Le stade sportif Natur est utilisé par énormément de gens, il y a énormément d'intérêts différents qui se rejoignent. Les protecteurs de la nature, les protecteurs des oiseaux, d'autres qui trouvent que certaines zones ne devraient pas être fréquentées, pénétrées ou survolées du tout. C'est la même chose pour les skieurs de randonnée, la même chose pour les vététistes, la même chose pour cette discipline sportive très typique suisse de l'orientation. Et préserver cela pour les générations futures, c'est une préoccupation très personnelle pour moi.
Podz-Glidz, le podcast Lu-Glidz.
Des histoires du cosmos du parapente.
Aujourd'hui avec Urs Frey. Et je suis Lucian Haas.
Qui l'a inventé ? Les Suisses. Du moins, quand il s'agit d'une organisation qui représente les intérêts des pilotes de deltaplane et de parapente à l'échelle nationale. L'association suisse de deltaplane SAV a été fondée il y a déjà un demi-siècle. Cinq ans avant la DHV allemande. Le 50e anniversaire du SAV sera célébré fin août avec un grand festival aéronautique à Interlaken. Ce qui sera proposé là-bas, le président du SAV Urs Frey nous le présente dans cet épisode 139 de Podz-Glidz. Dans cette discussion, on ne parlera bien sûr que brièvement de cette recommandation d'événement. Urs nous raconte les étapes importantes de l'histoire de l'association et comment elle voit ses missions aujourd'hui.
Nous discutons aussi de ce qui le motive personnellement dans le travail associatif et des joies, mais aussi des moments de frustration qu'il y rencontre. En plus de son travail régulier, de ses fonctions au sein de la SAV et de ses obligations familiales, Urs Frey trouve même occasionnellement le temps de monter dans les airs lui-même. C'est moins fréquent qu'il ne le souhaiterait, mais il arrive encore à se faire une petite aventure de temps en temps.
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Urs, comment devient-on président de la SHV ? Et je ne parle pas des histoires d'élections, c'est-à-dire du côté technique, mais plutôt de ce qui pousse quelqu'un à accepter une telle mission ?
Pour ma part, c'est assez drôle parce que tout a commencé avec un e-mail envoyé par erreur.
Je pilote depuis 1989 et, pour être honnête, je ne me suis pas vraiment impliqué avec la fédération. Mais comme nous avons remplacé une rampe Delta dans une zone de vol et que j'ai écrit quelque chose à ce sujet, je l'ai envoyé à la fédération et nous avons aussi reçu des fonds de soutien pour ça. Et là, quelqu'un a appuyé sur le mauvais bouton et s'est demandé : « C'est qui, celui-là ? ». Alors j'ai répondu : « Oui, c'est moi, je suis tel et tel, je pilote, je m'intéresse et je fais ça ». Et on m'a dit : « Ah, intéressant ». On a regardé mon profil, on s'est rencontrés une fois, et c'était au moment où ils avaient un nouveau membre du conseil et qu'ils cherchaient un nouveau président.
Et c'est de là que ça est parti. Mais tu m'as aussi demandé quelles étaient mes motivations.
Oui, qu'est-ce qui t'attire dans le fait de prendre une telle mission ? Ou qu'est-ce qui t'a attiré ?
D'un côté, je suis bien sûr lié au monde de l'aviation depuis 1989 et j'ai pu prendre conscience de la grande complexité que cela implique. Et d'agir de manière à orienter et à aider. Ça m'a très vite intéressé. Et ça s'est avéré vrai au cours des années où j'y suis maintenant.
Est-ce que tu n'es plus qu'un simple responsable aujourd'hui ou est-ce que tu pratiques encore activement le parapente ?
C'est, je pense, la question la plus fréquente que l'on me pose, et elle est tout à fait légitime. À part ça, je n'aime pas trop le terme de « fonctionnaire ». Oui, je vais voler. C'est très important pour moi aussi. Mais dans le triptyque dans lequel je me trouve... ça veut dire un travail très exigeant. Et c'est mon métier, là où je gagne ma vie. Je travaille pour le gouvernement suisse. Et puis, être père de famille et, en même temps, avoir ce passe-temps, le vol. Ce triptyque n'est pas évident. Et le vol passe définitivement un peu à la trappe. Mais on arrive quand même à environ 50 vols par an. Mais j'espère qu'après ça, j'aurai à nouveau plus de temps.
À interpréter correctement.
Tu viens de parler de "triade". Mais en fait, il s'agit des rôles que tu as cités : avoir ton boulot, tes responsabilités familiales et le pilotage. Être président, c'est en fait une quatrième partie en plus. Vu comme ça, ça devrait être une tétrade.
Oui, bon, j'ai cumulé ça avec le fait de voler. Le fait de piloter moi-même et d'être actif en tant que président de la fédération. J'ai cumulé les deux. Donc, dans ce sens, c'est un trépied. Mais à l'intérieur de la troisième partie, je fais plus de travail de président que de pilotage.
Ça te dérange parfois ?
Oui, un grand oui. Ça me dérange parfois.
Quand est-ce que ça ne te dérange pas ? En d'autres termes, quels sont les moments en tant que président que tu peux apprécier au point de te dire : là, je préfère être président, avoir cette fonction et agir dans ce rôle plutôt que d'être dans les airs ?
Il y a énormément de beaux moments. D'un côté, ce sont les interactions avec les membres qui me exposent un problème ou me disent merci parce qu'on a pu les aider sur un souci. J'aime aussi beaucoup les échanges, les échanges internationaux avec les autres présidents et directeurs internationaux, où règne aussi une grande collégialité. Mais quand je regarde par la fenêtre, d'ailleurs aujourd'hui, Lucian, et que je vois depuis ma fenêtre l'un des secteurs de vol les plus fréquentés de Suisse et que je me dis qu'en fait, ce serait encore une belle journée de vol, alors j'ai aussi bien envie d'être là-haut.
Alors, cet équilibre n'est pas toujours facile à trouver.
Et maintenant, tu dois faire un podcast et tu ne peux pas aller en voyage.
Je le fais avec plaisir. C'est d'ailleurs ma première fois et je le fais volontiers. Sinon, je n'aurais pas dit oui.
C'est assez similaire pour moi, d'ailleurs. Aujourd'hui, j'aurais... Est-ce que c'est... depuis des jours ou des semaines que c'est la première journée de remorquage correcte ici, donc une journée de remorquage au treuil où j'aurais pu y aller. Mais il y aura toujours d'autres bonnes journées.
Alors je te remercie d'avoir renoncé à le faire pour moi.
Quels sont les côtés désagréables de la présidence ?
Disons les choses ainsi. Les aspects exigeants, c'est que la communauté aéronautique est composée de personnalités très fortes. Ils vivent et brûlent pour leur passion. Parfois, c'est bien plus qu'un hobby, c'est vraiment leur vie. Et ces personnalités ont parfois des intérêts très différents qui ne coïncident pas forcément toujours avec les intérêts de la fédération. Ou alors ils ont entre eux des sujets qui tournent parfois même au conflit. Et pour quelqu'un qui préférerait normalement que les choses soient plus harmonieuses dans l'intérêt des aviateurs, mais qui doit parfois supporter ou façonner de tels conflits, ce sont plutôt les aspects les moins agréables.
Tu es tu diplomate ?
Il faut bien le dire, oui. Là, je viens d'être diplomate.
Ok, chacun peut imaginer ce qu'il veut. Quel genre de type il voit là... qui se dit qu'il faut agir avec beaucoup de diplomatie pour gérer certaines situations de manière appropriée. Est-ce qu'il y a déjà eu des situations, ou est-ce qu'il y a eu des moments où tu t'es dit : « En fait, je ne suis pas obligé de me supporter ça » ?
Oui, ça arrive et ça arrive encore tout le temps. Et il y a aussi des mécanismes pour sortir de cette situation. Il y a cette jolie expression anglaise, "we agree to disagree". Donc, on est d'accord sur le fait qu'on n'est pas d'accord. Et c'est là, à un moment donné, qu'il vaut mieux laisser tomber, se mettre en retrait et peut-être reprendre la discussion lors d'une deuxième tentative.
As-tu réussi à trouver des solutions pour tous les points critiques au final ?
Non, honnêtement non. Mais c'est aussi l'opportunité de pouvoir le passer à un autre niveau. On a un très bon directeur au sein du SAV qui peut s'occuper de certains sujets qu'on peut accepter. Ou alors je peux le transmettre à un collègue du conseil d'administration et on se dit, regarde, on laisse tomber pour l'instant et on se revoit dans six mois. Ce sont toutes les options qui s'offrent à nous. Mais parfois, ça ne passe tout simplement pas.
Tout ça, ce sont des choses qui sont encore en grande partie internes à la scène, du moins, c'est comme ça que ça sonne. Eh bien, tu ou le SAV avez évidemment beaucoup de contacts avec les autorités et d'autres organismes dans votre rôle. Y a-t-il aussi des domaines problématiques ou dirais-tu que le travail est presque plus simple qu'avec votre propre scène ?
Ça dépend un peu de l'historique. Quand je suis arrivé en tant que président, la grande question était de savoir comment nous allions gérer l'aviation motorisée. Est-ce qu'il y a une homologation pour ça ? Est-ce qu'il n'y en a pas ? On était assez proches d'une histoire d'homologation qui n'a finalement pas abouti. Il y a eu énormément de contacts à ce sujet, mais j'étais encore très en retrait. J'ai quand même entretenu des liens avec la ministre concernée. Mais là, comme on dit en Suisse, le mal était déjà fait. La décision était déjà prise et je n'ai pas pu la renverser. Aujourd'hui, nous avons une solution très, très restrictive par rapport à l'Allemagne.
Mais il existe certaines possibilités pour faire de l'aviation électrique en Suisse. Et il y a aussi des phases — là, je dois revenir un peu en arrière, c'est aussi la différence avec l'Allemagne par exemple ou l'Autriche — où nous pouvons accomplir certaines missions de souveraineté aérienne au nom du gouvernement. Il existe des contrats pour cela. Et ces contrats sont régulièrement mis en appel d'offres. Il faut alors postuler pour les obtenir. Et ce sont des contacts avec les autorités plus intensifs, où il faut se battre pour que cela soit maintenu. Et pour que nous obtenions ce qui nous a d'ailleurs très bien réussi. Ou alors, il y a des moments où le professionnel et le privé se mélangent pour moi, parce que dans mon milieu professionnel, j'ai souvent des contacts avec les autorités et le gouvernement.
Et puis je peux glisser ça dans la conversation et dire, au fait, par ailleurs.
J'ai eu une situation amusante : dans le département où je suis, le Département de l'Intérieur, il y a une nouvelle cheffe qui vient d'une région où il y a beaucoup d'activités aériennes. Et pendant le tour de table, alors que mes collègues ont tous énuméré tous les projets sur lesquels ils travaillent actuellement, j'ai entamé la discussion en disant que je connaissais elle et les avions qui volent dans sa région. Et là, elle a tout lâché d'un coup et a dit : « Oui, exactement, et j'ai déjà travaillé avec celui-là et avec celui-là. » Et on a discuté un peu d'aviation avant de revenir aux sujets politiques proprement dits. Donc, ça permet parfois d'utiliser ce genre de contacts.
Tu viens de dire que pour certaines des tâches du SRV, vous devez parfois vous représenter. Est-ce qu'il y a une sorte de concurrence en Suisse ? Enfin, est-ce qu'il existe une autre association ou quelque chose qui pourrait dire : « lui aussi va se présenter » et du coup, vous ne l'obtiendriez plus ?
Ça peut être purement théorique, mais ce n'était pas le
Cas. En théorie, il n'y en a même pas, donc en ce qui concerne le parapente et les deltas, c'est-à-dire le vol en voile de dérive, vous êtes les seuls représentants en Suisse ? C'est le cas, mais
si on met ça par écrit, d'autres personnes pourraient se demander si elles veulent assumer ces responsabilités en matière de souveraineté aérienne, mais ce n'était pas le cas. La DRV pourrait postuler. Sérieux ? Oui, vous pouvez essayer. Non, c'était une blague.
Je ne sais pas non plus si on a envie de se prendre ces responsabilités en matière de droit aérien sur les épaules, parce que ce n'est probablement pas toujours une partie de plaisir avec tout ce qui y est lié. C'est vrai.
Changeons un peu de sujet, tout en restant sur le SAV, mais cette année est particulièrement spéciale pour le SAV. Il fête ses 50 ans, son 50e anniversaire. Cela signifie, je suppose, que je vais encore une fois te voir avec une charge de travail supplémentaire. Est-ce un plaisir ou un fardeau ?
C'est définitivement un plaisir,
parce que je me suis très, très fermement battu pour que nous ne fassions pas ça avec seulement une assemblée générale un peu plus grande, c'est comme ça qu'on appelle ça chez nous en Suisse quand on se réunit tous ensemble, comment est-ce qu'on appelle ça en Allemagne au DRV ?
Assemblée générale annuelle. Assemblée générale annuelle, exactement, celle où j'ai aussi participé une fois, et où je crois que tu étais aussi. Oui,
j'y étais aussi.
C'est là qu'on s'est vus pour la première fois, exactement. Je me suis beaucoup investi pour qu'il y ait d'autres activités autour de cet anniversaire, parce que je pense que, premièrement, les plus jeunes pilotes devraient avoir la possibilité de se remémorer cette époque pionnière. C'est aussi super passionnant pour moi, d'ailleurs, mais on y reviendra peut-être brièvement, de vivre un peu de cette époque pionnière, parce que j'ai commencé juste après la période pionnière du parapente en 89, ça a commencé en 86, 89 c'était juste le début du boom et je me suis énormément plongé dans le sujet, ça m'a beaucoup stimulé et en plus, c'était pour moi un besoin personnel de célébrer ça vraiment avec une grande fête, et c'est ce qu'on fait maintenant fin août.
C'est
Cela signifie que c'est l'acte principal pour le 50e anniversaire, vous organisez une grande fête. C'est
Il y a deux actes : l'acte formel, c'était l'assemblée générale des 50 ans que nous avons tenue à Anzère, exactement au même endroit que celui où la première assemblée générale a eu lieu il y a 50 ans, je précise, dans la même salle et il n'y a pas eu beaucoup de rénovations depuis 50 ans. C'était une expérience amusante et il y a eu environ, j'ai l'impression, 50 pionniers de l'époque, puis nous avons rapidement fait la partie qu'il faut faire formellement et on a déjà fait une première petite fête, qui était très orientée sur le passé, où les gens pouvaient raconter comment c'était, on pouvait échanger.
Il y a eu encore des gens qui se sont réconciliés et qui se revoyaient après longtemps, ça a donné de très belles scènes. Et maintenant, le deuxième acte : pour tous les membres et les cercles intéressés, les 30, 31 août et 1er septembre à Interlaken, où nous pourrons, on l'espère, célébrer une magnifique fête par beau temps.
C'est quoi ce festival pour les pilotes ? Trois jours, qu'est-ce qu'on y fait ? Alors, résume-moi tout ça rapidement pour qu'on puisse se faire une petite idée.
Interlaken est en quelque sorte l'un des points névralgiques de la Suisse pour l'aviation, avec une excellente infrastructure, une grande prairie d'atterrissage en plein centre-ville, très visible, et juste à côté un centre de congrès. On peut utiliser les deux pendant trois jours et il y aura des conférences : Krigel Maurer sera là, Thomas Thörrier sera là, il y aura d'autres intervenants, des gens qui raconteront des histoires de l'époque pionnière. Nous montrerons de vieux appareils volants et, idéalement, si ça marche, nous présenterons la première d'un nouveau film que nous avons commandé sur la fascination du vol, d'hier à aujourd'hui, qui devrait, si nous y parvenons, être diffusé sur la télévision suisse.
Il y a une petite cérémonie officielle à laquelle j'ai l'honneur d'assister, il y a un grand site de camping où l'on peut passer la nuit et où il y aura aussi de la musique, des rassemblements, de la nourriture, des boissons, il y a un petit marché, un spectacle d'acrobaties, et si la météo le permet, une compétition Swiss Cup où les gens viendront voler, s'il fait beau, il y a une compétition Hike and Fly Plausch à laquelle Krigel participera aussi, il y a un vol de nuit et une tombola, je ne sais pas comment on appelle ça en Allemagne, où l'on peut acheter des tickets avec un prix super, bien plus que juste pour la Suisse, à savoir le numéro 50, que nous allons à nouveau tirer au sort.
Exactement, nous avons des numéros SAV pour tous ceux qui ont volé en Suisse, ce sont les numéros qu'on fixe sur l'aile, et entre-temps, on est dans un chiffre à cinq chiffres élevés et on a pu libérer le numéro 50, il sera donc disponible et il sera vraiment unique.
Vous avez pu la libérer, ce qui veut dire qu'elle n'était pas libre et que vous avez dû la retirer à quelqu'un ?
Non, non, elle était libre. Je ne connais pas l'histoire exacte. Ces numéros sont attribués depuis le début de l'aviation et bien sûr, les numéros dans les 50, les numéros à deux chiffres, ce sont tous des pilotes Delta. Il a donc dû y avoir une discussion à un moment donné, mais en tout cas, elle est libre maintenant et peut être réattribuée.
Il est possible qu'un pilote de parapente ou une pilote de parapente la gagne aussi, et ce serait alors le premier numéro SAV à deux chiffres qui serait apposé sur un parapente. Est-ce que tu la voudrais, celle-là ?
50 ? Pour être honnête, je préférerais me mettre en retrait et laisser un autre membre le faire, mais je la prendrais.
Alors vraiment, combien as-tu vécu personnellement ou contribué personnellement à ça ? Enfin, depuis quand est-ce que tu te dis que tu es déjà un peu impliqué dans ce travail associatif ?
Alors vraiment, jusqu'en 2016, j'étais un membre tout à fait typique, avec quelques points de contact avec l'association, à savoir payer la facture annuelle et la superbe
magazine. On a un un super magazine, le Swiss Glider, qu'on produit avec beaucoup d'efforts, et sinon je n'avais rien d'autre. Et puis il y a aussi, et c'est une spécialité suisse, on a une solution d'assurance qu'on propose aux membres pour la responsabilité civile et beaucoup d'autres assurances, mais pour le membre normal, comme je l'étais, c'est surtout cette assurance responsabilité civile avec une couverture plus importante.
Avec les points de contact. Et puis je suis arrivé en 2016 et j'ai vu à quel point ce travail est complexe. Surtout sur le plan administratif, où nous faisons beaucoup d'efforts pour que le vol soit possible sous sa forme actuelle. Les membres ordinaires ne le voient pas forcément, mais il y a énormément de travail derrière. Et ça a été un grand effet pour moi, même si j'ai pu vite prendre mes marques. Et sans oublier qu'en 2016, nous sommes arrivés dans une situation où l'association était financièrement un peu plus difficile, et la première priorité était donc aussi les finances.
Tu n'es pas un vieux de la vieille au sein de la fédération si tu n'as vraiment commencé qu'en 2016. Mais tu as probablement déjà fait quelques lectures et eu beaucoup de contacts avec les anciens en conséquence. Comment le rôle du SAV a-t-il évolué sur ses 50 ans ? Y a-t-il eu de vraies ruptures ou des moments forts où tu dirais que ce furent des étapes vraiment décisives ?
Des points de bascule ? Eh bien, cette approche de l'histoire a été un peu renforcée cette année. Oui, il y a eu des ruptures. J'ai été vraiment fasciné quand j'ai parlé avec ces pionniers au début, sur la façon dont ils étaient conscients que c'était assez dangereux à l'époque, parce que des appareils de vol pas tout à fait sûrs se lançaient et qu'il y a eu de très, très graves accidents. C'était un skieur connu en Suisse, Roger Staub, qui est mort lors d'une chute par flottement, et ça a provoqué un énorme écho médiatique, avec pour résultat que la première phase de développement a vraiment été : « Hé, comment peut-on maîtriser ça ? »
Sur quoi pouvons-nous travailler au niveau des matériaux pour améliorer cela ? Les dispositifs de sécurité, comme par exemple l'apparition des parachutes de secours que l'on a intégrés.
Qu'est-ce qu'on a pu faire au niveau de la science des matériaux ? C'était vraiment une première étape de développement, où l'autorégulation de la branche et de la fédération était aussi un point important. Ensuite, bien sûr, l'apparition du parapente et la rivalité, comme je l'ai perçue dans d'autres sports, par exemple le ski et le snowboard. Ici aussi, pour le parapente et le deltaplane.
... Qu'est-ce qu'on m'a dit au début ? Que je dénigre, que je suis un pilote de "sacs de thé" face aux pilotes de "perches", qu'on se fait concurrence pour la place, et là, un point important était qu'on a vraiment fini par se souder en une communauté, comme c'est vraiment le cas aujourd'hui. Évidemment, les rapports de force ont changé, bien sûr.
Pour le parapente, avec le développement et le boom, il a fallu créer des structures correspondantes. Entre-temps, nous avons une structure professionnelle avec environ 15 employés permanents et environ 30 personnes non permanentes, surtout les experts que nous employons, des examinateurs. Il y a eu un travail de structuration énorme pour rendre le sport plus sûr et fournir certains services. Ce développement se poursuit à nouveau maintenant, où nous nous demandons : « Hé, que faisons-nous dans le domaine de la numérisation ou sur quels nouveaux piliers basons-nous le sport ? » Dans une discipline où beaucoup de membres disent aussi : « Oui, je regarde déjà le x-country, mais en fait, je n'ai pas forcément besoin de faire du vrai sport de haut niveau. »
Trouver cet équilibre et le faire évoluer vers une forme nouvelle et tournée vers l'avenir, c'est justement un point sur lequel nous travaillons énormément en ce moment.
Quels sont les autres thèmes actuels qui occupent principalement la SAV, ou qu'est-ce qui est particulièrement important pour toi personnellement ?
Un point important est bien sûr, et je suis aussi en contact régulier avec d'autres sports, parenthèse, il y a aussi une petite différence avec l'Allemagne, nous faisons partie du mouvement Swiss-Olympic en Suisse. Bien que nous ne soyons pas olympiques, mais là j'aurais une histoire amusante à raconter après, nous ne sommes pas une discipline olympique exécutive, je suis en contact régulier avec ces communautés et je vois ça partout, le stade sportif nature, il est utilisé par énormément de gens, il y a énormément d'intérêts différents qui se rejoignent, les protecteurs de la nature, les protecteurs des oiseaux, d'autres qui trouvent que certaines zones ne devraient pas être fréquentées, pénétrées ou survolées du tout.
C'est la même chose pour le ski de randonnée, c'est la même chose pour le VTT, c'est la même chose pour cette discipline très typique suisse de l'orientation, et préserver cela pour les générations futures est une préoccupation très personnelle pour moi.
Et tu viens de dire que c'est aussi une histoire amusante avec le côté olympique du parapente, alors raconte-la encore une fois, qu'est-ce qu'il y avait de drôle ?
J'ai demandé, j'ai dit : comment ça se passe pour les pionniers, avec ou sans le statut olympique ? Et là, quelqu'un est venu me voir et m'a dit : "Écoute, on était chez Juan Antonio Sanaranch." Ah, d'accord. Et on a parlé avec lui à l'époque et il nous a donné le statut de sport olympique. Il existe un document, je ne l'ai pas encore vu, il existe un document où c'est écrit. Mais on fait une distinction entre les sports olympiques pratiqués et ceux qui ont le statut olympique. C'est ma compréhension, ma compréhension très rudimentaire suite à cette discussion. Donc, il semble que nous ayons une sorte de statut olympique, mais que nous ne le pratiquions pas.
Autant que je sais, il y a déjà eu des réflexions, ou je crois que lors de certains jeux asiatiques, on a déjà regardé si on pouvait au moins intégrer des sous-disciplines du parapente, je pense que c'était surtout pour l'atterrissage de précision, donc l'Accuracy, pour voir si ça ne pouvait pas devenir olympique et que ça a déjà été testé en quelque sorte. Alors peut-être que ça arrivera un jour.
J'ai un peu lancé la discussion dans notre milieu sportif. Il y a deux opinions très différentes à ce sujet.
On a vu avec d'autres sports, comme l'escalade sportive par exemple, qu'avec le statut olympique, de l'argent a soudainement afflué et ils ont perdu une partie de leur culture de scène originelle. Et chez nous, c'est déjà très marqué, ce côté convivial, voler ensemble même si on vole individuellement. Et il n'y a pas beaucoup d'argent là-dedans, il y a beaucoup de camaraderie, et c'est une très bonne question. Si on le veut, est-ce qu'on le veut vraiment ou est-ce qu'on veut le garder tel qu'il est ?
En Allemagne, il y a parfois cette discussion, pas au niveau de la fédération mais souvent au sein des clubs, où l'on voit que le parapente connaît toujours un certain boom, ou qu'il repart à la hausse après l'époque Covid et tout ça. Et on voit que, parfois, les sites sont presque saturés au global et cela cause déjà à nouveau des problèmes, ou alors il y a des clubs qui disent que seuls les membres du club peuvent pratiquer le parapente sur leurs sites, et ainsi de suite. Est-ce qu'il y a quelque chose de ce genre en Suisse, où l'on se demande combien nous pouvons encore devenir ?
D'abord, lors d'une réflexion stratégique de la fédération, nous avons clairement dit que le recrutement de membres n'est pas la mission de la fédération ; nous l'avons exclu des objectifs stratégiques, nous laissons cela généralement à la scène. Le simple fait que nous soyons maintenant à un peu plus de 20 000 membres de la fédération n'est pas un objectif de croissance. Mais oui, nous voyons qu'après Corona, les sports de plein air en général et aussi le vol, surtout le parapente, ont connu un certain essor. Mais maintenant, ça commence à stagner. Pourtant, il y a quand même certains problèmes de densité dans certaines zones de vol.
Alors, si je regarde par la fenêtre ici, j'habite près de Solothurn, et là-bas à droite, c'est le Weissenstein ; c'est justement là que c'est un problème, car sur cette zone de décollage relativement petite, quand les conditions sont excellentes pour le vol de cross-country, il y a un rassemblement de pilotes incroyable.
Ce qui a aussi contribué, ce sont les possibilités techniques dont on dispose aujourd'hui, et tu y es d'ailleurs très impliqué, l'évaluation météo, les outils qu'on a pour obtenir des recommandations sur où aller et à quoi ça pourrait ressembler environ. On parle déjà un peu de l'effet "lemming" ou de hordes qui se dirigent vers un endroit à cause de ces outils. Et ça a aussi conduit à avoir vraiment un rassemblement massif de pilotes à cause de ces outils. C'est aussi un point sur lequel nous nous demandons comment nous allons gérer ça.
Est-ce que le SAV a des idées à ce sujet, pour dire, d'accord, on n'est peut-être pas en masse, en fait pas si nombreux, mais seulement ponctuellement, parce que ces masses se concentrent sur certains points chauds, en quelque sorte. Comment peut-on mieux répartir les gens ?
Je ne pense pas que ce soit une mission de la fédération, mais c'est une mission de la fédération d'aider les clubs dans la gestion des zones de vol. Donc on y réfléchit beaucoup, c'est pareil qu'en Allemagne, les clubs sont en contact avec les propriétaires fonciers et ils obtiennent ces terrains. Si nous n'avions pas les clubs, nous n'aurions pas la préservation des zones de vol. Et là, pour certains conflits, nous avons déjà aidé avec des spécialistes pour préserver ces zones. Mais la gestion des pilotes, c'est vraiment une chose pour laquelle je ne pense pas forcément que ce soit une mission de la fédération.
En tant que président du SAV, c'était un rôle tournant, tu l'as été pendant un an, mais à cause duコロナ même pendant deux ans, président de l'EHPU, donc de l'European Hang Glider and Paraglider Union. Qu'est-ce que le SAV retire du travail avec l'EHPU ? Est-ce que tu peux apprendre quelque chose des autres voisins européens d'une manière ou d'une autre ? Ou est-ce que vous, en tant qu'association qui existe depuis 50 ans, faites plutôt de l'aide au développement pour les autres fédérations ?
Oui, l'EHPU. Historiquement, je crois être le président le plus long de l'EHPU, bien qu'involontairement à cause duコロナ. J'ai d'abord dû comprendre ce qu'est réellement l'EHPU. C'est une histoire amusante. L'EHPU se réunit toujours au début de l'année dans une ville européenne. La première fois, j'y suis allé à Madrid. Et j'ai remarqué à quel point tous ces directeurs et présidents sont venus vers moi, très, très intéressés et curieux. Jusqu'à ce que je me rende compte : merde, c'est nous les prochains à organiser l'assemblée annuelle, et ils veulent savoir où ça se passe, quand ça se passe, et ainsi de suite.
Du, j'ai pu reprendre la présidence et j'ai vite remarqué que c'est un réseau relativement informel avec
différents axes. L'un d'eux est le lobbying à Bruxelles. En ce moment, c'est surtout autour des histoires de drones, où nous collaborons aussi avec une autre association. Le reste, c'est l'échange et l'entraide entre les pays. Mais pas sous une forme hyper structurée. C'est pour ça que je dis que c'est un réseau relativement lâche. On a eu récemment le cas de certains pays d'Europe de l'Est qui ont demandé : « Comment ça se passe pour les solutions d'assurance ? Comment vous faites ? » Il y a alors un e-mail groupé et les différents pays répondent. Dans ce sens, ça aide pour l'échange, parce que beaucoup d'assurances opèrent à l'international, les grands groupes, et si on sait ce qu'ils font dans d'autres pays...
pour des solutions, ça aide évidemment dans les négociations. L'histoire des terrains, enfin l'utilisation des terrains, c'est aussi quelque chose sur lequel nous échangeons régulièrement, mais ce n'est pas une association très structurée et centralisée. Il y a des présidents tournants et un secrétaire général qui fait ça à temps partiel, c'est un Anglais qui est aussi en même temps le directeur général de l'association anglaise, et c'est plus ou moins la structure qu'il y a là-bas. Pendant la période Covid, j'ai eu l'honneur de présider le bureau et nous avons alors intensifié les échanges sur la manière dont les différents pays gèrent la chose et quelles sont leurs directives.
Et là, on a pu échanger sur certains concepts d'utilisation qu'on avait élaborés et pour lesquels on avait obtenu l'autorisation de reprendre les vols là-bas. Mais il faut te dire que c'est très informel. OK. Mais c'est sympa de voir les gens et d'échanger, c'est très fraternel. Et tu as fait un podcast avec Charlie Joest, je crois que tu as appelé ça "Le titre des animateurs", et à chaque fois qu'on se voyait, Charlie fredonnait la chanson Volare au bar, et puis 40 personnes se lançaient dans Volare dans le bar, et ce genre de moments...
le sentiment d'appartenance et le fait de pouvoir échanger ensemble, d'avoir des discussions et de partager des souvenirs, mais aussi de regarder vers l'avenir, c'est très beau.
Et comme élément fédérateur, donc l'aviation, est-ce qu'on voit aussi, ah, ici il y a genre 30 pays différents présents, est-ce qu'il y a quelque chose où on se dit qu'il y a des différences claires, où on voit même au sein de ce travail associatif ou dans la pensée des gens qui sont dedans, qu'on se dit qu'un pilote en Italie ou au Portugal ou peu importe, fonctionne à un endroit donné peut-être quand même un peu différemment d'un Suisse ?
Oui, bien sûr. Mais ça a plus à voir avec le système politique ou la manière dont un pays est dirigé. Par exemple, si on prend les Français, ils sont dirigés de manière très, très centralisée et nous avons été surpris de voir comment certaines directives venaient de Paris, comme des restrictions régionales sur le terrain, genre : « Mais comment est-ce possible que tout soit contrôlé par le centre ? » Chez nous, c'est plutôt différent parce que nous avons un système très fédéraliste en Suisse, ce qui signifie que les cantons et les communes ont beaucoup de pouvoir et que l'État central est un peu plus faible ; il y a donc naturellement énormément de solutions différentes, par exemple sur la question de l'utilisation des terrains.
ou sur la question de la protection de la nature. Bien sûr, il y a un cadre fixé par le gouvernement, mais il y a ensuite beaucoup de marges de manœuvre qui sont utilisées de cette manière. Et c'est un peu différent dans les pays qui sont très centralisés. Un exemple.
À quel point le SHV est-il connu en Suisse ? Enfin, si on voit cet acronyme quelque part dans le journal, est-ce que tout le monde sait ce que ça signifie ?
Non, parce que l'acronyme n'est pas protégé. L'Association suisse du cannabis, l'Association suisse des sages-femmes, l'Association suisse de handball, ils ont tous le même acronyme.
Ah, d'accord.
C'est la raison pour laquelle nous avons ajouté la mention française sur notre site web, par exemple. FSVL ? Tu connais mieux le terme. Mais c'est aussi lié au fait que le terme « Hängegleiten » n'est pas vraiment explicite en soi, n'est-ce pas ? Pourtant, quand je vais voir les gens et que je dis que je viens du monde du parapente et des pilotes de deltas,
... ça devient plus clair plus vite, parce que tout le monde, pratiquement tout le monde avec qui j'ai un contact, a un lien avec ça, que ce soit l'oncle qui vole, ou qu'ils ont entendu parler de Kegel Maurer, ou qu'ils ont déjà volé eux-mêmes. Ou alors, j'ai eu contact il y a quelques jours avec une ancienne conseillère fédérale suisse qui postule maintenant pour un haut poste au bureau du sport et qui m'a raconté comment elle volait elle-même avant d'aller en politique et qu'ensuite elle n'avait plus le droit, et tout ça. Elle a même fait un vol d'examen et puis, pour des raisons météo, ça a été annulé et elle n'y est plus retournée. Donc tout le monde a un point de contact quelque part, et c'est très sympa dans les conversations, parce que ça donne généralement lieu à de très bonnes discussions.
Qu'il s'agisse de raconter de belles expériences, mais bien sûr, il y a aussi le moment où l'on dit : « on connaît quelqu'un qui a eu un accident » ou qui est même décédé, c'est aussi quelque chose qui arrive ponctuellement. Mais les retours positifs l'emportent sur les autres.
Changeons un peu de sujet, on s'éloigne de la SHV et de toi en tant que responsable, même si tu n'aimes pas du tout ce mot. Mais tu es aussi encore un pilote actif, comme tu l'as dit. Tu fais environ 50 vols par an. Si plus tard tu racontais tes années de parapente à tes petits-enfants ou petits-petits-enfants, peu importe, quelles seraient les histoires et les expériences marquantes, celles où tu dirais : voilà les classiques qu'on ressort à chaque fois ?
Ouais, les classiques de l'époque, ce sont évidemment ceux où je ne savais pas exactement ce que j'étais en train de faire. Et une de ces histoires, c'est que j'ai grandi dans une famille sans voiture, on ne peut même pas se l'imaginer en Allemagne. Du coup, j'ai acheté une Vespa avec mon premier argent, et la Vespa, c'était la grande liberté. On pouvait y mettre une tente, on pouvait y mettre un parapente et on pouvait y mettre quelques vêtements. Et comme ça, je suis allé jusqu'en Crète, mais aussi jusqu'en Corse. Et d'une manière ou d'une autre, j'ai jeté un coup d'œil aux sommets là-bas et je me suis dit : maintenant, tu montes simplement là-haut et tu redescends en volant. Et j'ai probablement fait l'un des premiers vols en...
en fait, la Corse, c'est comme si elle était dans ta main avec un doigt, et si tu lèves le doigt, il y a un sommet de 1300 mètres de haut. Alors, je suis monté là-haut avec juste deux litres d'eau, j'ai grimpé 1300 mètres à travers la végétation, je me suis dit : là, tu vas descendre en volant. Sans aucune connaissance de la météo, qui n'existait pas vraiment à l'époque, et je suis arrivé en haut d'un coup, j'ai trouvé un endroit où je pouvais décoller, et là, il y a une dégueulante massive. Et dans cette situation, il fallait attendre le bon moment, couper un peu la végétation avec le couteau suisse et ensuite décoller vraiment avec les jambes en tremblements.
et
déguéulante, pour ensuite s'envoler jusqu'à la plage et prendre rapidement une cola au village d'à côté parce que j'avais soif de survie. Ce sont des histoires qui relèvent plus de la survie. Ça inclut aussi le fait que je me suis retrouvé deux fois dans des situations très difficiles où j'ai eu besoin d'un secours en hélicoptère.
En Suisse, c'était comment ? Une fois en Allemagne,
une fois en Suisse et ça a duré une éternité en Allemagne avant que l'hélicoptère n'arrive. Et juste avant le coucher du soleil, ils ont pu me sortir de cette congère où j'étais coincé. Ensuite, il y a eu énormément d'expériences amicales. J'ai passé un an à Berkeley en Californie, à l'université, et il y a le club de vol en montagne. À l'époque, il s'appelait le Berkeley Hang Gliding Club. Entre-temps, le parapente s'est aussi ajouté. Et imagine, c'était presque l'époque des hippies, où on se retrouvait simplement le vendredi soir au point de rendez-vous, chacun avec son sac de couchage, un réchaud, chacun avec son appareil de vol, et on partait quelque part.
Ensuite, on étalait un grand tapis et tout le monde dormait dessus, il y avait un feu de camp, et le lendemain, on allait voler ensemble. Ils étaient très contents que je sois là en tant que pilote de glacier, parce que j'étais le premier à sortir le matin, car les conditions devenaient trop rudes, et ils avaient toujours un chauffeur.
Ça veut dire trop difficile. À un moment donné, le vent était trop fort ; ils pouvaient encore décoller avec leurs deltas, mais pas avec un parapente. Tu étais déjà redescendu et tu pouvais ensuite les ramasser partout. Exactement, c'était mon job. Mais tu étais le seul parapentiste ?
J'étais le seul pilote de parapente, exactement.
Mais c'est comme ça que se créent des amitiés entre les pratiquants de parapente et de deltaplane. Absolument. On peut mutuellement en profiter. J'ai entendu dire que tu as aussi déjà volé pendant le soleil de minuit. C'est vrai ?
Presque, exactement. J'ai été une fois en Norvège, à Vågamo, donc dans une histoire de ce genre. J'ai fait un Interrail avec le sac à dos derrière, le parapente devant, et je suis passé à travers la Norvège en train, puis sur un camping où il y avait quelques pilotes. C'était justement l'endroit de Vågamo, où se trouve une zone de vol connue près du sommet le plus haut du Kalthöpiken en Norvège. Là-bas, il y a le phénomène où, le soir, quand on a presque le soleil de minuit, vers 22 heures, il y a une conversion au milieu de la vallée.
Ça veut dire que le vent, ou plutôt l'air, descend des deux côtés de la vallée, s'accumule au milieu et là, je crois que c'était vers 22h ou 23h, tu peux encore monter.
et il faisait encore jour, c'était calme, c'était super agréable et une sensation incroyable. Inimaginable en Suisse.
Ce sont toutes des histoires de ta jeunesse en tant que pilote. Est-ce qu'il y a aussi des histoires remarquables ou des aventures où tu te dis que tu les as vécues récemment ou ces derniers temps ? C'était quoi ta dernière aventure ?
Je n'ai fait mes premiers vols de nuit que récemment. C'est aussi une spécialité, c'est autorisé en Suisse sous des conditions très précises. Tu dois entrer le plan de vol, tu dois le déclarer, tu dois avoir un éclairage sur l'aile, tu dois avoir un
Tu dois fixer un appareil d'éclairage sous ton siège et s'il y a une nuit de pleine lune, c'est pratiqué ponctuellement et j'ai pu accompagner un groupe qui m'a ensuite équipé avec le matériel et nous avons décollé de la Rigi. Surtout, l'atterrissage était un peu délicat parce que c'était dans une partie très sombre et ombragée.
Le décollage était un peu délicat, mais à part une petite réception sur le fessier, ça s'est plutôt bien passé. C'est typiquement le genre de chose qu'on peut faire chez nous, et l'année dernière, j'ai aussi fait mes premières tentatives de bivouac. Deux jours avec une tente et une aile légère, et il y a énormément de possibilités différentes. Dans mon cas, ce n'était pas si concluant, parce qu'là où on était à l'ombre, l'ombre était très étendue et la grande performance de mon collègue et moi, c'était d'être arrivés à remonter jusqu'au décollage, on a atterri là-haut, puis on a monté la tente.
et le lendemain, il y a eu un petit vol de distance. Mais ce qu'on voulait faire au fond, ce n'était pas possible.
Oui, mais en tant que micro-aventure, c'est déjà l'expérience qui compte et pas la distance au final. Qu'est-ce que le vol t'apporte encore aujourd'hui ?
Alors, en général, le vol est pour moi une expérience très, très multidimensionnelle. Quand je fais du Hike and Fly, j'aime l'effort sportif. Je suis plutôt sportif. J'aime bouger. J'aime aussi me fixer un objectif, monter en haut. Puis avoir la possibilité de simplement savourer l'instant, tout en étant détaché, au moment où les pieds quittent le sol. C'est pour moi un sentiment incroyablement exaltant. Puis voir le paysage d'en haut et tu es extrêmement dans le ici et maintenant. Tu es concentré sur ce que tu fais à l'instant présent. Ce qui se passe à gauche et à droite n'a plus d'importance. Et ce sont pour moi des moments très, très libérateurs, vraiment.
Et c'est un peu une façon de déconnecter du quotidien professionnel, qui peut parfois m'occuper de longues heures. Et ce sentiment de lâcher-prise, je peux aussi l'avoir avec d'autres sports, mais c'est tout particulièrement vrai en vol, à cause de ce...
... cette perspective d'ensemble s'ajoute à tout ça. Et je trouve ça quelque chose d'extrêmement beau et de libérateur.
Comment ta vision du vol a changé depuis que tu es président de la SAV ?
Bon, j'ai un peu fait de la propagande. J'avais une vision très limitée. Je n'étais pas conscient de tout ce que fait l'association en coulisses pour rendre cela possible. Je n'étais pas conscient...
comment j'ai décrit au début ces personnages forts, comment ils peuvent marquer une scène et parfois même la déchirer. Je n'étais pas conscient de tous les aspects de sécurité qui se déroulent en arrière-plan, des réglementations qui sont mises en place. Durant mon mandat, maintenant que je suis président, nous avons durci les thèmes de formation, ou plutôt les sujets d'examen. Je n'étais pas conscient du nombre total d'accidents qui surviennent réellement. C'est quelque chose que nous avons déjà abordé dans le magazine de l'association, mais quand on est confronté à cela plus directement et que je me suis en fait promis que durant ma...
Pendant mon mandat de président, je ne veux jamais aller à un enterrement. L'année dernière, j'y suis allé quand l'un de nos membres du comité est décédé, au sens propre du terme. Devoir discuter avec la veuve, l'aider, tout cela était relativement nouveau pour moi, tout comme la grande diversité de ce qui se passe autour, y compris sur le plan politique. Je suis membre du groupe de travail parlementaire sur l'aéronautique et l'astronautique. C'est très intéressant de se réunir avec d'autres personnes, même si les sujets ont maintenant un lien relativement moins étroit avec mon domaine d'activité proprement dit. Mon panoptique aéronautique dans ma tête s'est alors énormément élargi.
Dernière question : si tu avais un vœu en tant que président que le plus grand nombre de pilotes en Suisse pourraient exaucer, quel serait-il ?
Profitez de l'aviation, profitez de la liberté que nous avons et faites tout pour que nous puissions continuer à l'avoir à l'avenir en respectant les règles et en étant gentils les uns avec les autres.
Je vais laisser ça comme ça. Profitez de votre vol, soyez gentils les uns avec les autres et respectez les règles. Urs, merci beaucoup pour ton récit sur ton travail en tant que président du SAV, la célébration des 50 ans du SAV, ta propre motivation et quelques aventures intéressantes que tu as vécues avec le vol. Merci beaucoup pour ça et amuse-toi bien, ou plutôt, beaucoup de succès pour votre grande fête de fin août à début septembre en Suisse. Merci Lucian. La
Vous trouverez les liens complémentaires vers cet épisode de Podz-Glidz dans les notes de l'épisode sur le Gleitschirm-Blog Blueglides. Pour ne manquer aucun épisode, vous pouvez vous abonner à Podz-Glidz sur le Podcatcher de votre choix. N'hésitez pas à le recommander à vos amis parapentistes. Vous pouvez également soutenir mon travail sur Podz-Glidz et Blueglides par une contribution financière. C'est vous qui décidez du montant. Ma suggestion non engageante est de 60 euros par an, soit environ 5 euros par mois. Mais peu importe ce que vous donnez, chaque somme m'aide à continuer de gérer et de développer Podz-Glidz et Blueglides au service de la scène du parapente. Je vous en remercie. Toutes les informations sur la manière dont votre contribution me parvient se trouvent sur le site web
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