Alors, on a une relation avec nos machines à coudre. C'est presque effrayant, mais c'est comme ça. Oui. Je ne veux pas une équipe de dix personnes parce que je vise la croissance. Je préfère faire moins de produits, mais ce que je fais, je le fais moi-même, plutôt que de simplement développer des produits et tout faire produire à l'extérieur. Oui, pour que tout ça reste amusant. Si tu ne couds pas, tu ne peux pas faire de parapente. Ça va ensemble.
Podz-Glidz, le podcast Lu-Glidz.
Des histoires du cosmos du parapente. Aujourd'hui avec Simon Bratschi et André Bernhard.
Et je suis Lucian Haas.
Dans le milieu du parapente, on croise toujours des gens pour qui voler est bien plus qu'un simple hobby. C'est une passion, un mode de vie. Chez Simon Bratschi et André Bernhard, cela est encore décuplé par une seconde passion : la couture. Tous deux s'y sont passionnés dès leur jeunesse, chacun de son côté. Quand ils se sont rencontrés des années plus tard en pratiquant le parapente, le terrain était déjà prêt pour qu'un projet commun inhabituel puisse voir le jour.
Simon et André dirigent aujourd'hui Flugsau GmbH. Ils développent des sellettes, des sacs à dos particuliers, des accessoires comme des supports de caméra. Et ils sont l'adresse de référence en Suisse lorsqu'il s'agit de réaliser sur mesure des pièces spécifiques liées au parapente selon les demandes des clients. Ils cousent d'ailleurs encore tout eux-mêmes dans un ancien porcherie transformée en manufacture à Grafenort, dans la vallée d'Engelberg. Pour cet épisode 140 de Podz-Glidz, j'ai reçu Simon et André dans leurs ateliers de production. Devant un décor composé d'une grande découpeuse laser et d'une douzaine de machines à coudre industrielles, ils nous racontent notamment l'histoire de Flugsau.
Comment la couture et le vol vont de pair pour eux, leur processus créatif, la quête de la perfection et comment on peut s'en sortir avec du fait-main suisse dans le milieu du parapente, qui est assez sensible aux prix.
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André et Simon, qui ou qu'est-ce que Piggy ?
Piggy est une série de sellette. Le nom vient de Flugsau. Et un Piggy est un petit cochon, c'est pourquoi nous avons donné ce nom à cette catégorie de sellette. Et c'est pourquoi nous avons donné ce nom à cette catégorie de sellette. Et c'est pourquoi nous avons donné ce nom à cette catégorie de sellette. Euh,
comme on l'a mentionné plus tôt, 004 worldwide et
On, on a tout appelé ce nom Piggy. Pourquoi Piggy ? Parce que Piggy sonne encore chaleureux, ça a une valeur de reconnaissance et toute la série est basée sur ça. Toute la série est le PiggyB pour le sellette pilote, le PiggyPA pour le sellette passager, etc.
Et comment cette série est-elle nommée d'autre part ? Eh bien, vous avez « Flugsau » comme nom d'entreprise, donc un nom très allemand, et vous utilisez maintenant un nom anglais pour vos harnais. Comment est-ce que ça s'articule ? Je ne pense pas qu'il y ait autant de profondeur...
ça ne marche pas non plus. On a choisi le nom et il faut bien avoir quelque chose. On s'est dit que ça allait plutôt bien ensemble. Il y a une sorte de symbiose. Ça sonne bien et c'est amical. « Sau » est souvent associé à quelque chose de négatif. « Piggi » fait décontracté, ça sonne bien aussi, mais on n'a pas vraiment fait d'études approfondies sur la raison pour laquelle on l'appelle comme ça.
Si on associe quelque chose de mauvais au mot « Sau », pourquoi avez-vous choisi « Flugsau » comme nom de marque ? Pourquoi...
Ça remonte à environ 2009, dans la recherche d'un nom. Le nom « Flugsau » est composé de « Flug » et « SAU », à savoir Simon, André et Urs, les fondateurs de « Flugsau ». On ne voulait absolument pas prendre un nom qu'il y en a déjà des milliers dans ce domaine, genre « Flug » suivi de n'importe quoi, mais il fallait que ça saute aux yeux, que ce soit différent. On fait notre propre chose, après tout. On a aussi décidé qu'on pouvait générer notre propre nom à partir de nos initiales, mais qui soit aussi impertinent et pas conventionnel.
Ce qu'il faut aussi dire et qui nous correspond bien. Souvent, des gens qui nous connaissent bien depuis avant ont dit que le nom vous allait bien, parce que vous avez volé comme des cochons. C'est aussi un peu associé comme ça. Et l'autre chose, c'est qu'au début, on demande : comment ça s'appelle ? « Flugschau », « Flugsau ». Mais une fois que les gens l'ont retenu, ils ne l'oublient plus. Vous avez aussi des clients internationaux ? Qu'est-ce qu'ils disent ? Ils ne savent souvent pas comment on le prononce. Mais oui, c'est le nom de l'entreprise. Je pense qu'ils ne creusent pas plus loin. J'ai cette impression. Surtout avec les anglophones — ou les francophones.
Des clients. Comment est-ce qu'on devient pilote de parapente ? Si vous dites que vous étiez pilotes de parapente. Vous avez volé comme des cochons. D'une certaine manière. C'est ce que vous venez de dire. Exactement. Je ne veux pas vous accuser, mais on dirait que vous en êtes encore un peu. Mais comment un pilote de parapente a-t-il l'idée de se dire : on va monter ensemble une sorte de, comment dire, une manufacture pour accessoires de parapente, je dis ça surtout pour l'instant.
Oui, je ne dirais pas qu'on s'est assis ensemble en disant qu'on voulait faire ça. C'est plutôt arrivé comme ça. Parce qu'on vient du domaine de l'acrobatie et... on voulait prendre des choses, enregistrer, filmer et tout ça. Et il n'y avait pas tellement de supports, disons. Ou je voulais une poignée de frein spéciale parce que celles qui étaient sur le marché ne me convenaient pas, et ainsi de suite. Et on s'est bricolé des trucs pour nous, disons. Et à un moment, des amis sont venus : « Hé l'équipe, tu peux m'en fabriquer un aussi ? » Et c'est comme ça que ça s'est...
On a tout développé, disons. Mais il y a quand même un cran à franchir entre... dire, d'accord, je le fais pour moi, je le fais pour quelques amis, et en faire un business. Ou en faire mon gagne-pain, m'en tirer d'une manière ou d'une autre. Comment est-ce que vous en êtes arrivés à cette étape où vous vous êtes dit, d'accord, on va faire ça vraiment professionnellement ? Ça s'est fait naturellement. Enfin, nous...
Avant la société Flugsau, on avait la société Acrosound. Et là, on s'était fixé pour objectif que l'un de nous deux ait une demi-journée de travail rémunéré. C'est comme ça que ça a commencé. Et on n'a jamais eu l'idée d'en arriver au point où on en est maintenant. Où on ne... On fait des accessoires, mais on fait aussi beaucoup d'autres choses. En Suisse, on est certainement une marque pour le domaine professionnel du tandem. Mais on n'a jamais... On n'a jamais fait de concept d'entreprise en disant : maintenant, ça doit être comme ceci ou comme cela. Et l'autre chose, c'est certainement la passion.
On a commencé dès l'enfance et l'adolescence, tous les deux, à avoir une grande affinité et un plaisir pour la couture. Et ce n'a jamais été un travail pour nous, mais toujours une passion, un plaisir. Et ça
C'est resté comme ça jusqu'à aujourd'hui. On nous demande : « Dès l'adolescence, pendant tes années d'école, tu cousais déjà ? » Oui, tous les deux, oui. Et qu'est-ce que vous cousiez à l'époque ? Je n'ai pas cousu de sellettes ou autre chose. Non.
Alors, bizarrement, j'ai déjà fait du tricot à la maternelle et en Suisse, on dit qu'on apprend le tricot. En fait, je voulais apprendre ça. Aucune idée pourquoi, ça m'intéressait. Ensuite, aussi coudre des trucs en général ou... Je n'avais rien à la maison. Je n'avais pas d'argent pour acheter quelque chose. Mais la machine à coudre de maman était là et quelque part, il y avait un sac à dos cassé dont on pourrait utiliser les bretelles rembourrées. Pour en découper un sellette, pour s'attacher quand on grimpe aux arbres. Alors j'ai fait ça comme ça, parce que le matériel était là. L'intérêt pour la couture, pour créer ou modifier quelque chose, était aussi présent.
Et c'est comme ça que tout s'est fait, en fait. Comment...
Quel âge avais-tu quand tu dis que tu t'es cousu un sellette pour grimper dans les arbres ? Dix peut-être. Dix, douze. Oh wow. Et comment on en vient à cet âge-là ? À avoir l'idée de se dire, j'ai besoin d'un sellette pour grimper dans les arbres ?
Oui, il y a des magazines où on voit que les grimpeurs ont toujours été intéressés par la hauteur, par l'escalade. Alors on voit tout ce qu'il existe. Et s'il n'a pas les moyens ou qu'il voulait le fabriquer lui-même, parce qu'on a vu quelque part dans une brochure ou dans un magazine que les grimpeurs s'assuraient comme ça. Et on voulait reproduire quelque chose de confortable, au point de pouvoir se dire : oui, ça tient, on ne tombe pas de l'arbre. Si ça aurait vraiment tenu, je dirais que c'est discutable avec les fils de coton qu'ils utilisaient. Mais c'est comme ça que ça a commencé pour moi. Aussi coudre des cerfs-volants soi-même et tout ça, ça m'intéressait.
Est-ce que vous vous connaissiez déjà enfants ? Non. Non, avec Simon, on s'est rencontrés quand il avait environ 20 ans, j'étais un peu plus vieux. Mais quand on a commencé à discuter, on s'est très vite trouvés. Comme Simon l'a expliqué, sur la façon dont il faisait ses trucs à 10 ans, moi aussi, durant mon enfance, j'ai fait des essais statiques dans le domaine de l'escalade. L'échelle de jeux pour enfants nous servait de point d'ancrage pour effectuer des tests de charge et voir comment quelque chose cassait. Et Simon a pratiquement la même histoire.
Et bien qu'on ait grandi à seulement environ 20 kilomètres l'un de l'autre à vol d'oiseau, on ne s'est rencontrés que bien plus tard.
rencontrés plus tard. Mais on a alors réalisé que nous étions, du moins en ce qui concerne la couture, peut-être même plus que des âmes sœurs d'une certaine manière.
Ouais, enfin, c'était... avoir un intérêt pour beaucoup de choses identiques. Et le fait d'être intéressé par le fait de fabriquer quelque chose, pas juste acheter n'importe quoi n'importe où. Il y a aussi le fait qu'on n'avait pas les moyens avant d'acheter du matériel comme ça. Mais qu'on, on bricolait nous-mêmes, on construisait nous-mêmes. Et oui, c'était en fait un hasard. On était ici dans la vallée d'Engelberg. C'était en fait à Engelberg, où on allait voler. J'étais ici avec un autre collègue. D'autres étaient déjà souvent ici dans la vallée. Et c'était en 2005, je pense.
Et puis on avait besoin de quelqu'un pour descendre avec ma voiture. Finalement, c'est André qui est descendu avec la voiture. Il s'est avéré qu'il allait parfois dans un alpage là-haut. Et il y avait une machine à coudre. Et c'est comme ça qu'ils se sont rencontrés. Et ils sont allés voler. Et ils avaient aussi deux ou trois choses similaires en volant. Ils s'amusaient sur les mêmes trucs, pour ainsi dire. Comme nous aussi pour le vol à batterie.
Finalement, ils sont arrivés. Vous avez tous les deux fait du vol à batterie ? Ou quel était le point commun ?
On ne l'a pas appelé "vol en batterie" pendant longtemps. On avait juste plaisir à essayer les manœuvres. Il n'y avait pas de chaîne YouTube à l'époque, pas d'Internet. On devait apprendre nous-mêmes. Et on l'a fait à notre manière, en testant nos propres trucs. Il n'y avait pas de "il faut faire comme ça". On avait juste envie de dire : "essaie ceci" ou "essaie cela". C'est bien plus tard qu'on a commencé à parler de "vol en batterie". En fait, seulement quand il s'agissait de disputer nos premières compétitions internationales.
Oui, mais même là, on hésitait encore à dire que c'était de l'acro-vol. Et on détestait quand quelqu'un disait : « On va s'entraîner ». Ce n'était pas notre esprit. On voulait voler. On voulait avoir le contrôle dans toutes les situations possibles, disons. Mais quand quelqu'un disait : « On veut s'entraîner, sur quoi ? », on réagissait presque avec allergie. Parce qu'on voulait voler et s'amuser. Pas s'entraîner en ne pensant qu'à la compétition. Il s'agissait avant tout de s'amuser et de voler.
Pour en revenir à la "Flugsau" et au début, quand tu as dit qu'on disait que vous voliez comme des cochons. Qu'est-ce qu'il y avait de "cochon" dans votre façon de voler ?
Aujourd'hui, on appellerait ça du vol en accélération. À l'époque, ce n'était pas encore comme ça. Ce n'était pas vraiment connu. On volait plutôt en ligne droite, en thermique et en distance. Et quand les gens nous regardaient essayer des trucs avec une aile à moitié ouverte, jusqu'à très près du sol, on était tout simplement les fous du coin. Jusqu'au moment où on a fini par ramener une médaille à la maison. Et là, c'était le vol en accélération. Et on n'était plus seulement les déjantés, ça a un peu basculé.
C'était quelle médaille ?
Championnats de Suisse, qu'on a faits. En tant qu'équipe de synchro alors ? Ou en individuel, vous avez rapporté une médaille chacun ? Non, en vol synchro,
mais curieusement pas ensemble. On avait des partenaires différents. Parce qu'il faut aussi être en forme. Je ne pense pas qu'on ait... le vol synchronisé est amusant, mais pas comme une prestation de spectacle garantie. On ne s'accordait pas. Clairement pas. Oui, enfin pour moi au moins, la compétition de vol synchronisé était plus un hasard. Il y avait trop peu de participants pour que ça compte officiellement comme un championnat de Suisse. Là, ils ont dit : tu ne veux pas faire un peu de synchro avec nous ? Mais au début, si je me souviens bien, c'était en 2006,
En 2007 à Villeneuve. Ils n'avaient pas assez d'équipes, alors ils ont regroupé les gens. « Hé, tu ne voudrais pas former une équipe avec Judith, par exemple ? » Mais ça n'a pas vraiment marché. Et puis il y avait un autre jeune pilote du Valais. Et on s'est dit : « Bon, on participe, on n'a rien à perdre. » C'est comme ça que ça a commencé, en fait. Et puis on a fait d'autres compétitions avec lui. On a fait du synchro, mais aussi avec d'autres partenaires de synchro. Mais surtout parce que c'était amusant, pas vraiment par souci de compétition.
Si vous regardez la scène de l'acrobatie aérienne aujourd'hui, qui est au moins au niveau mondial très professionnalisée, où les gens arrivent en gros à 12 heures pour s'entraîner toute la journée, on a au moins cette impression. Ils ne font que tourner, puis ils s'installent à Organia ou ailleurs et passent la journée entière dans les airs à s'entraîner constamment sur les mêmes manœuvres. Est-ce que ce serait quelque chose qui pourrait encore vous fasciner, ou qui vous aurait fasciné à l'époque, si c'était déjà aussi développé ? Ou est-ce que c'est quelque chose pour lequel vous diriez : non, ça va déjà trop loin par rapport à la façon dont on imagine le vol ?
Je dois un peu inverser la question. Pour nous, à cette époque, c'était super bien, mais définitivement complètement différent d'aujourd'hui. L'ambiance était déjà au premier plan et on participait aux compétitions internationales ; il y avait des gens du pays et de l'étranger, et à l'époque, c'était peut-être pas une idée, pas 100 ou 200 personnes qui ont fait de l'akro. Et on ne l'a jamais fait par cet élan profond de compétition, mais simplement par le plaisir de rencontrer des gens. Et de voler, et nous aussi on est allés à Iquique et on y a passé un bon moment.
Aujourd'hui, on dirait que c'est pour s'entraîner. Mais je trouve aussi que ce que font les jeunes aujourd'hui est super cool. Et ça a toujours cette ambiance, on a juste une occupation différente maintenant. Et pour moi, la question ne se pose même pas. Comment
beaucoup arrive
Qu'est-ce qu'il vous reste à faire en tant que pilotes ? Pas grand-chose. Enfin, pas parce qu'on n'en est plus capables, mais parce qu'on n'en a plus besoin aussi souvent qu'avant, disons. Avant, on montait à la montagne par tous les temps et puis il y avait peut-être une accalmie et on pouvait redescendre. Et aujourd'hui, c'est comme si on pouvait aller bien plus loin que ce qu'on fait.
Est-ce que c'est l'âge ? Est-ce qu'on finit par être saturé à un moment donné ? On a en fait déjà tout vécu et vu dans les airs. Surtout quand on est un peu pointu. Quand on vole vraiment partout et qu'on essaie vraiment tout ce que la aile permet de faire. Je dirais que tout a été...
on ne l'a sûrement jamais vécu. Mais c'est vrai que quand on vole énormément, ou pour certains qui ont beaucoup volé, c'est comme... on a déjà fait des blagues sur le "burnout d'acro". Que si on vole trop, on finit par ne plus avoir le plaisir de voler qu'on veut vraiment. Je pense que c'est extrêmement personnel. Mais je pense que si on a volé de manière très intensive et très souvent pendant un certain temps, qu'à un moment donné on veut un peu se calmer et qu'on choisit plutôt les beaux vols, ou qu'on fait une pause pour pouvoir apprécier à nouveau le vol, au lieu de juste y aller tout le temps.
C'est quoi pour toi un beau vol aujourd'hui ? Ça peut être quand je fais du hike and fly avec ma femme, puis qu'on redescend tranquillement après un café dans la cabane de montagne dans des conditions paisibles. Ou ça peut être Sohren au Danemark. Ou ça peut être une petite virée tranquille ici dans la vallée d'Engelberg avec une aile de cross-country. Donc plus rien de dingue ? Pas forcément. Si j'ai envie de voler un hélicoptère avec mon aile de hike and fly, alors je le fais. Mais ça n'a pas besoin d'être le cas à chaque vol. Et pour toi, André ? Ce qui me fascine en ce moment, c'est qu'on a embauché une jeune... qu'on a embauché une jeune personne et qu'on est juste dans la zone de vol. Et que cette jeune personne nous pousse à nouveau à aller voler à midi.
Spontané. La
elle a encore cette envie de voler et elle nous a encore contaminés avec ça. Exactement,
Il faut le dire. Elle nous a vraiment contaminés : quand ça vole, on y va... Au lieu de déjeuner, on va voler. On est encore en vol. Dans cinq minutes, dans dix minutes... Dans dix minutes, on est sur la montagne et on peut atterrir devant notre magasin. Je trouve ça très cool en ce moment.
Mais est-ce que c'est juste un simple décollage que tu fais ? Ou est-ce qu'il y a aussi... Là, ça revient le côté "agro-vol" ou le vol ludique, et tu te dis : "Super, je vais faire une acrobatie depuis la montagne pendant ma pause déjeuner."
J'ai toujours fait un peu de gymnastique, mais d'une manière totalement différente. C'est genre, oui, tu tires un peu plus et là tu peux déjà faire l'aile. Oui, je peux déjà arracher l'aile, mais maintenant on a des ailes faciles et je fais surtout attention à ne pas les casser en quelques semaines, mais à être un peu plus soigneux avec.
Petit changement de sujet vers la couture. Vous venez de dire qu'il y a eu un moment, un peu comme avec les Agro-Fliegen, où vous avez dit que ce n'était pas lassant, mais qu'à un moment donné, c'était aussi un peu trop. Eh bien, vous faites de la couture depuis votre enfance et maintenant de manière très intensive dans votre travail, parce que vous êtes confrontés à la couture tous les jours. Y a-t-il aussi des moments où vous vous dites : parfois, j'en ai assez de cette machine ?
Je ne l'ai pas encore eu. Je dirais que ça peut arriver. Il y a aussi du travail qu'on aime moins que d'autres. Je dirais que si on a une réparation fastidieuse alors qu'on préférerait construire ou assembler quelque chose de nouveau, il y a sûrement des tâches qui procurent plus ou moins de plaisir. Je pense que c'est le cas de pratiquement tout le monde quand on travaille. Mais ce n'est pas comme si j'avais le sentiment de me dire : « là, j'en ai assez, maintenant je veux faire quelque chose de complètement différent ». Parce que si je veux faire autre chose, même dans le domaine de la couture, j'en ai la possibilité, je peux faire autre chose. Et de ce point de vue, je n'ai jamais le sentiment...
que je veux tout arrêter maintenant. Je veux faire autre chose parce que c'est amusant et que c'est extrêmement polyvalent avec toutes les différentes tâches que nous faisons.
Qu'est-ce qui est si fascinant dans la couture pour vous ? Vous dites que vous en faites depuis l'enfance, presque quatre décennies maintenant.
Pour moi, ce n'est pas explicitement la couture, mais le jeu avec la matière. Le jeu avec la stabilité. Je sais à quel point quelque chose peut tenir, le lien avec le tissu. Et la couture n'est qu'un petit processus dans l'ensemble. Ça inclut la coupe, la conception de nouvelles choses. Et c'est aussi ce qui rend ça si passionnant, parce que c'est extrêmement polyvalent. On ne reste pas juste devant la machine à coudre, on se demande comment on peut résoudre ceci ou cela. Et pour moi, il a toujours été clair : je veux atteindre un niveau où j'ai mon propre terrain de jeu. Je veux avoir les compétences pour concevoir, construire, coudre et tester des choses avec légèreté.
C'est ce qui me motive dans la couture. Et tu ne peux même pas... Pour moi, il est impensable que je puisse perdre cette motivation, même un tant soit peu. Parce que c'est un monde tellement polyvalent, qui touche à tant de domaines...
ça marche. Ça ne s'arrête jamais. Mais c'est aussi une sorte de connexion où tu te dis, d'accord, tu as le tissu, tu as le fil, tu as n'importe quoi. Et ça jaillit de toi de manière ludique quand il s'agit de trouver une solution à un problème ou quelque chose comme ça.
Quand on a le savoir-faire nécessaire, le facteur plaisir entre en jeu. Et alors, tu peux résoudre ces problèmes sans que ça ne représente... un travail pour toi ou pour moi. Pour moi, ce n'est pas du travail, mais j'éprouve du plaisir à le mettre en œuvre. C'est pareil pour toi ? Oui, enfin pour moi, ça ne veut pas dire que je peux balancer une solution sur la table immédiatement, disons.
Mais aussi quand une solution arrive après une, deux ou trois semaines, ou qu'on oublie le problème et qu'on trouve une solution un an plus tard. Je pense que c'est plus une question de... de le faire de manière ludique... ou que ça procure du plaisir de développer une solution, plutôt que d'avoir une solution prête immédiatement. Et avec le temps, on a évidemment de meilleures solutions pour différents problèmes et on a aussi la possibilité, quand un client arrive avec un souci et dit : « Ah, j'ai déjà eu quelque chose de similaire, on peut le résoudre comme ceci ou comme cela ». Et ça, c'est aussi super amusant. Ce n'est pas que je dise que j'ai une solution pour tout. Pas du tout. Je ne pense que personne ne l'a. Mais... oui. Chercher la solution et trouver qu'elle est amusante, et que ça sera encore amusant dans dix ans quand on trouve une solution à un problème.
Je pense que c'est plutôt ça, plutôt que de dire que j'ai une solution pour tout. Et là, on est sûrement forts en équipe, non ? Le fait qu'on puisse discuter de quelque chose ensemble. Je veux résoudre ça. Tu as une idée ? Et ensemble, on va beaucoup plus loin. Bien sûr. Parfois on est... Parfois il n'y a rien du tout. Oui, ça fait partie du jeu. Mais parfois, il y a plein de choses. Exactement, c'est pour ça, oui.
Mais ça veut dire que vous développez tout ensemble ? Donc sur chaque produit, quand c'est quelque chose de nouveau, vous vous asseyez ensemble et... Est-ce que c'est une sorte de brainstorming ou comment ça fonctionne chez vous ? Des pauses café. Des pauses café,
où nous discutons de presque tout ensemble. Et ça peut arriver que, par exemple, quand on regarde un projet de sellette, je fais quelque chose. Et quand j'ai fini, on en discute. Et là, une idée importante qui manquait, Simon arrive et l'a juste sous la main. Oui, tout de suite. Je pense que c'est souvent comme ça qu'on ne dit pas dès le début : « Hé, on s'assoit ensemble, on fait ça ». Ça arrive aussi quand on veut développer un... un produit. Le plus souvent, c'est l'un de nous deux qui prend le lead pour le produit, parce qu'il est déjà plus impliqué, il est en contact avec un client ou il est déjà plus profondément impliqué.
Mais quand il s'agit de concevoir mon produit et de résoudre des problèmes, comme nous pensons assez différemment sur certains points, alors nous regardons ça ensemble, bien sûr. Et je vais voir les autres... et je leur dis : regarde, j'ai ceci et cela, et ils donnent leur avis, pour ainsi dire. C'est généralement comme ça que le produit fini prend forme. Sur quoi pensez-vous différemment ? Pfiou. Difficile, difficile à dire. Je pense que nous travaillons ensemble depuis très longtemps et que chacun a son propre parcours de développement dans sa vie. Et on se rend compte qu'on a énormément de différences.
Et on aborde des choses très différentes,
pensent aussi de manières très différentes et savent que c'est exactement ce qu'il faut pour obtenir un bon résultat à la fin. Ou disons, si tu... plus vous êtes différents, plus les idées sont créatives. Alors tu n'as pas seulement un chemin, mais tu as... toute la palette.
Oui. Alors, est-ce qu'il y a aussi des disputes pour ce genre de choses ? Où on se dit : comment peux-tu penser une telle connerie ? Ou que c'est une solution complètement débile.
Je pense qu'il y a sûrement des discussions où on ne comprend pas certaines approches de l'autre. Mais ça fait partie du jeu. Comme dans une bonne relation, on a parfois des discussions animées. Et parfois, on ne dit rien tout court. Parce que... il n'est pas nécessaire d'être d'accord sur tout. Et c'est une bonne chose. Et aussi ce qu'André a dit. Si on pensait de la même manière, on n'aurait pas besoin d'être deux.
Alors, vous avez toute une gamme de produits que vous fabriquez vous-mêmes ici, et tout ça. Est-ce que ces produits sont pour vous un peu comme vos bébés, vos enfants, que vous avez produits ensemble, que vous avez, en quelque sorte, créés ?
C'est une image qui me vient à l'esprit là.
On ne pense pas aussi loin. On est un peu trop simpliste. Pour moi, ce ne sont pas mes enfants. Un enfant est quelque chose de fini. Et ce qu'on fait ici, c'est une quête constante pour essayer de faire encore mieux. Et c'est notre quête. C'est donc pas un enfant. C'est toujours une sorte de chose non née. Parce que toute la scène et tous les gens qui travaillent dans ce domaine sont en changement permanent. Et rien n'est jamais...
On a un un produit qui est fini. Mais dans la tête, on travaille déjà sur quelque chose de nouveau. Sur le prochain modèle, disons. Si tout était fini, alors il n'y aurait plus de... de nouveaux produits, disons. Et on essaie toujours d'améliorer quelque chose ou de construire quelque chose pour que plus de clients y prennent du plaisir, etc.
Est-ce qu'il y a un produit pour lequel vous diriez que, dans sa forme actuelle, il est parfait ? Qu'il n'y a plus rien à améliorer ?
Je ne dirais pas ça. Pour l'amour du ciel, non, parce que jamais... Qu'est-ce que c'est que le parfait ?
Ce que je trouve parfait, les autres le trouvent pourri. Enfin, c'est exagéré. Pour moi, il n'y a pas de produit parfait. Un bon produit, pour moi, c'est quand beaucoup de gens s'amusent avec et peuvent en avoir besoin. C'est ça, un bon produit. Mais un produit parfait, je ne dirais jamais que...
qu'on a un produit parfait. Est-ce qu'il y en a un dont vous êtes particulièrement fiers ? À cause d'une solution particulière à l'intérieur ou quelque chose du genre, où vous vous dites : « Hé, c'est quelque chose que nous seuls, en tant que Flugsau, pouvons fournir » ?
Je pense que ce sont,
si... Tu as mentionné la série Piggy au début. Et je crois qu'on en est déjà un peu fiers, parce qu'on a construit des sellettes sans rien copier, mais vraiment en partant du tissu pour construire nos propres modèles. Quiconque pilote un sellette de type Flugsau comprend peut-être un peu de quoi je parle. Ça a un grand avantage. Ça a les propriétés Flugsau. Et j'en suis un peu fier, parce que c'est une voie tout à fait unique. Elle n'a pas besoin d'être parfaite. Elle n'a pas besoin d'être achevée, mais elle est construite selon le caractère de nous deux.
À partir de rien. Oui, et on a aussi assez rapidement voulu, dès le début, ne pas prendre d'autres projets ou produits et, pour parler franchement, je dirais, en déduire les patrons, mais plutôt dessiner nos propres patrons à la main, construire des prototypes, s'y asseoir et voir ce qu'il faut changer. Au final, certains patrons ressemblent clairement à ceux d'autres produits d'autres fabricants. C'est automatique quand on fabrique un type de sellette similaire, je dirais, que certaines pièces se ressemblent. C'est normal. Mais ce dont je pense qu'on peut être fiers, pour certaines choses qu'on a construites différemment de la plupart des fabricants à cette époque,
que ça s'est imposé. Par exemple ? Ne pas intégrer de boucles, mais mettre la suspension principale des jambes directement dans le mousqueton. C'est un exemple. Soit c'était cousu fixe, obligeant à s'insérer dans les sellettes légères, soit il y avait une boucle. Je pense que ce qui est spécial ici, c'est qu'à un moment donné, on a dit pour les sellettes passagers, par exemple, que nous ne mettions pas les mousquetons sur la suspension principale à l'extérieur, mais entre les jambes. Et ça a définitivement apporté une grande sécurité et c'est en fait une excellente idée qui est aujourd'hui utilisée par différents...
c'est ainsi que c'est mis en œuvre. C'est cool. C'est aussi cool. Et on est finalement arrivés à cette solution un peu par l'escalade. On avait l'approche suivante : comment faire pour qu'on n'oublie pas de fermer les harnais des jambes chez le passager ? Et l'idée était que le mousqueton qu'on accroche sur les écarteurs devrait pendre vers le bas, on ne peut pas l'accrocher tant que le sellette n'est pas fermé. Et puis est venue l'idée : comment on fait pour que ce soit facile à accrocher ? Et là, il y a eu une réplique : "Ouais, on retourne le mousqueton". Et depuis, on fait comme ça.
Oui, depuis ce temps-là, on a remarqué que c'est un peu le "spécial Simon". Si tu ne sais plus quoi faire, retourne simplement tout. Et c'est une histoire qui nous poursuit encore aujourd'hui : quand on ne sait plus trop comment aborder un problème ou une solution technique, on fait le "spécial Simon". On tourne le truc à 80 degrés et on regarde si ça pourrait marcher comme ça. Et parfois
ça marche. Les produits que vous avez, vous ne les vendez que via votre boutique ou en direct. Est-ce que vous connaissez en fait tous vos clients d'une certaine manière, personnellement ? Aussi parce que vous dites que nous produisons ici, que nous avons une petite gamme, que nous avons probablement aussi seulement un petit groupe de clients, au point de dire que nous sommes en fait un fabricant très, très personnel.
D'une part, nous vendons une grande partie à des entreprises de matériel, à des entreprises de tandem ou à des écoles de vol que nous connaissons très bien. Nous échangeons avec elles. Ça veut dire que nous allons, par exemple, à Interlaken, où il y a beaucoup de pilotes de tandem, nous organisons une réunion avec eux, nous faisons des questionnaires où nous demandons explicitement ce qui est souhaité précisément. Et si la majorité a une idée, alors nous la mettons en œuvre. Tout comme le client final le souhaite en réalité. Mais les ventes passent déjà beaucoup par, je dirais, par des amis ou des clients devenus des amis.
Et on n'a plus autant de particuliers ici qu'avant, il faut le dire, parce qu'on manque un peu de temps pour ça. Avant, chaque client venait ici, c'étaient des clients individuels et on construisait ou modifiait des choses spécifiquement pour eux, et aujourd'hui, ça en est à plus de...
Les clients individuels, on en a moins qu'avant, il faut le dire, parce qu'on manque un peu de temps pour ça. Avant, chaque client venait ici, c'était des clients individuels et on a construit et modifié des choses spécifiquement pour eux, et aujourd'hui, il y en a déjà plus... à produire. À propos de la production en Suisse, vous cousez pratiquement tout vous-mêmes ici. Mais maintenant, vous avez aussi des choses pour lesquelles vous dites : on a une série, donc vous ne produisez pas en masse, mais au moins une certaine quantité. Est-ce que ça ne serait pas intéressant pour vous de dire : "Allez, on confie ça à un atelier de couture en Asie ou ailleurs. Ça nous libère de la capacité pour investir notre excellente pensée transversale, intelligente et imaginative dans de nouveaux produits." Côté temps. On a eu dernièrement... des clients entreprises, donc des sociétés en tandem ou quoi que ce soit. Des sociétés en tandem ou aussi des écoles de pilotage qui ont déjà plusieurs de nos produits pour permettre aux clients ou aux élèves, ou quoi que ce soit, d'essayer ou de faire des vols d'essai, ça a aussi toujours plus augmenté, même si la vente de nos produits, purement financièrement pour une école de pilotage, n'est pas aussi intéressante que la vente d'autres produits, puisque nous produisons en Suisse et que ça coûte plus cher qu'à l'étranger.
pour produire. À propos de la production en Suisse, vous cousez ici pratiquement tout vous-même. Mais maintenant, vous avez aussi des choses où vous dites : on a une série, donc vous ne produisez pas ça en masse, mais au moins une certaine quantité. Ne serait-il pas intéressant pour vous de dire : viens, on donne simplement ça à un atelier de couture en Asie ou ailleurs. On libère ainsi des capacités pour pouvoir investir notre superbe pensée transversale, intelligente et imaginative dans de nouveaux produits. Côté temps, là, on a vu l'année dernière...
L'été dernier, nous nous sommes penchés sérieusement dessus. Nous nous sommes associés à deux autres entreprises qui sont dans le même bâtiment que nous pour vérifier tout ça. Pour nous, c'est toujours clair : on ne veut pas donner ça à n'importe quelle production en Asie ou ailleurs, on veut garder le contrôle sur les choses. On a donc investi du temps et de l'argent pour étudier toute l'histoire, pour voir comment quelque chose serait réalisable tout en restant "Flugsau" et en gardant ce feeling sur notre façon de travailler, pour voir si on pourrait faire quelque chose dans les pays voisins.
On est donc allés dans les pays voisins, on a passé quelques jours à examiner tout ça,
On a pris nos notes, on est revenus et on s'est rendu compte que pour nous, avec ces quantités-là, ça ne joue pas. Parce que si je veux produire équitablement à l'étranger et avoir de bonnes personnes, j'ai le problème de devoir embaucher des gens compétents de manière responsable. Mais si je leur paie toutes les assurances, une protection décente, c'est-à-dire que je crée les mêmes conditions qu'ici en Suisse, on n'est pas beaucoup moins chers avec les quantités que nous produisons.
On s'est rendu compte qu'une production à l'étranger peut être complexe quand on a des exigences en matière de bon traitement du personnel, mais on a eu la chance de pouvoir embaucher quelqu'un. C'était une couturière, elle était déjà ici en tant que stagiaire, elle avait fini son école, et on a pu l'engager. On est maintenant très contents qu'elle s'occupe de choses pour nous qui nous permettent d'avoir plus de temps pour d'autres projets. Ce sont toujours des réflexions que nous avons, et nos pistes de solutions.
doit être en accord avec l'éthique que nous avons. On a déjà essayé de faire produire certains produits par d'autres fabricants, on a tenté le coup, mais on a assez vite arrêté parce que ce n'est pas comme ça que ça se passe, on n'est pas flexible. On ne peut pas dire : si quelqu'un veut une poignée de frein, il y a les poignées de frein, il ne peut pas dire je veux le logo en rose et pas en marron, ou que ce n'est plus aussi flexible. Et au début, quand on a commencé à développer et à coudre ces choses, c'était aussi un peu notre devise : ce qu'on développe, on veut le coudre nous-mêmes. Et on n'a jamais vraiment cherché la croissance,
on fait ce qu'on peut coudre. Et maintenant, on est un peu entre deux : on a certes embauché quelqu'un à 50 %, mais on veut toujours coudre les produits ici. Il y a bien sûr des ateliers dans notre région qui nous soutiennent et auxquels nous confions des commandes. Il y a un atelier à Stans, un atelier protégé, à qui nous avons déjà donné des commandes pour faire simplement des sous-ensembles, pour nous décharger un peu en termes de temps. Et ça a très bien fonctionné, et ils sont aussi contents d'avoir des commandes simples pour leurs employés.
En plus des produits en série que vous avez, il y a toujours des gens qui viennent vous voir pour des commandes spéciales ou avec une idée en disant, peut-être que Flugsau peut réaliser ça ou quelque chose du genre. C'était quoi, pour vous, la tâche la plus passionnante dans ce genre de cas ?
Beaucoup de missions passionnantes. Des missions vraiment super, vraiment cool, de la part de
des harnais pour chiens de détection de mines sur
Des tests d'application sur des avions, oui, sur
Des coussins en forme de coin pour les thérapies avec des enfants handicapés, des trucs très, très différents et aussi passionnants, où on se dit qu'on a pu aider quelqu'un. Comment ces gens...
versus vous, quand vous dites, par exemple, un chien de détection de mines, un sellette pour chien, comment est-ce que je pourrais imaginer ça ? Un chien est largué en parachute quelque part au-dessus d'un champ de mines et ensuite il a le droit de chercher ou qu'est-ce que ça veut dire ?
C'est une belle idée. Ces demandes viennent clairement de la scène du parapente, et aussi de notre ouverture envers les autres. C'était de la part d'un pratiquant de parapente que nous avons rencontré en vol de batterie, qui travaille dans une entreprise et qui, d'une manière ou d'une autre, sait ce que nous faisons : « Hé, demande-leur, ils peuvent peut-être le faire. » Et à quoi ressemble un sellette ? En fait, il s'agit d'avoir un support avec une caméra, du GPS et tout le reste, pour qu'ils sachent quelles zones ont déjà été inspectées. C'était principalement ça.
Vous avez aussi des sellettes pour chiens dans votre gamme. Est-ce que ce collègue est venu vers vous parce qu'il a vu que vous faisiez déjà des sellettes pour chiens, ou est-ce que vous en avez fait une pour lui et que ça est devenu, ah, un produit intéressant, peut-être qu'il y a d'autres personnes qui aimeraient voler avec leur chien ou quelque chose comme ça. On l'intègre à notre portfolio et on en fait une série de sellettes pour le vol.
Alors, ce sont bien sûr des commandes spéciales de grandes entreprises dans ce cas. Il vient vers nous et quiconque vient nous voir et voit l'atelier, voit les possibilités qu'on a, en déduit naturellement assez vite : ah, ils pourraient aussi faire ça ou cela. Mais je ne pense pas que dans ce cas précis, ce soit parce qu'on fabrique d'autres sellettes pour chiens pour le parapente qu'il est venu nous voir. On avait déjà des sellettes pour chiens pour le parapente. Mais pas sur Internet. Pas sur Internet, on a toujours fabriqué des sellettes pour chiens. Je ne pense pas qu'il soit venu nous voir pour cette raison. Il a vu tout ce qu'on fait et est en fait venu vers nous,
vous avez une petite menuiserie, vous pouvez fabriquer ça, vous pouvez
que nous développions ensemble. Est-ce qu'il y a aussi d'autres clients qui ne viennent pas du tout de la scène du parapente ? Ceux qui viennent vers vous, par quels types de contacts que ce soit ?
Oui, il y en a.
...quelques entreprises pour lesquelles nous cousons des choses. Par exemple ? Ça peut être une ceinture de sécurité pour un montagnes russes. Ça a un peu à voir avec Agrofliegen. Oui, ça doit tenir. Et là, on se demande aussi, bien sûr, comment les gens nous trouvent. Et il y a aussi un ami d'un ouvrier qui travaille là-bas, il nous connaît. Enfin, il nous connaît, il a probablement déjà commandé quelque chose chez nous. Et ils étaient sans doute en train de boire une bière après le travail et, d'une manière ou d'une autre, oui, on a besoin d'un nouveau fournisseur pour nos ceintures de sécurité ou peu importe ce qu'ils ont dit. Et il a probablement dit, oui, demande-leur. Ou un...
un autre client pour qui nous cousons certaines choses, un ancien camarade de classe d'André y travaille. Il y travaille encore. Il sait ce que fait André et demande toujours s'ils peuvent ou veulent faire ce genre de choses. C'est comme ça que ça s'est toujours passé. Je pense aussi que le truc, c'est que quand nous
quand on a commencé à coudre, on avait dans notre installation des trucs qu'on ne trouvait pas en masse en Suisse. Qui avait une découpe laser de cette taille à ce moment-là ? Ça n'existait pas vraiment beaucoup. Oui, on avait certaines machines ici et on était ouverts à différentes choses, je pense. Tout était fait à l'étranger. Juste un truc, une couture statique pour une réparation. Il faut renvoyer ça au fabricant et ça part quelque part. Il y en avait aussi qui faisaient ça, mais il n'y en avait pas beaucoup,
qui font ça. Ils n'ont pas construit tout leur business là-dessus, si j'ai bien compris. Ils faisaient ça à côté, mais leur cœur de métier était autre chose. Et au début, on acceptait des commandes comme avec Dank, pour montrer qu'on pouvait aussi faire ce genre de choses.
À quelle fréquence est-ce qu'il y a encore des gens qui viennent aujourd'hui pour dire : « J'ai quelque chose à réparer » et vous le faites vraiment ?
C'est comme ça, on fait des réparations. Elles ne sont plus si fréquentes. Mais c'est surtout parce qu'on a besoin de plus de place pour la production et qu'on achète, transforme et invente toujours plus de machines dingues, et qu'on a moins de temps pour les clients finaux. Et il y a environ deux ans, quand ce truc de Corona est arrivé, on n'a ouvert la boutique que sur rendez-vous, plus ou moins. Du coup, par rapport au début, on avait deux tiers de stock et un tiers d'atelier.
Et l'atelier chez nous a pris de plus en plus de place au fil des années. Il a fini par évincer la boutique, en fait. Oui, à présent, on est déjà... je dois le présenter comme ça, notre bâtiment est une ancienne porcherie, il fait huit fois 24 mètres de long, et sur ces 24 mètres, il y a déjà 20 mètres de production ou de machines. Oui, c'est un peu comme ça que ça a tourné. Oui, on s'éloigne aussi de plus en plus du commerce ou de la revente pour se concentrer sur nos propres produits, ou sur notre propre production.
Et pour revenir rapidement sur les réparations. Ces dernières années, disons, il y a eu de plus en plus de produits sur le marché. Tout doit être de plus en plus léger. Il y a de plus en plus de produits qui arrivent sur le marché qu'on ne veut pas réparer en toute conscience. On dit souvent pour les réparations : on n'y touche pas, parce que si on veut réparer quelque chose, ça doit tenir et être de nouveau impeccable. Mais il y a beaucoup de produits que, oui, on peut quand même réparer. Mais au prochain vol, la couture lâche, parce que c'est un matériau tellement fin.
À quelle fréquence est-ce qu'il vous arrive de recevoir des réparations ou du matériel d'autres fabricants ? Vous êtes maintenant les experts absolus. Et vous regardez ça en vous disant : « Oh, c'est quoi cette solution bizarre ? » Non, enfin, des solutions bizarres...
On ne le pense pas vraiment. On est toujours contents quand d'autres personnes, dont la plupart sont nos amis, font quelque chose. Que ce soit bien ou mal, mais d'autres solutions nous fascinent, on trouve ça super et on trouve ça cool qu'il y ait une telle dynamique. Et parce qu'on est si petits, on peut aussi à chaque fabricant
appeler et dire : tu as ce matériau, ou d'où tu l'as, ou quoi que ce soit. Et c'est un échange très, très ouvert avec la plupart des concepteurs d'entreprises. Et cela nous permet, en tant que petite entreprise, de pouvoir du tout
obtenir ce matériau. Ça veut dire qu'ils ne vous voient pas du tout comme des concurrents d'une quelconque manière, mais plutôt comme cette petite manufacture suisse surcoûte, enfin, surcoûte du point de vue international, qui ne pourra de toute façon rien nous enlever de majeur. Donc c'est un fait, c'est simple. On ne peut pas le faire, oui. Est-ce qu'il arrive que des gens comme ça, je veux dire, ils savent probablement aussi apprécier votre savoir-faire et trouvent ça génial la façon dont vous pensez, et donc des esprits similaires se retrouvent probablement. Est-ce qu'il arrive que les fabricants viennent vers vous et disent : « Hé, vous ne pouvez pas co-développer avec nous ou on a un problème ici, on n'avance plus. Vous avez peut-être une solution de suspente ou quelque chose comme ça ? » Ça arrive tout le temps et
C'est toujours passionnant et on en discute. Mais on est déjà très occupés par ce qu'on fait et on veut faire avancer nos propres projets, pas construire quelque chose pour quelqu'un d'autre. On a déjà été sollicités par divers fabricants pour savoir si on pouvait coudre des prototypes pour eux, ou si on voulait développer des sellettes pour eux ; on a été sollicités, mais ce n'est pas ce qu'on veut. On veut construire notre propre histoire, que ce soit bien ou mal, c'est au final toujours une question de point de vue. Mais ce qui est beau, en fait, c'est qu'il y en a déjà beaucoup...
des constructeurs, aussi chez nous dans la maison, venant d'autres fabricants, et nous sommes ouverts à ce genre de visites et oui, ils veulent aussi faire leur truc et c'est évidemment passionnant de pouvoir discuter ou parler avec des gens comme ça. On parle la même langue. On parle de choses pour lesquelles tu ne comprendrais pas un mot. Et on est tellement dedans et on a tellement de plaisir quand on rencontre, disons, je ne sais pas, 100 personnes qui fabriquent des sellettes de parapente dans le monde, quand tu rencontres naturellement des gens comme ça et que tu peux entrer en profondeur dans les détails techniques, c'est juste magnifique. C'est juste magnifique.
Et chacun a sa propre
façon de faire, comment il fait ça et tout ça. Et nous avons aussi notre propre
approche. On a déjà une approche très, très particulière, ne serait-ce que parce qu'on est extrêmement, très petits. On ne peut pas du tout travailler comme la plupart des fabricants de parapente. C'est hors de question.
Avez-vous déjà eu à publier un avis de sécurité pour l'un de vos produits ?
On a déjà eu une alerte de sécurité par le passé, mais ce n'était pas le nôtre, on ne l'a pas cousu. On en avait eu une.
Sinon, les clients que nous avons sont si proches de nous qu'on peut simplement les contacter directement. Comme on ne sait pas, je ne sais pas combien de centaines de sellettes on fabrique par série, on sait combien de sellettes il y en a et où elles se trouvent.
On peut prendre directement contact avec le client. C'est aussi un petit avantage quand on n'est pas très gros et qu'on n'a pas les volumes,
alors on n'en a pas besoin, parce que je sais que j'ai fait tant et tant sur ces sellettes, elles sont là, là et là, et on informe les gens s'il y avait quoi que ce soit, si un matériau n'avait pas été bon quelque part.
Ce qui m'étonne parfois, surtout concernant les avis de sécurité sur les sellettes, il y en a trois ou quatre chaque année à cause de n'importe quoi, là une couture lâche, là, celui,
Le système de saisie ne fonctionne pas correctement ou se désagrège, et tout le reste. Est-ce que ça ne pourrait pas être fait autrement au niveau du développement et du contrôle qualité, pour qu'on puisse s'en passer ? Parce que ce sont même des fabricants de renom qui doivent sortir des trucs comme ça et dire : « Oui, la couture n'a pas tout à fait fonctionné ». Est-ce qu'on ne peut pas vraiment toujours coudre de manière à pouvoir dire que les coutures sont conformes ?
C'est difficile à dire, je pense que les autres ont déjà dit l'essentiel lors de la discussion préalable. Nous, nous volons aussi, mais les entreprises plus grandes qui cousent les produits ne volent généralement pas elles-mêmes et, oui, c'est comme... Si nous sommes assis à la machine à coudre, nous volons, et si nous faisons une couture statique, nous sommes en l'air, et il est tout à fait clair qu'elle doit tenir. Et avec une machine, il y a toujours quelque chose qui peut ne pas être bon et qui peut poser problème, et si tu le fais sous cet aspect, comme nous le faisons,
Tu l'exclus déjà pas mal, y compris avec les contrôles et tout ce qu'on fait. C'est pour ça qu'on n'a probablement jamais eu d'incident significatif qui aurait mis quelqu'un en danger, ça vient très certainement de là. Et les grands fabricants, ils doivent aborder ça différemment, mais plus c'est grand, plus ces entreprises diffèrent de nous et ce sont des problématiques que nous examinons pour nous-mêmes sans trop nous soucier du reste, on ne regarde pas ce qu'il y a à gauche ou à droite, on suit notre chemin. Mais on comprend certainement pourquoi de tels avis de sécurité existent ici, d'un point de vue purement, disons, matériel et technique de couture.
Peut-être revenir un instant en arrière, tu as demandé si on ne pourrait pas empêcher que de telles notes de sécurité soient nécessaires ? Je pense qu'on pourrait certainement les minimiser avec un certain effort, mais je pense aussi qu'il est important qu'il y ait ces notes de sécurité et des plateformes où elles sont partagées, parce que tout ce que l'homme fait, des erreurs peuvent survenir et les exclure à 100 %, c'est impossible. La question est seulement de savoir quel effort il faut investir pour les réduire à un petit pourcentage ? C'est un peu une question d'arbitrage : quel effort en vaut la peine et qu'est-ce qui s'est déjà concrètement passé ?
Et il s'est certainement passé beaucoup de choses chez tous les fabricants, tout le monde apprend, on est toujours dans un sport jeune. Si on compare par exemple avec le parachutisme, où ils ont eu beaucoup plus de temps pour apprendre et qui mettent les choses en œuvre différemment, on est sûr de progresser, ou plus généralement, tous les fabricants de sellette s'améliorent, de mon point de vue, vers le mieux, parce qu'ils ont plus de temps pour apprendre. L'évolution des prix des fabricants de sellette joue aussi certainement un rôle. Les prix ont tout simplement augmenté au cours des dix dernières années et précisément ce point que tu as abordé,
Cela a aussi un rapport avec le prix. Si on regarde la quantité de matériel dont a besoin un sellette de parachute et ce que ça coûte, ainsi que le temps nécessaire, on est sur un autre niveau de prix. Et pour le parapente, on va aussi vers quelque chose de plus professionnel, et je pense que ça joue aussi un rôle important. Je pense que ces choses-là vont diminuer parce que la production coûte plus cher, il faut bien le dire.
La scène du parachutisme, je dirais qu'elle est assez conservatrice. Donc, ce qui a fait ses preuves une fois, c'est comme ça qu'on le construit, et il y a toujours les larges sangles et tout le reste, on ne change pas grand-chose. Et dans la scène du parapente, il y a encore beaucoup de développement, mais on essaie aussi constamment de nouvelles choses au niveau des matériaux. Donc, on voit de nouveaux tissus ou alors on se dit, maintenant on fabrique un sellette léger, alors on se passe des sangles et on prend à la place des cordes dynamiques ou autre chose. Et on apprend bien sûr toujours au fur et à mesure, mais il y a quand même tellement d'innovation là-dedans qu'on devrait en fait dire qu'un standard vraiment fonctionnel ne peut pas vraiment s'établir. Est-ce qu'on n'est pas un peu trop audacieux dans la scène du parapente ?
Non, je ne pense pas. Je ne pense pas. Je pense que si tu abordes ce point, nous devons dire clairement que nos matériaux, nos développements sont toujours en lien étroit avec le secteur de l'outdoor. Autrement dit, une tillerie qui fait quelque chose pour l'escalade, quelque chose de nouveau, de meilleur et de bien, sera aussi utilisée pour le parapente. C'est quelque chose de très proche et il y a bien sûr des nouveautés super cool là-dedans, et je ne pense pas qu'après 30 ou 34 ans de parapente, nous soyons déjà au point où nous pourrions le dire. C'est aussi ce qui rend ça si passionnant. Le parachutisme, lui, a 100 ans.
Nous
On parle alors de 30. Y a-t-il des tendances actuelles sur le marché, au niveau de la construction par exemple, où vous dites que ça va dans la mauvaise direction, de votre point de vue, en termes de conception de la qualité ? Pas forcément.
en termes de conception de qualité, mais ce n'est pas seulement dans le domaine du parapente, je vois que de manière générale, tout doit être de plus en plus léger. Du carbone au lieu du nylon, disons. C'est mon opinion personnelle et le problème, c'est qu'on n'a pas d'expériences approfondies et à long terme avec les matériaux légers, mais on part du principe que ça a été testé, comme avant avec les matériaux lourds, et on suppose que dans 5 ou 6 ans, ce sera toujours aussi solide et aussi bon. C'est mon point de vue ou, pour être précis, je dois aussi dire que les clients traitent les matériaux légers de la même manière, ou de façon similaire, qu'avant avec les matériaux lourds.
La conscience des matériaux légers ne tient peut-être pas si bien ou si longtemps. À mon avis, il en manque à certains pilotes. Ils veulent le sellette le plus léger avec un tissu ultra-fin pour la poche à jambes, mais ils y mettent des chaussures d'alpinisme et ont l'impression que ça doit tenir de la même manière que l'ancien sellette de 3-4 kilos qu'ils avaient avant. Il manque encore un peu de compréhension des matériaux légers à beaucoup de pilotes, selon moi. Et le beau dans tout ça, c'est que nous, en tant que petite entreprise, nous pouvons toujours décider nous-mêmes quels matériaux
nous voulons utiliser, à quel point nous voulons construire quelque chose de léger et pour quel usage. Même si un client final nous appelle, on ne dit pas qu'on a le produit et que ce serait bien, mais on regarde d'abord : quelle est ta taille et ton poids, es-tu un alpiniste, que fais-tu, qu'aimes-tu, et ensuite on peut dire que ce tissu et cette catégorie de poids sont nécessaires, ou celui-ci, celui-là ou celui-ci. Par exemple, si on aborde ça ainsi, le X-Alps a certainement eu un impact énorme sur cette histoire de performance en poids léger, nous avons aussi, il y a plus de 10 ans, un sellette, en 2009, 2013, c'était en 2013.
Est-ce que vous avez développé le sellette pour Kriegel ? On a fabriqué un sellette qui pesait 850 grammes, un sellette de type "lieger" avec 850 grammes, je crois qu'il n'y a jamais eu autre chose dans cette catégorie de poids avec des cabines et des interactions. Ça
était un
compartiment pour aile de secours intégré. Oui. Et là, l'objectif était très clair : si Kriegel atterrit sur la rivière à Zell am See, le sellette, euh à Monaco, pardon, autre direction. À l'époque. Exactement. Alors le sellette doit être déchiré. Seules les sangles statiques doivent tenir, sinon on a construit trop lourd. Un an plus tard, il a fait le X-Pyrénées avec le même sellette, mais c'est encore une approche totalement différente. Là, on regarde à quel point je peux construire léger, parce que c'est précisément pour cette application. Ou alors on a construit des sellettes qui n'existaient pas il y a des dizaines d'années, où par exemple Ueli Steck voulait aller sur le Mont Everest et décoller de là.
Et on a construit un sellette d'entraînement avec du matériel lourd et le matériel effectif qu'il a ensuite transporté en haut, il n'a malheureusement pas pu redescendre, c'était super léger. Et seulement pour cet usage. Et comme ça, tu peux vraiment faire des poids complètement différents. Tu peux même atteindre la limite. Et le sellette d'entraînement, il devait nous le rapporter pour qu'il ne circule pas, qu'il ne soit plus utilisé pour voler. Et là, on peut bien sûr expérimenter.
À quelle fréquence, ou plutôt pas à quelle fréquence, est-ce que vous testez vous-mêmes tous vos produits ? Est-ce que vous êtes en fait vos propres pilotes de tandem, des pilotes de test qui disent qu'on est bien installé dedans ? Ou est-ce que vous travaillez avec les clients, ils vous font leurs retours et vous vous contentez ensuite de faire les ajustements ?
Eh bien, on a des gens qui testent pour nous, ou on en a toujours eu. Surtout dans le domaine du tandem, on parle de pilotes qui font entre 1500 et 1600 vols par an. Tu peux leur donner un sellette pour trois mois et ils vont tester en si peu de temps ce qui ne serait pas du tout possible pour nous. Bien sûr, on va aussi voler soi-même, parce qu'on peut aller voler juste devant la porte. On peut décoller plus près de la machine à coudre vers la montagne, essayer, on peut dessiner des trucs en l'air avec un feutre, on peut redescendre, atterrir, modifier, et une demi-heure plus tard, on est de nouveau sur la montagne.
On le fait déjà. Mais pour les pilotes en tandem, il y a des gens avec énormément d'expérience. Il y a aussi des choses spécifiques que tu peux tester explicitement, et on a plusieurs personnes qui font ça pour nous. Donc, tout simplement, oui. Je pense aussi qu'il est important d'avoir des gens qui testent les trucs pour nous, parce qu'on est très peu exigeants et, pour dire les choses franchement, on est contents si on peut s'asseoir dans un sac Ikea et redescendre. Ça vole, ça convient. On n'est pas pointilleux à ce sujet, je dirais. Et les meilleurs pilotes testeurs sont en fait ceux qui sont un peu plus exigeants.
Les pires pilotes d'essai, c'est quand tu donnes quelque chose à quelqu'un à tester et qu'il te dit : « Hé, c'est super ». Parce que, oui, il te faut des gens qui disent : « Bon, là ça a peut-être un peu poussé, c'était pas top et il faut encore changer un truc ». Les gens qui trouvent les produits juste super, ce sont en fait les bons pilotes d'essai, je dirais, ceux qui te font progresser.
Quand vous recevez ce genre de retours ou de critiques, est-ce que vous le prenez toujours positivement en vous disant : « Ah, super, je dois encore y réfléchir » ? Ou est-ce que c'est aussi frustrant de se dire : « Je pensais avoir trouvé une super solution » ? Pour moi, c'est frustrant quand...
Je ne sais pas, plutôt, quand j'entends « tout est super ». Oui, exactement, quand un collègue dit : « Hé, va faire un vol avec ça, donne-nous ton retour » et qu'il revient en disant : « Hé, super ». En fait, c'est comme si je ne voulais pas entendre ça, je veux savoir comment on peut améliorer les choses, pas que tout soit super. Et là, pour moi, on est déjà clairement différents, pour moi, c'est toujours mieux. Ça ne peut pas être fini. Mais il faut aussi, il faut apprendre avec les années, quand quelqu'un dit quelque chose et que c'est bien, que tu peux l'utiliser comme ça. Exactement, ça ne doit pas toujours être bien pour nous, mais au final, le client doit être satisfait. Je dis maintenant, si on fait une fabrication spéciale, on n'a pas besoin d'être satisfaits, on doit pouvoir être fiers du résultat.
Mais le client doit être satisfait, puisque c'est lui qui paie au final. Et c'est aussi quelque chose qu'il faut parfois apprendre : d'autres personnes peuvent trouver quelque chose de bien alors que nous ne le pensons pas. Quand il s'agit de détails techniques et tout ça, c'est une autre histoire. Mais je veux dire, en termes de commodité ou de manipulation, ce n'est pas parce que nous ne trouvons pas quelque chose bien ou que nous le trouvons bien que le client le voit tout de suite. Là, on parle explicitement de commandes spéciales pour, par exemple, des écoles de pilotage, des entreprises de tandem. Nous avons beaucoup de clients qui ont leurs propres appareils chez nous et nous en sommes fiers. Peut-être qu'un détail n'est pas fait comme nous le ferions, mais ce sont des appareils aéronautiques.
On les trouve souvent, c'est marrant, on les fait depuis des années mais on ne les a jamais publiés ou quelque chose comme ça. Pas fait de pub. Ou fait de pub ou quoi que ce soit. Il y a certains produits qu'on n'a jamais faits publicitaires, mais qu'on fabrique en fait depuis un bon moment. Et pour nos propres produits, on est convaincus que ça peut toujours être un peu mieux. Et c'est parfois juste une toute petite idée, une application qu'un client nous a apportée parce qu'il n'était pas satisfait. On l'a améliorée et c'est comme ça qu'on avance, toujours plus et toujours plus. Mais on ne changerait pas, je dis, un détail qui ne plaît pas à un client sur notre produit en série et qu'on ne trouve pas bien, je dis, ou qu'on ne trouve pas parfait.
Alors, on ne changerait pas ça sur la série. Si neuf clients sur dix disent : « Hé, je voudrais une autre boucle sur le harnais de poitrine. Je veux une boucle en acier pour que les passagers entendent le "clac" et que ça se ferme », même si ça n'a aucun impact statique, si neuf sur dix le demandent, alors on le fait, bien sûr. Même si on sait qu'une boucle en plastique suffirait. Et sinon, bien sûr, on essaie de prendre en compte autant que possible les retours de nos pilotes d'essai, disons. On sait aussi un peu à quelles personnes on doit donner le matériel pour les tests. Ça ne sert à rien si on le donne à un débutant en tandem, disons.
donner un sellette pour tester. Il fait genre trois vols en tandem par an, alors qu'il devrait être un sellette pour 1000 ailes par an. Ça ne sert à rien, évidemment.
Vous venez du parapente, vous créez des produits pour les parapentistes, mais aussi quelques produits pour d'autres. Et si ce marché tiers venait à croître ? Est-ce que ce serait peut-être moins amusant pour vous ? Ce parapente, cette sensation de vol, et quand vous dites en cousant que c'est comme voler ou que vous volez en cousant, est-ce que ça a un rapport avec cette fascination ? Est-ce que le vol contribue au travail et est-ce qu'il y aurait moins de passion dans la couture avec d'autres produits ? Il y a déjà des projets qui...
ne pas provoquer le même sentiment. Pour moi, par exemple, c'est quand je planifie quelque chose. Si
je en un
les concepteurs doivent faire, qui précise exactement comment je veux ça, j'ai besoin de tant de pièces de ça, alors ça peut déjà être du travail pour moi. Mais quand ça passe en développement pour d'autres choses, alors c'est passionnant, parce que tu as tellement de symbioses, aussi à nouveau pour le parapente, que c'est cool et que ça va devenir plus et autre chose, ça se décide d'année en année. Pour nous, il est important de ne pas être seulement chez nous dans le parapente, car notre histoire a toujours été que nous voulons avoir une entreprise durable.
C'est-à-dire que si on regarde la crise duコロナ, c'est clair, personne n'a fait de vols en tandem, personne n'a commandé de matériel, et pour nous, il était important, par exemple, pour...
Que nous puissions fabriquer des accessoires pour hélicoptères ou que nous fassions ceci ou cela, ou encore que nous fassions beaucoup de choses que nous faisons déjà, ce sont des développements qui vont dans des directions totalement différentes. En quelque sorte, nous essayons aussi de développer un peu de technologies qui, qu'elles soient utilisées pour le parapente ou pour autre chose, n'a pas vraiment d'importance. Mais le fait que nous puissions fonctionner en tant qu'entreprise.
Peu importe que l'économie s'effondre par exemple et qu'on ne fasse plus rien pour elle, le fait qu'on ait le parapente, oui, qu'on ait différents clients, c'est important. Oui, être le plus diversifié possible tout en s'amusant et en pouvant aussi développer de nouvelles choses, comme par exemple le projet qu'on a eu ou qu'on a encore... Oui, c'était aussi une idée d'anciens collègues d'acro-parapente : comment puis-je encore utiliser utilement un sauveteur de parapente mis au rebut, comment puis-je, avec un ancien sauveteur de parapente et du matériel de secours, le lancer vers un petit avion pour que le tout fonctionne en toute sécurité.
C'est là qu'on a fait la majeure partie du développement. Avec des tests et tout ça, pour pouvoir lancer des fournitures d'urgence vers l'avion de manière sécurisée avec divers vieux parachutes de secours de parapente.
Oui, c'est la Humanitarian Pilots Initiative. Exactement, oui. J'avais déjà eu Fabio Zragen dans le podcast, il en avait parlé. Et je crois que vous avez simplement développé le sac qui est suspendu sous l'aile et qui est construit de manière à ce que ce qu'il y a dedans reste le plus intact possible. C'était une chose. L'autre,
c'était certainement tout le système où le parachute de secours est inséré, la façon dont les suspentes sont récupérées, le mode de pliage, comment le parachute de secours ou le voile rond ou le voile en croix est généralement plié, pour que tu n'aies pas besoin d'un spécialiste du pliage, mais que quelqu'un puisse le plier après qu'on lui ait montré deux fois et qu'il puisse le faire pour que ça fonctionne. Donc tout le système là où le parachute de secours entre, le sac où se trouvent les biens de secours avec le conteneur extérieur, en fait tout le système, nous avons aussi eu la possibilité de le tester ici et ça nous a bien sûr fait énormément plaisir. Donc nous avons pu le développer et nous produisons toujours les points clés ici en Suisse.
Tout ce qui est sensible, on continue de le faire ici en Suisse.
On arrive doucement à la fin. J'ai juste une question. On est ici chez vous, dans l'atelier, et il y a une douzaine de machines à coudre qui traînent toutes seules. Pourquoi en faut-il autant ? Ce sont
Ce sont des machines à coudre industrielles. Elles sont capables de faire des choses précises, comme coudre en ligne, par exemple. Et seulement en ligne. Elles ne savent faire que ça, mais elles peuvent le faire 24 heures sur 24, sept jours sur sept, sur une longue période. Et elles peuvent aussi être rapides. C'est pour ça qu'on a autant de machines ici.
Et en tant que passionnés de couture, je dirais que vous avez une sorte de relation personnelle avec chaque machine ? Un peu, je dirais déjà...
dire. Oui, je pense que chacun a un peu sa machine préférée aussi.
Qu'est-ce qui fait ça ? Qu'est-ce qui fait d'une machine sa machine préférée ? C'est difficile à dire, non ?
Souvent, c'est comme ça : on a une préférence pour une machine. On a peut-être trois machines qui font en fait la même chose. Mais quand on a le choix, on prend toujours celle-ci. Parce qu'elle a un son différent ou parce qu'elle est comme ça
couds-t-elle coudre proprement ?
Elle a un son différent. Elle a une prise en main différente.
La pédale d'accélérateur, je dirais, réagit un peu différemment. Les réglages sont des petites choses. On peut coudre avec n'importe laquelle, pas de problème. Mais quand elles sont toutes libres et que je peux choisir, alors je réfléchis. Sinon, je m'assois sur celle-ci. Enfin, on a une relation avec nos machines à coudre. C'est presque effrayant, mais c'est comme ça. On avait déjà une machine à coudre. Non, on ne parle pas, mais mentalement oui. Maintenant avance ou nous,
et nous, quoi ? Enfin, dans nos pensées.
Vous avez des liens, clairement. Oui, définitivement. On avait aussi l'une des premières machines à coudre, une machine à coudre à transport triple pour des tissus un peu plus épais. Je l'ai achetée chez Riccardo, j'ai bricolé dessus pendant longtemps jusqu'à ce qu'elle finisse par fonctionner toute seule. Et c'est l'une des premières machines à coudre qu'on a eues. On a cousu les premières choses chez nous, dans l'appartement en colocation, dans un petit caisson. Et on s'était dit un jour que si on n'avait plus cette machine à coudre, on pourrait arrêter. On pourrait retourner travailler sur les chantiers. Ça ne serait plus amusant. Et maintenant aussi. Elle a même un nom. C'est une machine à coudre Singer, mais il n'y a plus que Inge écrit dessus.
C'est Inge.
Est-ce que toutes vos machines ont un nom ?
Oui, plus technique en fait. Elles s'appellent D.D.L. ou... Enfin, ce ne sont pas les Inge qu'on avait.
et Susanne, elle était l'Inge.
Mais est-ce que les machines à coudre sont toujours féminines ?
Non, je ne le dirais pas comme ça. La plupart des appellations que nous utilisons ont plus à voir avec ce qu'elles peuvent faire. Et peut-être pas avec leur apparence, mais plutôt avec le bordure, le point zigzag triple ou l'automate de surjet, le régulateur ou le champ de couture. Même en suisse allemand, on parle comme ça, ça sonne... Simon, tu as dit que sur la D.D.L., tu sais, la tension du fil inférieur est bizarre, tu ne peux pas vérifier ça rapidement ? Et là Simon dit : « Hé, mais passe vite sur le régulateur Jukk, tu sais, ça tourne mieux comme ça. » Oui, exactement, ça sonne à peu près comme ça. Et
quand vous avez ces machines ici, est-ce qu'il y a aussi un truc, pour parler comme un "nerd de la couture", où on se dit : il y a une machine que je veux absolument avoir un jour. Genre, on en achète une nouvelle chaque année en se disant qu'on élargit l'assortiment, qu'on veut pouvoir produire autre chose. Est-ce qu'on se dit qu'il y en a une, comme une machine de rêve, le robot de luxe ou quoi que ce soit ?
On aime bien rêver, c'est clair. Mais au final, ce qu'on achète ou les nouvelles machines qu'on acquiert, c'est toujours pour une raison : pour simplifier une étape de travail, pour rendre la couture plus agréable ou, en tout cas, plus rapide. Et idéalement, une machine part et une nouvelle arrive. Oui. Parce qu'on en a déjà eu beaucoup, on a encore celle d'Inge. Mais pendant cette période avec Inge, on a déjà eu beaucoup de machines à coudre et on a veillé à ce qu'elles soient... ou qu'elles partent, parce qu'on a simplement de nouvelles machines.
Elles n'étaient pas cassées, c'est juste que tu dis qu'il y en a de meilleures qui arrivent dans l'atelier. Non, ou autre chose. Exactement. On n'a plus besoin de celle-ci,
mais on a besoin spécifiquement de celles-ci et donc, idéalement, elles restent dans la maison, elles descendent juste un peu plus bas. Elles seront encore utiles là-bas.
Où voyez-vous Flugsau dans cinq ou dix ans ? Avez-vous une vision de la direction que vous voulez prendre ou travaillez-vous toujours uniquement au jour le jour ? J'en ai toujours pas mal.
Des visions. Je suis quelqu'un qui aime beaucoup se projeter dans l'avenir, dans 10 ou 15 ans. Et là, tu interviens comme une autre facette.
Je suis plutôt quelqu'un de présent, ici et maintenant. Et bien sûr, on se demande où on veut être dans cinq ans, et je veux encore prendre du plaisir dans ce que je fais dans cinq ans. Je ne veux pas avoir une équipe de dix personnes parce que je ne recherche pas la croissance. Je préfère faire moins de produits. Oui, j'en fais moins, mais ce que je fais, je le fais moi-même, plutôt que de simplement développer des produits et tout faire produire à l'extérieur. C'est ce que je veux vraiment, ou ce qui me fait plaisir. Et pas juste... Je veux juste mettre en place deux productions qui fabriqueront les choses pour moi, et oui, pour que tout cela reste amusant.
Et comme je l'ai dit, par exemple, ça me plaît aussi de fabriquer 200 harnais de sécurité pour des montagnes russes, c'est un travail manuel. C'est quelque chose qui me fait extrêmement plaisir, et pas seulement le processus de travail, mais aussi comment je peux le simplifier avec des gabarits et...
... et tout ça. Comment puis-je simplifier avec la création de gabarits et tout ça. Ça veut dire que tu développes ta propre chaîne de montage, en quelque sorte. Donc tu n'es pas seulement l'ouvrier sur la chaîne, mais tu es aussi, d'une certaine manière, le concepteur de la chaîne. Oui,
Ça me fait extrêmement plaisir. Comment puis-je construire ou bricoler quelque chose qui va me faciliter la production en série ? Pour que le fait de coudre 200 pièces me plaise aussi. Développer cet appareil ou ces bidouilles, ça me fait par exemple énormément plaisir. Je qualifierais ça de fétiche de Simon, et c'est merveilleux à regarder. C'est juste super de voir ça. Est-ce que tu as aussi un fétiche ? Uh, beaucoup.
Simon, dis-moi quel est ton fétiche.
C'est quoi le truc le plus geek chez André ? Le truc le plus geek, c'est quoi ?
Le truc le plus geek chez André ? Le truc le plus geek,
qu'il peut pratiquement me harceler tous les matins de la semaine avec une nouvelle idée pendant qu'on prend le café. Et l'une de... ou une idée parmi les milliers qu'il a, elle est vraiment géniale.
Alors pour moi, c'est comme s'il rêvait, qu'il avait des visions et des idées, et qu'il était aussi un mec hyper créatif. Parfois, c'est un peu trop le matin quand il m'envoie des textos sur tout ce qu'il a rêvé ou ce qu'il pense. Mais il revient toujours avec des inputs vraiment cools, genre, ah, ça c'est vraiment génial. Beaucoup aussi. Je dois aussi un peu déconnecter, activer une sorte d'ouïe sélective, parce que sinon ce serait juste trop pour moi. Mais ça arrive, c'est très créatif et souvent pas du tout pensé jusqu'au bout, c'est juste l'idée. Genre, une idée circule. Et Simon, le pauvre, il doit vraiment écouter chaque matin ce qui me passe par la tête.
C'est passionnant. On en rit aussi. Oui, carrément. On ne le prend pas trop au sérieux. Non, on ne peut pas. Et on a parfois un peu de peine pour l'autre quand on doit écouter ses réflexions. Mais je pense que ça nous forge en tant que Flugsau. Oui, enfin, si on n'était pas comme ça, on ne serait pas au point où on est,
où nous en sommes maintenant. Chaque matin, tu rêves de couture ? Tu rêves aussi de produits comme ceux-là ? Non, mais j'en ai déjà presque...
Chaque jour une nouvelle idée. On peut dire ça, je pense. Et si ce n'est pas le cas, c'est que Simon est en vacances. Ça veut dire que tu as une idée quand il est là, pour pouvoir l'aider avec ça.
C'était quoi la dernière, celle que tu disais être une idée vraiment géniale parmi les mille qu'il a citées ? La plupart du temps, c'est...
comment dire, je ne peux pas dire « c'est l'idée », mais la plupart du temps, ça vient d'une sorte de fantaisie, pour dire un peu méchamment, ça donne une super solution à un problème. Alors qu'en fait... La plupart du temps ou souvent, c'est qu'il y a une idée, mais elle n'a aucun rapport avec un problème ou quoi que ce soit. Ça veut dire que tu as
l'idée et tu te demandes : pour quel genre de problème est-ce la solution, à peu près ?
Ça peut arriver, oui. Et là, tu te retrouves un peu planté là et tu te dis : « Hm, ah, hé André, tu avais bien une idée là-dessus. » Et puis, c'est souvent juste l'étincelle initiale pour que quelque chose en découle finalement. Si on peut dire ça,
Je pense. Oui.
D'où viennent toutes ces idées ?
C'est dans ma nature, c'est une question de personnalité, de vouloir simplement aborder les choses différemment. Je suis fan,
quand je peux créer quelque chose moi-même, peu importe la complexité. Je préfère toujours... faire quelque chose de nouveau qui me convient,
außer de prendre quelque chose d'existant. Et là, on a simplement... on a des idées, mais ce sont aussi nos... on a des clients tellement cools. Oui. On a des clients tellement bons. Et avec eux, tu es au téléphone. Donc, chaque jour, tu as un client qui veut quelque chose, d'une manière ou d'une autre... Et ça nous donne, bien sûr... ou ça me donne... à réfléchir, et ensuite j'essaie de trouver des solutions et ça se traduit par... Oui, et quand tu étudies un problème ou que tu réfléchis à comment le résoudre, la solution arrive peut-être, ou une autre. Et c'est comme ça que tout se développe. Parfois, ça va assez vite et plusieurs idées sont alors en lice.
Ou même des solutions. Si tu appelles ton client le soir et qu'il te dit : « Oui, j'aimerais bien avoir ceci et cela », puis le matin il me raconte trois ou quatre approches différentes et on en discute rapidement, la plupart du temps on a une solution ou même...
tu n'en auras qu'une semaine plus tard. Pour la répartition des rôles, si tu es la source d'idées dans énormément de choses, qu'est-ce que tu dis, Simon, c'est là que je joue mes forces ici ?
Ce n'est pas que je suis le seul à apporter des idées, j'apporte simplement la quantité d'idées. Mais Simon est exactement pareil, donc je ne dirais pas que je suis le... Ça veut dire que tu as les
la quantité et lui a peut-être la qualité ? Non, un peu... Non, non, il est peut-être un filtre qualitatif.
Oui, clairement. Ça correspond plutôt bien, oui. Mais il faut aussi, enfin, ça ne marche pas sans idées.
Comment dire ? Dans certains... Dans certains domaines, je suis plutôt du genre théoricien par rapport aux autres. Là où, bien sûr, se trouve le problème ou la solution, je réfléchis aussi beaucoup plus loin aux conséquences, notamment économiques : comment on fait, comment on doit gérer les écritures, etc. Je fais aussi la plus grande partie de la comptabilité, disons. Les autres ont toujours la mauvaise conscience quand je suis sur l'ordi à calculer et à contrôler, je me sens mal pour lui, Simon. Moi, j'aime encore le faire. Et j'aurais déjà engagé quelqu'un pour ça. Alors il reste là dans le bureau, je me sens mal pour lui, mais il aime encore le faire et c'est aussi une bonne chose.
C'est une bonne chose s'il y a forcément de telles qualités complémentaires là-bas. On peut dire ça en général.
direz, on peut dire que parce que nous sommes si différents, nous nous complétons très bien. Et c'est justement grâce à cette différence, tout en arrivant à s'entendre ou à trouver des solutions, que nous en sommes là aujourd'hui. Parce que, comme je l'ai dit, si on avait tous les mêmes opinions sur tout... Non, ce n'est même pas possible. Oui, alors il n'y aurait pas besoin de deux personnes.
Est-ce que vous pourriez vous imaginer continuer si l'un d'entre vous disait : « Je ne veux plus » ?
Oui, ce jour viendra. À un moment donné, je serai fasciné. Oui, je pense aussi que ce sera le cas. Alors je serai fasciné. Alors je serai fasciné. Alors je resterai peut-être encore ici un peu. Alors je vais...
fasciné. Et alors, il y a
oui, encore 20
Des années, à peu près. Alors il reste encore 20 ans, à peu près. Mais est-ce que vous diriez que cette passion que vous avez, vous l'avez principalement parce que vous le faites en équipe ? Ou est-ce que cette passion vient aussi de vous-mêmes, au point de dire : d'accord, si l'un d'entre nous n'était pas là, je serais quand même devenu un visionnaire ? Je...
Je ne sais pas si... Je ne sais pas si... Disons, si ma... Disons, si ma vie se serait développée ainsi si je n'avais pas rencontré d'autres personnes. Fondamentalement, nous avons tous les deux cela en nous, parce que dès notre enfance, ce que nous avons fait sans rien savoir l'un de l'autre, on ne peut pas dire si nous aurions fait quelque chose dans cette direction.
Il a demandé... Il a demandé si on allait continuer. Si on allait continuer. Pour nous, il y a toujours eu une règle claire : chacun peut dire à tout moment s'il ne veut plus, et on verra alors. Mais chacun doit pouvoir s'épanouir personnellement, parce qu'en fait on est indépendants, on travaille beaucoup, et on n'a jamais voulu que l'autre ait à faire quelque chose qu'il ne veut pas. Entre-temps, on est bien sûr déjà impliqués dans des histoires qui ne durent pas juste deux ou trois ans, mais qui peuvent, pour dire le moins, durer des décennies.
Et on a une certaine responsabilité que, je pense, nous voulons assumer pour nos clients. Je crois que ça colle bien aussi. Définitivement. Mais le jour X arrivera. Donc si demain je pars en scooter de Graz à Dobel, en descendant juste la montagne, il faudra voir. Oui, on verra bien. Et on est déjà... Enfin oui, je ne me fais pas vraiment ces réflexions, parce que si quelqu'un s'en va un jour, ça continuera d'une manière ou d'une autre, peut-être même d'une façon complètement différente.
Mais je vais vous dire, si je dis que je souhaite retravailler sur les chantiers après dix ans, alors on intègre ça dans les calculs, et la Flugsau continuera à tourner à sa manière. Je ne pense pas qu'elle s'arrêtera demain. Par contre, ce qu'on regarde très clairement, parce que nous... on veut faire quelque chose de durable. Et pour nous, ça signifie par exemple qu'on a deux serveurs qui tournent. L'un indépendant du réseau, l'autre non. On documente nos processus de travail. On les archive. On a d'autres personnes qu'on forme.
On se parle entre nous. Regarde, en fait, tout le monde pourrait tout faire. Si, par exemple, il arrive quelque chose à l'un d'entre nous. Mais ça prend beaucoup de temps et il faut trouver sa méthode. Et là, des jeunes comme notre ouvrière nous montrent comment on peut faire pour que ça fonctionne.
Alors, dernière question, le parapente et la couture, c'est votre passion ? Sur quoi pourriez-vous vous passer plus facilement ? Question difficile.
Oui, je pense qu'on n'a pas besoin de...
Je ne voudrais rien sacrifier.
C'est pas possible. La question ne tient pas. Les deux sont un peu liés. Si tu ne couds pas, tu ne peux pas faire de parapente. Ça va ensemble. Tu ne peux pas te passer de la couture, parce que sinon tu n'aurais pas de parapente.
C'est pour ça que je ne peux qualifier cette question que comme telle. Il faut les deux. L'un ne va pas sans l'autre. Tu peux tourner la question comme tu veux ? Oui, je ne pourrais pas non plus répondre à cette question, parce qu'il n'y a aucune raison pour laquelle je ne pourrais plus faire l'un ou l'autre.
Je laisse ça comme ça ? Vous allez continuer à voler, vous allez continuer à coudre et vous allez probablement faire encore beaucoup de beaux produits pour la scène du parapente. Merci pour la discussion. Merci pour les nombreux contextes intéressants et les aperçus que vous nous avez donnés. Et oui, amusez-vous bien pour la suite du travail avec Flugsau. Merci beaucoup.
Podz-Glidz est le podcast du blog de parapente Loglites. Les deux sont produits par moi, Lucian Haas, et sont, bien que très différents de Flugsau, également le résultat de beaucoup de passion et de travail manuel. Si ce que je propose ici vous plaît et que vous aimeriez en avoir davantage, alors je serais ravi de votre soutien sous forme de contribution financière. Je vous remercie d'avance pour cela.
Podz-Glidz et Blueglides sont disponibles sans publicité et sans paywall. Cependant, ils représentent beaucoup de temps, beaucoup de travail et pas mal de frais. En tant que contributeur, tu peux aider à ce que je puisse continuer à proposer et à développer les deux projets pour la scène du parapente. Le montant que tu donnes est à ta discrétion. Ma suggestion non contraignante est de 60 euros par an, soit environ 5 euros par mois. Toutes les informations sur la manière dont ton soutien me parvient se trouvent sur le site www.Lu-Glidz.blogspot.com. Tu y trouveras le menu "Fördern". Blueglides s'écrit Lu-Glidz.
À la prochaine. Ne tombez pas du ciel. Ciao.