Podz-Glidz, le podcast Lu-Glidz.
Des histoires du cosmos du parapente.
Aujourd'hui, avec Katrin Ganter et Lucian Haas au micro.
Ceux qui ont déjà vécu une descente de secours connaissent cette sensation. Lors des vols suivants, on ne reste plus aussi détendu dans le sellette. On aimerait tellement continuer à voler avec classe, et la raison nous dit aussi de ne pas en faire toute une histoire. Pourtant, au plus profond de soi, d'autres voix s'expriment. Le subconscient nous met des bâtons dans les roues. Mais ça ne doit pas rester ainsi. Une possibilité pour, en quelque sorte, reprogrammer son subconscient est l'hypnose. Comment cela fonctionne, j'en discute dans cet épisode de Podz-Glidz avec l'hypnothérapeute Katrin Ganter, venue de Suisse. En se basant sur ses connaissances en hypnose, elle propose un entraînement mental spécial pour le parapente. Katrin est aussi sage-femme de formation. Comment elle lie les expériences de cette partie de sa vie avec sa grande passion, le parapente, elle m'en parle également durant l'heure courte qui suit.
Katrin, tu travailles en Suisse comme sage-femme de montagne et tu aides pratiquement les bergères à mettre leurs enfants au monde. En même temps, tu es responsable d'une école de vol, donc tu aides les futurs pilotes à prendre leur envol. Est-ce que ces deux activités sont d'une manière ou d'une autre comparables pour toi ?
Oui, je pense qu'on peut faire un parallèle. J'ai été sage-femme pendant longtemps avant de me mettre au pilotage. Et après un certain temps, j'ai remarqué que mes qualités de sage-femme étaient absolument sollicitées au décollage. Surtout pour les élèves qui font leurs premiers vols, au tout début. En fait, c'est la même chose : ce dont on a besoin, ou du moins ce que je ressens comme étant nécessaire pour les élèves, c'est de garder son calme, de dégager du calme. Faire en sorte de ne pas propager de stress inutile, pour ainsi dire. Garder la situation sereine. Être simplement présent pour la personne qui s'apprête à décoller. Je repasse simplement sur les points importants, on fait le check de sécurité, le check de décollage ensemble.
Et ensuite, il s'agit plutôt de donner le sentiment que tu peux le faire, que tu vas y arriver.
Ça veut dire que pour les femmes qui accouchent maintenant, tu dois aussi leur donner ce sentiment, genre, « hé, tu vas y arriver ». Mais elles font ça toutes seules, et un pilote, au fond, c'est exactement la même chose.
Exactement, c'est la même chose. Les gens sont compétents, quoi qu'il en soit. Les femmes sont compétentes pour mettre au monde des enfants et les pilotes sont compétents pour voler. En fait, ils ont juste besoin de quelqu'un qui croit en eux à ce moment précis.
Tu étais déjà sage-femme depuis longtemps avant de commencer à travailler comme chef de départ en école de pilotage. Est-ce que tu as remarqué dès le début que tu pouvais transposer des choses d'un métier à l'autre, ou y a-t-il un moment où tu t'es dit : « Hé, c'est peut-être une particularité que j'apporte » ?
Non, c'était un peu le fruit du hasard que je me retrouve à ce poste. En fait, c'était parce que j'ai fait la formation de pilote de parapente en tandem et que le moniteur, en gros, j'ai fait un deal avec lui pour que je fasse un peu de soutien dont j'avais besoin pour mon brevet privé de tandem. Et voilà, je me suis glissée dedans, je me suis retrouvée là, et avec le temps, j'ai réalisé que ça me plaisait, que ça me faisait plaisir. C'était toujours un moment agréable avec les élèves. J'ai vraiment adoré pouvoir être présente avec eux quand ils faisaient leurs premiers vols. Il y a une telle excitation dans les airs, c'est quelque chose de magnifique. Ça m'a plu, oui.
Tu pratiques déjà le parapente depuis longtemps et si je me souviens bien, tu as commencé le parapente avant même d'être devenue sage-femme. Comment as-tu fait tes premiers pas dans l'aéronautique ?
En fait, j'ai commencé à voler en même temps que ma formation de sage-femme. Donc, pendant ma formation, j'ai aussi commencé à faire du parapente. Et c'est en fait mon mari qui m'a mis sur la piste de la thermique, enfin, il a toujours voulu voler, il a toujours voulu piloter des avions. Et pour moi, honnêtement, ça ne me disait rien. J'ai toujours vu ça comme son rêve, l'aviation. Et puis, à un moment donné, il a décidé, il a dit : « Bon, avec l'avion, je ne sais pas si ça va finir par arriver, mais je peux au moins apprendre le parapente. » Et ça ne me disait rien du tout à l'époque, le parapente. Je connaissais le deltaplane, j'en avais déjà vu quand j'étais enfant, mais je n'avais aucun lien avec ça. Et quand il a fait le cours, je suis allée le voir et j'ai simplement vu ce que ça signifiait, ce qui se passait.
J'étais au sol et ils planaient au-dessus de moi, c'était une journée magnifique, tout était calme, l'air était tranquille, c'était tellement paisible et là, je me suis dit : « Waouh, qu'est-ce qu'ils sont en train de faire ? » Et puis, le soir même, j'ai dit : « Hé, ça avait l'air magnifique, je peux vraiment m'imaginer que c'est amusant. » Et là, il m'a un peu convaincue, et le moniteur a aussi dit : « Tu peux juste essayer, essaie un peu. » Et j'ai dit : « Bon, d'accord, si je peux juste essayer depuis une petite colline, alors je le fais. » Et puis c'est arrivé, je me suis inscrite à un cours d'initiation et dès le premier décollage, c'était clair : je veux recommencer, exactement, oui.
Où as-tu fait ton cours d'initiation ?
Dans la Forêt-Noire, chez Walter Wagner chez Skymaster. C'était...
Ça veut dire que tu vivais dans le Schwarzwald à l'époque, et que tu vis en Suisse aujourd'hui. Comment est-ce que ça s'est passé pour que tu déménages en Suisse avec ton mari ?
Oui, alors j'avais fini ma formation de sage-femme et, pendant cette formation, j'ai aussi fait ma formation de pilote. C'était un peu comme une parenthèse pour moi, faire quelque chose de complètement différent. Et ça s'est passé comme ça : j'avais pratiquement fini ma licence de pilote et aussi ma formation. Et je voulais absolument travailler une année complète comme sage-femme. Et alors la question était : on le fait où, où est-ce que je vais ? Et pour nous deux, c'était clair, mon mari et moi, si on veut voler avec un enfant et travailler, il faut que ce soit simple d'une certaine manière. Il faut que ce soit juste devant la porte, pour ne pas avoir à conduire des heures pour faire un vol court, mais pour que ça puisse se faire dans le quotidien.
Et oui, on a fini par atterrir ici, après quelques détours, là où on est encore aujourd'hui, dans l'Oberland bernois. Et c'est en fait un endroit parfait pour voler.
Tu as choisi cet endroit parce que tu voulais voler ou parce que tu as obtenu un bon poste de sage-femme ? Enfin, je dois dire que mon...
Le plan était tout autre. Je savais déjà comment je voulais travailler en tant que sage-femme. Je voulais être à mon compte. Donc, il était clair pour moi que je ne voulais pas aller dans une grande maison, mais dans un endroit où je pourrais vraiment mener les accouchements moi-même.
Il m'était clair que je voulais aussi accompagner les femmes pendant le post-partum, faire un suivi global. Et on s'est rendu compte qu'on voulait partir en avion. Juste avant la porte. Et mon mari voulait encore faire du ski. Et moi, j'en voulais en fait encore plus. On a donc tout rassemblé, ce qu'on s'imaginait, et on s'est dit, ah, la Nouvelle-Zélande serait super,
pour concrétiser tout ça. Et du coup, je me suis porté candidat auprès d'agences, des agences de placement. Et l'une de ces agences me demandait tout le temps : pourquoi tu ne veux pas venir en Suisse ? Pourquoi tu ne veux pas venir en Suisse ? Et je lui ai répondu : oui, parce qu'on veut aller en Nouvelle-Zélande.
Et à un moment donné, j'ai réalisé que tout n'était pas aussi simple que je le pensais. Et elle a insisté à plusieurs reprises. Alors je lui ai dit : « Bon, donne-moi juste ce que tu as. Je vais regarder ça maintenant. » Et ensuite, j'ai fait le tour de trois ou quatre postes dans toute la Suisse, j'ai fait un tour en quelques jours et j'ai fini par atterrir ici, à Zweisim. Et je suis arrivé.
Les parapentistes ont atterri à côté de l'hôpital, donc juste à côté de mon futur lieu de travail. Le poste était vraiment exactement comme je l'avais imaginé, comme je n'aurais pas pu mieux le concevoir. C'est la première fois de ma vie que je prends une télécabine pour monter à la montagne, et c'était aussi quasiment juste devant la porte. Il y avait cinq minutes à pied entre mon travail et la télécabine. Je suis resté là-haut. Et je me suis dit, d'accord, ce n'est pas la Nouvelle-Zélande, mais ici, on a tout ce dont on a besoin.
C'est un peu comme le coup de foudre.
Oui, carrément. Enfin, ça m'a accueilli avec une telle bienveillance ici. Cette vallée avec tout ce qu'elle contient. On aurait presque dit qu'elle me disait : viens ici.
Exactement. Qu'est-ce que voler signifie pour toi ? Qu'est-ce qui te fascine autant là-dedans ?
D'une part, c'est une aventure. Quelque chose qui est juste là, devant la porte.
Parce que je suis quelqu'un de plutôt aventureux. Et avant d'être devenue sage-femme et que notre fils soit arrivé, on voyageait beaucoup. Et j'en ai besoin, un peu. Enfin, je crois que j'en ai juste besoin. J'ai toujours besoin d'un peu de changement, que quelque chose de nouveau se passe.
Une évasion du quotidien aussi ? Oui,
Une véritable fuite. Je ne l'appellerais pas comme ça. J'ai plutôt l'impression que c'est en fait le socle de ma vie. C'est plutôt mon quotidien. Pour moi, le quotidien est plutôt un peu aventureux.
Ça veut dire que voler, c'est ton terrain de jeu. L'air, c'est ton sol. C'est en fait un joli renversement.
Oui, ou simplement cette façon de vivre. Une façon de vivre où chaque jour, quelque chose d'imprévu peut arriver. Quelque chose de nouveau. Que chaque jour soit une expérience où l'on peut dire : cette journée, elle était belle. C'était une bonne journée. Alors, j'essaie de concrétiser ça autant que possible dans ma vie. Ça
c'est quasiment une philosophie de vie. Et pour ça, la pratique du parapente tombe comme un cheveu sur la soupe, pour ainsi dire.
Absolument. Le vol offre la possibilité de simplement... même si on n'y va que pour peu de temps, juste pour une heure, on est juste là, pendant cette heure-là. On ne pense à rien d'autre. Je pense que c'est le cas pour tout le monde. Je ne pense pas au travail. Je n'y pense pas du tout, je pense. Je vais juste voler et c'est tout ce que je fais là-bas. On est totalement présent. Et c'est très reposant pour moi. Justement parce que la tête, elle devient comme ça, elle s'éteint simplement à ce moment-là.
Et ça fait très, ça fait, ça fait plaisir. C'est un défi. C'est toujours différent. Et la deuxième grande, grande, grande raison pour moi de voler est certainement un amour très fort pour la nature. C'est-à-dire que je me sens simplement au cœur des choses au lieu de simplement en faire partie.
Exactement. Eh bien, tu ne pratiques pas le parapente uniquement pour toi, mais tu l'as aussi intégré à ton métier ou à ton travail, et d'une autre manière encore dans ta vie. On a déjà dit tout à l'heure que tu travailles comme chef de départ. Tu travailles comme chef de départ pour une école de vol en Suisse. En même temps, tu proposes aussi quelque chose comme des entraînements spéciaux. Et tu as un site internet qui s'appelle Werk Hypnose. Et on y trouve ce mot-clé intéressant, Hypnose, en lien avec le parapente. Comment est-ce que tout cela s'articule ?
L'hypnose s'accorde parfaitement avec le parapente,
parce que, enfin, peut-être que je vais juste dire très brièvement, le métier de sage-femme est passé au second plan pour moi maintenant. Je ne fais plus d'accouchements, plus d'obstétrique, seulement du suivi post-partum à domicile. Et à la place, il y a quelques années, je crois que j'ai commencé en 2011, j'ai fait une formation de hypnothérapeute en plus. Et j'ai remarqué quel potentiel a l'hypnose. Et pour le vol, pour moi, la plus grande difficulté, c'est évidemment la technique, apprendre comment ça fonctionne, comment je gère le parapente,
c'est-à-dire comment je tourne si je suis dans la thermique, et tout ça. C'est une chose. Mais j'ai l'impression que pour moi, la plus grande difficulté a toujours été le mental. Comme je l'ai dit au début, en quelque sorte, oser tout simplement voler seul, aller voler ou évaluer les conditions, est-ce que c'est possible maintenant, est-ce que ça ne l'est pas, trouver la confiance. Ou aussi en l'air, quand il arrive quelque chose qu'on n'a peut-être pas encore vécu. Ou quand on vole quelque part où on n'est jamais allé. On est d'une certaine manière, je trouve toujours ça, comment dire, je trouve toujours ça extrêmement impressionnant. Oui, on décolle, on est totalement seul quelque part à, je ne sais pas, 500 mètres au-dessus de n'importe quels glaciers.
Et c'est...
Écrasant d'une certaine manière.
J'ai l'impression que c'est accablant, oui. Et c'est ce que, en fait, pour moi, la tête est vraiment un facteur énorme quand on vole. Oui, et pour que je puisse en profiter.
Eh bien, on se dit, par exemple, quand on vole : oui, il faut être bien réveillé et tout contrôler. Et là, on voit passer un mot comme « hypnose ». Du moins, au premier abord, on se dit que l'hypnose et être réveillé, ce n'est pas du tout la même chose. Dans quelle mesure l'hypnose peut-elle donc m'aider quand je vole ?
Alors d'une part, on fait beaucoup de choses inconsciemment quand on vole. Je pense que tout le monde connaît ça. Tout le monde sait, par exemple, qu'il se dit, juste pour donner un exemple, aujourd'hui je monte jusqu'à la nuée, jusqu'à la base. Et puis, avant même de s'en rendre compte, on a déjà fait demi-tour et on n'est pas monté jusqu'à la base. Ça veut dire que, d'une manière ou d'une autre, quelque chose dans la peau a décidé, avant même qu'on puisse réfléchir, que ce ne serait peut-être pas une bonne idée. Et là, on est déjà en contact avec l'inconscient. Parce que cette décision, par exemple, de ne pas le faire, a été prise inconsciemment, alors que la raison pensait : oui, aujourd'hui je fais ça.
Aujourd'hui, je le fais vraiment. Et inconsciemment, on a...
Est-ce que l'inconscient ou le subconscient est alors toujours plus fort que la conscience ? Est-ce que je cède toujours à mon subconscient, ce qui me fait malheureusement sombrer alors que je veux en fait m'envoler ?
Oui, je peux tout à fait confirmer ça. L'inconscient, c'est le patron, on peut dire ça comme ça. Mais les deux, donc aussi la pensée consciente,
les deux ont une part importante et, idéalement, nous travaillons en équipe entre l'inconscient et le conscient. Et les deux ont aussi des tâches différentes. On peut imaginer que la pensée consciente est là pour me permettre de me concentrer sur une chose que je fais en ce moment. C'est un peu comme l'aile sur laquelle apparaissent les informations que je lis ensuite. L'inconscient, en revanche, c'est l'ordinateur, c'est le serveur avec une capacité énorme qui effectue automatiquement et de manière autonome plein de formes, de processus, mais sans me charger avec tous les processus, en ne me transmettant que les infos importantes.
Donc, mais comme l'inconscient a cette grande capacité et s'occupe en fait de tout, on peut dire qu'il est le patron. Donc si l'inconscient ne veut pas, s'il ne participe pas quelque part, s'il bloque, alors la raison peut penser cent fois : je fais ça, ça ne va pas marcher. À l'inverse, c'est aussi le cas quand la raison va dans une direction et que l'inconscient, on pourrait dire, par exemple, je me prends le mur avec la tête.
Exactement, c'est toujours difficile. Quand les deux ne collaborent pas, ça devient compliqué. Mais quand les deux sont d'accord, on peut en fait tout accomplir.
Et qu'est-ce que fait l'hypnose là-dedans ? Enfin, comment peut-elle être utile pour mettre le subconscient et le conscient en harmonie, ou quelque chose comme ça ?
Donc pour le parapente,
C'est assez varié. En fait, on peut l'utiliser pour tout. D'une part, on peut s'en servir quand on a un objectif précis pour découvrir comment l'atteindre au mieux, quelles sont les meilleures étapes à suivre pour y arriver. D'autre part, on peut bien sûr aussi l'utiliser quand on rencontre des difficultés, quand il y a des blocages.
Et elles peuvent être très différentes. Une blocage typique que partagent énormément de pilotes de parapente, par exemple, c'est qu'ils ont un peu le trac au décollage quand d'autres regardent. J'entends vraiment ça très souvent.
Le stress classique du décollage. Oui,
le stress du démarrage. Exactement, tout le monde regarde et je dois assurer maintenant. C'est une chose, par exemple. Ou alors, ce n'est pas vraiment, comment dire, c'est juste désagréable quand on a ce stress du démarrage, mais ce n'est pas un énorme blocage. Ce n'est pas une énorme barrière. C'est autre chose, bien sûr, quand on a par exemple eu un accident ou un atterrissage d'urgence. Simplement un incident en vol où l'on se dit, "waouh, ça a été, je trouve que c'était juste" ou "là, je me suis vraiment mis dans une situation difficile", pour pouvoir à nouveau voler librement après. Exactement, sans être constamment déclenché et, disons, retomber sans cesse dans l'angoisse. Ce sont des choses qu'on peut traiter avec l'hypnose.
se nettoyer assez rapidement, parce qu'en hypnose, le truc spécial, c'est qu'on a un accès total à son propre inconscient. Normalement, comme le nom l'indique, c'est inconscient. Il y a une sorte de limite. C'est un peu difficile de comprendre ce qui se passe là-dedans, et l'hypnose est en fait un état dans lequel on a un état de pensée, c'est une façon de penser. Dans lequel je peux penser simultanément de manière inconsciente et consciente, et les deux peuvent, disons, entrer en communication entre eux pour voir ce qui se passe, ce qui est le mieux et comment je peux régler ça ?
Si
Si j'avais par exemple eu un décrochage de secours et que je disais : « Depuis, je n'ose plus vraiment, parce que dès qu'il y a un peu de secousse, je deviens nerveuse et je reste en fait figée dans mon sellette ou quelque chose comme ça. » Je viens maintenant vers toi ou je viendrais vers toi et je dirais : « J'aimerais bien me détendre à nouveau. Comment est-ce que je me l'imagine ? Qu'est-ce que tu fais avec moi pour que ça fonctionne ? »
Alors, pour la plupart des gens, l'idée qu'ils se font de l'hypnose, c'est que je vais, d'une manière ou d'une autre, presque endormir l'autre personne et que je vais ensuite lui suggérer quelque chose avec des mots pour l'aider. Ce n'est pas ce que je fais. Je ne fais pas ça. C'est une forme classique et ancienne de l'hypnose. Mais depuis, l'hypnose a évolué et il existe des méthodes bien meilleures. Si tu viens me voir pour de l'hypnose, je vais simplement te montrer comment tu peux entrer dans cet état de transe. Un état de transe, c'est simplement cet état de pensée où l'inconscient et le conscient sont actifs. Donc, tu peux imaginer que si tu rêves la nuit, par exemple, seul ton inconscient est actif.
En journée, quand tu fais, je ne sais pas, un calcul ou quand tu écris quelque chose sur l'ordinateur, alors il se peut que ce soit seulement ta pensée consciente, ou je vais dire pour l'instant : l'inconscient est toujours actif, mais c'est la conscience qui dirige. Et la transe est un état dans lequel les deux sont actifs simultanément et tu as un accès total à ton inconscient. Et il se caractérise par le fait que tu rentres simplement en toi-même. Tu entres comme dans ton propre monde et les stimuli extérieurs diminuent. Donc ça veut dire que si tu es dans un état de transe, tu ne remarques même plus vraiment que le téléphone sonne ou quels bruits il y a autour de toi. Tu les bloques. Et cet état, nous le connaissons en fait. Il est inné.
C'est
Est-ce que c'est comme le fait de rêvasser ? Ou comment peut-on se représenter ça ?
Exactement, le rêve éveillé y participe aussi, et selon les cas, on peut aussi entrer dans un état de transe. C'est un état inné, on le connaît. On l'utilise aussi souvent. Seulement, normalement, on ne l'appelle pas hypnose. C'est juste ce mot, je ne le trouve pas très utile, pas très approprié, mais c'est en fait ce que nous connaissons tous.
Et comment je fais pour que mon inconscient me montre pourquoi il bloque à cet endroit ? Est-ce que je vois des images de ça ? Ou comment est-ce que je dois me l'imaginer ? Enfin, comment ça...
Inconscient, tu as déjà parlé des images, c'est un peu la spécialité quand on travaille avec l'inconscient. Le fait que l'inconscient ait une autre langue maternelle que la pensée consciente. La pensée consciente pense en mots et en phrases. Et l'inconscient, sa langue maternelle, ce sont en fait les images. Pour certaines personnes, ce sont aussi des odeurs ou par exemple de la musique. Mais pour la plupart des gens, ce sont des images. Et l'inconscient s'exprime, il comprend les mots certes, mais il s'exprime en réalité de préférence par des images. Et il travaille aussi par images. Ça veut dire que si je mène une conversation avec l'inconscient, alors ça se passe de manière imagée. Alors il peut se passer, par exemple, que la personne puisse s'observer en train de voler et voir de l'extérieur comment elle est assise dans son sellette quand elle se retrouve, par exemple, dans une situation où elle est tendue.
Et alors, il peut voir : « Oh, regarde, je suis tout devant, je suis hyper tendu, mon visage est tout pâle, mes lèvres sont serrées. » Il peut observer ça. C'est comme un film qu'on regarde de l'extérieur. Et le beau dans tout ça, c'est qu'avec l'aide de l'inconscient, on peut alors dire : « Inconscient, fais apparaître maintenant la partie qui peut aider, par exemple. » Et là, il peut arriver qu'un aidant, un ami ou quoi que ce soit apparaisse et corrige la situation. Et ça continue jusqu'à ce que la personne dise : « Oui, maintenant ça a l'air confortable, ça a l'air bien, on dirait que je vais me sentir bien. » Alors, on se replonge soi-même dans ce film, pour ainsi dire, on le revit.
Et ce qui est intéressant, c'est que peu importe pour nous si on vit quelque chose en hypnose — par exemple, si on vole en hypnose, qu'on a modifié la situation, qu'on se sent bien et qu'on a tout fait pour que ça nous convienne, qu'on l'ait adapté comme il fallait — ou si on le vit en réalité. On s'en fiche complètement. Ça signifie que si je le vis en hypnose, si je l'ai vécu comme ça en hypnose, ça a un impact et je vais ensuite dans les airs et je me sens bien. Le blocage est levé.
Elle est quasiment écrasée par la nouvelle image, ou comment est-ce que je devrais me le représenter ?
C'est une sorte de réécriture, mais en fait c'est plus que de la réécriture, parce qu'elle est modifiée à ce moment précis.
Donc, à l'aide de l'inconscient, nous modifions la situation pour qu'elle soit positive et qu'elle devienne, pour ainsi dire, gérable, qu'elle ne soit plus accablante, qu'elle soit simplement une situation où je peux dire : là, je me sens bien. Et ce sentiment reste, il est intégré dans la conscience normale et c'est comme si c'était arrivé. Bien que ce ne soit pas arrivé, l'inconscient l'accepte comme si c'était le cas. Et par conséquent, cela change, évidemment.
Ça se passe d'ailleurs pendant la séance d'hypnose elle-même. Mais il pourrait aussi être le cas que je sois en plein vol et que je remarque : « Oh, là, je redeviens tendue ». Est-ce qu'il existe aussi des techniques où je pourrais dire, par exemple, comment je peux appeler rapidement mon "helper" à l'aide, pour que ça fonctionne aussi en plein vol, alors que je ne l'ai pas encore autant joué et reprogrammé dans la situation d'hypnose ?
Alors, il y a certainement, comme tu l'as dit, ce côté rêverie, c'est très utile.
Que je me demande, disons, avant même de prendre l'avion, comment ça va se passer pour moi dans les airs ? Quelles sont les situations typiques où je vais me sentir mal à l'aise ?
Et je me demande : qu'est-ce qui m'aiderait ? Qu'est-ce qui me servirait ? Comment pourrais-je me soutenir ? Par exemple, j'aime bien faire un exercice de pensée : si j'étais ma meilleure amie, que me conseillerait-elle ? Pour pouvoir simplement découvrir de quoi j'ai réellement besoin à ce moment-là. Et ensuite, je peux réfléchir à ce qui me serait utile, à ce dont j'ai vraiment besoin, à ce qui me donne de la sécurité. Et là, j'ai déjà l'idée de comment je peux un peu préparer cette situation, ce que je peux changer à l'avance,
pour que je l'aie, pour que je puisse m'en servir. Après, on peut bien sûr rêvasser un peu et s'imaginer : comment je me sentirais si je me sentais bien ? Quelles pensées aurais-je si je me sentais bien ? Parce que très souvent, énormément de peurs en l'air sont en fait déclenchées par le jugement de la situation. On juge la situation comme dangereuse ou pas correcte et on active ainsi, disons, ces vieux programmes de fuite vraiment ancrés, par exemple. Et ils sont bien violents, le cœur s'emballe, on connaît tous ça, la bouche devient sèche, les mains commencent à suer, le cerveau se vide complètement parce que tout le sang va, disons, dans les membres pour que je puisse courir.
Et si je laisse les choses aller si loin, je ne peux plus réfléchir. Dans cette situation, je ne peux pas trouver de solution de manière créative. C'est pourquoi il est important que je la trouve à l'avance et que je me demande comment cela devrait être, à quoi cela devrait ressembler, et que je parte avec un certain plan dans les airs. Et là, je peux me rappeler, par exemple, une bonne pensée que je peux avoir, une pensée que la thermique soutient. Par exemple, tout le monde connaît la phrase « l'altitude, c'est la sécurité », c'est une phrase typique. Elle est un peu générale, comment dire, tout le monde la connaît, mais on peut trouver ses propres phrases, celles qui nous touchent vraiment. Et plus ma pensée me saisit et me touche émotionnellement, plus elle sera efficace.
J'ai eu une conversation ou fait un entretien avec Bernie Pessel, un grand pilote de cross-country autrichien, et je lui ai aussi demandé, parce qu'il vole souvent dans des conditions assez rudes, là où d'autres diraient : « Je préfère atterrir ». Comment gère-t-il cela ? Et il a répondu : « Oui, quand c'est vraiment intense, je commence simplement à jubiler et je m'en réjouis ». Est-ce exactement une façon de gérer ce genre de situations ?
C'est absolument une tactique qu'on peut adopter. L'important, c'est simplement d'avoir quelque chose de prêt, quelque chose qu'on peut utiliser, pour ne pas avoir à réfléchir sur le moment à ce qu'on va faire, parce qu'il n'y a plus de capacité cérébrale pour ça. Le cerveau est vide. Le sang est dans les membres pour la fuite. Ça, je peux le réfléchir. Ça veut dire que je dois le savoir à l'avance. Qu'est-ce que je veux faire ? À quoi je veux penser ? Et beaucoup ont simplement des pensées,
qui ne sont pas utiles. Ils se disent alors : « Oh mon Dieu, tiens mes mousquetons, par exemple. » Ou « Oh mon Dieu, le nuage a l'air si gris. » Ce ne sont pas des pensées utiles, elles n'augmentent que ma peur et ne changent rien à la situation. Ça veut dire que je réfléchis à l'avance à quelle pensée va m'aider.
Et là, on peut vraiment être créatif. Il suffit de laisser libre cours à sa créativité. Par exemple, j'ai repris l'idée de quelqu'un : quand ça secoue beaucoup ou quelque chose comme ça, je me dis qu'en une minute, ça ira sûrement mieux.
Alors je me dis que je dois juste tenir une minute et que ça va sûrement redevenir beau.
Et là, je me dis cette phrase. Je me dis qu'en une minute, ça va sûrement redevenir beau. Et ça me motive à juste attendre un peu, à ne pas m'envoler tout de suite, mais à rester à l'intérieur. Et souvent, c'est vraiment le cas : après une minute, c'est déjà redevenu beau.
Exactement. C'est un peu comme de l'autosuggestion, non ?
Oui. Oui, on peut dire ça.
Si on met de côté l'hypnose comme sujet pour un instant. Tu proposes aussi du mental training tout classique, où il ne s'agit pas spécifiquement d'hypnose. Et notamment, j'ai vu, pour des cours SIV. Qu'est-ce que tu fais avec les pilotes ? Comment complètes-tu un cours SIV avec ton mental training ?
Oui, donc tout ce que je transmets dans le mental training provient déjà, déjà de mes connaissances en hypnose. Et aussi de mes connaissances en tant que sage-femme. En fait, j'ai acquis dans ces deux professions, comment dire, tout simplement un immense trésor d'expérience sur la façon dont nous réagissons dans des situations extrêmes. Parce qu'un accouchement est aussi une situation extrême. Et j'ai pu passer énormément de temps, des heures durant, lors d'un accouchement on est pendant des heures dans le feu de l'action, on est pendant des heures, des nuits entières avec une femme qui traverse ce processus. Et on apprend énormément ce qui est utile ou non dans un tel moment. Donc ça, et on peut aussi essayer, si on a quelque chose qui ne sert à rien, ça ne sera pas accepté.
Alors, je ne pourrai pas soutenir la femme, au contraire, et je risque même d'aggraver la situation. Mais si je peux développer une bonne intuition pour le moment présent et ce dont il a besoin, alors ça devient plus facile. Et avec le temps, j'ai pu remarquer qu'il existe certaines structures sous-jacentes. Je vais dire, par exemple,
qui structurent le processus. C'est quelque chose qu'on ne voit pas, mais qu'on peut identifier quand on l'expérimente souvent. Le deuxième point, c'est que l'hypnose m'a bien sûr transmis une grande connaissance sur notre fonctionnement, sur la façon dont l'inconscient pense, ce qui est important pour lui afin qu'il collabore avec la pensée consciente, et quelles sont les conditions nécessaires pour cela. Et à partir de tout ça, j'ai pratiquement créé ce mental coaching. Et ça fonctionne tout simplement comme ça : avant de s'entraîner, on s'assoit ensemble une heure chaque jour et je transmets en fait ces connaissances. Donc, ce mental coaching est beaucoup de transmission de savoir.
Comment fonctionnons-nous, au fond ? Que se passe-t-il dans une situation extrême comme celle-là ? Qu'est-ce qui arrive à ce moment précis ? Qu'est-ce qui est utile ? Et qu'est-ce qui ne sert absolument à rien ? Le fait que j'aie déjà une idée de la manière dont je peux aborder les choses. Et en fait, on sait toujours très précisément ce qui est bon pour nous. Et plus je peux comprendre la situation et ce qui se passe en moi, mieux je peux décider de ce qui est bon pour moi à cet instant précis.
Quelles sont les situations typiques, justement lors du cours SIV, que tu rencontres régulièrement et que les pilotes vivent à chaque fois et se disent : « Là, j'aurais besoin d'un coup de main » ? C'est-à-dire, quelles sont les principales questions qui se posent ?
Oui, c'est pour tout le monde, évidemment, c'est du terrain inconnu. On a donc beaucoup à voir avec l'instinct face à l'inconnu, pour ainsi dire.
C'est pour tout le monde. Et je pense vraiment que c'est le cas pour tout le monde, sans exception. L'un peut mieux le gérer, l'autre, par contre, sera un peu plus nerveux. Mais fondamentalement, c'est pareil pour tous. Je ne connais personne qui arrive totalement calme à un cours SIV et qui fait son premier Full-Stall tout relaxé. Tout le monde est nerveux, tout le monde se pose des questions, revoit la manœuvre dans sa tête, et ainsi de suite. Et oui, c'est simplement : comment je vais m'en sortir de la bonne manière, sans me mettre dans une situation, pour ainsi dire, dans une zone rouge ? C'est en fait le plus important. Comment je peux faire quelque chose de nouveau alors que je ne sais pas encore exactement ? Je ne peux pas tout savoir précisément.
Je peux me préparer, je peux passer ça en revue théoriquement, mais après, il faut que je le fasse. Et surtout pour un Stall, je dois aller jusqu'au bout. Je ne peux pas m'arrêter en plein milieu, c'est soit je le fais, soit je ne le fais pas.
Est-ce qu'il existe une sorte de technique simple pour ouvrir mon inconscient, pour qu'il se dise : « Tiens, là, il se passe quelque chose de vraiment nouveau, ça peut m'exciter ou autre chose, mais je l'accepte tout simplement ou plus rapidement » ? Est-ce qu'il y a une technique de base pour y arriver ?
Alors, en principe, pour moi, le plus simple est bien sûr de passer par l'hypnose. On peut aussi le faire soi-même. Personnellement, je demande toujours la permission,
si j'ai simplement la permission de le faire, si j'ai le plein soutien de mon inconscient. Si ça dit : oui, je te soutiens à fond, alors je sais que je l'ai aussi. Comment ça me dit...
le subconscient, n'est-ce pas ?
Alors pour moi, c'est très simple, et pour tous ceux qui font, disons, de l'hypnose, qui viennent par exemple vers moi en hypnose, je leur apprends ça. Il existe des techniques tout simples pour, par exemple, on peut établir un langage de signes avec l'inconscient.
Est-ce que je dois faire un signe pour le subconscient, ou est-ce que le subconscient me fait un signe en retour et que je dois juste lui parler avec des mots ?
Oui, on fait ça, on le fait, on le fait simplement. À un moment donné, tu dis à l'inconscient, par exemple l'inconscient, tu négocies avec lui, tu dis : si tu es d'accord, alors bouge, par exemple, fais monter l'index droit. C'est un tout petit mouvement, personne ne le remarque, personne ne le voit. Et ensuite, on peut se plonger un peu en soi, entrer brièvement dans une sorte de courte transe, dire : inconscient, je veux savoir quelque chose, je veux te poser une question rapidement. Es-tu d'accord avec ça, oui ou non ? Et si c'est oui, tu dois lever l'index. Et alors, ton inconscient peut contrôler ton index. Ça peut, disons, piloter brièvement la musculature et prendre le relais. Et là, j'ai mon signe. Mais ça ne fonctionne que si je suis d'accord avec ça, si je l'ai convenu.
Si je m'en mêle bien sûr et que je dis : « non, je n'y crois pas du tout », alors ça ne fonctionne pas non plus. Ça devient alors difficile de trouver une bonne communication.
Donc, je dois vraiment apprendre ou m'exercer à conclure des accords, en quelque sorte, avec mon conscient et mon inconscient.
Oui. Il faut simplement entrer en contact. Et maintenant, lors d'un cours SIV, pour l'entraînement mental, je n'utilise pas d'hypnose en soi. Mais j'apprends aux gens comment ils peuvent communiquer avec l'inconscient et comment ils peuvent remarquer si la communication fonctionne. Enfin, comment ils peuvent établir ce bon contact. Et on en a tous. Par exemple, tout le monde connaît l'intuition. C'est une expression que tout le monde connaît. Et tout le monde l'a déjà vécue. L'intuition n'est en fait rien d'autre qu'une communication avec l'inconscient. Ça me donne une info et me dit : « fais attention à ça ».
C'est aussi une autre chose, quand on parle d'instinct ou de quelque chose du genre. Est-ce que c'est la même chose ?
Oui, absolument. Et il est important de ne pas négliger ça. De simplement, de bien écouter, d'être attentif à l'instinct et à... ce n'est vraiment pas si simple. C'est vraiment un processus très complexe... Ce sont des processus complexes et tout le monde le sait, pour trouver ce chemin, cette voie, justement lors d'un cours SIV, entre l'excitation et l'excitation excessive qui bloque déjà, ou quand on se simplifie trop les choses en se disant : « oui, oui, tout est facile », et puis on se retrouve soudainement avec un gros bazar et on se dit : « oups, ce n'était pas si facile finalement ».
C'est un chemin qu'on ne peut parcourir qu'étape par étape, et je pense que c'est là que réside le secret. Par exemple, dans le mental coaching, on travaille vraiment sur le fait d'avancer pas à pas. Il faut toujours ne regarder que l'étape qu'on est en train de faire, pour que les capacités soient pleinement là.
Est-ce que le subconscient peut aussi se sentir offensé si on ne l'écoute pas ?
Ce n'est pas de la vexation. Ça ne veut pas te punir ou quoi que ce soit. En fait, l'inconscient est totalement de ton côté. On peut le dire comme ça. C'est en fait le meilleur ami que tu puisses avoir. Il ne réagirait jamais en étant vexé pour dire : « Bon, maintenant, je vais te le montrer ». Mais il peut simplement avoir des raisons, de bonnes raisons, pour agir ainsi. Et ces raisons ne te sont peut-être pas conscientes à ce moment précis. Il peut aussi être que quelque chose se soit automatisé. Simplement une approche défavorable qui se répète sans cesse. Mais qui ne mène pas au succès. Si maintenant ça...
On pense que parce qu'on se sent mal, c'est-à-dire quand on a un schéma qui ne nous fait pas avancer et qui nous fait échouer à chaque fois, alors on ne se sent pas bien. Et on se dit : « Oh, l'inconscient veut me punir, parce que ça ne me fait pas me sentir bien. » Mais en fait, il me rend service en me montrant qu'il y a quelque chose.
Regarde si c'est encore d'actualité, si tu veux continuer comme ça. En fait, ce n'est pas une punition, c'est un indice qui pose une sorte de marqueur et dit : « Tiens, il y a quelque chose ici qui pourrait être plus optimal, qui pourrait mieux se passer ». Et chaque fois que l'inconscient nous met dans une telle situation, en soi, c'est aussi un signe que nous avons les ressources pour changer les choses et les possibilités.
Pour les personnes qui ont par exemple un traumatisme vraiment grave et qui n'ont pas les ressources, elles ne se rendent souvent même pas compte de quoi. Elles ne s'en rendent absolument pas compte, elles oublient complètement les choses. Donc, c'est toujours un indice quand l'inconscient me donne un signal, par exemple, que je ne me sens pas bien face à quelque chose, que c'est le signe que je me dise : regarde ça, en fait on n'en a plus besoin, ce n'est plus d'actualité, fais quelque chose de nouveau.
À propos de l'évolution et de l'entraînement mental, en plus des cours SIV, tu as aussi déjà travaillé en tant que coach mentale lors d'une formation de maniement au sol. C'était au Portugal et c'était un cours réservé uniquement aux femmes. Qu'est-ce que tu as vécu là-bas ?
Oui, je dois dire que cette formation avec les femmes a été pour moi l'une des plus belles semaines de travail de ma vie. C'était gigantesque. C'était un pur plaisir, parce que dans ce cas précis, j'ai vraiment pu être témoin d'une telle évolution en peu de temps, grâce à la combinaison de ces différents éléments. Le maniement au sol est tout simplement génial pour améliorer sa technique. Il n'y a pratiquement rien de mieux.
Ça se passe au sol, donc on a quand même une certaine, on a plus de garanties. Donc si je prends par exemple l'aile dans le flyback au sol, c'est différent de quand je fais un fullstall en l'air. Et
en combinaison, disons, avec ces préparations mentales quotidiennes : quel est mon objectif ? Où est-ce que je veux aller ? Comment je fais ça étape par étape ? Qu'est-ce qu'il y a à faire maintenant, concrètement ? Quels sont mes obstacles en chemin ? Quelles sont mes ressources ? Comment est-ce que je veux les utiliser ?
On pouvait voir, dès le deuxième ou troisième jour, le déclic se produire. Et pour moi, c'était vraiment
c'était tout simplement quelque chose de très touchant à chaque fois, de voir comment ces femmes ont tout simplement éclos. Elles ont souvent changé à 180 degrés, elles ne faisaient plus que s'amuser, elles riaient, elles osaient des choses, elles ne voulaient plus s'arrêter. Enfin, elles ne voulaient plus manger, elles voulaient juste s'envoler et faire quelque chose avec cette aile. Et c'est une expérience, c'était unique, oui. Eh bien
ce n'étaient que des femmes. Penses-tu que cette expérience pourrait être la même avec des hommes ? Ou est-ce que les femmes sont d'une manière ou d'une autre différentes à ce niveau ? Est-ce qu'elles gèrent ces évolutions différemment ? Peut-être aussi différemment avec les peurs ou quoi que ce soit ?
Ce que je vois chez les femmes, c'est qu'elles se livrent plus quand elles sont entre elles. Qu'elles osent plus, qu'elles vont plus vers l'avant.
Et ce que je pense aussi, oui,
C'est un peu une théorie, je ne sais pas, je ne peux bien sûr que le ressentir, mais ça fait du bien aux femmes d'avoir aussi des modèles féminins. Donc de voir une autre femme faire ce qu'elles ne savent peut-être pas encore faire, qui leur montre comment faire, en quelque sorte. Parce qu'on n'est pas forcément, quand on est là, on est entourés de beaucoup d'hommes dans ce sport. Donc peut-être qu'il y a encore plus de femmes pendant la formation,
mais la plupart sont des hommes. Ici, j'ai été presque la seule pendant des années. Beaucoup de jours, je suis la seule femme au décollage.
Et ça veut dire que mon entourage est toujours composé d'hommes et je les regarde, et quand je les regarde, je ne m'identifie pas forcément à eux. Parce que ce sont des hommes, ils ne sont pas comme moi. Mais si je vois une femme qui est peut-être petite et délicate et qui a des enfants et qui, je ne sais pas, qui vole super bien, qui maîtrise super bien son aile, qui fait des décollages super, peu importe, alors je me dis : ah, donc si elle peut le faire, je peux peut-être le faire aussi. Et je pense que c'est un aspect important de pourquoi les femmes se poussent autant mutuellement. Parce que pour elles aussi, c'est nouveau de voir d'autres femmes faire des choses.
Et ça, ça inspire. Ah, alors je peux aussi faire quelque chose. Et il y a un effet, une dynamique, où elles se poussent aussi énormément les unes les autres. Mhm.
Ça veut dire que, si on prend ton expérience en compte, ce serait en fait pertinent que les femmes aillent voler avec d'autres femmes beaucoup plus souvent et qu'elles créent de vrais clubs de femmes.
et cetera ? Oui, je dirais que oui. Je dirais que oui. Ce serait bien, bien sûr, à un moment donné, comment dire, je crois que c'est dans mon imagination, ou bien je le souhaiterais bien sûr, que les hommes et les femmes volent ensemble et s'amusent de la même façon que les hommes entre eux ou les femmes entre elles. Mais dans la réalité, je peux aussi le voir. Je peux le voir chez les hommes, qu'ils apprécient de voler entre eux. Donc avec leurs potes et être entre eux. Et de la même manière, je vois ça chez les femmes, qu'elles sortent plus d'elles-mêmes quand elles sont entre elles. Et oui, et je pense que cette recherche de modèles, qu'il est bon pour une femme d'avoir un modèle féminin.
Quelqu'un qui se dit : en fait, elle est comme moi et elle peut le faire aussi. Et là, je trouve des moyens de pouvoir le faire moi aussi. Si je vois une mère qui a réussi à continuer à voler avec ses enfants, je me dis : hm, comment a-t-elle fait ? Ensuite, on discute et ça devient possible pour moi aussi. Mais si je ne vois que des femmes qui arrêtent de voler quand les enfants arrivent, je n'ai aucune inspiration sur la façon dont ça pourrait se passer.
Mais je pense que pour beaucoup, c'est plus facile quand on a un petit coup de pouce extérieur et qu'on n'a pas à tout réinventer soi-même en tant que pionnière.
On a parlé tout à l'heure du stress au démarrage. Tu dis maintenant que les femmes, quand elles sont beaucoup avec des hommes, ne les voient pas forcément comme des modèles et se sentent peut-être plus observées par eux ou quoi que ce soit. Est-ce qu'il y a des peurs typiques, où tu vois qu'il y a une peur plus fréquente chez les femmes et une autre peur que l'on observe plutôt chez les hommes face aux pilotes ?
Je ne pense pas, non. Je pense simplement que la façon de gérer ça est différente. Mais je pense que les peurs sont les mêmes, oui.
Sous quelle forme ?
Oui, alors c'est peut-être déjà présenté de manière un peu cliché, enfin c'est sûr que c'est toujours individuel, mais chez les femmes par exemple, je peux beaucoup observer qu'elles sous-estiment plutôt leurs capacités. C'est-à-dire qu'elles ne se font pas assez confiance, qu'elles se retiennent encore plus et se disent que non, je ne peux pas, et oui,
se brider, pour dire. Et chez les hommes, on peut peut-être même observer le contraire : ils ont peut-être ce sentiment à l'intérieur, genre "je peux vraiment le faire", mais ils le masquent en disant "bah oui, je peux le faire, c'est facile". Et on le voit, ils le font quand même, ils se lancent, mais quand on regarde le début, on voit, enfin, qu'il y avait une certaine nervosité. On le voit aux mouvements, ils ne sont plus aussi précis que quand on est calme.
Est-ce que les hommes passent peut-être plutôt par leur subconscient ? Est-ce qu'ils n'écoutent pas vraiment les signaux ? Ça
Je ne sais pas. Je ne le pense pas. C'est vraiment une approche différente et ce sont d'autres problèmes, disons. Et je pense aussi qu'une grande partie est simplement ancrée dans notre éducation. Je ne pense même pas que ce soit typiquement masculin ou féminin, mais plutôt que c'est basé sur la façon dont nous avons l'habitude, dans la société, d'être un homme ou une femme. Et cela s'exprime ensuite dans notre façon de gérer les choses et de nous exprimer. Mais je pense qu'au fond, si on décortique tout ça, c'est assez similaire pour les hommes et les femmes. C'est juste que la manière de gérer les choses est différente.
Tu as une page sur internet, www.berghypnose.ch. Tu y décris beaucoup de choses sur l'entraînement mental, l'hypnose et le reste. Deux termes m'ont frappé à plusieurs reprises. Ils apparaissent dans beaucoup de tes textes. L'un est l'attention et l'autre est la pleine conscience. Que signifient ces deux notions pour toi et pour le pilotage ?
Oui,
L'attention, je pense, c'est tout en matière de vol. Donc plus je me mets en condition pour être attentif, plus je peux percevoir ce qu'il faut à l'instant présent et simplement bien réagir. Et c'est pour ça que pour moi, l'attention est en fait l'élément essentiel. Plus je peux être attentif à ce qui se passe à l'extérieur, par exemple au niveau de la météo, à ce qui se passe dans l'aile et à ce qui se passe en moi, plus je capte les choses et mieux je peux m'y adapter.
Le deuxième terme était la pleine conscience. En quoi se distingue-t-elle de l'attention et qu'est-ce qu'elle a de particulier ?
C'est une bonne question. Alors, si je réponds spontanément maintenant, je dirais que pour moi, être attentif, c'est
c'est peut-être la façon dont je gère mon attention. Donc être attentif, ça veut dire que je perçois quelque chose, et quand je suis en pleine conscience,
alors je fais attention à moi,
... ou alors je peux être attentif, ce serait pour moi être plus attentif, simplement être gentil avec moi-même et me dire : ah, tu t'inquiètes encore, mais je pense que tout va bien, courage, dans une minute ça ira mieux à coup sûr. Donc je pense que c'est en fait un terme assez similaire, on pourrait peut-être dire que la pleine conscience donne encore un peu l'indication de la manière dont je suis toujours attentif à moi-même et aussi à ce que je rencontre en volant, c'est-à-dire aux conditions. Comment je gère les choses que je perçois. Donc si, par exemple, je remarque chez moi que je ne me sens pas bien ou quoi que ce soit, je peux me dire, par exemple : tu es dingue encore une fois, ne te prends pas la tête,
ou alors je peux être attentive, ce serait pour moi être plus attentive, simplement être gentille avec moi-même et me dire : ah, tu t'inquiètes encore, mais je pense que tout va bien, courage, dans une minute ce sera sûrement magnifique à nouveau. Donc je pense que c'est en fait un concept assez similaire, on pourrait peut-être dire que la pleine conscience donne un peu plus d'indications sur la manière dont je suis toujours attentive envers moi-même et envers ce que je rencontre pendant le vol, c'est-à-dire les conditions.
Tu as passé ton brevet de tandem récemment, tu en as parlé tout à l'heure. Qu'est-ce que signifie pour toi, en tant que pilote de tandem, la notion de pleine conscience ?
Oui, je dois dire que ça doit encore trouver sa place. Pour l'instant, je suis encore débutant, débutant pilote de tandem. Quand je vole avec des amis, c'est déjà tout, je peux déjà voler de manière très attentive, mais quand je vole avec des passagers, avec des inconnus, c'est encore relativement nouveau pour moi et je remarque, par exemple, que ma capacité est encore un peu occupée par les procédures en elles-mêmes. Il n'y a pas encore une grande routine que je peux mobiliser, qui se ferait tout seule. Donc j'ai encore des difficultés avec ma caméra, comment je sors la perche, comment je la range après, je ne sais pas. Je suis juste encore tellement occupé par les détails,
que je n'ai pas encore, comme je le souhaiterais, cette pleine conscience. Mais je sais bien qu'à ce moment-là, il n'y a pas d'autre choix, parce que c'est tout simplement le processus d'apprentissage,
que je dois faire maintenant. D'un autre côté, c'est aussi déjà une forme de pleine conscience de le remarquer et de se dire : là, j'en suis à ce stade, je ne suis pas encore un pilote de Tanien avec beaucoup d'expérience, je suis tout juste débutant et j'ai encore besoin d'un peu plus de temps pour tout. Les procédures demandent beaucoup plus d'énergie parce qu'elles ne sont pas encore aussi routinières. Je suis beaucoup plus vite fatigué qu'un pilote qui vole depuis longtemps, par exemple. Donc après trois vols, je suis normalement tranquille. Je suis fatigué.
En fait, je suis content s'il n'y a pas de quatrième vol. Ça
ça veut dire qu'avec de l'attention et de la pleine conscience, tu te rends compte que ça fait trois vols, que tu n'en peux plus et que tu ne fais plus de quatrième vol, en principe.
Oui, pour l'instant, ce n'est pas encore au point que je sois complet toute la journée. Je remarque que, comme je me vois, la pilote de taxi que j'aimerais être, j'aimerais vraiment avoir du temps pour la personne avec qui je vole. Pouvoir vraiment me concentrer sur qui est cette personne, comment on peut en faire une belle expérience. Et là, je remarque que parfois je peux le faire, mais parfois je suis juste occupée, je suis prise, ma capacité est prise par le fait de sortir la caméra, la remettre, l'allumer, oui,
Exactement. À quoi ressemble la suite de ta carrière de pilote ? Quels sont tes projets pour la suite ?
Oui, je ne suis pas vraiment quelqu'un qui planifie. Je ne suis pas du genre à planifier. Ça te pousse toujours vers quelque chose. Oui, c'est déjà le cas, en tout cas j'aimerais que le pilotage continue de prendre une grande place dans ma vie. Que je continue encore longtemps, que je puisse continuer, que ça fasse partie de moi.
Est-ce que tu pourrais imaginer vivre sans le pilotage ?
Si je peux faire du kite ?
Oui, je me suis déjà posé la question à plusieurs reprises. Je pense que c'est possible. Enfin, pour moi, le vol n'est pas une chose telle que je me dirais que je ne peux pas vivre sans voler. Mais je trouverais ça vraiment dommage. Je trouve ça vraiment dommage, oui.
Si tu devais résumer ça en un seul point, qu'est-ce qui te manquerait le plus ?
Alors, si je ne pouvais plus voler, ce qui me manquerait le plus, ce seraient ces moments où on est au cœur de l'action, pas juste spectateurs. Juste au cœur de la nature. Quand on regarde autour de soi et qu'on se dit : « Waouh, c'est dingue. » C'est dingue la façon dont je vis, l'endroit où je vis. Ce monde est tout simplement génial. Il est tellement beau. Je ne veux être nulle part ailleurs.
D'accord, Katrin. Merci pour cette super discussion. J'ai pris beaucoup de plaisir. J'espère que les auditeurs du podcast en auront aussi. Je te souhaite encore beaucoup de beaux vols et de vivre ces moments en pleine immersion. Tout le meilleur pour la suite.
Merci pour l'invitation. J'ai été ravi.
C'était Katrin Ganter en conversation avec Lucian Haas. Si le sujet de l'hypnose et du parapente vous intéresse davantage, je vous recommande de jeter un coup d'œil au site web de Katrin. Vous pouvez le trouver sur www.berghypnose.ch www.berghypnose.ch
www.berghypnose.ch www.berghypnose.ch Comme toujours, je tiens à préciser que je suis ravie de recevoir vos retours, qu'ils soient positifs ou critiques. Vous pouvez me les envoyer par commentaire sur le blog ou par e-mail à lugleitskontakt at gmail.com www.lugleitskontakt at gmail.com www.lugleitskontakt at gmail.com. Je travaille de manière totalement indépendante et je ne suis pas financée par la publicité. Je compte toutefois sur le soutien volontaire de mes lecteurs et auditeurs. Si ce podcast vous a plu ou si vous lisez régulièrement Lu-Glidz, vous pouvez également soutenir mon travail. Sur le site web de Lu-Glidz, vous trouverez les instructions pour le faire facilement par PayPal ou par virement bancaire. L'adresse est www.Lu-Glidz.blogspot.com.
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Maintenant, je vous dis juste merci de m'avoir écoutée. À la prochaine.