avion d'Alaska à Patagonie, ou peu importe ce que ce soit, tout ce qui est complexe, tout ce qui est très, très complexe et pas gérable en détail, nécessite une certaine ouverture. Les choses peuvent changer sur le chemin vers le but, vers le rêve ou la vision, peu importe comment on appelle ça.

38:40Paul Guschlbauer

Et c'est tout à fait correct, parce que c'est en fait la surprise qui survient en quelque sorte en chemin et qui peut être très, très belle. C'est beau en soi, parce que c'est là que se trouve l'expérience et qu'on finit quand même par y arriver. Même si sur le moment, on n'y croit plus. Je vais ailleurs, je ne retournerai jamais là où je voulais vraiment aller. Mais c'est précisément ça qui est cool, parce que ça fait partie du chemin qu'on parcourt simplement pour arriver là où on veut aller. Pour moi, c'était concrètement Red Bull X-Alps la première fois, par exemple. C'est d'ailleurs écrit dans le livre comment mon chemin vers cet événement s'est déroulé en un temps extrêmement court et très simplement, il faut le dire avec le recul. Mais sur le chemin vers cette participation et vers cette participation réussie, j'ai...

39:29Paul Guschlbauer

Je ne réfléchissais plus à ça de manière aussi concrète, genre, je me disais consciemment : « Je dois faire cette étape maintenant pour que ça marche » ou quelque chose comme ça. Non, c'était juste établi, disons, en moi, à l'intérieur : je le veux, ça m'attire, ça va arriver, je le sais, et maintenant je fais confiance au fait que les étapes vont venir. Ça ne veut pas dire du tout que je n'ai pas entraîné dur ou dépassé mes limites. Je parle toujours de passion. La passion est un super mot pour ça, parce qu'il y a aussi de la souffrance dedans. Et la passion est tout simplement primordiale. Tout n'est pas toujours facile, je ne reste pas sur le canapé et les choses arrivent. Pas du tout, je ne veux pas dire ça du tout. Il s'agit juste du fait que ça suit un processus naturel qui donne simplement une sensation de flow.

40:19Paul Guschlbauer

Et dans un état de flow, même les choses qui peuvent sembler désagréables peuvent devenir totalement sensées et agréables. Bien que, quand on dit,

40:26Lucian Haas

celui qui souffre, si on prend le mot passion au pied de la lettre, c'est en fait presque l'opposé du flow. Du moins, dans la conception classique qu'on en a. Ou est-ce que la souffrance fait aussi partie du flow quelque part ?

40:41Paul Guschlbauer

C'est donc une perception différente de la souffrance à ce moment-là. D'un côté, la souffrance dans le sens où je suis complètement à la mauvaise place et que je fais ce qui ne va pas tous les jours. Ou dans le sens où, d'accord, je dois élargir mes limites ici. Même quand tu t'entraînes et que tu n'es pas encore en forme, s'entraîner va être très désagréable. Il y a donc une forme de souffrance impliquée, mais après, je serai plus en forme. C'est la même chose pour le développement personnel. Si on se lance dans quelque chose de nouveau, ça va être désagréable, mais en contrepartie, ça élargit l'horizon, en quelque sorte.

41:27Paul Guschlbauer

C'est une souffrance différente. Je vais tous les jours au même travail alors que je n'ai absolument pas envie d'y aller, parce que je pense que quelqu'un d'autre le veut pour moi. Ou parce que je crois, pour une raison qui ne m'appartient pas, que c'est la bonne chose à faire. C'est aussi une forme de souffrance, mais qu'on peut changer et qui n'apporte aucune expansion. Alors peut-être qu'à un moment donné, on se dit : d'accord, ça ne va plus, je dois changer quelque chose. Mais là, c'est une approche un peu différente.

42:01Lucian Haas

Revenons un peu en arrière dans ta vie, mais sans raconter toute ton histoire et comment tu en es arrivé aux Red Bull X-Alps ou quelque chose comme ça. Ce qui m'intéresse, c'est un point précis. À savoir : comment, quand et de quelle manière, au fil de tes différentes participations aux X-Alps, es-tu passé d'athlète X-Alps à... à "Wanderbird" ? Est-ce qu'il y a eu un truc, genre un moment, une sorte d'épiphanie, où tu t'es dit : non, je dois aborder ça différemment ? Ou était-ce une évolution lente, où tu te disais : je ne m'en suis même pas rendu compte. Et puis, soudain, j'ai réalisé que j'abordais les choses différemment.

42:41Paul Guschlbauer

Je ne l'ai réalisé qu'après coup, mais il y a eu ce moment. C'était précisément ce moment entre la Red Bull X-Alps 2011 et, finalement, la Red Bull X-Alps 2015.

42:56Paul Guschlbauer

Et entre les deux, d'abord, je suis arrivé aux X-Alps 2011 très rapidement en tant que rookie et j'ai été très performant. J'ai fini troisième, alors qu'en réalité, je pense que vu avec le recul, je ne pouvais pas du tout voler par rapport à ceux qui savaient vraiment voler. Tout a simplement fonctionné ensemble. C'était parfait. La météo était aussi adaptée à moi, à mes capacités. La situation extérieure était tout simplement idéale, je dirais. Et j'ai vraiment pris du plaisir. Et puis, d'un coup, j'étais troisième.

43:30Paul Guschlbauer

Ensuite, Red Bull a dit : « Bon, d'accord, on vous sponsorise maintenant. » J'ai alors eu un contrat et j'ai vu à quel point, je dirais, les opportunités, certains objectifs que j'avais un peu en tête, pouvaient être réalisés. Par exemple, voler au Pakistan. C'était totalement hors de ma portée. Et puis, soudain, Red Bull est arrivé et a dit : « Hé, tu n'aimerais pas faire un truc cool un jour ? Quelque chose dont tu as toujours rêvé ? » Et moi, je me suis dit : « Ouais, pourquoi pas. » En 2012, c'était donc voler au Pakistan, et je voulais aussi aller sur le Musta Ghatta et redescendre en volant. C'est en Chine, donc j'ai fait tout le Karakorum Highway en voyage, la vallée de Hunza, et puis enfin le Musta Ghatta.

44:16Paul Guschlbauer

Tout ça, ça s'appelait Altitude Experience à l'époque, et c'était toujours au-dessus de 6 500 mètres. Et puis je suis monté sur ce sommet à 7 000 mètres et c'est devenu soudainement possible. Ils l'ont simplement rendu possible, aussi simplement avec l'énergie que Red Bull peut donner. Et puis je l'ai fait et c'était super cool. Mais ensuite, je suis arrivé en 2013. C'est arrivé très vite et je savais que ça allait arriver. J'ai toujours eu ce sentiment : "Oh mon Dieu, maintenant, maintenant ça devient sérieux. Maintenant, je suis un athlète Red Bull. Maintenant, je porte un casque Red Bull pendant cette course." J'étais déjà troisième. Les attentes vont être incroyablement hautes, envers moi bien sûr à ce moment-là. Et j'ai eu beaucoup de mal à gérer la pression.

45:03Paul Guschlbauer

Et ce que j'ai fait après, c'est que je suis passé à une planification extrême. J'ai tout planifié de manière extrêmement structurée. Je savais exactement, j'ai encore ces fichiers Google Earth, où sur cette ligne droite du départ à Salzbourg jusqu'à Monaco, je savais où je partais, où j'atterrissais, où je partais, où j'atterrissais, où je partais, où j'atterrissais. Et la course, enfin, quand je suis arrivé à l'arrivée, j'étais arrivé neuvième.

45:33Paul Guschlbauer

et ça aurait été complètement égal, peu importe la météo, j'aurais toujours été aussi rapide. C'était tout simplement ça. Et puis neuvième, et seulement là, cette déception, je ne suis pas vraiment bon, et j'ai commencé à me dire : d'accord, qu'est-ce qui ne va pas ici, au juste ? Je n'étais pas conscient que, je savais déjà que le plan était bon, mais je n'avais pas conscience de quelle était l'erreur, pour ainsi dire.

45:57Lucian Haas

La nature était mauvaise, elle ne collait pas au plan, en gros.

46:00Paul Guschlbauer

Oui exactement, ou alors la nature était trop bien, peu importe. Enfin je ne sais pas, mon plan était tellement bon, il était tellement incroyable qu'il était étanche, mais si on considère la nature comme de l'eau, il était étanche face à cette énergie de la nature. Je n'avais absolument pas intégré la thermique dans mon plan, c'était imprévisible, mais c'était plutôt du genre : OK, s'il y a de la thermique, c'est cool, mais l'ouverture était bien sûr totalement perdue à cause de ça. Et ce qui s'est passé après, c'était genre : OK, je n'y arriverai jamais, donc une sacrée crise personnelle aussi, genre, qu'est-ce que je fais là ? Ce n'est pas du tout pour moi et je n'en veux pas. Et là, l'horizon s'est élargi au point que le Hannes Acht de l'époque,

46:44Paul Guschlbauer

qui était aussi mon mentor dans le monde Red Bull, qui m'a en quelque sorte permis, avec une déclaration très, très simple, parce que je lui avais demandé, par exemple, si l'Air Race était quelque chose que je pourrais faire. Et il a juste répondu : « Oui, commence par ça. » Et pour moi, c'était un truc énorme, je ne l'avais jamais imaginé. Je veux dire, personne dans mon entourage n'avait jamais piloté, et encore moins avec un avion ou quelque chose comme ça. Et pour moi, c'était comme ça. Et avec le recul, il a simplement élargi un peu mon horizon et m'a dit : « OK, oui, tout est possible. Tu peux simplement le faire comme tu veux. Tu peux simplement te détendre un peu. » Parce que dans toute cette situation, avec Red Bull et tout le reste, c'est tout facile. Et à travers ça aussi, quand on regarde ça avec le recul, à travers cette détente, c'est là que ce flow est arrivé, ainsi que cette énergie de la nature.

47:36Paul Guschlbauer

Et si on regarde ça un peu plus largement, et je l'ai brièvement mentionné dès le début, parfois on vole dans une thermique et on est totalement tendu parce que ça ne monte pas aussi vite qu'on voudrait, ou ça ne monte pas du tout, et ainsi de suite. Au moment où on lâche prise et qu'on se détend, soudain, parfois, ça nous tire vers là. Soudain, c'est là, soudain ça monte tout simplement. Et c'est ça qui compte, à petite et à grande échelle en fait. Et c'est comme ça que ça s'est passé pour moi à l'époque. D'une certaine manière, tout s'est un peu détendu. En 2015, j'y suis retourné. J'y suis allé extrêmement détendu avec un nouveau supporter à l'époque, Werner, qui m'a accompagné jusqu'à la dernière thermique, moi aussi. Et j'ai encore été troisième. Entre-temps, j'ai même été à la première place avec Kriegel dans le sud de la France. Puis j'ai fait une grosse erreur. Mais c'était mon... C'était mon... C'était mon expérience. Tout était correct.

48:21Paul Guschlbauer

Et puis j'ai fini troisième, et encore troisième, et encore troisième. C'est une autre histoire. Mais c'était simplement la différence, en fait. Et c'était l'expérience, si on regarde ça rétrospectivement, où ça a vraiment changé et où j'ai aussi réalisé qu'il y avait quelque chose de plus derrière. J'ai aussi commencé à recevoir des coachings ou à chercher un coach pendant cette période, et j'ai beaucoup appris là-dedans aussi.

48:49Lucian Haas

À un endroit dans le livre, tu décris le Hike and Fly. Et si on transpose ça à ta vie, à la façon dont ça s'est développé, tu écris que c'est une sorte de pèlerinage moderne. Mais vers quoi ? Enfin, vers quoi fait-on ce pèlerinage ?

49:07Paul Guschlbauer

Donc tu veux dire qu'il te faudrait un cadre, comme sur le chemin de Saint-Jacques, disons. Tu sais,

49:13Lucian Haas

moi non plus. Alors, c'est quoi pour toi ce terme de pèlerinage ? En général, on pense aux pèlerins habituels qui vont à Rome, à La Mecque, qui vont... à Santiago de Compostela, par exemple. Mais c'est quoi le pèlerinage Hike and Fly ? On pèlerine où ? C'est quoi l'objectif ? Ou alors... On pèlerine vers un objectif spirituel, mais...

49:32Paul Guschlbauer

Oui, l'idée du pèlerinage est simple, ou la comparaison vient aussi de ce qu'on fait quand on fait un pèlerinage : on s'occupe simplement de... on a juste un objectif clair et on fait la même chose chaque jour. On continue juste d'avancer. Et on réfléchit, et on se rend compte qu'à un moment donné, d'accord, tout tourne peut-être en rond, toutes ces pensées et tout le reste. Et puis on arrive à destination et on a... Enfin, il y a différentes histoires sur les expériences que vivent les pèlerins. Ils sont, en quelque sorte, simplement revenus un peu plus à eux-mêmes. Et c'est pour ça que je l'ai écrit. Parce que le pèlerinage, si je prends par exemple... J'ai aussi vu par hasard en faisant défiler mon année 2015 hier.

50:18Paul Guschlbauer

En 2015, j'ai fait 2 665 kilomètres de Hike and Fly... sur la ligne directe. Sans aucun détour pendant cette année-là. Et c'était définitivement un pèlerinage dans ce sens, parce que j'étais avec Tom de Torlo à l'époque, et on a juste marché pendant des jours. 50 kilomètres par jour, jusqu'à ce qu'on puisse enfin voler. Puis on volait à nouveau. Et on était super contents d'avoir volé 100, 150 kilomètres. Et ainsi de suite. C'est ça le pèlerinage : tu as un objectif, tu veux y arriver à un moment donné. Et en chemin, parfois tu marches, puis tu voles, et ainsi de suite. Et il n'y a plus que ça. Ça devient extrêmement simple. Les tâches deviennent totalement simples.

51:03Paul Guschlbauer

On ne se laisse pas emmêler dans la vie quotidienne. Ah, maintenant je dois aller là-bas. J'ai encore un rendez-vous. Je dois encore faire ça. Je dois encore faire ça. Et je pense qu'une aventure en Hike and Fly se prête très bien à ça. C'est une sorte de pèlerinage un peu plus excitant, en quelque sorte.

51:20Lucian Haas

Le chemin est le but, en quelque sorte. Pourtant, je veux dire, pour un pèlerinage, il y a très souvent une destination lointaine où l'on veut arriver. L'expérience, c'est alors ce que tu fais pendant le voyage. Comme tu le dis là, Athletic Circle avec Tom de Dorlodot, beaucoup de marche et aussi de nouveau du vol. On voulait traverser tout ça d'un coup. Mais le plus passionnant, c'était l'expérience sur le parcours. Si le Hike and Fly est un pèlerinage moderne, il faut, pour pouvoir le vivre, il faut en fait toujours se fixer un objectif, dire que c'est dans cette direction qu'on va, même si l'expérience se déroule sur le chemin, sur le chemin. Donc, le Hike and Fly a besoin d'un but d'une certaine manière ?

51:57Paul Guschlbauer

Je pense que ce n'est pas seulement le Hike and Fly, mais beaucoup de pratiquants de parapente sont aussi d'accord avec ça,

52:03Paul Guschlbauer

n'a pas besoin d'un objectif concret, mais d'une clarté sur ce que l'on veut vivre. Plus on s'y penche, plus on pratique le sport en toute sécurité, plus on s'amuse et plus l'expérience globale est belle. Je pense que c'est très important. Si mon objectif est, par exemple, de voler exactement 100 kilomètres, c'est une suite de ce que je veux réellement vivre et une conclusion qui en découle. Si je veux simplement, disons, me sentir libre en volant et avoir cette sensation du vent d'hiver qui me fouette le visage, et que j'ai fait un effort physique et que je ressens ce sentiment de satisfaction quand j'ai eu une thermique et ceci ou cela.

53:06Paul Guschlbauer

Donc, se faire ces idées ou est-ce que c'est par rapport à, par exemple, oui, je dois gagner quelque chose. Si je gagne quelque chose, par exemple, alors le but est généralement la reconnaissance. Dans beaucoup de cas. Ou aussi un objectif en soi. C'est différent de si je me pose juste quelque part tout seul et que je suis super content. Donc il y a simplement des différences, c'est ce que je veux dire par le fait de se pencher là-dessus, c'est que plus on a de clarté à ce sujet, mieux c'est. Parce que si je dis que je veux participer à telle ou telle compétition et que je me mets moi-même, donc par une pression extérieure, et qu'il y a un, et qu'il y a encore des gens qui regardent et qu'il y a une situation de départ et que je ne suis pas conscient que je suis sous l'influence de cette pression extérieure, disons, alors je ne suis pas là.

53:54Paul Guschlbauer

Je commence alors, alors que je ne le ferais pas pour moi-même. Je suis en quelque sorte déconnecté de ce que je veux vraiment à ce moment précis. Et c'est pour ça que cette réflexion sur ce que le vol représente pour moi est, je pense, importante pour pouvoir prendre les bonnes décisions sur le long terme. Quand on...

54:14Lucian Haas

Maintenant, on prend le livre, mais aussi tes autres activités Wanderbird — tu organises des événements High-and-Fly et aussi de petites compétitions qui se déroulent dans un cadre un peu différent, on y reviendra peut-être plus tard. Cette philosophie Wanderbird que tu transportes dans ton livre et avec ces événements que tu organises, ça exprime, je dirais, une certaine conscience de mission de ta part. Qu'est-ce que tu veux accomplir avec Wanderbird ?

54:45Paul Guschlbauer

Finalement, je veux atteindre deux choses. D'abord, je veux créer de la conscience, c'est-à-dire apporter plus de conscience au monde à travers ce que je fais. Parce que je pense que c'est crucial pour la façon dont le monde évolue actuellement, ou pour le développement en général. Avoir un peu plus de conscience sur ce que l'on fait et pourquoi on le fait. Simplement aller un peu plus en profondeur, aussi avec soi-même. Ce serait important. Et pour cela, comme je l'ai dit, le sport High-and-Fly est très bien adapté. Et les événements sont aussi parfaits pour que les gens viennent et puissent, dans le meilleur des cas, choisir avec une pleine conscience. Et pour que de ma part, ainsi que de la part de nous tous ceux qui y participent, ils soient guidés pour prendre consciemment la bonne décision pour la catégorie.

55:33Paul Guschlbauer

Est-ce que je veux juste le faire pour le plaisir ? Est-ce que je veux devenir le prochain vainqueur du X-Half-Pipe ? Ou simplement, on peut très bien s'interroger là-dessus. Et nous mettons aussi en place le cadre pour pouvoir prendre une décision consciente. Et la deuxième chose que j'aimerais faire ou apporter à ce sport, c'est simplement de présenter un peu différemment le branding du sport à l'extérieur. Parce qu'en ce moment, le récit qu'on voit beaucoup tourne autour du fait qu'avec le parapente, on peut voler n'importe quand, n'importe comment. Donc, si on a regardé la dernière Red Bull League par exemple, on pourrait avoir l'impression, en tant que spectateur extérieur, que

56:20Paul Guschlbauer

On peut simplement dire qu'on peut voler tout le temps. C'est le sport. Alors, il est présenté comme ultra hardcore et on vole toujours, peu importe le vent ou sa force, tout est égal, on vole. Voler avec pour objectif d'être totalement dingue. Donc, c'est cohérent dans le sens où je pense que ce sport, cette activité ou cette définition du sport mène justement à plus de conscience. C'est pour ça que plus de gens devraient pouvoir le pratiquer, et ce qui fait obstacle, c'est de croire que c'est hardcore et que c'est le truc le plus extrême qui existe. Et alors, peu de gens ne peuvent pas le faire. Du coup, peu de gens pratiqueront le sport, parce qu'ils ont peur que ce ne soit pas pour eux. L'autre jour, tu as dit par exemple que mon frère, Allai, ne le ferait jamais.

57:07Paul Guschlbauer

Oui, pourquoi ne le ferais-tu jamais ? Non, c'est beaucoup trop intense. Oui, mais qu'est-ce qu'il y a d'intense ? Enfin, la seule chose, c'est que tu es au bon endroit au bon moment, où il y a une ascendance de 5 à 10 km/h et que tu as ce parapente en main. Je veux dire, tu n'as qu'à le déployer, faire quelques pas et tu glisses dans les airs et tu ne peux plus et ce n'est pas du tout sauvage. Enfin pas du tout. C'est extrêmement sûr. Et c'est ça le but au final. Ça repose complètement sur nous et en même temps, c'est juste tellement invisible. Enfin, l'air est juste là, on ne le sait pas exactement. Et pourtant, c'est justement pour ça, d'autant plus qu'il faut de la conscience pour bien le faire. Et c'est ça qui m'importe au bout du compte, parce que moi, oui, au final, je serais content si beaucoup, beaucoup plus de gens qui en ont envie,

57:56Paul Guschlbauer

à voler, simplement aller voler et ne pas avoir peur parce que c'est "trop intense", pour ainsi dire.

58:04Lucian Haas

Donc avec ta question de tout à l'heure, ce que je veux vivre en fait, quand quelqu'un dit : « Je veux juste me laisser aller en l'air pendant 20 minutes. Je monte la montagne et je sais que je le fais tôt le matin ou en fin de journée, quand il n'y a plus de thermique. Ça ne sera plus aussi agité. Je peux juste planer et prendre cette décision et dire : tout le reste qui se passe pendant la journée, je m'en fiche. C'est totalement égal, les autres peuvent le faire s'ils veulent, mais pour soi-même, j'ai la conclusion que je n'en ai pas besoin, mais que je peux avoir l'autre chose. Donc je ne dois pas dire que le parapente est dangereux, mais la partie du parapente telle que je la pratique, elle n'est pas dangereuse.

58:44Paul Guschlbauer

Exactement, tu as mis le doigt dessus. C'est précisément ça. Et ce n'est pas si facile,

58:51Paul Guschlbauer

parce que chaque parapentiste,

58:55Paul Guschlbauer

chaque parapentiste suit aussi d'autres parapentistes et on se fait à nouveau avoir, il a fait ça aujourd'hui, il a fait ça et c'était trop cool et je pourrais aussi le vivre, ou je ne sais quoi. La résilience qu'il faut pour rester fidèle à ça est simplement assez élevée. Et c'est ça le but, au final. C'est encore une question de conscience.

59:13Lucian Haas

Ton livre. Les pilotes qui l'achètent vont probablement le lire en secret, comme moi. Je peux en discuter avec toi ici, mais normalement, ils ne pourront pas te faire de retours directs. Mais tu fais aussi tes événements Wanderböden, tu y donnes des conférences ou des coachings, et peu importe ce que tu fais, tu présentes probablement cette idée, tu en parles, tu l'exposes, et tout ça. Alors, quel genre de retour reçois-tu ? Est-ce que tu te sens compris ? Est-ce que cette philosophie, cette philosophie Wanderböden, comme je l'appelle parfois, elle touche les gens ?

59:49Paul Guschlbauer

Je me réjouirais vraiment d'avoir plus de retours, en principe. Ça me fait plaisir de manière générale. Je peux le dire ici, ça aide toujours. Il y aura toujours des gens à qui quelque chose ne plaira pas, et je peux très bien vivre avec ça. C'est aussi bien de l'entendre pour pouvoir mieux proposer ce que tu viens de dire, ce que j'offre. Mais il faut aussi noter, d'un autre côté,

1:00:17Paul Guschlbauer

le public qui vient à mes événements, et ils sont presque toujours complets,

1:00:24Paul Guschlbauer

Ça se trie aussi comme ça. Il n'est pas forcément question de retrouver les gens qui étaient là au début, mais à la place, il y a des gens qui n'ont jamais été à un événement auparavant parce qu'ils pensaient que ce n'était pas pour eux. Et c'est super important pour moi, parce que les gens qui ont une idée claire de ce qu'ils veulent et qui savent exactement, ok, ils veulent juste ceci et cela... je ne vais pas dire précisément ce qu'ils veulent là tout de suite. Ça me va aussi s'ils ne viennent pas. Beaucoup d'entre eux viennent quand même, mais c'est simplement, c'est exactement le but. C'est pour que les gens puissent découvrir, qu'ils ne se sentent plus... et ceux qui sont en phase avec ça, ils restent, et les autres repartent. Donc si, si plus personne ne venait, ce serait évidemment un peu bête, mais ce n'est pas ce qui arrive ; au contraire, il y a continuellement de nouvelles personnes et de plus en plus de monde, parce qu'on a aussi beaucoup élargi notre offre.

1:01:19Paul Guschlbauer

Eh bien, entre-temps, il y a déjà eu neuf événements que j'ai mis en place, et je suis en même temps totalement ouvert aux retours sur ce qui est vraiment, vraiment souhaité et ce dont on a vraiment besoin, parce que c'est bien sûr ma perception, mais elle est basée sur beaucoup de coaching de ma part, beaucoup d'évolution personnelle, mais aussi sur les retours d'autres personnes qui s'y intéressent vraiment beaucoup. Je ne fais pas tout ça tout seul maintenant.

1:01:50Paul Guschlbauer

Dans quelle mesure Wanderbird a-t-elle...

1:01:51Lucian Haas

de ton point de vue, comment devrais-je dire, ce truc, en tant qu'esprit, en tant que philosophie, en tant qu'idée, devenir en fait un véritable mouvement dans la théorie du parapente ? C'est

1:02:05Paul Guschlbauer

c'est difficile à distinguer de mes propres souhaits. Bien sûr, j'aimerais que beaucoup de gens viennent aux événements et que ça leur plaise. Mais il y a différents mouvements. Enfin, je ne sais pas, il y a aussi un autre mouvement en ce moment qui, sur le plan philosophique, du moins dans la communication, est très opposé, donc qui ne correspond pas. Et ça devient de plus en plus varié. C'est quoi ? Par exemple, No Off Season,

1:02:35Paul Guschlbauer

le truc, je ne sais pas si tu en as déjà entendu parler. Oui, alors

1:02:38Lucian Haas

je la connais principalement comme une marque qui vend des casquettes et d'autres trucs en disant "No Off Season", donc un peu comme...

1:02:47Paul Guschlbauer

Exactement, c'est aussi une déclaration. Alors là, je veux ça, je ne peux pas vraiment l'évaluer, mais toute ma vie, j'ai vécu "No Off Season". Mais dire "No Off Season" par exemple, comme si ça ne devait pas y avoir de pause, je ne trouve pas ça juste. Mais il y a sûrement beaucoup de gens qui veulent simplement s'y tenir très strictement dans leur vie, et là c'est super cool, c'est une autre approche, disons. Pour moi, il n'y a pas de pause, je ne peux pas faire de pauses, on pourrait l'interpréter comme ça. Et puis il y a mon approche : OK, si tu ne veux pas faire de pauses, fais-le, mais réfléchis si une pause ne serait peut-être pas mauvaise, pour regarder un peu plus en profondeur. Et c'est juste un exemple, il y a toujours des approches différentes. Bien sûr, je me réjouis si ça continue de grandir, parce que c'est simplement,

1:03:35Paul Guschlbauer

Oui, alors si je ne croyais pas que l'idée derrière est une vision qui serait importante pour le monde en général, je veux dire, on parle toujours de parapente, mais on porte tout ça dans sa vie aussi,

1:03:49Paul Guschlbauer

alors je ne le ferais évidemment pas. Donc, dans ce sens, j'espère bien sûr que ça grandit et que ça continue, et il y a aussi le podcast et il y a aussi, je ne sais pas, je travaille aussi avec des personnes individuelles qui veulent simplement progresser dans cette direction, qui me contactent pour me dire : « Hé, j'aimerais juste travailler avec toi pour avoir une expérience positive ». C'est possible aussi, ça existe, et oui, je suis totalement ouvert à ça, avec pour contexte que le sport apporte simplement un apport porteur de sens.

1:04:24Lucian Haas

Est-ce que tu t'es déjà penché sur le mouvement Wandervogel, tel qu'il est connu, de la fin du 19e et du début du 20e siècle ? Non, je ne l'ai pas fait, oh là là, là tu me surprends,

1:04:37Paul Guschlbauer

J'espère que je n'ai rien oublié. Non,

1:04:38Lucian Haas

Je ne sais pas. Enfin, le mouvement Wandervogel, c'était un mouvement de jeunesse à la fin de l'époque, ou encore sous l'Empire allemand, à une période d'urbanisation, d'industrialisation et tout ça. Et puis, il y a eu cette idée, soudainement, que les jeunes, non, on veut sortir de ce cadre très étroit, et ils sont vraiment partis randonner dans la nature, ont cherché l'expérience du travail de la nature, le camping, peu importe. Il y a aussi beaucoup de musique de cette époque où ils avaient toujours leur ukulélé avec eux et chantaient partout, et tout ça, c'était un peu contre la tutelle, la pression de la performance, contre les contraintes sociales et aussi cette expérience collective de la liberté et peut-être aussi du flow.

1:05:27Lucian Haas

Donc, on pourrait voir avec Wanderbird la version moderne du mouvement Wandervogel. Les gens font du parapente, sortent des villes, font du Hike and Fly et entrent dans le flow.

1:05:41Paul Guschlbauer

Oui, j'ai peut-être un peu... enfin, c'est super cool la façon dont tu viens de résumer ça. Je ne connais pas les détails, mais j'ai un peu ce sentiment en moi : on porte tous beaucoup de choses du passé avec nous, et le thème du mouvement et ce genre de choses sont un peu, je ne sais pas, étiquetés d'une certaine manière dans l'espace germanophone. C'est pour ça que je veux prendre un peu de distance émotionnellement avec ça maintenant, et ne pas déclencher de mouvement au sens négatif du terme. Mais bien sûr, tout ce que tu as dit, ce pour quoi je suis fait, c'est de se redéfinir simplement à l'extérieur, de vivre un peu la liberté, là-dessus je suis tout à fait d'accord, et je pense qu'on peut aussi orienter sa vie comme ça, même sous...

1:06:27Paul Guschlbauer

l'aspect de la situation factuelle actuelle, je ne sais pas, économique ou politique, peu importe, tout de même, donner cette impulsion, hé, c'est peut-être ce qui a fait ce mouvement à l'époque aussi, il y a d'autres chemins et ça, oui, je veux dire, on parle toujours de parapente, on n'est pas un grand groupe maintenant, mais oui, je connais beaucoup de pratiquants de parapente qui prennent effectivement des décisions pour la société dans de nombreuses positions importantes et oui, donc je suis content quand ils font un tel sport, parce qu'on apprend vite certaines choses et si on ne les apprend pas là-bas, dehors, alors on prend la mauvaise décision au mauvais moment et ça ne se passera pas bien et le feedback est simplement extrêmement court, donc extrêmement rapide, enfin, tu fais ça une fois mal, mais tu peux passer toute ta vie à faire le mauvais travail et continuellement, disons, contre ça,

1:07:24Paul Guschlbauer

donc faire le mauvais travail ou quoi que ce soit, faire continuellement ce qui est faux pour toi en tant qu'être humain, et un jour on te présentera la facture, mais avec le sport qu'on pratique, on reçoit le feedback extrêmement vite, parce que tu agis une fois contre toi-même ou une fois contre la nature, et ça ne marchera pas.

1:07:42Lucian Haas

Alors, tu peux te retrouver avec le dos cassé. Exactement. Ce qui prend peut-être 30 ans avec le mauvais travail avant de réaliser ce qu'il y a, le dos est alors cassé ou on a développé un cancer parce qu'on a été sous stress tout le temps ou quoi que ce soit.

1:07:55Paul Guschlbauer

C'est une chose très personnelle, mais c'était probablement aussi l'un des points les plus déterminants, le fait que mon père soit décédé d'une crise cardiaque à cet âge-là. Donc, il y a aussi l'histoire personnelle qui s'ajoute. Et quand je regarde ça avec le recul, que j'observe et que je me dis, d'accord, comment a-t-il vécu sa vie, alors que je ne le sais pas précisément, mon interprétation est exactement ce que tu viens de résumer. Et oui, ça ne doit tout simplement pas être comme ça. C'est souvent à partir de telles expériences personnelles que naissent les plus grandes énergies pour changer les choses. Et ça me donne certainement beaucoup, beaucoup d'énergie de me dire, d'accord, ça fait huit ans maintenant et en ces huit années, énormément de choses ont changé dans ma vie et de telles choses sont nées.

1:08:45Lucian Haas

Le Hike and Fly comme moyen de guérir émotionnellement aussi ?

1:08:50Paul Guschlbauer

On s'occupe simplement beaucoup, on a aussi le temps, comme tu l'as dit, avec les voyages à petit budget et tout ça, quand on est vraiment en route plus longtemps. Et là, rien n'y est opposé, beaucoup de gens me disent souvent qu'ils veulent absolument faire un truc de bivouac. Je leur dis : oui, tu as juste à prendre ton sac à dos et à sortir par la porte. Tu n'as pas besoin d'attendre le bon moment, tu n'as rien à faire, rien, à part prendre le sac et partir. Le reste se fait complètement tout seul. Mais c'est là que ça bloque, et si on l'a déjà fait une fois seul et qu'on est juste en route, c'est déjà ça le truc, ce qu'on fait, tout simplement. Donc là, il y a déjà ce côté émotionnel, ou comme tu viens de l'appeler, cette confrontation avec soi-même et ce "ok, je me rends ça possible maintenant", c'est déjà le premier pas dans cette direction.

1:09:36Paul Guschlbauer

De ton...

1:09:37Lucian Haas

Avec ta philosophie de Hike-and-Fly, on peut imaginer plein de choses, il s'agit de flow, de rivières, d'énergie, de se mettre au diapason avec la nature et tout ça. Nous, les humains, nous nous opposons à la nature, ou du moins, on voit souvent notre technologie comme le contrepôle de la nature. C'est avec elle que nous nous déconnectons parfois de la nature ou quelque chose comme ça. Eh bien, on utilise aussi des techniques de Hike-and-Fly, mais ne serait-ce pas en fait le summum de l'idée de Wanderbird si l'on disait que l'on se laisse tellement porter par la nature qu'on n'a plus besoin de aucune technologie ? Enfin, on a besoin du parapente, mais tout le reste, le fait de simplement dire que je me laisse porter par le flow de la nature au point de pouvoir tout lire, que je n'ai plus besoin de Burn-Air ou quoi que ce soit.

1:10:32Paul Guschlbauer

Alors, si on se concentre concrètement sur le sport, je pense que c'est, du moins pour moi, la plus belle forme de pratique. C'est-à-dire, si je pouvais aborder le sport en me disant : d'accord, j'ai juste mon sac à dos là, je pars, et comme je l'ai dit dans la définition au début, je sors et si je trouve le bon décollage pour le bon vent et tout, alors je vole, sinon j'étais juste dehors et j'ai vécu une belle expérience. Je n'ai besoin de rien d'autre pour ça. Mais bien sûr, il y a aussi cette notion de progression et je me surprends moi-même à le remarquer tout le temps : maintenant, je vais même déjà à la montagne pour vérifier si le vent est toujours bon au décollage, donc j'en ai pris conscience moi-même, vraiment.

1:11:16Paul Guschlbauer

Il faut aussi prendre ça en compte, mais à quel point veut-on vraiment vivre dans cette boîte ou à quel point veut-on simplement vivre l'expérience ? C'est simplement quelque chose dont on doit finir par prendre conscience soi-même, pour ainsi dire.

1:11:35Paul Guschlbauer

Et globalement l'évolution, donc le thème général du développement, des évolutions et des inventions techniques, oui, c'est ce avec quoi on s'occupe au niveau sociétal. C'est en quelque sorte ce qui nous convient. Alors peut-être que ça changera encore, mais c'est là qu'on trouve actuellement le plus de soutien et la plus grande sécurité, en cherchant autant que possible de structure et autant que possible d'aide technique. Il pourrait aussi être, comme alternative, qu'on s'occupe simplement chaque jour de quel niveau de conscience on a sur son système nerveux, quelle conscience on a de ce qu'on fait chaque jour, de ce dont on a réellement besoin, de comment on va vraiment et comment se passent les relations avec les autres, et ainsi de suite.

1:12:24Paul Guschlbauer

Ce serait aussi une voie. C'est comme ça en ce moment. Et le nouveau chemin qui en résulte, c'est la somme de ce que font les gens. Les uns font ceci, les autres font cela, et c'est ainsi que le futur se dessine. C'est donc tout simplement... ce n'est pas tout à fait prévisible. C'est aussi ce qu'il y a de cool. Si

1:12:47Lucian Haas

si quelqu'un veut trouver des pistes de réflexion, il peut acheter ton livre. Mais si quelqu'un achète ton livre ou envisage de le faire, que dirais-tu qu'il ne devrait pas attendre de cet ouvrage pour ne pas être déçu ?

1:13:07Paul Guschlbauer

Oui, donc ce qu'il ne faut pas attendre, c'est probablement des instructions très claires sur la manière d'atteindre, enfin, des instructions très claires sur la manière d'atteindre, disons, un vol de 100 ou 200 kilomètres. Voilà. En fait, c'est bien dans le livre, mais d'une autre manière. C'est pour ça que, c'est pour ça que tu pourrais peut-être même le dire encore mieux de ton point de vue, en tant qu'analyste extérieur, parce que tu as une perspective un peu plus large que moi. Mais pour moi, c'est évidemment, évidemment, c'est le plus important. C'est pour ça que j'ai écrit le livre comme ça.

1:13:49Paul Guschlbauer

Ce qu'on ne peut pas attendre, c'est oui, des instructions très précises sur la façon de trouver la prochaine, la prochaine thermique. Je ne peux pas donner de garantie pour ça. Personne ne le peut. C'est bien là que réside la beauté de la chose. On peut seulement dire, d'accord, oui, c'est là que la probabilité est la plus élevée. Et ensuite, il faut essayer. Et un livre ne remplacera jamais l'action. Donc le plus important, c'est toujours de le faire, tout simplement. Faire les choses. C'est le plus important. Alors, simplement, le livre peut vous faire passer plus vite au niveau supérieur parce qu'on reçoit des impulsions qu'on n'aurait pas à découvrir soi-même, sinon. Ou que j'aurais dû découvrir moi-même, dans mon cas. Alors on peut s'en servir.

1:14:34Paul Guschlbauer

Mais il faut quand même le faire soi-même, sinon on ne le vivrait pas. Et au bout du compte, c'est aussi une question d'expérience.

1:14:41Lucian Haas

Et qu'est-ce que tu souhaites pour tes lectrices et tes lecteurs ? Qu'est-ce qu'ils retirent principalement de ton livre ?

1:14:50Paul Guschlbauer

de belles expériences. Alors, je souhaite simplement que tout le monde, en faisant du parapente,

1:14:56Paul Guschlbauer

qu'ils ressentent vraiment ce qu'ils souhaitent. Et ceux qui pourraient aussi réaliser à travers le livre, ce qui m'est déjà arrivé, qu'ils n'ont peut-être même pas besoin de voler dans leur vie pour être heureux. Ils devraient peut-être aussi prendre conscience via le livre qu'ils ne le font pas et qu'ils ne doivent pas se forcer sans arrêt et se demander tout le temps : « je dois faire ça ». Enfin, c'est ça qui m'importe, parce que c'est simplement un sport magnifique quand il repose sur le flow. Et dès qu'un petit détail ne va pas, ça peut devenir un énorme point de contraste. Un énorme sujet du genre : « oui, j'aime faire ça, ça a toujours été mon truc et je veux absolument le faire ». Et à chaque fois, c'est en fait juste du stress.

1:15:41Paul Guschlbauer

Et ça ne sort personne de ses gonds, en fait.

1:15:46Lucian Haas

Pour finir, je veux aussi jeter un œil à la fin de ton livre. Et là, tu réouvres en quelque sorte le focus sur le Hike and Fly, le Wanderbird Flow et tout ça. En fait, tu élargis ça pour en faire une vision de la vie entière.

1:16:03Lucian Haas

Et pour clarifier un peu tout ça, je vais lire un tout petit extrait. C'est un peu hors contexte bien sûr, c'est arraché au contexte global, mais peut-être que ça rendra un peu plus clair la direction que prennent tes pensées. Et ensuite, j'ai une dernière question pour toi. La citation est : dans ce flux libre réside une forme naturelle de l'être humain, liée à l'âme du monde, portée par les énergies universelles, authentique dans son expression. Comme des couleurs qui se fondent les unes dans les autres, comme des particules qui fusionnent en motifs plus larges, tu trouves ton chemin dans le grand champ d'énergie de la vie. Tu ressens le courant et tu le suis, tandis que ta boussole intérieure indique la direction.

1:16:45Lucian Haas

Fin de la citation. Il y a encore un peu plus dans ce chapitre, ou plutôt dans cette section, sur ces idées. Ma question pour toi, si tu l'interprètes ainsi, vers où penses-tu que cela va te mener ?

1:16:59Lucian Haas

Le mode de vie Wanderbird — ou philosophie, si je puis dire — où va-t-il te mener ensuite ?

1:17:06Paul Guschlbauer

J'ai l'impression qu'elle me pousse à replacer le tout dans un cadre un peu plus large. Tout simplement. Enfin, pas dans le sens du nombre de personnes, mais dans le sens où d'autres gens pourraient en bénéficier, par exemple ceux qui ne font pas encore de parapente. C'est ce qui motive ma personnalité, simplement élargir un peu ce qu'on appelle peut-être la cible, pour que ce message puisse aussi les atteindre. Parce que c'est très important pour moi, même si je n'ose peut-être pas, parce que je ne suis qu'un pratiquant de parapente, de cette manière. Enfin, qu'est-ce que je peux bien faire ? C'est peut-être ce que je garde du passé.

1:17:52Paul Guschlbauer

Entre-temps, je sais que j'ai beaucoup appris et c'est pour moi la prochaine étape de ce que je souhaite apprendre en ce moment. Je veux préciser un point important : ce que tu viens de lire me plaît beaucoup personnellement, mais cela suppose d'avoir lu le livre du début à la fin pour pouvoir vraiment en tirer quelque chose, pour le voir correctement, si on veut. C'est important pour moi, car le livre ne parle pas uniquement de spiritualité tout le temps, il parle aussi concrètement de parapente, non ? Oui.

1:18:28Lucian Haas

Alors, j'ai aussi précisé que tu élargis encore une fois le focus au-delà du Hike and Fly vers quelque chose de plus, mais pour moi, la question était : qu'est-ce qui vient ensuite pour toi ? Est-ce que ça va finir par faire partie de ta vie ? Est-ce que tu vas, je ne sais pas, t'émanciper — enfin, c'est peut-être le mauvais mot, pas t'émanciper, mais est-ce que tu vas finir par laisser le Hike and Fly encore plus derrière toi parce que tu dis que c'est encore plus que ça ? Ou est-ce que ce que tu viens de mentionner, c'est de renforcer et d'ouvrir encore plus, d'amener encore plus de gens vers le Hike and Fly, pour dire : comment je fais pour que les non-pilotes aillent voler et qu'ils apprennent quelque chose de nouveau pour eux, pour leur vie, à travers ça ?

1:19:09Paul Guschlbauer

Oui, je pense qu'on peut, enfin, il faut le voir un peu de manière structurée. Si on pense par exemple aux événements que j'organise, ils ont le potentiel, à un moment donné, d'atteindre plus de gens, juste en termes de narration, d'atteindre plus de monde. On pourrait aussi le présenter comme la Red Bull League elle-même à un moment donné et dire : d'accord, on fait un livestream, on fait ceci et cela, et les gens peuvent simplement regarder. Alors on atteindrait bien sûr plus de monde, ce serait évidemment un objectif à long terme : faire découvrir le sport à plus de gens. Je l'ai déjà dit au début, mais pour l'instant, c'est déjà cool que le sport se développe de l'intérieur, et je pense que c'est ce qui commence, simplement, pour les gens qui le veulent, dans cette direction, vers la conscience, et je porte ça avec moi et je suis conscient de ce que je fais réellement là.

1:19:59Paul Guschlbauer

parce que c'est comme ça que le message est mieux transmis. Et c'est sûr que ça se passe là où tout arrive en ce moment, que ce soit en coaching individuel, en mentorat ou lors des événements où il y a 100 personnes sur place. Ça se transmet tout simplement et c'est ce que les gens retiennent vraiment, au moins au niveau de l'état d'esprit, j'espère. Ceux qui ne le veulent pas, ils retiendront autre chose, c'est totalement ouvert, mais c'est aussi vraiment super important. Mais bien sûr, ce serait génial si cette idée d'une vie plus consciente finissait par être plus largement adoptée. Et pour l'instant, quand on regarde ça, les jeunes générations s'y intéressent déjà beaucoup plus que moi, c'est même devenu naturel, c'est logique. Mes enfants grandissent avec moi et Veronika, elle est...

1:20:57Paul Guschlbauer

psychologue du sport et psychothérapeute, elle a d'ailleurs écrit quelques pages dans le livre et ils vont évidemment en retirer quelque chose de totalement différent, dès le départ ou peu importe, c'est comme ça que le monde évolue et ce serait vraiment super, parce qu'dans un état de conscience plus accrue, on ne peut plus faire certaines choses qui se passent actuellement dans le monde, à mon avis, je crois.

1:21:26Lucian Haas

Je vais laisser ça tel quel. Paul, je te remercie pour ton travail, pour ton récit autour de Wonderbird, ton livre et toute la philosophie, l'esprit qui se cache derrière. Je suis curieux de voir comment ce livre et ces idées vont continuer à résonner dans la scène du parapente. Pour ma part, je peux beaucoup tirer de cette approche, de regarder en ce moment ce qui est juste, enfin, c'est comme je pense que le pilotage devrait toujours être, sinon ça devient malsain. Oui, merci.

1:22:03Paul Guschlbauer

Merci de m'avoir fait parler. Avec grand plaisir, merci beaucoup pour l'invitation et pour m'avoir permis d'aborder cela avec toi sur ce plan spirituel, et oui, tu as très bien mis les choses en perspective. Merci beaucoup.

1:22:26Lucian Haas

C'était l'épisode 172 de Putzglitz avec Paul Guschlbauer. Le livre Wonderbird Strategy est paru chez Viento Publishing. Vous trouverez le lien dans les notes de l'émission. Si vous voulez écouter encore plus d'histoires inspirantes issues de l'univers du parapente, vous ne devriez pas seulement vous abonner à Putzglitz sur votre podcatcher préféré. Je vous invite également à devenir un soutien de mon travail. Sur mon Gleitschirm-Blog www.Lu-Glidz.blogspot.com, vous trouverez sous la rubrique Fördern toutes les infos et liens nécessaires pour continuer à soutenir ce projet avec une contribution financière, grande ou petite, selon votre choix.

1:23:12Lucian Haas

Je remercie tous les contributeurs. À bientôt. Votre Lucian.

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