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179. Die Flugmaus - Sophie Peupelmann

// Sophie Peupelmann, Lucian Haas · 2026-01-29 · 01:14:44 · original episode · pdf

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[show notes]
Sophie Peupelmann célèbre sur son canal Instagram Miss.So.Fly le plaisir de voler et la joie d'échouer +++ Sur Instagram, on trouve aujourd'hui toute une série de pilotes qui se font remarquer avec des Reels et des Stories réguliers. Les uns se disent influenceurs, les autres créateurs de contenu. Beaucoup ont une conscience de leur émission et veulent apporter quelque chose à la scène du parapente. Des tutoriels de manœuvres, des expériences "Don’t do this at Home", des analyses d'erreurs, des "Scary Moments" ou encore "Ten Places to Fly before you Die". Ok, c'est un peu unilatéral et avec un clin d'œil. Mais en réalité, il n'y a pas beaucoup de chaînes qui transmettent principalement le plaisir de voler, sans prétention de performance, sans attitude de "regardez ce que je sais faire" ou de "comment être parfait". C'est peut-être précisément pour cette raison que Sophie Peupelmann a étonnamment beaucoup d'abonnés avec son canal Insta Miss.So.Fly, bien qu'elle ne produise qu'en allemand. Sophie montre comment on peut simplement prendre du plaisir à voler et aussi trouver de la joie dans l'échec. Dans cet épisode de Podz-Glidz, je lui parle notamment de son approche de l'aviation, de la vie en van, du bonus des petits objectifs secondaires et de ce que c'est que de boire un coup juste à côté d'un camp de drogue dans la pampa colombienne. +++ Si vous souhaitez promouvoir Podz-Glidz et le blog Lu-Glidz, vous trouverez toutes les informations correspondantes sous : https://lu-glidz.blogspot.com/p/fordern.html +++ Musique de cet épisode : Piste : Clame to Fame | Artiste : The Grey Room Bibliothèque audio YouTube https://www.youtube.com/watch?v=_hlF88dZixs +++ Liens Lu-Glidz : + Blog : https://lu-glidz.blogspot.com + Facebook : https://www.facebook.com/luglidz + Instagram : https://www.instagram.com/luglidz/ + Canal Whatsapp : https://whatsapp.com/channel/0029VaBVs05CHDynzdlJlU34 + Youtube : https://youtube.com/@Lu-Glidz + Soundcloud : https://soundcloud.com/lu-glidz + Spotify : https://open.spotify.com/show/6ZNvk83xxGHHtfgFjiAHyJ + Apple-Podcast : https://itunes.apple.com/de/podcast/podz-glidz-der-lu-glidz-podcast/id1447518310?mt=2 + Linktree : https://linktr.ee/luglidz +++ LIENS vers Sophie Peupelmann : + Instagram : https://www.instagram.com/miss.so.fly/

[transcript]

0:02Sophie Peupelmann

Je pense avoir déjà motivé quelques personnes à faire du parapente. Si tu me demandes, en tant qu'ambassadrice marketing pour le parapente, je reçois parfois des messages de femmes qui disent, genre, oui, elles avaient envisagé de commencer mais n'avaient pas osé, et puis elles ont vu les vidéos et ont vraiment pris du plaisir ou eu envie de passer leur brevet. Parfois aussi de la part d'hommes qui ont déjà passé leur brevet et qui disent, oui, maintenant, des années plus tard, j'ai eu envie de voler à nouveau grâce à tes vidéos, c'est déjà quelque chose de cool.

0:51Lucian Haas

Podz-Glidz, le podcast Lu-Glidz.

0:56Sophie Peupelmann

Des histoires du cosmos du parapente.

1:01Lucian Haas

Aujourd'hui avec Sophie Päupelmann. Et je suis Lucian Haas.

1:10Lucian Haas

Sur Instagram, on trouve aujourd'hui toute une série de pilotes qui se font remarquer avec des Reels et des Stories réguliers. Les uns se disent influenceurs, les autres créateurs de contenu. Beaucoup ont une conscience de leur diffusion et veulent apporter quelque chose à la scène du parapente. Des tutoriels de manœuvres, des expériences du type « ne faites pas ça chez vous », des analyses d'erreurs, des moments effrayants ou des « 10 endroits à visiter avant de mourir ». OK, là, je parle avec un peu d'ironie et de manière un peu unilatérale. Mais en réalité, il n'y a pas énormément de chaînes qui transmettent principalement le plaisir de voler. Sans prétention de performance, sans le côté « regarde ce que je sais faire » ou l'attitude « comment être parfait ».

1:55Lucian Haas

C'est peut-être justement pour ça que Sophie Päupelmann a étonnamment beaucoup d'abonnés avec son compte Insta MissSoFly, alors qu'elle ne produit qu'en allemand. Sophie montre comment on peut simplement prendre du plaisir à voler et même trouver de la joie dans l'échec. Dans cet épisode de Podz-Glidz, je discute avec elle, entre autres, de son approche du vol, de la vie en van, du bonus des petits objectifs secondaires et de ce que ça fait d'être en pleine pampa colombienne, juste à côté d'un parapente. Sophie montre comment on peut simplement prendre du plaisir à voler et même trouver de la joie dans l'échec.

2:30Lucian Haas

D'ailleurs, je ne peux vous proposer ce genre de discussions particulières dans Podz-Glidz que parce qu'il y a des mécènes qui soutiennent financièrement mon travail sur le podcast et le blog. Est-ce que vous voulez participer ? Vous trouverez toutes les infos nécessaires à ce sujet sur le Gleitschirm-Blog Lu-Glidz, précisément sur la page Fördern.

2:50Lucian Haas

Sophie, donne-moi la définition d'une Flugmaus.

2:56Sophie Peupelmann

Oh, ce mot est apparu parce que je me prends parfois un peu pour Sophie. Et il y a les "Rennmäuse" et les "Laufmäuse", et d'une certaine manière, je ne me suis jamais reconnue dans le parapente. Et puis, en discutant avec des amis, j'ai fini par me dire : "Hey, je suis donc une Flugmaus maintenant", et je me suis appelée comme ça. Une Flugmaus, je crois, c'est une pilote de parapente très passionnée.

3:23Lucian Haas

Est-ce que ce terme n'est pas aussi un peu sexiste ?

3:28Lucian Haas

« Souris » sonne toujours comme quelque chose de mignon, ou autre chose. Est-ce ton cas ? Une « souris volante » dans cette définition ?

3:35Sophie Peupelmann

C'est une bonne question. J'espère que les gens comprennent bien dans mes vidéos que je suis fan d'ironie et de sarcasme. Et que ce que je poste et commente n'est pas toujours très sérieux.

3:52Lucian Haas

Est-ce que tu as déjà reçu des commentaires sur le fait que tu te définis comme une Flugmaus ? Parce qu'il y a pas mal de vidéos que tu as filmées, pour ceux qui ne les connaissent pas encore. « Je suis Sophie, une Flugmaus, et maintenant je fais ceci, cela et ceci. » Est-ce qu'il y a déjà eu des retours là-dessus ?

4:09Sophie Peupelmann

Pas du tout. J'ai vraiment une communauté de followers très sympa qui comprend mon humour et qui, je pense, est sur la même longueur d'onde que moi.

4:18Lucian Haas

Qu'est-ce que tu essaies de transmettre avec tes vidéos Insta ?

4:23Sophie Peupelmann

C'est aussi une bonne question. Je pense que là, dans cette discussion, je n'y réfléchis pas assez. J'aime juste produire. J'aime créer du contenu et partager un peu le plaisir de voler. J'aime surtout motiver les femmes à voler, à être un peu plus courageuses. Et j'aimerais un peu enlever ce sérieux du sport de deltaplane. C'est quelque chose que je remarque beaucoup chez les hommes, en montagne ou aussi en ligne, que c'est toujours du vol très axé sur des objectifs. C'est quelque chose que je remarque beaucoup chez les hommes. Et comme ils sont toujours très ou très orientés compétition, il faut toujours que tout soit meilleur.

5:13Sophie Peupelmann

Qui a fait le vol le plus dingue ? Qui décolle le mieux ? Qui a la meilleure aile, qui a fait le vol le plus long ? Oui, et c'est juste pour casser un peu ça et peut-être aussi rappeler aux gens : « Hé, on a tous commencé ce sport parce qu'on s'amuse, pas parce qu'on voulait prouver quoi que ce soit à quelqu'un. » Je serais ravie si mes vidéos transmettaient un peu ça. Ce que nous faisons, je ne sais pas, mais je reçois au moins parfois des retours très positifs.

5:40Lucian Haas

Mais est-ce que tu dirais que la scène du parapente est en fait trop sérieuse ?

5:46Sophie Peupelmann

Ça dépend totalement du site de vol. Enfin, il y a quelques sites que je trouve trop sérieux et trop...

5:53Lucian Haas

Par exemple ? C'est quoi une montagne sérieuse selon ton expérience ?

5:59Sophie Peupelmann

Alors en fait, même si je bouge dans la région de Munich, si c'était ma montagne de prédilection, j'éviterais le Neck autant que possible, si c'est possible. Je sais

6:07Lucian Haas

pas que tu y sois déjà allé voler. Pour être honnête, je n'y ai jamais volé. Je suis monté une fois, je voulais voler, mais ça n'a pas marché ce jour-là. Mais j'ai toujours entendu dire que beaucoup de Munichois s'y rendent. Mais je veux dire, les Munichois peuvent aussi être drôles. Pourquoi Braunegg est-il un sommet si sérieux maintenant ?

6:27Sophie Peupelmann

Les Munichois peuvent aussi être drôles. Mais il y a aussi beaucoup de vieux messieurs blancs qui prennent le sport aérien très au sérieux. Et qui sont ensuite assis au décollage et qui font un peu leur intéressant.

6:42Lucian Haas

C'est la couleur de la peau ou celle des cheveux ?

6:45Sophie Peupelmann

Alors, un peu les deux.

6:48Sophie Peupelmann

Un Münich typique, disons. Et ils sont assis là-haut au décollage et Braunegg, c'est... Parfois, ça peut être une montagne très exigeante avec des conditions passionnantes. Et surtout pour le départ nord, j'ai pu observer comment ça peut te déséquilibrer un peu au départ, puis un faux départ et tu finis par rouler à moitié dans les arbres. Enfin, ça avait l'air dramatique. Et là, ils sont assis là-haut, trois vieux messieurs tout blancs, qui se contentent de... Bah, si tu ne peux pas décoller, tu n'as pas besoin de te montrer. Et là, je me suis dit juste : "Hé, descends d'abord. Demande si la personne a besoin d'aide." Et ensuite, on peut discuter de savoir si c'était une décision intelligente de vouloir décoller maintenant ou non.

7:35Sophie Peupelmann

Selon le niveau de compétence. Mais ce... Je n'ai pas aimé l'ambiance du tout. Et je l'ai déjà observé plusieurs fois. C'est pour ça que c'est une dynamique humaine que je n'aime pas trop. Mais il y a aussi plein d'autres montagnes où la communauté est vraiment géniale, où on s'entraide, où on prend juste du plaisir à faire ça sans trop se prendre au sérieux, sans être coincé dans sa tête ou en compétition les uns contre les autres. C'est là que je préfère rester.

8:06Lucian Haas

Quel serait ton sommet préféré dans ce contexte ?

8:10Sophie Peupelmann

C'est une bonne question.

8:15Sophie Peupelmann

Je ne peux pas vraiment te répondre sur ce point. Je vole énormément à Kössen, tout simplement parce que c'est le plus avantageux financièrement pour moi. Il y a une carte de saison pas chère et ce n'est pas trop loin d'ici. Et c'est en Autriche, où on peut aussi s'entraîner plus facilement sur les manœuvres, d'un point de vue réglementaire. Mais il y a aussi beaucoup de tourisme et des gens qui n'ont pas encore tout à fait saisi, enfin, l'ambiance sur place. Mais il y a aussi une communauté incroyable là-bas. Et j'adore vraiment voler avec les gens. L'ambiance est toujours bonne. C'est drôle. On se soutient et on se motive. Je pense que c'est aussi très important.

9:00Lucian Haas

Mais est-ce que ce n'est pas peut-être aussi dû au fait que tu as des amis avec qui tu vas y voler ? Et ils ont une bonne ambiance. Ils se retrouvent tous à Kössen. Là, tu as ta communauté et tu te dis que c'est sympa. Et juste à côté, il y a peut-être exactement les trois messieurs plus âgés. Tu ne les remarques juste pas parce que, dans ce cas, tu as quasiment une bulle de gens sympas autour de toi, ce qui te permet de simplement ignorer les commentaires des autres qui pourraient arriver de la même manière si quelqu'un fait un mauvais décollage. En tout cas, j'ai déjà vu à Kössen des gens assez "spectacle de marionnettes" qui sont assis quelque part en haut, genre sur un perchoir, et qui se moquent des gens.

9:36Sophie Peupelmann

C'est vrai. Quelqu'un m'a déjà expliqué comment je devais lancer ou déployer mon aile. On en trouve sûrement partout. C'est probablement aussi parce qu'à Kössen, on a juste une communauté plus grande en face, ce qui nous permet de contrebalancer un peu, ou alors il y a plus de jeunes au décollage et pas seulement ces vieux, oui, je crois qu'en Bavière on dit Krandler.

10:05Lucian Haas

Est-ce que les vidéos que tu tournes à Kössen, celles que tu fais, sont elles aussi principalement centrées sur le plaisir ?

10:10Sophie Peupelmann

Ils sont pour la plupart sans concept. La plupart naissent simplement sur le moment. Il y a quelques trucs que je filme vraiment avec une intention derrière, mais ça ne représente peut-être que 20 % de mon contenu. Et j'adore faire du parapente. Donc oui, ils sont principalement centrés sur le plaisir, je dirais.

10:32Lucian Haas

Tu as dit que la plupart n'ont pas de concept. Mais quand je regarde tes petites vidéos, je ne les trouve pas du tout sans concept. Elles ont au moins un style narratif cohérent, cette façon que tu as, qui permet aussi de percevoir un peu la réflexion dans la trame de l'histoire. D'où ça vient ?

10:53Sophie Peupelmann

Merci d'abord. Ça fait quelques mois que j'essaie un peu de changer de direction, de m'éloigner de ces simples belles images ou vidéos amusantes pour apporter un peu de contexte et raconter ce qu'il y a derrière. En fait, j'ai été, à une époque, une sorte de "souris de télévision" pour réutiliser ce terme. C'est vraiment affreux avec la souris.

11:20Lucian Haas

Maintenant, ce terme est détourné dans tes vidéos. Je suis désolée. Non, s'il te plaît, continue de l'utiliser.

11:25Sophie Peupelmann

Pas du tout. Je trouvais ça juste un peu drôle, ironique à l'époque, et je me disais que c'était comme ça. Surtout quand on le remet en contexte. Ma première vidéo que j'ai postée avec ça, c'était un truc du genre : « Salut, je suis Sophie. Je ne suis ni une souris de course, ni une souris de vitesse. Je suis surtout en train de voler, donc une souris volante. » Et c'est comme ça que c'est né. Oui, mais pour en revenir au sujet. En fait, je travaille depuis très longtemps dans les médias et la télévision, et jusqu'au Covid, j'ai travaillé comme journaliste télé et productrice. Ça veut dire que j'ai une formation professionnelle en storytelling et que depuis le Covid, je suis plutôt sur un job de gestion de projet analytique, aussi dans le secteur des médias.

12:14Sophie Peupelmann

Mais là, ce n'est pas créatif. On peut trouver des solutions créatives, mais tout ce que je faisais avant, comme produire des reportages télévisés et raconter des histoires, ça me manque un peu et je l'ai transposé dans ma vie privée et mes loisirs. C'est pour ça que c'est un compliment vraiment génial que tu me fais là, de dire que mes Reels ont aussi un peu de contexte et qu'on peut y voir une sorte de fil conducteur.

12:44Lucian Haas

Oui, elles ont une certaine touche professionnelle, sans pour autant que je dirais que c'est filmé avec une caméra super pro ou quelque chose du genre. Enfin, il y a cette part de professionnalisme, mais on sent que quelqu'un s'est penché dessus entre-temps ou sait comment placer certains montages, ou surtout comment aborder certaines choses. Ce ne sont pas de longs films, donc qu'est-ce qu'on peut raconter en deux minutes ou une minute ? Mais de façon à ce que ce ne soit pas juste... juste un truc bête balancé devant la caméra, mais que ça colle avec les images correspondantes.

13:16Sophie Peupelmann

Oui, merci beaucoup. C'est toujours un équilibre entre le fait que ce n'est qu'un hobby et moi, enfin, les vidéos sont faites sur le côté, l'histoire peut être un peu après coup, quand je ne suis pas en train de voler, et là je m'assois et je me dis : d'accord, je vais vous raconter quelque chose à ce sujet. Exactement, mais je n'ai pas non plus des exigences de qualité très élevées envers moi-même, c'est pour ça que c'est rare que je... Je ne tourne même pas vraiment avec une vraie caméra professionnelle pour ma vie privée. Mais c'est un très bon équilibre que j'ai, je pense, trouvé pour moi.

13:48Lucian Haas

Ta chaîne s'appelle Miss So Fly ou je ne sais pas comment tu le prononces exactement, mais pourquoi ce titre ?

13:56Sophie Peupelmann

C'est aussi une bonne question. Alors

13:58Lucian Haas

C'est aussi une bonne question. Alors je ne me fais pas toujours autant de souci à l'avance pour toutes ces choses. Bref, le fait que ce soit un échec... Tu vois bien, je

14:00Sophie Peupelmann

je ne me prends pas toujours autant de soucis à l'avance. Bizarrement,

14:05Lucian Haas

Tu as dû y penser. Tu l'as bien choisi pour ton compte Insta.

14:09Sophie Peupelmann

Exactement, j'ai longtemps été Miss Sophie avec un Y sur le "i", on connaît tous ça, je crois, Dinner for One, Miss Sophie. Et je ne sais pas comment on choisit ses noms sur Instagram. Ça arrive, on prend quelque chose de libre et à un moment, j'ai réalisé qu'au lieu de Sophie, on pouvait aussi mettre So Fly, parce que ça sonne assez pareil. C'est un peu le nom dedans. "Fly" convient. So Fly, je crois, c'est aussi un peu... C'est une expression anglaise pour dire, oui, c'est frais, cool et décontracté. Exactement, et ensuite je l'ai un peu modifié et depuis, c'est comme ça que je m'appelle.

14:48Lucian Haas

Le "Miss" au début, tu le prends comme "la femme" ou est-ce que "Miss So Fly" est... Ça pourrait aussi être "je regrette tellement de ne plus voler". Donc, c'est un peu une pensée qui va du cœur à l'esprit.

15:00Sophie Peupelmann

Je trouve ça bien qu'on puisse l'interpréter comme ça. Je n'y avais pas encore pensé. Oui, pourquoi pas ? C'est un nom très ambigu, en tout cas.

15:12Lucian Haas

À quelle fréquence est-ce que tu regrettes de ne plus voler ?

15:14Sophie Peupelmann

Oh, surtout en ce moment, ou alors en général.

15:20Sophie Peupelmann

J'ai une petite blessure à la jambe en ce moment et je trouve qu'on se rend compte à quel point on est dépendant d'un équilibre mental. Enfin, je n'ai pas pu beaucoup marcher ou sortir ces dernières semaines en général. Mais surtout le fait de voler et d'être dans les airs. Et ça me manque vraiment plus que je ne le pensais. Oui, souvent, surtout en ce moment.

15:48Lucian Haas

Un accident d'avion ? Et

15:48Sophie Peupelmann

et des murs. C'était ça ? Non, non, rien. Je ne veux pas non plus que des rumeurs circulent. Mes collègues de travail, je suis revenue de mes vacances annuelles et j'avais... Enfin, c'est juste une déchirure musculaire, rien de dramatique. Mais ça prend un peu de temps pour que ça guérisse. Et mes collègues m'ont tout de suite vue avec cette belle chaussure orthopédique. Et là... Tout le monde, enfin chacun a demandé : « Hé, c'est arrivé en faisant du parapente ? » Et là, je n'ai pas du tout étouffé les rumeurs.

16:19Sophie Peupelmann

En fait, c'est un peu un sujet au boulot avec le vol, parce que je dois dire que tout le monde n'est pas très compréhensif.

16:26Lucian Haas

Ils ne comprennent pas que tu ailles voler du tout parce qu'ils disent que c'est trop risqué ? Ou ils ne comprennent pas que tu y consacres autant de temps ? Ou qu'est-ce qu'ils ne comprennent pas exactement ?

16:36Sophie Peupelmann

C'est évidemment une réalité de vie complètement différente. Beaucoup de gens ne comprennent pas ça. J'ai beaucoup de collègues pour qui le plus excitant qu'ils fassent le week-end, c'est d'aller au parc avec leurs enfants. Et c'est super aussi, ça a tout à fait sa place. Mais ce n'est pas comme ça que je passe mon week-end. Et j'ai d'ailleurs déjà eu des discussions difficiles avec un collègue, parce que je me suis vraiment déchiré les ligaments croisés en volant il y a deux ans et j'ai eu un peu... Enfin, oui... On a genre quatre à six semaines de rééducation et une petite période d'absence, on est opéré. Et le collègue m'a vraiment dit très, très clairement que pour lui, le fait que je fasse du parapente, ça ne passe pas.

17:26Sophie Peupelmann

Que ce soit pour lui un sport où l'on s'absente de manière calculée. Et s'il l'avait su, ou s'il avait eu le choix au sein de l'entreprise de savoir si je travaillais ou non. Alors il ne m'aurait pas embauchée et a même dit que j'aurais dû le communiquer avant. Et j'ai trouvé ça déjà dur. Parce que je trouve que... enfin, je crois que le parapente n'est toujours pas considéré comme un sport à risque si on demande à l'assurance. Et je ne vis pas pour travailler, mais je travaille pour vivre ma vie. Mon exemple... Le collègue a aussi un enfant. Que l'on ne devrait pas non plus embaucher des gens parce qu'ils ont des enfants.

18:12Sophie Peupelmann

Il ne trouvait plus ça très drôle. Alors que je me dis que c'est en principe la même chose. Tu prends aussi des risques calculés. Ton enfant tombe malade. Et je dois dire que je me suis sentie un peu discriminée en tant que pilote de parapente.

18:26Sophie Peupelmann

Mais la plupart de mes collègues trouvent ça cool et ils adorent ça. Et j'ai aussi déjà demandé si je pouvais les emmener avec moi pour un vol en tandem.

18:34Lucian Haas

Est-ce qu'ils regardent aussi tes petites vidéos ? Enfin, est-ce qu'ils te suivent sur Instagram et regardent Missaufly ? Où était-elle encore ? Quelles aventures aériennes a-t-elle vécues le week-end dernier ?

18:45Sophie Peupelmann

À la fois, à la fois. J'ai fait une réunion assez importante où j'ai expliqué ce qu'est Infinity Tumbling. Je pense que ça a un peu sorti les gens de leur réalité quotidienne et ça a, je ne sais pas, un peu cassé la glace pendant la réunion. C'était cool, mais la plupart ne me suivent pas. Mais j'ai vraiment dû faire attention à ce que je partageais ou non.

19:13Lucian Haas

À présent, tu as atteint un certain niveau de notoriété avec ta chaîne. J'ai regardé juste avant, il y a presque 30 000 abonnés qui s'affichent là. Tu as une petite idée, est-ce que ce sont 20 000 pratiquants de parapente et 10 000 non ? Ou alors, comment est-ce réparti ? Et dans quelle mesure est-ce que tu fais, en quelque sorte, un peu de marketing pour le parapente ? Est-ce que tu es avantageux pour la scène de ce point de vue ?

19:40Sophie Peupelmann

C'est drôle que tu dis ça. Je trouve que ces presque 30 000, ce n'est pas réel dans ma tête. C'est un chiffre très abstrait. Je suis déjà allée dans un stade où, je ne sais pas, il y avait 10 000 personnes. Et là on se dit, hein, c'est dingue, il y a trois fois plus de gens qui me suivent. C'est un chiffre super absurde. Et je ne me sens pas comme un, comment on dit le mot ? Une influenceuse ou quelque chose comme ça. Enfin, si, je me décrirais plutôt comme créatrice de contenu. Mais oui, il y a déjà énormément de pilotes, d'hommes et de femmes, qui me suivent. Je le vois tout le temps à travers les interactions ou quand des gens m'écrivent des messages.

20:27Sophie Peupelmann

Et parfois, quand quelqu'un me suit, je jette un coup d'œil rapide à son profil. Et il y a parfois des gens vraiment cools qui me suivent. Genre des parachutistes de dingue qui font des cascades ou des gens qui sautent des ponts. Et je me dis toujours : « Waouh, vous êtes trop cools. » Et puis vous me suivez et vous trouvez ce que je fais passionnant, je trouve ça toujours super sympa. Et je pense avoir déjà motivé quelques personnes à faire du parapente. Parce que tu m'as demandé pour l'ambassadrice du parapente. Parfois, je reçois des messages de femmes qui me disent, genre, oui, elles avaient pensé à commencer. À commencer. Et puis elles n'ont pas osé.

21:12Sophie Peupelmann

Et elles ont vu les vidéos et ont vraiment pris du plaisir ou eu envie de passer leur propre brevet. Parfois aussi de la part d'hommes qui ont déjà passé leur brevet et qui disent : « Ouais, maintenant, des années plus tard, j'ai de nouveau envie de voler grâce à tes vidéos. » C'est déjà quelque chose de cool. Et c'est évidemment une très bonne portée, probablement, dans cette scène. Et surtout un groupe cible très puissant, si on veut parler en termes de marketing, pour l'exprimer.

21:43Lucian Haas

Alors, tu as ces 30 000, si on s'imagine ça dans un stade, tu te dis que c'est un nombre impressionnant de personnes qui te suivent peut-être. Oui. Est-ce que cette idée ou juste ce chiffre, que tu vois augmenter, a changé ta façon d'aborder ta propre pratique du vol d'une manière ou d'une autre ?

22:06Sophie Peupelmann

Pas vraiment. Pas vraiment, parce que pour moi, en ligne, c'est un peu un autre monde. Après tout, c'est surtout moi qui suis sous l'aile aile et qui fais des vidéos. Et pour moi, ça reste comme ça. Même si l'année dernière, il m'est arrivé de temps en temps que des gens m'abordent activement, en disant qu'ils me connaissent d'Insta et de mon compte. Ça m'a un peu influencé, parce que... comment dire, j'ai fait un peu plus attention à bien commencer, parce qu'on a l'impression qu'il faut d'une certaine manière répondre à une attente.

22:53Sophie Peupelmann

Après, c'est aussi un peu absurde parce que la plupart de ce que je poste, ce sont des ratés ou juste ce côté humain du vol, le fait que tout ne soit pas parfait. Du coup, je n'ai pas vraiment d'image à respecter. Mais d'une certaine manière, on est... Et on trouve ça quand même bizarre.

23:11Lucian Haas

Alors, tu ne devrais pas devenir trop parfait non plus, sinon tu n'auras plus de rushs.

23:16Sophie Peupelmann

C'est vrai, c'est vrai. En fait, depuis que je me suis fait éclater les ligaments croisés, je n'ai plus eu de gros ratés. Et je me suis dit, purée, je ne sais pas si je suis devenue plus prudente, mais pour avoir du bon contenu, c'est clairement un problème. Genre, je glisse au décollage et je roule. Ça ne m'est pas arrivé très souvent ces derniers temps, et ce sont des super vidéos, donc ça rend bien visuellement.

23:46Lucian Haas

Est-ce que tu gagnes déjà de l'argent avec Insta ?

23:49Sophie Peupelmann

Non, je ne le fais pas. Enfin, je ne m'en occupe pas assez bien, je dirais. J'ai entendu dire que des gens avec des petits comptes gagnent bien leur vie. Donc oui, comme je l'ai dit, je ne m'en occupe pas. Mais c'est aussi une niche intéressante. Pour le parapente, je pense qu'il n'y a pas énormément d'argent à faire. Je pense qu'il n'y a pas beaucoup d'argent dans toute l'industrie. Il faudrait probablement regarder un peu à gauche et à droite avec des fabricants d'équipement outdoor en général et leur vendre un peu d'airtime. Oui, mais non, malheureusement pas. J'ai eu un ou deux contrats de produits par le passé. Ça m'a fait très plaisir, mais pour gagner vraiment de l'argent. Et j'ai eu une petite réduction sur deux trucs en or.

24:35Sophie Peupelmann

C'était la meilleure chose que j'aie accomplie jusqu'à présent. Oui.

24:40Lucian Haas

C'est pour ça que tu vas apparaître en tant que mannequin photo dans une campagne publicitaire de Wodi Valley avec un

24:47Sophie Peupelmann

ou deux

24:47Lucian Haas

différents sellettes. Comment ça s'est passé ? Est-ce que ça a un rapport avec ta chaîne ou c'était plutôt par hasard ? Tu étais au décollage et un photographe a dit : « Dis, j'ai besoin de photos de, ça te dirait de mettre ça ? »

25:00Sophie Peupelmann

Non, malheureusement pas vraiment. C'est toujours mon plus grand rêve que quelqu'un vienne m'aborder simplement dans la rue ou au décollage et me dise : « Hé, tu as l'air cool. Ça te dirait ? » Non, mais je suis en contact avec Wodi Valley depuis quelques années et, comme je l'ai dit, ils m'ont accordé une petite réduction sur deux Goldzeuge. En échange, je leur ai fait quelques Reels Instagram. C'était un bon deal pour nous deux, mais je leur avais déjà toujours dit : « Hé, vous faites aussi des shootings professionnels. Si jamais vous avez besoin de quelqu'un, n'hésitez pas à me demander. » Et ça a fini par marcher après plusieurs rappels. Et c'était une super idée. C'était une expérience vraiment passionnante de se tenir devant une caméra professionnelle comme celle de Detlef et de faire un shooting pro, surtout en tant que mannequin.

25:50Sophie Peupelmann

Je connais ça de mes années en production télé, quand j'étais de l'autre côté, mais être devant la caméra, c'était une tout autre histoire. Est-ce que les photos t'ont plu ?

26:02Lucian Haas

Oui et non. Ce sont les photos d'extérieur classiques et épurées. Un temps superbe, de superbes salles de bain, un panorama magnifique, des cheveux bien coiffés et tout le reste brille. Mais pour être honnête, j'aime mieux les vraies photos Insta que tu postes, c'est beaucoup plus toi. C'est l'impression que j'en ai eue.

26:28Sophie Peupelmann

Ah, c'est vrai, oui. Mais c'est un autre support. Enfin, comme je l'ai dit, je n'ai pas d'exigence de qualité pour mon contenu Instagram, on peut juste être soi-même de manière authentique. Et dans ce cas précis, c'était vraiment une campagne publicitaire qui passera aussi, je crois, dans le magazine du DHV s'ils y font de la pub, et ils évaluent les produits en ligne. C'est donc un peu différent par rapport au caractère, mais moi, oui, je m'y prête. Évidemment, il s'agit du produit et pas de moi, donc ça colle. Ils ne m'ont pas prise parce que j'ai presque 30 000 abonnés sur Instagram, mais simplement parce qu'ils avaient besoin de mannequins.

27:12Lucian Haas

Sur les réseaux sociaux, sur Insta aussi, là où tu as ta chaîne, il y a aussi ce problème de haters qui laissent des commentaires débiles et tout ça. À quelle fréquence est-ce que tu vis ça ?

27:24Sophie Peupelmann

J'ai une communauté super adorable sur Instagram. Je ne le vis pas très souvent. C'est marrant, quand je vois arriver les un ou deux premiers commentaires de haine, je me dis toujours : « Ah, c'est que Reel est maintenant un succès ». Parce que ça veut dire que je touche des gens en dehors de ma bulle habituelle, un tout autre cercle de personnes. Donc quand ça arrive, je trouve ça toujours intéressant de voir ce qui dérange les gens.

27:52Lucian Haas

Et c'est quoi, par exemple ?

27:55Sophie Peupelmann

Alors, j'avais une vidéo où je parlais toute seule dans les airs et là, y en a un qui est venu genre, « tu veux, enfin, sous le motto, tu devrais juste voler et fermer ta boîte. » Et ne pas déranger. Et là je me suis dit, « mec, détends-toi, je suis seule sur ma base. » Genre, comment est-ce que je te dérange avec ça ? Tu n'es pas obligé de regarder si ça ne t'intéresse pas. Et il y a une vidéo de Dani et moi, où je fais un wingwalk chez elle. Genre, je glisse avec mes pieds sur son aile. Et là, des gens ont écrit en dessous, « ah, j'espère qu'on ne se croisera jamais dans les airs. Et si tu faisais ça avec moi, je te tuerais. » Genre, vraiment des trucs hyper durs.

28:40Sophie Peupelmann

Alors je me suis dit : « Hé, je ne pense pas qu'on se croise en l'air. » Et je ne le ferais pas non plus avec n'importe qui. Et oui, c'est fascinant de voir quel besoin de s'exprimer les gens ont parfois sur Internet. Ou des gens, enfin, beaucoup de "Men's Planning" aussi parfois. En ce moment, je poste un peu plus de contenu "camper" parce que je viens de déménager à plein temps dans mon van, il y a quelques mois. Et là, je tombe parfois sur un autre genre de personnes qui m'expliquent comment fonctionne un chauffage ou comment je devrais manipuler mes bouteilles de gaz, et tout ça. C'est fascinant.

29:21Sophie Peupelmann

Ouais, je dois voir comment je gère ça. Pour certains, je me dis juste : « Bon, d'accord, j'ai lu ton commentaire. Merci de t'être exprimé. » Il m'est déjà arrivé deux fois de supprimer des commentaires. Parce que c'est vraiment, il y a un terme sur internet pour ce genre de gens qui font juste du "hate" au hasard et qui veulent s'exprimer. Et je me suis dit : « Hé, c'est toujours mon safe space ici sur Instagram. » Et oui, je laisse normalement tous les commentaires. Mais je ne suis pas ta plateforme pour que tu puisses t'exprimer et simplement propager de la haine. Tu peux très bien le faire sur ta propre chaîne, mais je ne veux pas en donner la plateforme.

30:07Sophie Peupelmann

Ce sont

30:08Lucian Haas

ceux qui laissent des commentaires de haine ? Ou ceux qui te donnent autant de conseils ? Ce sont toujours des hommes ou il y a aussi des femmes ?

30:19Sophie Peupelmann

Non, enfin, j'espère ne pas dire bêtise. Mais c'est, je ne sais pas si c'est 100 %, mais 95 % d'hommes, c'est sûr. Malheureusement.

30:32Lucian Haas

Tu vis ça aussi sur les lieux de départ ? C'est-à-dire que quand tu reçois des commentaires ou un truc du genre, que ce sont presque toujours des hommes qui veulent t'expliquer quelque chose ou un truc comme ça ?

30:42Sophie Peupelmann

C'est vrai, oui. Les femmes ont une approche plus décontractée. Je pense qu'elles savent elles-mêmes ce que ça fait d'être une femme au décollage.

30:51Sophie Peupelmann

Non, ce sont surtout des hommes. Même si je dois dire que je pense aussi qu'à cause d'Instagram et parce que le compte est devenu un peu plus connu, les gens me font plus confiance. J'ai vraiment remarqué ça. Enfin, peut-être que je m'imagine juste cette dépendance. Non, mais depuis que j'ai un peu plus de portée sur Instagram, les tentatives d'explication sur le décollage ont diminué. Ça arrive quand même de temps en temps, mais plus avec la régularité qu'avant.

31:24Lucian Haas

Ça veut dire qu'avec Insta, tu as gagné ou tu t'es meritée le respect des hommes ?

31:30Sophie Peupelmann

Oui, ou plus généralement dans la scène de la voile de vitesse, ce qui est en fait n'importe quoi, parce qu'on en a déjà parlé. Je poste principalement des échecs, et toujours quand les choses ne se passent pas bien. C'est pour ça que je ne comprends pas pourquoi les gens supposent que je me débrouille seule, parce qu'apparemment, ce n'est pas le cas.

31:48Sophie Peupelmann

Mais non, il semblerait que le fait d'avoir beaucoup d'abonnés sur Instagram soit une preuve qu'on sait bien piloter, ce qui n'est pas du tout la réalité. Oui, mais c'est fascinant de voir comment ça fonctionne dans certaines têtes.

32:03Lucian Haas

À quel point penses-tu piloter, selon toi ?

32:09Sophie Peupelmann

Avec qui est-ce que je devrais me comparer ?

32:11Lucian Haas

Non, je ne veux pas de comparaison. À quel point est-ce que tu penses bien piloter ?

32:17Sophie Peupelmann

Je vole assez bien.

32:21Sophie Peupelmann

C'est pour ça que la question de la comparaison se pose. On se demande toujours ce que fait ton entourage. Je dirais que mon père vole aussi, mais c'est un vrai pilote de vacances. Il sait décoller et atterrir, mais il n'a aucune routine. Il prend l'avion trois fois par an. Ensuite, quand il est en vacances, il vole peut-être encore cinq fois sur une crête de pente en plaine, mais sinon, il ne vole pas beaucoup. Par rapport à lui, je dirais que je vole très bien. Les gens avec qui je traîne sont tous ultra forts et très admirables. Par rapport à eux, je vole super mal. Du coup, je dirais que je me débrouille bien en l'air.

33:07Sophie Peupelmann

Je m'amuse, je sais décoller et atterrir. Et je peux aussi rester en l'air si je le veux. Oui.

33:14Lucian Haas

Est-ce que ce n'est pas un peu... Est-ce que ce n'est pas un peu sous-estimé ? Je crois avoir déjà vu que tu as fait de l'Infinity-Tumbling. Et c'est probablement moins d'un pour cent des parapentistes classiques qui peuvent faire un truc pareil. Du coup, il faut aussi avoir un certain niveau de compétence. Ou est-ce que tu dirais que c'était un pur hasard ?

33:33Sophie Peupelmann

Oui et non. Enfin, c'était ma sidequest pour 2025. Je vis pour les sidequests et les petits défis. Et à un moment donné, j'ai commencé l'entraînement aux manœuvres. À l'époque, l'Infinity -Tumbling était un truc complètement absurde, je me disais : « Hé, je n'y arriverai jamais. C'est réservé aux gens de dingue. » Et au début de 2025, quelque chose a changé dans ma tête, je me suis dit : « En fait, la manœuvre est relativement simple. » Alors oui, il faut avoir les couilles, dans mon cas, pour se catapulter au-dessus de l'aile. Mais au niveau des compétences requises pour l'Infinity -Tumbling, il faut prendre en compte beaucoup de choses et être conscient du risque.

34:21Sophie Peupelmann

Mais techniquement, ce n'est pas si complexe. Et je ne sais pas encore le faire. Je l'ai tenté à l'instant et oui, je suis retombée dedans par hasard parce que tu viens de poser la question. Parfois, je réussis très bien l'entrée directe, au point de finir directement en "infinite". Mais je ne maîtrise pas encore la manœuvre. C'est pour ça que c'est sur ma liste pour cette année : apprendre comment corriger, comment en sortir. Je pense que c'est un peu les deux. C'est beaucoup d'entraînement, beaucoup de vols, beaucoup de pratique. Et c'est comme ça que la compétence s'acquiert. Mais je ne dirais pas que je suis particulièrement douée. J'aime juste être en l'air et m'entraîner.

35:04Sophie Peupelmann

Ça n'a pas l'air d'être de la chance pour la réponse.

35:09Lucian Haas

Ça n'a rien à voir avec la chance ou pas. C'était plutôt que j'étais concentré pour réfléchir à la question suivante. Je pense que ça n'a rien à voir. Quel est le rapport avec ton explication ?

35:20Sophie Peupelmann

Alors, je dirais que, pour revenir rapidement sur la question suivante, si je... enfin, j'ai passé mon brevet en 2018. Si j'avais su à l'époque que je finirais par voler pour Infinite un jour.

35:38Sophie Peupelmann

Alors, je ne l'aurais pas cru. Ça aurait été vraiment loin de ma réalité. Et quand on y pense, c'est vraiment dingue à quel point j'ai réussi à en arriver là.

35:52Lucian Haas

Qu'est-ce que tu as fait pour en arriver là ? Est-ce que c'est juste une question de voler énormément ? Genre, tu y vas tous les week-ends, tu vas à Kössen ou ailleurs dès qu'il y a de la météo et tu te dis : « là, je dois voler », et même en semaine, si tu peux te libérer l'après-midi, tu repartes ? Ou comment ça se passe pour toi ?

36:10Sophie Peupelmann

Oui, c'est exactement ça. En fait, c'est énormément de vols. Et je fais ça petit à petit. Je pense que quand quelqu'un vole avec ambition, on le sait tous, c'est que la vie finit par s'adapter un peu au vol. Bien sûr, au début, le cercle d'amis change. On se entoure de gens qui sont aussi passionnés par le vol que nous-mêmes. On commence à s'acheter un van, à dormir les week-ends dans le bus sur les terrains de camping. On part en stages et en formations qui concernent le vol. Et à un moment donné, on finit comme moi, à vivre à plein temps dans le van et à essayer de prendre le ciel à chaque minute libre qu'on peut se libérer.

37:00Lucian Haas

Puisqu'on en est là, avec le van. À plein temps. Ça veut dire que tu n'as plus d'appartement, tu vis uniquement dans le van.

37:10Lucian Haas

Comment en es-tu arrivé à cette décision ? Je veux dire, posséder un van et se dire, d'accord, avec ça je peux aller n'importe où chaque week-end et y passer la nuit, c'est une chose. Et l'autre, c'est vraiment de se dire, j'abandonne mon appartement et je vis maintenant dans le van. Alors, pourquoi as-tu pris cette décision en plus ?

37:29Sophie Peupelmann

C'était toujours un grand rêve pour moi, en fait, de vivre à plein temps dans un camper. Et ces dernières années, j'avais un petit vieux Sprinter de police tout mignon, dans lequel je voyageais vraiment beaucoup, passant tous les week-ends et parfois même en semaine dedans, donc ces dernières années, surtout en été, je dormais peut-être une fois par semaine dans mon appartement et sinon l'appartement était comme un grand débarras. Et là, c'était la suite logique, de me dire, hé, je n'ai pas besoin de cet appartement. J'ai déjà ce rêve depuis longtemps, de tester ce que ça fait de vivre à plein temps dans une voiture comme celle-ci. Je vais juste le faire maintenant, je vais me lancer, et là j'ai toutes les excuses et enfin...

38:19Sophie Peupelmann

des raisons qui m'en ont empêchée jusqu'à présent. Les prendre une par une et voir s'il s'agit vraiment de raisons ou d'excuses. Et j'ai ensuite acheté un nouveau camper, vraiment. Je me suis dit : d'accord, avec le loyer que je paie actuellement, je peux aussi me financer un camper. C'est une amélioration totale par rapport au Sprinter que j'avais avant, d'ailleurs. J'ai maintenant une douche, le chauffage, des toilettes, tout. J'ai même un Airfryer ici dedans.

38:52Sophie Peupelmann

Oui, et ensuite. J'ai fait du tri dans mon appartement, je suis devenue très minimaliste, du moins pour les choses dont on a besoin dans la vie. On n'en a pas besoin de beaucoup. Je n'ai besoin que de deux à dix aile, mais sinon, il n'y a vraiment pas grand-chose dont on a vraiment besoin pour vivre. Et je suis emménagée à plein temps dans ce camper en mai dernier et je ne l'ai pas regretté depuis. Ça a simplement rendu ma vie bien meilleure. J'ai beaucoup moins de stress parce que je n'ai pas besoin de partir quelque part à chaque fois, de faire de longues heures de route. J'ai toujours tout avec moi. Oui, c'est vraiment génial.

39:37Sophie Peupelmann

Et bien sûr, il y a quelques limites par rapport à la vie en appartement. Mais ça en vaut vraiment la peine. Pour moi, les avantages l'emportent. Et en fait, je suis même un peu dedans en hiver maintenant. Avant, j'avais un peu peur qu'il fasse froid. En ce moment, je crois qu'il fait même moins trois degrés dehors, ou quelque chose comme ça. Mais ça fonctionne aussi. Je dois juste changer la bouteille de gaz un peu plus souvent. C'est tout. Oui, c'est la meilleure décision que j'ai prise en 2025, je crois. À part l'idée d'apprendre l'Infinite.

40:13Lucian Haas

Est-ce que ça te revient aussi moins cher financièrement ? C'est-à-dire, est-ce que c'est moins coûteux de vivre en camper que d'avoir un appartement en location et peut-être une petite voiture ou autre chose ?

40:24Sophie Peupelmann

Pour moi, c'est le cas en ce moment. Je vais en fait directement aux coûts, parce que j'ai fait un calcul très simple avec "Girls Math" et je me suis dit : OK, ce que je payais comme loyer, c'était genre 1000 euros par mois à Munich, et là, je paye le camper à la place. Du coup, mes dépenses sont restées relativement les mêmes. Mais à la fin, le camper m'appartient. Et ce n'est pas comme un loyer qui disparaît tout simplement. Et à partir d'un certain point, je pense que c'est un investissement. C'est un placement financier, parce que théoriquement, j'ai la valeur de revente du camper. Ça fait plus agréable. Donc même si ça ne change pas le solde du compte, c'est une dépense beaucoup plus sympa de se financer quelque chose à soi.

41:12Lucian Haas

As-tu déjà dû emmener le van au garage ?

41:15Sophie Peupelmann

En fait, non. C'était aussi une raison, enfin pour une vidange qu'il faut faire par défaut. Mais il ne s'est encore rien passé. C'était aussi une raison, un peu pour moi, de prendre une voiture neuve. Pour me dire : « Hé, j'ai la garantie là. Tout est probablement en ordre. » Mon Sprinter avait toujours eu quelques problèmes en fin de vie. Et quand on y vit à plein temps, il y a bien sûr un certain risque que le logement tombe soudainement en panne, ne soit plus roulant ou, dans le pire des cas, soit un cas de perte totale.

41:52Lucian Haas

Je trouve ça aussi passionnant. Même si tu dis qu'il ne s'agit pas forcément d'une perte totale. Mais tu arrives quelque part et il te dit : « Oh, il y a un problème, la courroie d'accessoire ou je ne sais quoi. Et on ne peut pas avoir la pièce de rechange tout de suite. Ça va prendre au moins quatre jours ou quelque chose comme ça. » Et là, il faut se dire : « Ok, je laisse mon chez-moi chez le mécanicien. Et bon, on verra bien. Est-ce que je vais à l'hôtel ou est-ce que je vais chez une amie ou ailleurs ? »

42:21Sophie Peupelmann

Alors, j'ai un budget sur mon compte pour ce genre de cas. Oui, je l'ai prévu. Mais on peut toujours discuter avec les gens. Et je me dis que ce ne sont quand même pas de gros problèmes. On trouve toujours des solutions pour ce genre de choses. D'ailleurs, je trouve ça super aussi avec l'avion. Enfin, c'est un peu comme une transition, je sais. Mais les gens ne connaissent plus de vrais problèmes. Ils stressent à l'aéroport si le vol est retardé ou si la voiture est en panne et doit aller au garage, et ils stressent énormément. Ils s'énervent. Et je me dis, hé, ce ne sont pas de vrais problèmes mettant la vie en danger. Même moi, qui ai tout mon nécessaire dans cette voiture, même s'il arrive quelque chose, ce n'est pas un drame.

43:10Sophie Peupelmann

On trouve toujours une solution. Il y a des solutions pour tout.

43:13Lucian Haas

Tu as fait un lien entre la transition et le vol. Quel est le rapport avec le vol pour toi, maintenant ?

43:21Sophie Peupelmann

Je trouve que voler peut être, c'est très réel. Enfin, tu... Tu n'as que toi et quelques suspentes attachées à une sorte de toile. C'est une façon, je crois, d'être très, très

43:40Sophie Peupelmann

...vraiment vivre. C'est... je n'arrive pas bien à l'exprimer maintenant. Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire. C'est juste une situation réelle. Et si j'ai un problème en l'air, c'est aussi une chose où on peut vraiment avoir peur. Ou où on peut se dire, hé, là c'est vraiment quelque chose de vital, où quelque chose peut mal tourner. Mais, enfin, ça me stresserait beaucoup plus ou du moins m'occuperait beaucoup plus que si je disais, d'accord, ma voiture doit aller au garage.

44:13Lucian Haas

Alors, ça te rend plus détendu dans la vie de tous les jours, le fait de voler ?

44:17Sophie Peupelmann

Oui, carrément. Je pense que oui. Enfin, mis à part le fait que c'est un super équilibre mental, je m'énerve beaucoup moins au quotidien, oui. Parce que je me dis simplement que tout ça n'est pas si grave.

44:30Lucian Haas

C'était quoi le pire truc que tu as vécu en volant jusqu'à présent, où tu t'es dit : « Oh, ça, c'était intense » ?

44:37Sophie Peupelmann

Oh, ah, je suis très prudente. J'essaie toujours de monter en niveau très, très doucement. Mais en fait, mon premier parachute de secours n'a pas été idéal. J'ai fait pas mal d'erreurs de jugement au préalable, ce qui a fini par me faire lancer mon parachute, et très mal d'ailleurs. Ce n'était pas idéal.

45:02Lucian Haas

C'était aussi pour l'acro ?

45:06Sophie Peupelmann

Oui, exactement. C'est marrant parce que moi non plus, je ne me vois pas vraiment comme une pilote d'acro, mais j'ai fini par commencer à m'entraîner aux manœuvres à un moment donné. On fait encore le Schlenker ? C'est en fait une histoire assez drôle, comment je suis...

45:20Lucian Haas

comment j'ai commencé à faire de l'acro.

45:20Sophie Peupelmann

En tout cas, on peut encore faire trois loopings.

45:23Lucian Haas

Comment est-ce que tu as commencé l'acro ? Maintenant, une question officielle à ce sujet.

45:29Sophie Peupelmann

Fin 2021, j'ai fait un cours SIV au lac de Garde. Avant ça, je n'avais pas vraiment touché au vol acrobatique. Et le cours SIV n'était pas forcément passionnant non plus. Mais c'était juste avant le début de Neverending Summer au lac de Garde. Et je ne sais pas si tu connais, c'est genre le festival de clôture de fin de saison.

45:50Lucian Haas

Tous les pilotes d'acrobaties se retrouvent une dernière fois pour un vol de clôture.

45:54Sophie Peupelmann

Exactement, c'est ça. Ils font un vol et font pas mal de bêtises en l'air, en fait.

46:00Sophie Peupelmann

Et mis à part les gens super cools que j'ai rencontrés là-bas, ces acrobaties en l'air m'ont aussi beaucoup impressionnée. J'étais suspendue en tant que passagère à un tandem qui a fait un D-Bag. Je ne sais pas si le terme D-Bag est connu de tout le monde.

46:19Lucian Haas

C'est un sac dans lequel l'aile est rangée et dont on se libère simplement en débloquant un truc, un fermoir ou je ne sais quoi, et on tombe alors vers le bas. Et l'aile s'en extrait et s'ouvre ensuite en plein vol.

46:32Sophie Peupelmann

Exactement, on dirait qu'il y a un sac, un parapente qui sort de là. Super, super cool cette histoire. Et j'étais accrochée en tant que passagère, je regardais ça en dessous de moi et je me suis dit : « Hé, je veux faire ça aussi. Ça a l'air trop cool. » Et Tobi, avec qui j'ai volé à l'époque, m'a dit : « Hé, je le fais avec toi, oui, mais tu dois apprendre le vol en spirale avant. » Parce que... n'avoir le parachute que comme deuxième option si quelque chose tourne mal, ou comme seule option, c'est un peu trop peu. Mais si tu apprends le vol en spirale et que tu sais le faire, alors je te prends avec moi. Et ça a été mon objectif de saison pour 2022 : apprendre le vol en spirale. Et c'est un peu ce que je voulais dire, je suis hyper portée sur les sidequests.

47:19Sophie Peupelmann

Je n'ai jamais eu de grand objectif, je n'ai jamais eu pour but de voler en Infinite à l'époque non plus. Je voulais juste piloter ce D-Bag parce qu'il avait l'air marrant. Et puis, au printemps 2022, j'ai passé énormément de temps au lac de Garde et j'ai massacré toute la hauteur avec des Stollen. Enfin, vraiment, ça n'a pas été du tout amusant.

47:42Lucian Haas

Mais j'ai un objectif en tête, je veux finir par sauter du D-Bag à un moment donné.

47:46Sophie Peupelmann

Exactement, exactement. Et là, je me suis régulièrement déconnectée. Enfin vraiment, je ne sais pas combien de tutoriels de Theo-de-Blick tu as regardés, mais lui, il présente toujours tout comme si c'était super simple et il dit genre : "Hey, tu vois, c'est facile et le Flyback est ta position de sécurité". Moi, je me suis demandé pendant tout ce temps : comment ce Flyback, cet état de vol, peut-il un jour être sécurisant ? La aile ne fait que flapper au-dessus de toi.

48:12Lucian Haas

...avant, arrière, avant, arrière et tout le reste. Et tu me dis que tu n'arrives pas à faire un Flyback propre, d'une manière ou d'une autre.

48:18Sophie Peupelmann

Pas du tout. Même s'il était propre, je ne me sentais pas bien. Ce qui est aussi fascinant, c'est de voir comment une réalité change. Parce que maintenant, quand je m'entraîne sur des manœuvres et que j'ai l'impression que quelque chose ne va pas avec mon aile, j'ai aussi Theo dans l'oreille et je me dis : « Ah oui, le Flyback est ta position de sécurité, passe en Flyback », et c'est cool. Mais en 2022, je n'aurais jamais pensé en venir à un tel point dans ma vie. Enfin, en tout cas, j'ai appris le Stollen. Puis on a fait mon D-Bag pour mon anniversaire. Et c'était ultra drôle et cool. Ça a super bien fonctionné aussi. Je n'ai eu besoin ni de faire un Stollen, ni de lancer le sac de secours. Et là, mon... mon objectif de saison était déjà un peu dépassé. Enfin. Et puis en 2023, j'étais au lac de Garde avec d'autres amis et j'ai aussi testé une ou deux ailes de secours pendant l'hiver.

49:15Sophie Peupelmann

Exactement, et là, par hasard, j'ai eu une aile à batterie, ce qui est une histoire passionnante en soi, pour revenir à mon lancer de secours. Tout ça s'est un peu mal passé, disons. Au départ, je voulais vraiment m'acheter un harnais de cours avec deux secours, parce que c'est plus sûr. Et puis, j'ai trouvé cette aile à batterie à bon prix quelque part, je l'ai eue et je suis repartie au lac de Garde avec. Avant ça, j'avais déjà fait quelques hélicos sur une autre aile Emily et ils avaient vraiment bien fonctionné. Et le week-end où j'étais au lac de Garde, j'avais eu un accident de ski quelques jours avant, je me suis pris le ski très fort sur la tête, j'ai peut-être eu une légère commotion cérébrale, j'ai volé le premier jour, j'ai atterri, j'avais des points noirs devant les yeux, et je me suis dit : OK, je ne vole pas.

50:04Sophie Peupelmann

Et le lendemain, je me suis dit que je voulais recommencer à faire des hélices, j'avais maintenant ma propre aile de type Akkuschirm et je suis partie, mais je n'avais aucune idée de ce que l'aile faisait ou de comment ça fonctionnait. Je l'ai laissée osciller énormément. Comme je l'ai dit, je n'étais pas vraiment en forme non plus. Ça veut dire que mes réactions étaient beaucoup trop tardives et incorrectes. Et puis je suis tombée dans une sorte de rotation de type sat-auto, une rotation torsadée, j'ai alors lâché mon seul rescEU, parce que je n'avais pas encore de sellette d'acro, et je l'ai envoyé directement dans les suspentes et dans la torsion. Et là, j'étais dans une rotation de type sat-auto avec le rescEU coincé dans l'aile. Et c'était vraiment, c'était une situation où je me suis dit : OK, là, c'est juste stupide.

50:52Sophie Peupelmann

J'ai, oui, enfin, j'y ai aussi repensé très longtemps. D'ailleurs, tout s'est bien passé. J'ai alors saisi les suspentes, j'ai tiré le retendeur, il s'est déployé et j'ai atterri en sécurité dans l'eau. Mais c'était le genre de situation où je me suis dit, d'où ce long prélude, que j'avais vraiment pris énormément de décisions stupides au préalable. Genre, voler avec un seul retendeur.

51:20Sophie Peupelmann

... d'ignorer peut-être cette petite secousse et de me dire que je m'en tire. En plus, il y a la compréhension de la manœuvre. Il y avait vraiment, il y avait vraiment beaucoup de choses où j'aurais pu prendre de meilleures décisions. Et j'essaie de faire ça depuis, et en général quand je vole et aussi dans la vie, de réfléchir un peu plus à l'avance et peut-être pas vivre juste pour le plaisir. C'était maintenant un très grand détour sur la façon dont je suis passée du vol en mode "agro" à la situation critique à nouveau. Mais

51:51Lucian Haas

C'est parfois comme ça avec le vol. On fait de grands détours, parfois de petits détours. Qu'est-ce qui te procure de la satisfaction quand tu voles, au juste ? C'est quoi ?

51:58Sophie Peupelmann

Hm, énorm. Pour ce qui est de ça, je pense que je suis assez simple. Je me réjouis énormément de chaque coucher de soleil que je vois depuis les airs. Et il ne faut pas que ce soit un vol spectaculaire. Quand je reste juste là, dans les airs, au-dessus du lac de Garde ou même ici dans la région alpine, et que je regarde le soleil se coucher avec des couleurs incroyables, ça me procure énormément de satisfaction. Et oui, ça... accomplir des sidequests aussi, bien sûr. Quand une manœuvre fonctionne bien ou que j'ai, oui, juste des expériences sympas. Ou encore un truc comme ce wingwalk avec Dani ou autre. Ou une situation drôle au décollage.

52:45Sophie Peupelmann

Alors pour moi... ça ne me procure pas de satisfaction de juste avoir volé longtemps ou d'avoir accompli quelque chose de dingue pour les autres. Je suis plus dans le moment présent.

53:00Lucian Haas

Donc tu n'es pas non plus une grande voyageuse longue distance, parce que tu dis que tu ne veux pas voler longtemps ou quelque chose comme ça, mais

53:04Sophie Peupelmann

plutôt un

53:07Lucian Haas

un peu d'adrénaline pour le moment, et après on peut repartir à fond et s'attaquer à la prochaine quête secondaire.

53:15Sophie Peupelmann

J'ai au début de la trentaine et je me dis toujours que oui, je pourrai encore faire du vol de cross-country à 50 ans. Si je pourrai encore faire de l'acro, je ne sais pas. Mais j'ai... Enfin, parfois je fais déjà du cross-country et ça me plaît. J'aime la variété dans le vol. J'aime le fait que ce soit vraiment si diversifié, qu'on puisse se détruire complètement en l'air en s'entraînant aux manœuvres, mais qu'on puisse aussi juste faire quelques heures de vol de type "an" ou vraiment partir en cross-country et progresser très, très loin avec juste un parachute sur le dos. Oui, mais je n'ai pas encore fait les parcours extrêmes.

53:52Lucian Haas

Mais tu es déjà allée en Colombie pour faire du cross-country, si je me souviens bien.

53:56Sophie Peupelmann

Oui, c'était aussi... Oui, là, j'ai... Je me suis dit, je vais donner une chance à tout ça. C'était très, très drôle et cool. Mais j'en ai bien tiré, bien sûr, mes leçons. Je suis... Je dois dire qu'en tant que femme, c'est évidemment toujours un sujet : comment rester longtemps en l'air tout en gérant ses besoins naturels.

54:21Sophie Peupelmann

C'est pour ça que je pense que c'est aussi un truc qui me dérange un peu quand je prends l'avion, parce que je n'ai pas encore trouvé de bonne solution pour moi.

54:27Lucian Haas

Il faut que tu trouves un moyen de gérer les faux positifs.

54:30Sophie Peupelmann

Oui, je crois qu'il y en a un qui s'appelle presque pareil. Je crois que ça s'appelle Sheepie. Mais tu ne l'as jamais testé, non ?

54:38Lucian Haas

ou pas ?

54:39Sophie Peupelmann

Non, pas encore, mais quelques autres trucs. Le truc, c'est, comme je l'ai dit, je ne suis pas une pilote de course de haut niveau et je me dis que quand on... Enfin, il y a quelques choses qu'il faut, je crois, assembler de manière compliquée et qu'il faut vraiment... Enfin, ça prend un peu de temps à préparer et c'est un peu un numéro. Et je ne suis jamais sûre,

55:01Sophie Peupelmann

donc, si on se retrouve au sol après 20 minutes, c'est toujours un peu comme si on avait fait un effort inutile. Mais comme je l'ai dit, je ne l'ai pas encore testé intensément.

55:10Lucian Haas

Mais on ne finit peut-être pas toujours au sol après 20 minutes. Et si tu te fixes comme sidequest de voler cinq heures d'affilée, tu y arriveras peut-être à un moment donné. À propos de sidequest, je voulais te demander ça parce que tu as dit que c'était un peu ton truc, de toujours te fixer ce genre de défis. Est-ce que tu penses que justement...

55:31Lucian Haas

D'abord toi, mais peut-être aussi de manière plus générale. Est-ce que tu penses que faire ce genre de sidequests est vraiment utile pour progresser ? Parce que tu as dit : « OK, je voulais faire un D-Bag. » C'était mon sidequest. Mais ensuite, on te dit : « Oui, mais pour ça, tu dois d'abord apprendre l'Infinity et tout ». Et avec ça, tu t'es forcé à faire quelque chose que tu n'avais... Je ne m'amusais pas du tout. Je me suis démantelé pendant des heures et j'ai fait toute la hauteur en faisant des décrochages complets. Mais je ne m'amusais pas.

56:01Sophie Peupelmann

Et je pense que ça dépend beaucoup de la personne. Il faut savoir ce qui nous motive et comment on se motive. Et bien sûr, il y a la question de savoir si on a un objectif précis en tête. C'est pour ça que si on commence à voler maintenant et qu'on se dit : « je veux apprendre l'Infinity », il y a une bonne façon d'y arriver. Tu as tes manœuvres que tu peux faire et tu peux les maîtriser relativement vite. Surtout quand on est un Français de 17 ans, ils y arrivent toujours en genre quatre mois, j'ai l'impression. Mais on peut y arriver assez rapidement.

56:43Lucian Haas

Mais je pense que la plupart des pilotes de parapente ne sont plus des Français de 17 ans aujourd'hui.

56:48Sophie Peupelmann

Oui, c'est vrai. C'est vrai. Pour moi, le truc, c'est que je n'ai jamais... Je n'ai jamais eu un vrai objectif en faisant du parapente. Enfin, un grand objectif. Je n'ai pas commencé le parapente pour... faire quelque chose de précis. C'est pour ça que ces quêtes secondaires fonctionnent très bien pour moi. Infinite était, en principe, ou est en principe aussi une sorte de quête secondaire, parce qu'à un moment donné, je me suis dit : « Hé, en fait, ce n'est pas si compliqué. » Et en fait, je peux probablement aussi l'apprendre. Pour moi, cette approche fonctionne super bien. Ce sont de petits objectifs définis où je sais comment j'y arrive. Et c'est comme ça que je progresse en tant que pilote.

57:30Lucian Haas

S'amuser n'est-ce pas aussi, au fond, un grand objectif ?

57:36Lucian Haas

Parce que tu as dit que je n'avais pas de grands objectifs, genre. Et on se dit toujours : « Oui, les grands objectifs, je dois faire les 100, je dois faire les 200 » ou quelque chose comme ça. Mais est-ce que ce n'est pas en fait super de pouvoir dire, à la fin d'une saison : « Bon, je ne sais pas, j'ai fait 100 vols et je peux dire sur 98 d'entre eux : hé, je me suis amusé » ? C'est quand même un super résultat, non ?

58:00Sophie Peupelmann

Carrément. C'est vrai. Pour moi aussi... C'est ça... La vision derrière tout ça.

58:07Sophie Peupelmann

Mais oui, c'est bien sûr... Ça peut se définir très largement, ce que signifie s'amuser en l'air. C'est pour ça que je pense que les petits objectifs intermédiaires sont bons. Mais oui, c'est un peu ça, pourquoi je vole et ce que je regarde toujours. Même quand je fais des vidéos ou quand je suis dans une situation qui est peut-être un peu critique, je me dis, hey, l'objectif principal est... c'est s'amuser et c'est cool. Et si c'est juste un truc qui ne procure potentiellement pas de plaisir, qui est dangereux ou quelque chose comme ça, alors c'est évidemment la référence pour se dire, hey, est-ce que ça en vaut la peine ? Est-ce que c'est nécessaire maintenant ? Oui, le plaisir... Pour moi personnellement, le plaisir est ma métrique.

58:52Sophie Peupelmann

Tu t'amuses quand tu voles, Lucian ?

58:54Lucian Haas

Je dirais que c'est forcément l'un de mes critères. Enfin, il y a plein de choses, ce sont toujours comme des petites tâches en fait. À chaque vol. Je veux toujours décoller le plus sereinement possible et atterrir avec une précision maximale. Et je me fixe ça toujours comme, si on veut appeler ça une quête secondaire ou quoi que ce soit, comme une petite tâche. Et quand je dis, je veux maintenant... Enfin, il y a vraiment des moments où je me dis, d'accord, j'arrête de voler maintenant, donc j'essaie de rester en haut. Je vais atterrir maintenant. Je me dis alors vraiment consciemment, d'accord, c'est mon point d'atterrissage et je veux le toucher aussi bien que possible, pas m'écraser, mais genre... l'approcher le plus proprement possible pour atteindre exactement ce point. Et ce sont toujours des petites quêtes de plaisir que je m'impose et avec lesquelles je m'amuse.

59:45Sophie Peupelmann

Est-ce que tu en as parfois besoin aussi quand tu... Tu testes énormément d'aile, je crois, pour ton blog et tout ça. Est-ce que c'est aussi un truc que tu prends en compte ? À quel point je m'amuse ? Oui, alors chez toi, ça se confond beaucoup entre ce qui est du travail et ce qui est... un hobby et du plaisir.

1:00:08Sophie Peupelmann

Est-ce que tu prends du plaisir à faire des trucs comme ça, à tester des ailes ? Sur

1:00:12Lucian Haas

Dans tous les cas. Ou est-ce que tu...

1:00:13Sophie Peupelmann

Tu trouves ça amusant ?

1:00:16Lucian Haas

Non, tester des aile est vraiment super parce qu'on découvre toujours comment ce truc fonctionne en fait. Et surtout avant, il y a eu une période où je recevais parfois de nouvelles ailes et je me disais : oh mon Dieu, ça ne fonctionne pas du tout comme je veux ou ça ne vole pas comme je veux. Et c'est une aile terrible. Et puis à un moment, je me suis rendu compte : non, ça joue. Le plaisir, c'est en fait de découvrir comment je peux encore m'amuser avec cette aile ou encore bien voler. Et puis de réaliser un jour : ah, c'est à cause de moi que l'aile ne vole pas si bien. Je dois juste la piloter différemment. Bien sûr, il y a toujours des différences, tu peux dire que tu ne peux pas transformer chaque aile simple en Mercedes ou je ne sais quoi. Mais malgré tout, ce sont souvent les choses où on se dit d'abord : ah, ça ne fonctionne pas vraiment comme ça. Que beaucoup de choses sont simplement une question de technique, sur la façon de faire les choses en conséquence.

1:01:06Lucian Haas

Avec l'Akku, il y a probablement plus de limites, où tu dirais qu'il y a certaines choses qu'une aile ne peut vraiment pas bien faire ou qu'il faudrait la solliciter si fort ou la forcer, ça devient alors plus difficile. Mais pour le vol normal, je ne fais pas d'Akku, ce que je fais, c'est déjà intéressant. Oui, et le défi de tirer du plaisir de telles ailes, de se dire que ça marche, que c'est aussi amusant. Ce qui est aussi amusant ou ce que je trouve toujours fascinant, c'est surtout quand on vole plus et qu'on vole aussi beaucoup d'ailes différentes, qui sont parfois si différentes en termes de performance, qu'on finit quand même par remarquer, ah, on a une sorte d'instinct de base, que même avec une nouvelle aile, qui est toute neuve, quand on se dit que je veux faire un atterrissage de précision, qu'on a une sensation de l'angle de glisse relativement, pas automatiquement, mais relativement bonne.

1:01:58Lucian Haas

on le ressent relativement vite. C'est génial, oui. Et on ne se dit pas : « Oh, avec cette aile, je suis tout de suite tombé à 30 mètres trop court ou avec la suivante, j'ai fait 30 mètres de trop », mais plutôt que c'est possible. Et c'est aussi amusant quand on se rend compte : « Hé, je pense que j'ai maintenant pas mal d'expérience ».

1:02:16Sophie Peupelmann

Oui, c'est aussi super, ce genre de retour positif indirect, qui te fait dire : « Hé, tout ce que je fais ici m'a vraiment fait progresser. » Oui, c'est incroyablement cool. Écoute, c'est avant tout une question de mentalité. Comment je perçois les choses ? Et pas seulement ce qu'on fait réellement de soi-même. Oui, c'est génial.

1:02:38Lucian Haas

À propos du fun, j'ai encore une question, surtout sur la Colombie. On m'a raconté une histoire : on dit que tu as atterri sur une ferme de drogue lors d'un vol de distance. Ça devait être encore très drôle, non ?

1:02:54Sophie Peupelmann

C'était en fait l'histoire la plus cool de Colombie. J'étais, enfin, j'étais seule, je m'étais mise d'accord avec une fille que je ne connaissais que par Instagram. Et on a voyagé toutes les deux un peu en Colombie. Mais on était sans école de vol, sans guide, rien du tout. C'était un peu une aventure en solo. Et c'était, j'étais le premier jour à Roldanio. Tu es déjà allée en Colombie ? Non,

1:03:24Lucian Haas

Malheureusement, non.

1:03:25Sophie Peupelmann

Il y a, enfin, il y a quelques spots où tous les pilotes vont. Roldanio en est un. Et moi, j'étais très naïve. Je suis juste partie et je me suis dit, OK, je vais juste essayer de rester en haut et de voler longtemps. Et ça s'est super bien passé ce jour-là. J'ai bien exploité chaque thermique et je suis restée dans les airs une éternité, j'ai fait un parcours vraiment génial. Le lendemain, je me suis dit que ce serait pareil. Je suis repartie et j'étais peut-être un peu paresseuse. Je suis peut-être partie un peu trop tôt vers les plaines. Je n'ai peut-être plus exploité chaque thermique complètement parce que je me suis dit, hé, ça s'est super bien passé hier et ça doit être aussi intense ici tous les jours.

1:04:12Sophie Peupelmann

Et j'ai réussi à m'écraser, en plein milieu de nulle part. Parce que, oui, comme je l'ai dit, manque de planification de vol, manque de préparation technique, peu importe. Et j'ai regardé sur Google Maps et la route la plus proche était à huit kilomètres, ou quelque chose comme ça. Enfin, la plus grande. Et normalement, en Colombie, il y a toujours des gens avec des scooters et tout, mais là, c'était vraiment en pleine pampa. Alors j'ai pris mon aile et je me suis mise à marcher sur des chemins de terre qui allaient dans la bonne direction. Et là, je passe devant un champ de canne à sucre et j'entends de la musique. Au début, j'ai pensé : d'accord, j'espère qu'aucun pilote n'est tombé ou quelque chose comme ça et atterri dans le champ de canne à sucre. Peut-être qu'il a besoin d'aide.

1:04:56Sophie Peupelmann

Je suis allée plus loin au coin de la rue et il y avait une maison isolée en plein milieu de la pampa. Et devant cette maison, il y avait genre 20 Colombiens. Ils tiraient avec des fusils à air comprimé sur des bouteilles de bière et faisaient une grosse fête. Je ne sais pas si c'était une ferme de drogue. Ça m'a clairement donné des vibes de cartel et, écoute, si tu n'as jamais été en Colombie, on ne t'aurait peut-être pas fait peur, mais sur place, j'ai déjà entendu beaucoup d'histoires ou d'avertissements de pilotes disant que parfois des pilotes étaient assassinés et que leur équipement était volé, que des trucs vraiment graves arrivent en Colombie et que ce n'est pas toujours aussi cool.

1:05:44Sophie Peupelmann

Mais je devais passer devant cette maison et je suis vraiment passée de l'autre côté du chemin de terre. Et donc, il n'y avait rien, enfin je ne pouvais pas vraiment me cacher, mais je me suis dit : « Hé, ne me regardez pas » et j'ai essayé de me faufiler, et ils m'ont bien sûr imitée, et puis l'un d'eux est sorti un peu vers la moto et puis... Il y avait un vieux grand-père assis là-dedans qui a tout arrêté et qui a dit : « Viens, viens ici, entre ». Enfin, ça ne pouvait pas être vrai. J'avais vu un petit bébé quelque part, donc je me suis dit : « Ok, peut-être que la situation n'est pas si dramatique s'ils ont des enfants sur place », mais qui sait, et puis je suis entrée et c'étaient tout simplement les gens les plus adorables, mais enfin, ils ont dit : « Non, on va t'emmener en ville ».

1:06:33Sophie Peupelmann

Nein, ne surtout, assieds-toi d'abord et bois une bière avec nous. Et là, je suis restée deux heures à faire la fête avec ce qui était probablement des trafiquants de drogue colombiens. J'ai même dû tirer sur des bouteilles de bière avec un fusil à air comprimé. Tu as touché ? J'ai touché. Tout le monde a fêté ça. Il y a une vidéo super drôle là-dessus. Elle est sur ta chaîne aussi ? Non, elle n'y est pas. Je vais peut-être couper le snippet du podcast et mettre la vidéo par-dessus. On verra. Non, ce qui s'est passé après était en fait encore plus intéressant, parce qu'il y avait une femme, une Colombienne, qui est partie, elle a dit genre « attends, attends, attends un peu » et elle est revenue avec un Glock et me l'a mis dans les mains. Donc c'était un peu, comme je disais, une situation limite.

1:07:19Sophie Peupelmann

Ils avaient sûrement un truc de dingue en tête, mais ils ont été super sympas et gentils avec moi, et j'ai passé un moment génial là-bas. Je me suis amusée avec eux, je ne parle pas bien espagnol, donc on communiquait plutôt avec les mains et les pieds, mais on a parlé de foot et de Shakira, parce que les Colombiens adorent ces sujets. Oui, et comme je disais, ils étaient top et l'un d'eux m'a même raccompagnée jusqu'à Roldanillo sans même vouloir d'argent. Alors c'était vraiment, c'était une situation super, super drôle et cool, mais ça aurait pu tourner complètement mal. Oui, ça

1:07:56Lucian Haas

ce sont les surprises que l'on peut vivre en voyageant en stop, quand on se fait déposer quelque part et qu'on arrive à entrer en contact avec les gens.

1:08:03Sophie Peupelmann

Carrément, oui.

1:08:05Lucian Haas

Sophie, j'ai encore une dernière question pour finir. Pour l'instant, tu vis dans ton van ou ton grand camping-car, tu travailles encore et tout ça, tu gagnes donc encore ton argent pour financer tout ça. Si tu n'avais plus besoin de gagner d'argent pour vivre, parce que tu aurais comme ça assez ou quelque chose comme ça, à quoi ressemblerait ta vie ? Qu'est-ce que tu ferais alors ?

1:08:28Sophie Peupelmann

Oh,

1:08:30Sophie Peupelmann

C'est une question super intéressante. Je ne me la pose pas souvent. Je m'autorise bien à rêver, mais toujours avec un certain poids, avec un certain filtre de réalité. Qu'est-ce que je ferais ? Je pense que, si ma situation était celle d'aujourd'hui, je partirais tout simplement et j'irais voir autant de sites de décollage que possible, je découvrerais autant de zones de vol que possible, je m'échangerais beaucoup avec des gens différents et leurs façons de penser, et je voyagerais un peu à travers le monde. Je pense que ce serait la première chose que je ferais. Oui, et ensuite, je découvrirais les différentes manières de faire du parapente. J'ai pensé à commencer par le speedflying.

1:09:16Sophie Peupelmann

J'aimerais bien me prendre du matériel de tandem, peut-être pour partager un peu ce plaisir aussi. Ce genre de choses, je pense. Mais bon, c'est ce qui me vient à l'esprit spontanément là. Si je réfléchis plus longtemps, je rêve sûrement un peu plus grand. Ça a l'air très...

1:09:31Lucian Haas

Mais tout serait encore centré sur le vol.

1:09:34Sophie Peupelmann

Absolument. C'est vraiment ce qui me donne le plus de force dans ma vie en ce moment. Carrément.

1:09:41Lucian Haas

Sophie, on va en rester là. Le parapente, c'est vraiment ce qui donne le plus dans la vie. Et tu centres beaucoup de choses autour de ça et tu montres beaucoup de ton plaisir, au moins. Pas seulement le plaisir, mais aussi tes bévues ou autre chose sur ton canal Insta, qu'on peut suivre avec plaisir ou que je suis moi aussi très volontiers. C'est toujours divertissant. Du coup les gens, si vous ne le connaissez pas encore, allez y jeter un œil. On va peut-être booster ça. Avec ce podcast, tu vas passer la barre des 30 000. Je crois que tu es à 29,6k ou quelque chose comme ça, j'ai vu ça. On va peut-être y arriver. Sophie, merci de nous avoir raconté ça. Et oui, le week-end arrive. J'espère que la météo pour voler sera au moins utilisable un jour, pour que tu puisses encore,

1:10:28Lucian Haas

bien que ce ne soit probablement pas trop grave avec ta jambe.

1:10:31Sophie Peupelmann

Oui, c'est... Je dois vraiment être plus responsable avec moi-même. Mais en fait, j'ai déjà regardé les prévisions météo pour le vol et j'ai réfléchi, enfin je suis en train de calculer un peu là, de combien de vent j'ai besoin pour ne pas trop solliciter mon pied au décollage, pour ne pas avoir à courir vers le bas. Et quel est le vent maximum autorisé pour ne pas avoir trop de mouvements de traction et de pression sur le pied. On verra si le week-end est propice. Sinon, je vais rester sage et essayer de guérir de mes blessures, même si c'est difficile. Et oui. Enfin, je ne devrais pas encore le solliciter aussi fort, le pied.

1:11:12Lucian Haas

Bon, alors je vais mieux le soigner et je ferai ça en "sidequest". Tu te construis un chariot de départ ou autre. En tout cas, merci pour ton récit.

1:11:21Sophie Peupelmann

Merci. Je voulais te demander si tu avais déjà décollé avec un traîneau. Parce que je me demandais justement si on pouvait juste rester assis sur un traîneau...

1:11:31Lucian Haas

peut lancer l'aile. Je ne l'ai pas encore fait, mais j'ai parlé avec un pilote de fauteuil roulant qui a aussi dit que, en fait, il est possible de décoller. Au moins avec un peu de vent et tu as la pente où tu peux rouler, où tu n'as plus besoin de quelqu'un qui te pousse fort, qui te donne peut-être juste l'impulsion initiale,

1:11:51Lucian Haas

que le décollage avec un fauteuil roulant est super facile, parce que tu ne fais que rouler et le fauteuil s'adapte automatiquement à la vitesse dont l'aile a besoin à ce moment-là. Et si l'aile se met en arrière et te stoppe, là où un humain pourrait se prendre de plein fouet et continuer à pousser, alors la force de l'aile suffit à arrêter le fauteuil si loin, et s'il remonte lentement, il va automatiquement réaccélérer doucement vers l'avant, parce qu'il va recommencer à rouler, de sorte que tu obtiens toujours des décollages super fluides. Et je pourrais me imaginer la même chose avec le traîneau. Il te faut juste une pente avec l'inclinaison adaptée pour que le traîneau puisse démarrer tout seul, et que ce ne soit peut-être pas trop raide pour que l'aile ne glisse pas constamment vers l'arrière parce qu'elle ne tient pas sur la neige en haut.

1:12:43Sophie Peupelmann

Oui, mais peut-être que je vais aussi en avoir un, un fauteuil roulant.

1:12:46Lucian Haas

Ou un fauteuil roulant.

1:12:48Sophie Peupelmann

Je vais y réfléchir. Merci. Enfin, ça a tout à fait du sens. Oui, c'est fort. Je pense que oui. Bien. Maintenant, tu m'as mis sur...

1:12:57Lucian Haas

des idées. J'attends les prochaines vidéos. La femme, la souris volante du van, qui part maintenant en fauteuil roulant parce qu'elle a une place. Elle

1:13:06Sophie Peupelmann

a un

1:13:06Lucian Haas

Une attelle en plastique encore autour de sa cheville.

1:13:10Sophie Peupelmann

Écoute, je crois que je te l'ai dit plusieurs fois pendant notre discussion, il y a des solutions pour tout. Il y a sûrement aussi une solution pour que je puisse, sans m'abîmer davantage le pied, monter quelque part.

1:13:20Lucian Haas

Tu vas la trouver. Sophie, merci beaucoup.

1:13:24Sophie Peupelmann

Merci à vous aussi.

1:13:29Lucian Haas

Tu trouveras l'Instagram de Sophie Peupelmann en tapant simplement les mots Miss, So et Fly avec un point entre chacun dans la barre de recherche Instagram. Si cet épisode de Podz-Glidz t'a plu, alors partage le plaisir. Parle-en à tes amis parapentistes, laisse une évaluation cinq étoiles sur la plateforme de podcast que tu utilises ou écris un commentaire correspondant sous les notes de l'épisode sur le Gleitschirm-Blog Blueglides. Si tu veux écouter encore plus d'histoires inspirantes issues de l'univers du parapente, alors abonne-toi à Podz-Glidz sur ton Podcatcher préféré pour ne manquer aucun épisode. De plus, deviens un soutien pour mon travail. Sur Gleitschirmfliegen.de, sur le Gleitschirm-Blog blueglides.blogspot.com, tu trouveras sous la rubrique "Fördern" toutes les infos et liens nécessaires pour continuer à soutenir ce projet avec une contribution financière, grande ou petite, que tu choisiras librement.

1:14:24Lucian Haas

Merci à tous les contributeurs. Décollez tôt, atterrissez tard, volez loin. Mais surtout, ne perdez pas le plaisir d'y jouer. À bientôt, votre Lucia.

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